La lutte de classe de la bourgeoisie empêche la fraternisation.

La lutte de classe de la bourgeoisie empêche la fraternisation nationale.


http://www.dazibaoueb.com/article.php?art=29655

L'idée de nation et l'idéologie de l'entreprise sont les deux gros vecteurs d'atténuation des conflits internes entres classes sociales. S'y ajoute les opérations de division du peuple-classe dont N Sarkozy use et abuse largement. Malgrè tout cela, difficile de ne pas voir qu'il y a une sévère lutte de classe de la bourgeoisie - lutte nommé "guerre de classe" par un de ses membres Warren BUFFET (1) - qui empêche la fraternisation nationale ou d'entreprise. Ce n'est pas parceque les travailleurs sont de vilains marxistes ou anarchistes ! (Pas que en tout cas).

Que fait-on sans riposte de classe ? Au mieux on peut courber l'échine ou même négocier des accords qui ne satisfont personne. Mais ce n'est pas là donner de la tendresse à qui vous pompe du temps, de l'énergie et du pouvoir d'achat pour s'enrichir. De plus, plus la négociation se fait "à froid" et plus les accords sont mauvais du point de vue des travailleurs. La lutte de classe est une constante historique, le reste n'est que fumisterie.

Outre la question du vol d'un symbole - celui du 1er mai - il est utile d'expliciter le double niveaux de la lutte de classe qui clive la société française car ce n'est pas toujours perceptible .
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1) La réponse de la rue et des "corps intermédiaires" (syndicats) à N Sarkozy ce 1er mai : 'pas touche au symbole de nos solidarités' ! C'est notre jour pas le tiens !

Les syndicats de travailleurs salariés sont chargés de défendre les intérêts matériels et moraux des travailleurs. Il y a aujourd'hui à Y ajouter la défense des intérêts symboliques. Car N Sarkozy s'est employé comme Pétain jadis à voler le symbole des luttes internationales des travailleurs. Ici comme ailleurs on voit que N Sarkozy est un prédateur. Et même un pervers puisqu'il jouit du mal qu'il fait. Il est fier d'enrichir les riches et d'appauvrir de larges fractions du peuple-classe. Rien ne l'arrête: celui qui pendant 5 ans a défendu bec et ongles les riches, la Finance et la bourgeoisie n'a cessé de proférer des discours de division du peuple-classe par la stigmatisation soit de type raciste (les Roms, les migrants, etc...) , soit de type classiste (les fainéants, les assistés, les "faux" travailleurs, etc...).

2) En plus il critique la "vielle lune" de la lutte de classe pour en appeler à la fraternisation nationale entre les classes.

a) Aimer celui qui vous cogne dessus ou le fond du christianisme au service du patronat !

Monsieur Sarkozy, il faut vous rappeler qu'on ne saurait aimer celui qui vous tape dessus. Mais dans un cadre parternaliste qui conçoit la baffe dans l'intérêt supérieur du mineur égaré ! Il est regrettable que le discours politicien du moment oblige à dire ce genre de chose. Le mot aimer s'entend ici au sens d'agape qui signifie amitié. Plus que jamais, la bourgeoisie soit 2 % de la population est derrière Sakozy contre le peuple-classe en général (travailleurs indépendants et travailleurs salariés auquel on ajoute le petit-patronat) mais surtout contre le prolétariat en particulier. Ce qui conduit à préciser les deux niveaux de la lutte de classe.

b) Les dominations sont à droite soit inexistantes soit naturelles.

Pour les patrons et l'UMP la domination et l'exploitation relèvent de la nature humaine qui pose avantageusement des individus supérieurs en capacité tant au plan économique que managérial. Cette domination n'est donc pas à combattre mais à accepter comme une fatalité. D'ailleurs les libéraux ne connaissent pas la domination. On voit que la nature a bon dos. Elle se fonde sur l'ignorance et permet d'introduire la croyance en politique comme dans l'entreprise. La démocratie réellement existante qui fait une large place à l'oligarchie politico-financière s'appuie sur un obscurantisme largement favorisé par le besoin de divertissement issu du travaillisme. Cette oligarchie dont Sarkozy est membre est bien loin de promouvoir la raison émancipatrice qui combine libération et égalité. Elle plaide au contraire pour la croyance en une nature forcément inégale favorise toujours les dominations qu'elles soient classistes (celle de la classe dominante), sexistes (celle des hommes) ou racistes (celle des blancs).

3) La bourgeoisie derrière Sakozy contre le peuple-classe et le prolétariat : deux niveaux de la lutte de classe.


Dans les deux niveaux de la lutte de classe il y a toujours l'offensive de la bourgeoisie, celle des 2 % d'en-haut. C'est le point sûr de l'analyse matérialiste critique. C'est la portée de l'attaque qui est variable et qui donne lieu à des positionnements variables au sein du peuple-classe (les 98%).

Dans un cas c'est tout le peuple-classe qui est dominé, les petites-bourgeoisies (1) comme les prolétaires ; dans l'autre cas le petit-patronat et l'encadrement supérieur est préservé car l'attaque porte contre le prolétariat à l'exception des hauts cadres du privé et du public. Il y a donc deux niveaux de la guerre de classe de la bourgeoisie. Cela demande développement.

Dans le premier cas, la classe dominante favorise la bourgeoisie bancaire et financière ainsi que la bourgeoisie industrielle mais pas le petit patronat, les petits commerçants et les professions libérales qui sont membres du  peuple-classe. Je les classe dans la petite-bourgeoisie, ce qui est discutable mais sans grande importance. Disons qu'ils sont en position dominé par rapport à la classe dominante mais que ce n'est pas eux les plus dominé. Cela a des conséquences en termes de positionnement politique. Ils peuvent aisément changer de position et devenir couche d'appui du capital financier.

Ces couches sociales - que j'ai nommé petite-bourgeoisie - peuvent trouver intérêt à combattre les paradis fiscaux, à réglementer les marchés financiers, à ce qu'un pôle public bancaire soit instauré, contre la bourgeoisie mais ils n'iront pas réclamer une nouvelle RTT et des augmentations de salaire. Là on en vient au second niveau de la lutte de classe qui est nettement plus frontal. Ici, en effet, la contradiction principale dans les rapports sociaux de production demeure l'antagonisme entre les propriétaires des moyens de production - les capitalistes y compris les petits - et ceux qui ne possèdent que leur force de travail et qui sont obligés de la vendre pour vivre: les travailleurs salariés ou les prolétaires.Certains travailleurs salariés en fonction d'encadrement large et hautement rémunérés sortent du lot mais il s'agit d'une minorité.

4) Le "travail sobre" pour tous et une nouvelle RTT forment le vecteur du dépassement du salariat.


Sous certaines conditions, à bien examiner pour éviter toute récupération à l'instar du partage du travail, le travail sobre peut s'opposer pied à pied au travaillisme de la droite et du capital.

Quand la droite parle (mal) de travail (travaillisme en fait), il faut répondre encore et toujours dans la ligne historique du dépérissement futur du salariat (et non de son abolition peu crédible) avec la RTT (30 heures hebdo) (2) et évoquer le refus de l'intensification du travail (3) , le tout sans perte de salaire (du moins pour les moins de 4000 euros net).. En ce sens le 1 er mai, F Hollande aurait du défendre les 35 h du PS au lieu d'adouber feu le réformiste des marchés financiers. Il est profondément regrettable qu'une certaine gauche défendent encore le travaillisme, celui des chrétiens, des gaullistes et des communistes de la reconstruction du pays juste après-guerre. Le maire de Nantes va être content. Pour construire ND des Landes il faudra passer aux 40 h sous la coupe de la croissance...  de Vinci !

Christian DELARUE

1) « Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner » Warren BUFFET

2 ) de Jean-Marie HARRIBEY  Du chômage partiel, de la RTT et de la résurrection de la « valeur travail »

http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2012/01/24/du-chomage-partiel-de-la-rtt-et-de-la-resurrection-de-la-%c2%ab-valeur-travail-%c2%bb/#_ftn10

3) A propos de l’intensité et l’intensification du travail. C Delarue -
http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1310

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