Ecoféminismes et refus des intégrismes religieux

Ecoféminismes et refus des intégrismes religieux comme contre-mouvements réactionnaires

Ecoféminismes et refus des intégrismes religieux comme contre-mouvements réactionnaires

L’écoféminisme considère que le capitalisme et le patriarcat vont de pair. Tous deux oppriment les femmes et la nature. Refus du capitalo-patriarcat. Quid alors du retour d'autres formes de patriarcat plus en lien avec des conceptions religieuses dites intégristes pour ne pas créer un amalgame avec des conceptions plus progressistes, plus égalitaires.

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Il y a des écoféminismes

Lors de l’Université d’été 2019 du CADTM (des 5, 6 et 7 septembre à la Marlane en Belgique) j’ai pu poser, lors d'un atelier consacré à l'écoféminisme, cette question - "Ecoféminismes et refus des intégrismes religieux ? " - à Ariel SALLIEH écoféministe et écosocialiste qui a produit un très bon exposé sur l’écoféminisme militant sur deux fronts : contre le capitalisme productiviste et contre le patriarcat. Trois fronts en y intégrant la lutte antiraciste.

A la suite de cet exposé, très bien documenté, il était évident que cet écoféminisme-là (différent de celui de Vendana Shiva - 1) était fortement engagé, en théorie et en pratique, contre le capitalo-patriarcat, notamment celui productiviste et extractiviste fort nuisible à la nature et aux humains (dont les femmes souvent aux premières loges ), mais quid alors de s’opposer, le cas échéant, à la volonté d’aller vers un hyper-patriarcat chez les intégristes religieux, notamment (mais pas seulement) musulmans, ceux sexyphobiques, sexoséparatistes, homophobes, obscurantistes contre Darwin, etc. Bref s'opposer AUSSI à des contre-mouvements religieux très réactionnaires, qu'ils agissent dans la seule société civile ou dans une perspective politique (islamisme). 

Réponse variable. 

En fait, il y a des écoféminismes tant au plan théorique notamment entre écoféminisme spiritualiste et écoféminisme matérialiste (écosocialiste) que pratique : anti-prostitution ou non (relativiste), anti-hypertextile ou non (débat sur le voile), pro-laïcité ou en silence (ignorance parfois dans certains pays ou en opposition), rapport à l'IVG (2), etc .

On y retrouve des clivages que l'on retrouve ailleurs, au sein d'autres féminismes.

Sur l'histoire de l'écoféminisme : 

Emilie Hache : « Pour les écoféministes, destruction de la nature et oppression des femmes sont liées »

https://reporterre.net/Emilie-Hache-Pour-les-ecofeministes-destruction-de-la-nature-et-oppression-des

 

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Sur le site du CADTM

- Pistes pour un écoféminisme anti-système

http://www.cadtm.org/Pistes-pour-un-ecofeminisme-anti

- Propositions écofeministes comme alternatives aux coupures budgétaires

http://www.cadtm.org/Propositions-ecofeministes-comme-alternatives-aux-coupures-budgetaires

 

Christian Delarue

Altermondialiste 

1) sur Vandana Shiva écoféministe essentialiste lire, par exemple, la critique de de Yann Kindo  sur Mediapart : "L’éco-philosophie de Vendant Shiva" .

https://blogs.mediapart.fr/yann-kindo/blog/211216/l-eco-philosophie-de-vandana-shiva

Lire aussi de Joel Martine d'ATTAC Marseille : « L'écoféminisme et les mobilisations pour l'environnement dans les pays du Sud », suivi de « Le débat sur le care dans le féminisme nord-américain et sa convergence avec l'écoféminisme » - Attac France

https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-14-ete-2017/debats/article/l-ecofeminisme-et-les-mobilisations-pour-l-environnement-dans-les-pays-du-sud

Joel Martine explique notamment ceci à propos du care : "Entre l’éthique du care et l’écoféminisme, la convergence est totale".

"On pourrait résumer le positionnement du féminisme du care dans le débat entre différentialisme et universalisme de la façon suivante : si le care se révèle finalement être une dimension universelle, et pas seulement féminine, de l’action humaine, le mépris du care est typique de la domination masculine." Pour ma part je préconise comme souci et perspective d'alter-masculinité : "respect et bienveillance à l'égard de la nature et des femmes, ainsi que des autres être humains, attention élargie aux animaux non humains (ce qui n'empêche évidemment pas de livrer bataille contre les représentants des systèmes de domination).

Moins médiatisée que Vendana Shiva il y a aussi Starhawk comme écoféministe "atypique" avec son essai Rêver l’obscur : femmes, magie et politique, paru aux États-Unis en 1982, a été réédité en français en 2015.

Tout écoféminisme ne s'appuie pas sur un rapport "naturel" entre "la" femme et la nature. C'est plutôt du fait de la situation réelle de nombreuses femmes (dans le monde ) dans un écosystème menacé par les multinationales et les autorités qui les soutiennent que nait un écoféminisme de double lutte (voire trois), des écoféminismes car l'Amérique latine n'est pas l'Europe ou l'Asie.

Tout écoféminisme ne met pas non plus la raison et la science sous le signe univoque du patriarcat. Il s'agit donc de s'instruire et de faire des choix.

2) IVG en France: un accès inégal, un droit malmené | Panoramiques | Mediapart

https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/ivg-france-acces-inegal-droit-malmene

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