Les gauches sans les intégristes religieux

Les gauches sans les intégristes religieux

Les gauches sans les intégristes religieux

Je copie, avec ce titre "Les gauches sans les intégristes religieux", la forme du titre de l'article de Julien Talpin "La gauche sans les minorités » (in mouvements et sur Mediapart - 1), article qui se veut une réponse à celui de Stéphane Beaud et Gérard Noiriel « L’impasse des politiques identitaires » et ce à partir de la reconnaissance sociologique des « référents ethno-raciaux ».

Nous défendons, au MRAP, un antiracisme universaliste qui combat toutes les formes de racisme et nous refusons aussi tout essentialisme sur une identité qui débouche trop souvent sur une mise en communauté très englobante , ce qui est abusif et peu scientifique. Prenons un exemple d'actualité, au sein de la catégorie religieuse et culturelle « Musulman » on ne saurait la penser son contenu de façon homogène (pas plus d’ailleurs que la catégorie « catholique » ou « juif » ou autre grande religion historique et mondialisée) et on ne saurait - parfois - simplement admettre de façon neutre l’existence d'une « diversité » comme si les forces obscures de cette religion (comme d’autres religions) n’existaient pas .

Les tendances et fractions réactionnaires des religions sont dites intégristes (cf livre collectif "Urgence antiraciste - Pour une démocratie inclusive" Ed du croquant 2017). Le terme proche mais différent est fondamentalisme.

Les intégrismes religieux se distinguent du reste de la religion-mère car tous poussent à des pratiques autoritaires voire répressives contre les femmes surtout celles hypotextiles (en mini-jupes en ville, seins nus en piscine ou sur plage et les autres aussi d'ailleurs même si moins stigmatisées), les athées critiques ou affichés, les homosexuel-les affichées, et, de plus, militent pour une société hyper-patriarcale. Les juifs Haredim ne sont pas mieux que les musulmans sexoséparatistes et sexyphobes. Les catholiques conservateurs de jadis - avant 1965 - présentaient les mêmes travers typiques de l’intégrisme religieux. Bien sur, il y a pire depuis quelques années avec les terroristes se réclamant de la religion mais le pire n'efface pas la fraction réactionnaire moins violente ! 

Et dire ceci ce n'est pas oublier que le capitalisme porte, via sa ou ses classes dominantes et classe d'appui (bloc hégémonique), une guerre féroce et multiforme - économique, militaire, impériale, etc - contre chaque peuple-classe de la planète, surtout contre les "Suds" pour l'aspect néocolonialisme et impérialisme. Sans accepter la montée des intégrismes religieux et culturels, il importe de rester "bien à gauche" (sans recentrage d'accommodement classiste) dans ces combats d'émancipation sur plusieurs champs (pluri-émancipation). La droite, elle, est du côté des puissants, des riches, de la liberté d'entreprendre, de l'austérité salariale, du travaillisme (40H hebdo voire plus), de la casse des services publics, de la sécurité sociale et souvent avec racisme et sexisme en plus. L'environnement est oublié. Le PS a longtemps été en accompagnement politique et social du néolibéralisme . Les gauches doivent être désormais résolument anti-classiste, anti-impérialiste, anti-raciste, anti-sexiste et anti-patriarcal. Le problème est qu'elles sont divisées. Choisir entre Macron et l'extrême-droite est mortel pour les classes populaires. La démocratie reste à inventer !

Christian Delarue

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