Hana Shalabi: la valise ou la mort.

Hana Shalabi, La valise ou la mort.

L’idée récemment venue aux autorités israélienne de proposer la déportation à Hanna Shalabi pour qu’elle mette fin à une grève de la faim longue de 44 jours semble à à certains une proposition honorable. Hana Shalabi dont la détermination semblait sans faille évite ainsi la mort. Elle peut sortir la tête haute d’une douloureuse confrontation et de son côté le gouvernement israélien semble donner des gages de bonne volonté, voire d’humanisme en se préoccupant du sort d’une militante considérée comme ennemie d’Israël.

En réalité, il n’en est rein. Cette proposition si elle se généralisait à d’autres prisonniers en grève de la faim risque bien d’avoir des conséquences très négatives pour les palestiniens.

D’une part elle fait passer la déportation pour une issue acceptable au regard de celle à laquelle on s’attendait plus tôt, la mort d’Hana. Mais la déportation, semble devenir avec le  déplacement de masse des populations palestinienne une pratique courante - les autorités envisagent le déplacement de milliers de bédouins -. Elle reste une pratique illégale dans le droit international.  Elle est à la fois injustifiée s’agissant de populations qui résident depuis toujours sur la terre de Palestine et cruelle. La déportation conduit le plus souvent ses victimes dans cette autre prison fermement gardée par  les israéliens qu’est la bande de Gaza.

La déportation d’Hana Shalabi d’autre part ne remet en rien en cause la pratique tout aussi illégale de la détention administrative  à laquelle est soumis un nombre croissant de palestiniens. La détention administrative est à l’image de la lettre de cachet, la manifestation de l’arbitraire le plus absolu, une pratique indigne de toute démocratie. Elle revient à faire disparaître un palestinien sans sans qu’aucun charge ne pèse sur lui. Elle enlève à la victime de cette pratique d’un autre âge,  toute possibilité de défense devant un tribunal. Elle est assimilable à de la torture. La victime restant dans l’ignorance de son sort et de la durée de l’internement renouvelable à l’infini.

Pour Hana Shalabi les souffrances de cet internement arbitraire ont durées deux ans et demi une première fois avant qu’elle ne soit relâchée dans le cadre de l’échange de prisonniers avec le soldat Shalit. Enlevée à sa famille une seconde fois, elle a subi les violences et les humiliations d'un nouvel internement. Il est terriblement regrettable que les médias des démocraties occidentales ne se soient jamais inquiété  de cette femme et n’ai pas donné la moindre information sur son sort avant et au moment de sa grève de la faim. Aujourd’hui, ils ne manifestent guère plus d’inquiétude sur sa déportation. Libre dans la prison de Gaza, Hana doit se dire que décidément, elle n’est pas née au bon endroit ni sous la bonne étoile.

Pour l’heure d’autres victimes palestiniennes de cet internement arbitraire poursuivent leur grève de la faim.

Si rien n’est entrepris pour faire respecter les droits humains des palestiniens. Si la pratique de l’internement administratif et celle de la déportation se poursuivait, les palestiniens cibles de la répression israélienne bien pourraient se trouver devant le choix : la disparition, la valise ou la mort

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