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Billet de blog 12 nov. 2022

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Biocentrisme, biodémocratie, démocratie écosocialiste.

Biocentrisme, biodémocratie, démocratie écosocialiste.

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Biocentrisme, biodémocratie, démocratie écosocialiste.

Le propos est ici très synthétique : Il aborde une suite de trois thèmes qui méritent beaucoup mieux mais pour ce "mieux", il va y avoir des conférences-débats d'approfondissement (cf fin de ce texte).

I - Biocentrisme 

Le biocentrisme est une conception ou attitude mettant l’accent sur la protection et le bien-être de tout être vivant (humain et non humain). Le biocentrisme correspond à un élargissement de la considération morale à la nature (ce qui intègre les animaux non humains) au-delà de la seule considération des humains et donc de l’anthropocentrisme courant et dominant.  

Le souci biocentrique est né historiquement en même temps que le mouvement d’industrialisation du XIX ème siècle. Tout comme la défense de droits sociaux et l’émergence d'un syndicalisme ouvrier sont apparues avec l’exploitation de plus en plus forte de la force de travail salariée au XIX ème siècle (travail des enfants, travail avec peu de repos, travail peu rémunéré, etc) le souci de la nature est aussi apparu avec les dégâts de l’industrialisation du monde.

Le biocentrisme s’oppose à la réduction courante permise par l’anthropocentrisme . Le biocentrisme offre un progrès moral à atteindre pour l’humanité. 

Voici sur ce point un extrait de Les éthiques environnementales de Catherine Larrère

"L’éthique environnementale va nommer « anthropocentrique » cette position qui ne reconnaît de dignité morale qu’aux humains et laisse, en dehors de son champ, tout le reste, c’est-à-dire la nature, vue comme un ensemble de ressources. L’ambition de l’éthique environnementale est au contraire de montrer que les entités naturelles ont une dignité morale, qu’elles sont des valeurs intrinsèques. » 

(source :https://www.cairn.info/revue-natures-sciences-societes-2010-4-page-405.htm )

Le biocentrisme est aussi un antispécisme, le spécisme étant une discrimination liée à l’espèce. 

Aymeric Caron écrit dans Antispécisme : "Je n’aime pas les animaux , je les respecte tout simplement." D’ailleurs il en va de même des humains car on se contente souvent de respecter ceux qu’on n’aime pas ! Le respect suppose la non discrimination . Eh bien nous n’avons pas à distinguer la poule du chien pour manger la première et soigner le second ! Nous n’avons pas à tuer les animaux sauf circonstance exceptionnelle de survie ! 

On comprend dés lors que le spécisme est aussi condamnable que le racisme (ou le sexisme ou l’homophobie). Peux-t-on décemment évoquer le racisme ou la « race » sans jamais dire mot sur la clôture spéciste courante à remettre en question.

Point à discuter : Le biocentrisme vise des individus, et donc les animaux non humains à considérer, pas des groupes de populations à protéger globalement (sans souci des individus qui peuvent souffrir ou mourir), pas plus d’ailleurs la biodiversité entendu comme ensemble à protéger hors souci des individus comme le souhaite une nouvelle éthique, que l’on a pu dire « holiste » (par opposition à l’individualisme du biocentrisme).

Passons du biocentrisme à la biodémocratie

II - La bio-démocratie

Le terme vient aussi d'Aymeric Caron dans Antispécisme

 L’écologie politique telle quelle s’incarne en France depuis 30 ans propose de respecter la nature pour nous sauver nous même et les animaux qui restent à tort des objets à notre service.  L’écologie conçue hors biocentrisme et anthropomorphisme, repense la place de l’humain parmi les autres entités vivantes avec lesquelles nous cohabitons sur cette planète. Elle doit trouver son incarnation dans un schéma politique ambitieux qu' Aymeric Caron nomme biodemocratie.

Rappelons que la démocratie ce n’est pas que le vote car ce sont aussi et surtout des droits, des droits issus de débats démocratiques. Ce sont des droits avec des institutions de mise en oeuvre pour application afin de stopper des dérives. Ni les animaux ni les plantes ne peuvent s’exprimer certes mais par extension du terme, passant du simple souci moral au débats démocratiques nécessaires ils et elles peuvent faire l'objet de protection à la place des pratiques destructrices, tueries et souffrances : Eros au lieu de Thanatos, Civilisation à la place de Barbarie comme deux grandes formes de débat démocratiques pour citoyens dégagés des divers fétichismes dominants. 

La bio-démocratie est donc celle qui introduit dans les débats et orientations démocratiques le souci du vivant avec une optique de réalisation de éthique - les multiples chartes () - faite de plus de considération et de respect pour les animaux non humains. Ce ne sont pas des choses ou des marchandises. Il importe que la bio-démocratie fasse réduire fortement la souffrance animale.

Exemple : Actuellement en Bretagne, il existe des mouvements de lutte contre la prolifération nuisible les fermes-usine (qui sont très présentes en Bretagne). Ces mouvements participent de cette bio-démocratie bien que nombreux acteurs n’aille pas jusqu’au bout de la logique antispéciste.

De la biodémocratie à la démocratie écosocialiste

III - La démocratie écosocialiste

C’est une forme de démocratie alternative à celle liée au capitalisme productiviste, extractiviste et travailliste (travailler plus pour produire plus).

C’est une démocratie de mobilisation, via divers acteurs (syndicats, associations, partis type GES), des diverses composantes du peuple-classe (entendu comme large fraction de peuple sous la ou les classes sociales dominantes, celles entretenant et reproduisant la domination du capitalisme sur la nature, le "gros" des travailleurs et travailleuses salariées mais d'autres composantes encore), mobilisation démocratique et sociale pour rompre (des ruptures et une Rupture-paradigme) avec ce capitalisme cité et construire (nouveau processus) un socialisme écologique, un socialisme "rouge et vert", donc un nouveau socialisme éloigné tout à la fois d'une part de la social-démocratie historique installée tranquillement dans "la fin de l’histoire" (cf congrès de l’Arche 1991 pour le PS de France) et d'autre part du marxisme post 1922 en l’URSS et dans d’autres formations sociales similaires (avec une classe dominante autoritaire reproduisant une économie mixte privée et publique fondée sur le productivisme et le travaillisme).

L'écosocialisme prend appui sur les luttes sociales de défenses actuelles de l’Etat social (Services publics, sécurité sociale, ect) pour promouvoir la valeur d’usage contre la valeur d’échange, et ce faisant réduire la place du marché et du capital pour laisser beaucoup plus d’espace à l’économie non marchande et celle non tendue vers le profit (qui caractérise le capitalisme), place actuellement réduite et soumise à des logiques qui ne sont plus celles de l’intérêt général et de satisfaction des besoins sociaux dans le respect du vivant, dont les animaux non humains. 

IV - Réunions publiques GES : Gauche écosocialiste

- Rennes le 22 novembre 2022 à la Maison des associations à 19h avec Hendrick DAVI député du 13 et Hélène LE CACHEU coordinatrice du PG : Il et elle répondront à "Quel avenir pour l'éco-socialisme ? "

- Paris le 30 novembre 2022 à la Belleviloise à 20h avec Clémentine AUTAIN députée du 93 et Paul MAGNETTE, député du PS belge (article récent sur Mediapart)

Christian Delarue

Bretagne

Liens sur les chartes et droits de la nature comme premières avancées vers la prise en charge démocratique :

https://www.openglobalrights.org/human-and-non-human-rights-convergence-or-conflict/?lang=French

https://www.openglobalrights.org/the-struggle-for-nonhuman-rights/?lang=French

https://www.opendemocracy.net/en/openglobalrights-openpage/la-lutte-pour-les-droits-des-non-humains/

https://ideas4development.org/fleuves-droit/

https://mrmondialisation.org/ces-personnes-non-humaines-un-basculement-de-paradigme/

https://droitsdelanature.com/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_de_la_nature

https://droitsdelanature.com/definition-principaux-droits-de-la-nature

https://droitsdelanature.com/les-textes-des-droits-de-la-nature

https://droitsdelanature.com/droit-environnement-et-droits-nature

https://droitsdelanature.com/droits-de-lhomme-et-droits-de-la-nature

https://www.revuedesjuristesdesciencespo.com/index.php/2021/06/08/les-droits-de-la-nature-un-changement-de-paradigme/

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