Classisme, statut du travailleur, République universaliste et laïque.

Classisme, statut du travailleur privé et public, République universaliste et laïque.


Classisme, statut du travailleur, République universaliste et laïque.

République bananière © CD République bananière © CD

Sous les assauts d’une Union européenne très néolibérale faisant la promotion classiste du concurrentialisme multisectoriel nous allons, réforme après réforme - contre-réforme néolibérale en fait - vers une République déconstruite, démantelée, "bananière" ou il manque de personnels qualifiés dans la Fonction publique pour bien servir la population et notamment les couches sociales les plus fragiles et démunies. 

fonctionnaire pas actionnaire fonctionnaire pas actionnaire

Aujourd’hui on évoque, une fois de plus, la nécessité de soumettre le statut du fonctionnaire à des logiques de fragilisation, de précarité, de concurrence, de mérite, d’individualisation. Alors, Etat MEDEF ? Trahison des « élites pantouflardes » ?

 

 

CLASSISME I : De la nécessité d’une boussole pour tous les travailleurs !

Partons d’une ligne directrice générale. Il y a deux sens pour des réformes : soit un sens néolibéral qui fragilise plus encore les droits et garanties des fonctionnaires comme des autres travailleurs et travailleuses du privé ; soit, au contraire, un sens plus civilisé qui consiste à mieux sécuriser les droits et garanties des travailleurs, ce qui n’empêche pas de proposer des parcours de passage d’un « versant » (Etat, collectivités locales, hôpitaux) à un autre.

La mode néolibérale depuis plus de 30 ans est de soumettre un maximum d’activités à la logique marchande sans voir si ce n’est pas contraire à l’intérêt général, un intérêt général non calé sur celui du 1 % d’en-haut dans ses différentes composantes. Sous le capitalisme financiarisé mondial, la fraction financière impose ses règles. Celle de la rentabilité d’abord.

CLASSISME II : Défendre le statut des fonctionnaires

Passons du civil avec des salariés régis par le code du travail à la fonction publique.

- Fonctionnaires et services publics vers République pour tous : un trajet 

Il y a pour les fonctionnaires d'une part un statut général commun aux "trois versants", donc 1 à la fonction publique de l’Etat, 2 à la fonction publique territoriale et 3 à la fonction publique hospitalière (la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires) et d'autre part des statuts propres au deux autres fonctions publiques ( loi du 9 janvier 1986 pour la fonction publique hospitalière, loi du 26 janvier 1984 pour la fonction publique territoriale).

Il existe des fonctionnaires pour deux types de service public : le service public administratif, employant des fonctionnaires et le service public industriel et commercial. Un SPIC a un fonctionnement semblable à celui de l’entreprise privée . Ces services vendent des productions ou des prestations de services en échange d'un tarif réglementé qui n'est pas un prix de marché. Les services publics, y compris les SPIC quoique moindrement, obéissent en principe à des règles différentes des logiques marchandes . Ce sont des usagers et non des clients . Les personnes insolvables ou peu solvables face aux marchés y ont des droits d'accès grâce à la gratuité ou à de bas tarifs. Un usager vit là ou un client insolvable  n'a que ses yeux pour pleurer ! 

- Fonctionnaires pour la République du bien commun : un intérêt général non calé sur celui des riches de l'Entreprise-France

Concernant les fonctionnaires, il importe donc - spécificité - qu’ils soient soumis à un statut juridique et social relativement uniforme sur le territoire national. Un statut qui les protège de la corruption. Un statut qui leur évite pauvreté, précarité et « lutte des places ». Car la logique d’entreprise venue du privé a pour triptyque, non pas « Liberté, Egalité, Fraternité » ( auquel s’ajoute la laïcité), mais celui du sport de haut niveau « plus haut, plus vite, plus fort ». Les moyens y sont supérieurs aux fins . Dans une entreprise capitaliste c’est la force de travail qui est d’abord appréciée pas l’humain avec ses failles et le but c’est surtout de dégager du profit alors que pour l’Etat et ses fonctionnaires c’est de servir l’intérêt général et la satisfaction des besoins sociaux. C’est autre chose. On change de logique.

On ne dit pas que le meilleur gagne car il y a besoin d’esprit d’équipe. Mais l’intensification du travail et l’allongement du temps de travail casse l’esprit d’équipe et montre une plus forte exploitation de la force de travail. Ce qui marche fort idéologiquement de nos jours c’est la « récompense au mérite » afin d’accroître cette exploitation, de la soumettre aux logiques de rentabilité.

De plus, plus les années passent et moins il y a de postes offerts pour les nouveaux venus comme pour les anciens ponctuellement mis de côté, car plus fatigués.

Reste effectivement, dans notre société, la question, pour qui ne confond pas Spencérisme et République, de savoir ce qu’on fait de tous les autres, ceux qui ne sont pas ou plus performants, qui ne se plient pas aisément aux disciplinarisations trop sévères. Dehors ! Dehors avec peu d’argent ! Voilà la morale éliminationniste du néolibéralisme. Du spencérisme !

 - CLASSISME III : Encore contre les « bras cassés »

En 1994, alors responsable syndical, j’avais été choqué du propos « bras cassé ». Pour les élites, les « bras cassés » c’est comme les « racailles » des quartiers populaires, ce sont tous les improductifs d’en-bas. Il faut les marginaliser ! Eux, les élites, ne portent aucune critique sévère - sauf une minorité progressiste - contre le travail continu de « casse sociale » ou de précarisation générale des postes, de bas salaires pour les uns et les salaires vertigineux pour une petite minorité !

Contre les « bras cassés » (les peu productifs) il importait non seulement de recruter les meilleurs - ce que fait déjà avec le principe du concours - mais aussi de se débarrasser des « fainéants ». Que fait-on des soit-disant fainéants si on ne valorise que les têtes de course ?

- CLASSISME IV :  partage du travail par RTT

Il y a besoin de partager le travail, d'embaucher .

Il importe d'enclencher une nouvelle RTT à 32 heures hebdomadaires voire 30 heures et ce sans perte de salaire…  mais pour le peuple-classe. Pour les 99% d’en-bas !

Stop au "ruissellement inversé" vers le 1% (d’en-haut), surtout la frange à plus de 20 000 euros par mois ! Non aux sur-salaires pour les différentes élites !

 

Christian DELARUE

Défense des peuples-classe, classisme et autres divisions.

http://amitie-entre-les-peuples.org/Defense-des-peuples-classe-classisme-et-autres-divisions-Christian-DELARUE

ETAT MACRON ou ETAT MEDEF Retour ligne automatique
Détruire les services publics, c’est détruire l’État | Jean-Luc MélenchonRetour ligne automatique
https://melenchon.fr/2018/02/26/detruire-les-services-publics-cest-detruire-letat/Retour ligne automatique
surtout détruire l’Etat social, trancher la « main gauche » de l’Etat , c’est aussi balkaniser le territoire national

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.