Entreprisocène, TPE, ESS, SP.

Entreprisocène contre TPE (très petite entreprise), ESS (économie sociale et solidaire), SP (services publics)

ENTREPRISOCENE et trois marginalisations en périphérie du système voire en exclusions

Entreprisocène contre TPE (très petite entreprise), ESS (économie sociale et solidaire), SP (services publics)

http://amitie-entre-les-peuples.org/Entreprisocene-contre-TPE-tres-petite-entreprise-ESS-economie-sociale-et

 

L’Entreprisocène arrive à la suite lexicale et de recherches sur l’Antropocène (ère de l’influence de l’humain sur la biosphère) puis sur le Capitalocène qui met la logique du système capitaliste comme ayant le plus fort impact sur la biosphère (https://wikirouge.net/Capitalocène). L’Entreprisocène est le nom plus spécifique de la nuisance forte des grandes entreprises (FMN ou STN) depuis le milieu du XIX ème siècle.

 

XX

I - DOMINATION sur quoi ? Outre la biosphère

Trois grands secteurs semblent bien relever de cette domination historique de la très grande entreprise mondialisée (FMN ou STN) :

1- La petite entreprise sans considération de son statut juridique :

Le contexte de l’automne 2020 montre nettement que c’est la grande entreprise qui est favorisée, celle à compétence nationale ou internationale et que le petit commerce peut dépérir . Certains étaient bien riches et vont survivre mais nombreux sont ceux qui vont tomber en faillite (pour le dire à l’ancienne). Espérons que ce soit un mauvais passage... et que 2021 va donner une orientation de reprise locale de l’ensemble des activités en petites entreprises.

2 - Les services publics travaillant à l’intérêt général et la satisfaction des besoins sociaux de tous et toutes. On pourrait y ajouter la Sécurité sociale issue de 1945-46 (un ensemble qui forme l’Etat social en lien avec l’Etat de Droit, le tout allant contre une sorte d’Etat pour le 1% et le MEDEF)

3 - L’ESS ou l’économie sociale et solidaire avec le secteur coopératif et les mutuelles.

 

XX

II - DOMINATION FATALE ? FMN ou STN hors capitalisme vert ?

(FMN pour Firmes multinationales ou STN pour Société transnationale).

Le « capitalisme vert » comme mode de production, de distribution et de consommation conserve certes sa logique profonde, surtout avec sa financiarisation, mais intégre l’environnement dans son processus de production et dans la marchandisation. L’appropriation privée perdure et de plus exclue toujours qu’une instance vienne brider la liberté d’entreprendre.

XX

Est-il possible de changer l’entreprise mondialisée au sein d’un capitalisme mondial et financiarisé ? La question se pose effectivement de savoir si la grande entreprise peut évoluer et sortir de son paradigme de machine à domination du monde des travailleurs et travailleuses mais aussi des humains (consommateurs et citoyens hors production), des animaux (zoonose et autres) et de la nature.

A quoi pourrait bien ressembler une multinationale « avec vue » ? se demandaient jadis trois spécialistes Karim Medjad, Forestier et Bedos, une question qui semble relever de ce qu’on appelle « l’entreprise de mission » (un peu comme les services publics, ie avec un souci d’intérêt général , néanmoins mêlé à une maximisation du profit) . Réponse citée : "A une variante internationale des entreprises de l’économie dite « sociale » ?

Quelle est alors cette économie sociale alternative (soit l’ensemble de l’ESS plus les services publics) ?

Commençons par quelle ESS (secteur de l’économie sociale et solidaire) ? « Mutuelles ou coopératives, ces entreprises poursuivent d’autres buts que la seule recherche du profit et s’appuient sur des modes de gouvernance qui expriment des aspirations plus démocratiques que les sociétés par actions traditionnelles ». D’accord . Mais sur le test principal on attends toujours en France (et même ailleurs quoique différemment) une réduction du temps de travail ( RTT) à 30 heures et ce sans perte de salaires (pour les 99% d’en-bas) dans la « bonne économie » alors que la « mauvaise économie » poursuit durement sa logique de double exploitation (travail et nature) au profit du 1% surtout.

Les trois auteurs cités affirment : « Il reste toutefois à faire en sorte que ces entreprises alternatives puissent parvenir à s’internationaliser sans se dénaturer » . Eh bien, c’est effectivement tout le problème à l’heure ou même les « services publics à la française » (construction de L Duguit à 1981-82) sont dénaturés, eux qui ne travaillent pas pour le profit mais pour l’intérêt général et la satisfaction des besoins sociaux. Le souci de rentabilité placé avant le souci de bien effectuer les missions montre une perte des valeurs du SP et une soumission à la marchandisation et... à l’Entreprisocène et au Capitalocène.

La solution semble être tout à la fois le recentrage sur le local très proximal avec de l’ESS et des services publics implantés partout, et des grandes entreprises qui cessent de surexploiter toujours plus les humains et la nature. Ou sont les freins ? Non seulement il n’y a pas de nouveaux freins mais de plus, il y a de nouveaux pouvoirs d’implantation .

Exemple : De grandes entreprises se proposent d’investir dans l’éolien pour une autre énergie plus propre ? Mais quel statut du travail salarié (salaires pour quel temps de travail diminué ?) ? Quelle place aussi pour le service public de réseau ? Quelle politique de prix puisqu’il s’agit de marché et d’entreprise privé fonctionnant toujours au profit ? Consommer, c’est aussi un rapport social tout comme produire. Sans association de consommateurs, comme Indecosa-Cgt par exemple, il y a risque d’un capitalisme vert pâle et toujours peu soucieux du travail.

Christian Delarue

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.