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Billet de blog 28 juillet 2014

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Contre le réductionisme : Ni "putophobie", ni homophobie.

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Contre le réductionisme : Ni "putophobie", ni homophobie.

I - Sur le réductionisme du regard de la femme sexy et de la musulmane voilée.

Ce n'est pas la première fois que j'aborde les questions de domination sociale des "minorités" par le mode critique du "regard réductioniste" car il est dominant, structurel (lié à un aspect structurel lourd de la société). En ce sens j'ai pu préconiser, comme solution intermédiaire (pas révolutionnaire) et comme pratique tout à fait réalisable pour accompagner les tendances positives et émancipatrices au sein de la société, de savoir tenir un "double regard" : double regard sur les femmes musulmanes voilées, double regard sur les femmes sexy (1) dans un premier temps. Puis même double regard sur l'ex-amant(e) (2). A chaque fois il s'agit de ne pas refouler le regard réducteur comme le fond les intégristes religieux, le mécanisme psychologique à l'oeuvre n'étant pas pertinent, mais il s'agit aussi et surtout de voir toujours l'être humain digne, le regard réducteur étant bien celui qui ne voit pas l'être humain digne et respectable mais seulement l'individu spécifique et réduit : l' individu sexué ou l'individu religieux dans les cas envisagé alors comme militant féministe et antiraciste.

C'est parce que nous portons tous (peu ou prou) un tel regard réducteur (variable selon les objets) qu'il faille, pour des raisons éthiques et politiques le contrer. L'admettre donc "à bas bruit" comme jeu social mais ne pas le laisser dominer. 

1) La théorie du « double regard . »

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article3245

ou sous ce titre sur Médiapart :

Le réductionnisme comme mécanisme d’oppression sexiste et/ ou raciste.

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/240213/le-reductionnisme-comme-mecanisme-d-oppression-sexiste-et-ou-raciste

2) Complément à la théorie du « double regard », contre le réductionnisme.

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/150214/complement-la-theorie-du-double-regard-contre-le-reductionnisme 

2 - Sur le réductionisme du jugement sur la pseudo-prostituée et sur le pseudo-homosexuel : le déplacement hétéronormatif.

 Au-delà des intégrismes religieux qui forcent tout particulièrement le trait répulsif bien au-delà de l'insulte courante de "sale pute" et de "sale pédé" en employant aisément la violence physique, c'est tout l'ordre hétérosexuel qui serait à incriminer. Isabelle CLAIR a insisté sur ce point :  Les figures de la « pute » et du « pédé » renvoient à deux dimensions de l’ordre hétérosexuel. D’une part, la différenciation des sexes : chaque sexe a sa propre figure repoussoir et le risque de s’y voir associée n’est pas le même pour les filles et les garçons. D’autre part, leur hiérarchisation : alors que les garçons doivent faire la preuve continue qu’ils ne sont pas des « pédés », c’est-à-dire qu’ils ont leur place dans le groupe de sexe dominant, les filles sont a priori suspectes d’êtres toutes des « putes », du fait de leur position inévitablement inférieure dans la classification des groupes de sexe."

 Elle précise : "Les insultes qui ont cours dans les cités d’habitat social, et que l’on retrouve pour partie à la campagne (à l’identique ou avec des variantes lexicales) sont très révélatrices de ces deux risques. Les garçons peuvent être traités de « racailles », de « bouffons », de « crevards », de « canards », de « lovers », de « pédés », etc., autant de catégories qui ne renvoient qu’à un seul axe de lecture, celui de la binarité du genre : les garçons ainsi désignés sont plus ou moins virils, plus ou moins aptes à entrer dans la catégorie des « vrais » hommes. Les filles, elles, n’ont la possibilité d’être identifiées qu’à deux catégories déterminées par la moralisation de leur sexualité : être des « putes » ou des « filles bien ». Leur valeur dépend de leur vertu." 

Pour contrer ces identifications, il faut à minima - ce n'est qu'un premier pas - refuser :

- a) la stigmatisation de la "pute", soit la "putophobie" qui ne vise pas ici les prostituées mais les filles ou femmes qui sont censées leur ressembler soit par une grande liberté d'esprit et de pratique à l'égard de la sexualité (les libertines par exemple), soit par une apparence vestimentaire variable dite autrement "sexy", soit par les deux traits cumulés, et 

- b) la stigmatisation des homosexuels, soit l'homophobie qui ici ne vise pas nécessairement des homosexuels (masculins surtout) mais de façon plus générale des hommes efféminés d'aspect et/ou peu courageux dans certains jeux violents ou transgressifs ou d'autres traits encore qui peuvent parfois surprendre tant l'imaginaire de la stimatisation est riche (chez certains). Ce déplacement du stigmate au-delà de la prostituée professionnelle et de l'homosexuel véritable renvoie à ce que l'on nomme l'hétéronormativité.

Concernant l'homophobie on trouve - au-delà du rejet primaire de l'homosexualité - le gout de la force, l'apologie de la virilité sans faille, sans faiblesse et d'une manière générale l'idée qu'un homme véritable est sans fragilité, un "dur" physiquement et moralement, une "machine" ne connaissant ni sentiments, ni sensibilité, choses réservées aux femmes (bien qu'il existe évidemment des femmes dures et rigides). Il faut rompre en tant qu'homme, tant que faire se peut eu égard au poid des stéréotypes de genre, à ce type d'injonction machiste.

 Christian Delarue

in Le pédé, la pute et l'ordre hétérosexuel par Isabelle CLAIR - Cairn.info

http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=AGORA_060_0067

 On peut lutter contre la prostitution - comme les Zéromachos le font - mais ne pas s'adonner à la "putophobie" car ce sont les proxénètes et les clients les responsables de l'esclavage prostitutionnel. Les hommes dignes font autre chose qu'acheter des femmes ! Vive la masturbation, vive la séduction et les relations sexuelles librement consenties.

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