Macron : faire bouger les 35 heures... vers les 30 heures!

Macron : faire bouger les 35 heures... vers les 30 heures!

 

Monsieur Emmanuel Macron, le nouveau ministre (1) est de gauche. Du moins je le pense. Et GTK me l'a confirmé !

Donc si il veut modifier le régime du temps de travail et de son paiement c'est forcément dans un sens favorable aux travailleurs. Je suis ici d'accord avec notre amie GTK, bien connue sur Médiapart pour sa défense du PS de gauche. Il est donc évident que Monsieur Macron, qui a déclaré "s'exprimer librement", entendait aller vers les 30 heures hebdomadaires. Il est bien ce Ministre. 

 

- RTT SPS (sans perte de salaire) !

On ne sait pas si il pensait à 32 heures ou à 30 heures ou même à 28 heures par semaine. Si vous savez, dites-moi ! Etant de gauche, et connaissant mieux que moi combien gagnent les très riches et le niveau des fonds dégagés vers la finance (spéculative) ou vers les paradis fiscaux il pense très certainement que cette évolution vers une nouvelle RTT doivent se faire sans perte de salaire.

Monsieur Macron est un économiste de gauche. Il est au PS. Il est donc redistributif : "plus pour en-bas, moins pour en-haut". Si ce n'était pas le cas il s'agirait d'une RTT de droite, pro-patronale donc. Faut pas être méchant contre les patrons qui ne pensent qu'à faire tourner leur entreprise car c'est leur job ! Simplement il faut veiller qu'ils ne nous ramènent pas au XIX ème siècle au plan social et à l'implosion au plan écologique. L'intérêt général, ce n'est pas leur "tasse de thé" ! Il faut le savoir. Et Monsieur Macron le sait bien.

 Une RTT accompagnant une baisse des salaires ne serait pensable que pour les hauts cadres surpayés mais pas pour les ouvriers et employés du rang, y compris ceux très qualifiés émargeant entre 2000 et 3000 euros net par mois. Je ne vois pas Monsieur Macron, que l'on dit de gauche, proposer une baisse de salaire pour les salariés du rang, ceux donc à moins de 3000 net par mois !


- Travailler sobre : vive la sobriété !

D'autant qu'une telle RTT de droite s'accompagne aussi d'une intensification du travail. On sait que quand il y a moins de travailleurs sur des tâches données il y a désorganisation du travail. Pour parvenir à une situation claire tant quantitativement que qualitativement la droite et le patronat proposent l'intensification du travail et même du travail gratuit en fin de journée de 18 à 19 Heures. Il n'y a que les jeunes étudiants à ignorer cela. Manque d'expérience des situations de travail !

Pour Monsieur Macron, cette solution travailliste (qui accroit l'exploitation du travail salarié) est impensable. C'est une véritable insulte à la gauche qui juge indigne qu'une économie fasse travailler plus  ceux et celles qui travaillent déjà. En période de chômage massif, il faut partager le travail tant France qu' en Europe. Travaillons tous sobrement et ainsi tout un chacun(e) pourra apporter sa pierre à la construction de la société.

Respecter le principe (qui a ses exceptions : jeunes, retraités, etc...) qui veut que "tout un chacun(e) doivent participer à la production de l'existence sociale" ne signifie aucunement intensification, surtravail ou travaillisme. Bien au contraire. La gauche plaide pour la sobriété. Sobriété et pas abstinence ! Faut aller vers l'équilibration entre excès travailliste et abstinence du chômage. D'autant qu'à l'évidence, il ne s'agit pas de laisser "construire la société" n'importe comment ! En respectant simplement les critères du profit, du marché et de la concurrence ! 

- Va falloir limiter !

 A propos de construction de la société, il faudra veiller à ne pas tomber dans le fétichisme de la production pour la production. Le fétichisme de la production accompagne fort bien le fétichisme du travail.  Productivisme et travaillisme marchent ensemble sous le capitalisme. La folie montante consiste même à produire plus encore l'obsolescence des choses au lieu de faire le contraire. Ce qui va accroître l'extractivisme. Or on n'a qu'une seule terre. 

Mais sur ce point le patronat français, les yeux rivés sur les paramètres de la profitabilité, n'est pas meilleur que les autres. Et le concurrentialisme néolibéral n'incite pas à des remises en question ! Au mieux certaines branches peuvent verdir le capitalisme en produisant par exemple des voitures électriques silencieuses, économiques mais très chères.

Christian Delarue

 1) Depuis le 26 août 2014, il est le ministre de l'Économiede l'Industrie et du Numérique dans le gouvernement Manuel Valls II.

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