Classisme systémique de masse et pauvrophobie contre le tout-en-bas

Classisme systémique de masse et pauvrophobie contre le tout-en-bas - I .

Classisme systémique de masse et pauvrophobie contre le "tout-en-bas"

De retour de l'AG de Romeurope à Marseille (septembre 2021), une distinction s'est affirmée pour certain-es. Posons-là sommairement : le classisme frappe largement des non pauvres, la pauvrophobie frappe elle les seuls pauvres, les plus démunis d'une population, et ce sans donner la moindre solution pour la sortie de la misère matérielle (pour ne citer que celle-là), surtout si une forme de racisme ou de xénophobie s'y ajoute, alors que ce serait possible - contrairement au classisme - d'éradiquer la pauvreté sans menacer les fondamentaux du système capitaliste (sa logique de profit d'abord, son accumulation de richesse pour le 1%, la propriété privée des moyens de production, etc). 

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On évoque ainsi, assez souvent, dans une certaine gauche « classisme, racisme, sexisme » comme trois grandes formes d’oppression et de domination. On ne manque d’ailleurs pas d’en ajouter à cette liste incomplète. Mais classisme n’est pas qu’une oppression d’un groupe minoritaire (1) car il s’agit d’une domination systémique de masse !

Ce sont donc les besoins de faire « court » dans le discours militant qui ont crée le mot « classisme » pour le mettre à côté de racisme et sexisme. C’est un besoin lié à l’évocation d’un titre sous forme de triptyque à combattre qui est à l’origine du mot « classisme ».

Enjeu :

Le classisme comme domination large et systémique (liée au capitalisme) n’est pas seulement un mépris des pauvres, un maintien des pauvres dans la pauvreté, une pauvrophobie. C’est plus large que cela puisqu’il s’agit d’un lien avec la « guerre des classes » (gagnée par les très riches dans le 1%) qui frappe quasiment tout le peuple-classe, soit grosso modo les 99%.

Les classes dominantes (le 1% d’en-haut pour faire court) peuvent ou pourraient lutter contre la pauvrophobie - sans menacer le capitalisme - qui frappe les résidant-es les plus pauvres de la population. Il leur suffit d’en avoir la volonté de mettre en place les dispositifs adaptés et de les perfectionner. Par contre, elles ne sauraient jamais abandonner d’elles-même sans rapport des force le classisme, comprenez toute la politique de domination de classe dont l’exploitation de la force de travail du salariat des 99%, surtout des 90%. Là, il peut y avoir des divergences secondaires entre aile droite et aile gauche mais il y a un accord de béton sur le socle pour maintenir le noyau dur capitaliste et sa logique de profit d’abord.

Le classisme frappe y compris les cadres mais certes moins que les groupes sociaux à statut précaire et moins bien payés,

Cela a évidemment d’énormes conséquences qui frappent le peuple-classe en termes de Service public, sécurité sociale, pouvoir d’achat du peuple-classe, etc...

Suite de ce texte sur

http://amitie-entre-les-peuples.org/Distinction-Classisme-et-pauvrophobie-Christian-DELARUE

Christian Delarue

1) le sexisme non plus, le racisme c'est selon les formations sociales .

Seconde contribution

Pauvrophobie d'Etat

https://blogs.mediapart.fr/christian-delarue/blog/161021/pauvrophobie-detat

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