Le principe de continuité du mouvement de grève

TRANSCROISSANCE DES LUTTES : Le principe de continuité du mouvement de grève

Et demain ?

Le principe de continuité du mouvement de grève



 Ce "principe" évite le "trou" dans la naissance du mouvement et permet la transcroissance immédiate de la grève d'un jour en grève de deux jours et plus. On passe plus vite à la grève générale interprofessionnelle. 

Voyons les conditions avant d'expliciter mieux.

Conditions : Il faut que s'annonce une grève très importante avec de puissantes manifestations de travailleurs du privé et du public. Le 5 décembre, même des petits patrons étaient contre la retraite Macron. Bref c'est le peuple-classe qui n'en voulait pas de la retraite par points. Pour le monde des travailleurs et travailleuses salarié.e.s, il y avait aussi, indéniablement, un mécontentement qui dépassait la réforme de la retraite par points. (cf addendum "arguments pour la lutte")

Pour dire les choses simplement, quand on sait qu'une grève d'un jour s'annonce avec très fortes manifestations plus des soutiens, y compris chez des petits patrons, hors grévistes, alors il importe d'annoncer d'emblée la grève du lendemain. La grève du lendemain ,sans attendre plus tard de nouvelles AG dans les structures d'emploi public ou privé, c'est mettre en pratique le principe de continuité du mouvement de grève.

Le terme de transcroissance des luttes n'est pas ici employé dans le sens spatial d'extension des luttes au-delà de l'aire géographique d'origine - vocabulaire marxiste - mais au sens temporel de dynamique prolongée dans le temps, de grève générale interprofessionnelle ; grève générale avec ses contradictions dans le temps entre ceux qui veulent aller rapidement négocier un arrêt moyennant un élément gagné et ceux qui veulent continuer sachant que la pente est trop férocement destructrice (depuis 35 ans environ) des conquêtes ouvrières, des conquêtes sociales ensuite.

Christian Delarue 

À #Rennes, à 13h10, on entend Ch D "Macron, Macron, Macron, entends-tu ? est-ce que tu entends Macron ! On n'en veut pas, on n'en veut pas, on en veut pas de ta retraite à point ! On n'en veut pas ! Macron ! Est-ce que tu entends Macron ? Est-ce que tu entends bien ? On n'en veut pas ! - devant beaucoup de monde aux abords de l’esplanade de Gaulle pour la fin de la #manifestation#Retraites #5decembre2019 #Bretagne

https://www.facebook.com/christian.delarue.alter/posts/10212566046625509?notif_id=1575587373829598¬if_t=feedback_reaction_generic

Addendum 

Arguments pour la lutte sociale : le peuple-classe contre Macron et le 1%

https://aplutsoc.org/2019/12/05/editorial-du-5-decembre-2019-a-22h30/

« 806.000 » manifestants selon le ministère de l’Intérieur, qui disait hier s’attendre à « 270.000 ». Cela veut sans doute dire le double.

En tant que journée de manifestation, le niveau de 1995 et celui du 13 mai 1968 sont atteints. Si la proportion de grévistes est comparable à celle des manifestants comme dans les écoles, lycées et collèges, alors on a eu des millions de grévistes : l’irruption massive de la totalité des personnels de l’enseignement public a été un fait central de ce jour.

La proportion n’est sans doute pas celle-là, mais ce qui est acquis – ça l’était déjà ces derniers jours – c’est que le 5 décembre 2019 s’inscrit dans la série des gréves générales, avec 36, 53 et 68. Aujourd’hui, c’était bel et bien la gréve générale voulue et fixée par en bas, venant de loin car fusionnant les expériences organiques de 95, de 2003, et du mai rampant depuis 2016, et celle des gilets jaunes,.

Pratiquement tous les commentaires sont, bien entendu, à côté de cette réalité. Nous entrons dans le jour d’après.

Les paramètres du jour d’après sont :

# que le rassemblement au grand jour des exploités contre les exploiteurs est là,
# que la question du pouvoir est posée,
# que tout passe par l’organisation propre des grévistes et des masses mobilisées.

Un parti représentant cette majorité ne ferait qu’exprimer sa volonté en anticipant l’affrontement inévitable.

Assemblées générales ! Comités de grèves élus !

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