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Billet de blog 19 avr. 2021

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Limiter la survisibilité religieuse et respecter les croyant-es

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Limiter la survisibilité religieuse et respecter les croyant-es

I - RETOUR D'UNE EMPRISE

On peut vouloir limiter l'emprise d'une religion via des signes ostensibles, soit une survisibilité, et ce sans pour autant être contre la ou les religions, ni vouloir stigmatiser les personnes. Sans insuffler non plus de l'intolérance religieuse dans la société . 

- Précisons au plan général : Il peut s'agir juste de vouloir préserver un certain sécularisme culturel (avec du multi-culturel et de l'inter-culturel) et limiter ce faisant par un interdit très ponctuel ce qui peut être juger - matière à débat - comme un excès collectif ou individuel de visibilité religieuse . Car parfois il y a bien excès, intransigeantisme pour user du terme qui caractérise l'intégrisme religieux ! Il s'agit alors simplement de limiter une emprise collective hors jugement sur la ou les personne(s) . On peut maintenir le respect aux croyant-es malgré cet interdit ponctuel .

- Précisons sur un plan plus resserré : Les musulmans et musulmanes doivent pouvoir vivre et croire en dieu sans problème comme les autres résidant-es sur le territoire national. Ainsi une musulmane peut ou non porter un voile dans la rue, c'est libre. Ce serait d'ailleurs la même chose pour une autre religion en survisibilité, avec un autre signe religieux ostensible . Par contre qu'elle veuille continuer de le porter dans certains lieux ou la sécularisation est attendue - comme les tribunaux ou les instances officielles de la république par exemple - relève de l'action militante susceptible d'opposition. Dans un tribunal les hommes et les femmes enlèvent ordinairement leur chapeau alors même qu'aucun signe provocateur n'y est affecté.

Ce faisant il va s'agir ensuite de se mobiliser pour un refus des "multiples oppressions subies" (cf article récent et vidéo de Médiapart)

- L'ETAT EN CHARGE DE POSER DES LIMITES

L'Etat peut agir pour poser ces limites et dire toutes les libertés qui subsistent , poser des interdits circonscrits et faire en sorte que cela ne débouche pas sur des discriminations par ailleurs, sur des violences de personne se transformant en policier violent. L'idée essentielle est que affichage religieux lourd, ostensible, survisible, en étendard, doit avoir des limites . On ne peut imposer son signe religieux partout, fut-il dit spirituel par la personne. Qui est en string seins nus en terrasse de café à titre spirituel ? Cela pourrait pourtant être admis légalement et dans les consciences (selon moi au titre de la réciprocité textile, de l'égalité hypotextile-hypertextile) mais ce n'est pas le cas ; bien que l'indécence ne soit pas ou l'on croit ! La question de décence se pose quand le signe, dit spirituel, ressemble autant à l' étendard de l'islam intégriste qui se déploie partout dans le monde depuis quelques décennies.

- UN CONTRE-MOUVEMENT REACTIONNAIRE MONDIAL

Quel pays échappe à cette montée de l'intégrisme religieux musulman ? Il joue contre la sécularisation qui s'était installée et contre les femmes musulmanes. On peut être en désaccord sur la périodisation de cette montée en puissance de l'intégrisme musulman sexyphobe (haine de l'apparence féminine ) et sexoséparatiste (femmes à la maison) au sein des sociétés à forte dominante musulmane mais ou la survisibilité était modeste.

VOILE des MUSULMANES : absent en 1975, présent en 1990

Un regard personnel 

A propos de deux grands voyages au Maghreb et au-delà : Voyage de 1975 et voyage de 1990 avec 15 ans d'écart.

A propos d'un biais sur le peu de présence jadis du voile et de l'hypertextile des femmes musulmanes par rapport à beaucoup plus tard, 15 ans après. 

1) En octobre 1973 il y a eu la "Guerre du Kippour" et j'ai participé, comme jeune marin engagé (juste en octobre 1973 à 18 ans ), dans la période suivante, fin 74 et plus sûrement en 1975, dans le cadre d'une mission de l'ONU (dite DECAN il y en eu deux je crois donc DECAN I et DECAN II), sur le Bâtiment Base LISERON (plongeurs démineurs), au déminage du Canal de Suez .

A l'époque, j'avais 20 ans, et j'ai moins remarqué les musulmanes voilées que la pauvreté . J'ai été surtout choqué par la pauvreté et la misère des populations. Pour trouver à manger, les enfants fouillaient les poubelles des navires à quai. Ils nous "faisaient les poches" dès la sortie d'un car ou d'un taxi, (souvenir : lors de visite des trois grandes pyramides). Les musulmanes voilées étaient très très rares en ville (même pas vu), mais peut-être y en avait-il plus en campagne. C'est effectivement un biais possible. 

Les effets de la modernité, ici de la sécularisation et des droits des femmes, arrivent avec retard dans les campagnes ou subsiste beaucoup plus des archaïsmes patriarcaux et de l'obscurantisme religieux. La modernité n'est pas que positive comme pourrait le laisser entendre la phrase précédente mais elle a pu néanmoins apporter des formes de libération par rapport aux traditions, traditions que toutes les extrêmes-droites du monde et tous les intégrismes religieux veulent maintenir (conservatisme) ou réinstaller si disparu (praxis réactionnaire).

Je suis retourné en Asie et au Maghreb en 1976-77 : même constat.

Quid 15 ans plus tard ? Autre perception.

2) En été 1990, après la décennie noire du FIS et six mois avant les début de la guerre du golf (Désert Storm  j'ai effectué un voyage en Algérie avec mon ex-épouse (aujourd'hui décédée) et mon seul fils à l'époque et j'ai été choqué non de la misère (quoiqu'il devait y en avoir, mais moins visible) mais de la très forte présence des hommes sur la place centrale de Tlemcen. J'ai appelé cela sexo-séparatisme car les femmes étaient et restaient à la maison.

On avait là une situation très patriarcale dont le complément était la sexyphobie des hommes qui ne voulaient voir que des femmes bien cachées et effectivement on voyait plus de musulmanes adultes sortir en étant sous voile, le voile de la tête au pieds (hypertextile).

A Alger, mon ex-épouse qui portait des jupes ou robes plus longues qu'à l'ordinaire a vu un homme se baisser pour regarder sous sa jupe (elle était assise sur des escaliers) et le même homme l'invectiver ensuite ! Je n'ai pas trop compris son propos car il y a avait du français et de l'arabe mais il lui reprochait son indécence.

Christian Delarue

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