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Christian Giabicani

Retraité de la fonction publique
Marseille - France
À propos du blog
Islamophobie ; ceci est un néologisme (qui entre dans le dictionnaire en 2005…); il associe le terme islam, l’une des trois religions monothéistes, au vocable phobie qui signifie étymologiquement: crainte. Ainsi, si l’on en croit la définition, l’islamophobe serait un individu qui craindrait l’Islam. Cette individu est, sans aucun doute, quelquefois présent au « Café du Commerce ». L’ignorance est dans le domaine des religions aussi répandu que dans les autres sphères de la culture. Mais aujourd’hui, l’islamophobie est source de débats très vifs dans le monde des élites, voire des intellectuels. En effet l’islamophobe, serait selon certains « esprits éclairés », toute personne qui refuse, sans réagir, de voir la religion musulmane intervenir dans la sphère publique. Ainsi le laïque peut être qualifié d’islamophobe, par les partisans de l’islamologue Mohamed Arkoun. Celui-ci déclarant, en mars 1989, dans un entretien au journal « Le Monde » : « construite sous la IIIème république, la laïcité parait aujourd’hui intellectuellement dépassée ». Dans cette hypothèse, que propose notre théologien musulman, l’introduction du pouvoir spirituel dans la sphère du pouvoir temporel ? Poser la question c’est y répondre. Soutenir un médecin homme qui se voit refuser de pratiquer des soins à une femme, ceci à cause de sa religion, est susceptible de nous valoir le qualificatif d’islamophobe. Or la loi française est claire : la santé publique est, dans notre pays, exempt de discrimination selon le sexe du patient comme du médecin praticien. Approuver un enseignant, dans l’école de la république, qui s’oppose au port d’un « signe religieux ostentatoire », le foulard dans le cas musulman, est une « raison » d’être accusé d’islamophobie. Pourtant, le prosélytisme religieux est, dans notre république laïque, encadré par des lois votées par la représentation nationale, et nul ne doit les ignorer. Ainsi, la sénatrice de confession musulmane : Bariza Khiari, déclarait récemment sur un plateau de télévision : « La république doit protéger la foi aussi longtemps que la foi ne prétend pas dire la loi. » Déplorer qu’une prière (l’un des cinq piliers de l’Islam), se déroule dans la rue, peut entrainer l’accusation d’islamophobie. Or, ces «prières de rue» alimentent le discours nauséabond de l’extrême-droite et détournent l’opinion publique de l’importante question du financement des lieux de culte musulman, ainsi que de leurs implantations dans des quartiers à forte concentration de population originaire de pays où l’islam est religion d’état. Etre solidaire d’un maire qui refuse de proposer des repas Allal, dans les cantines scolaires de sa commune, est source de polémique et engendre les reproches d’islamophobie. Ces quatre exemples, du refus de respecter le principe de la laïcité dans notre république, devraient pourtant déstabiliser nos « esprits éclairés ». Car, dans ces exemples, on ne peut affirmer, sérieusement, que celui qui réagit en condamnant des comportements contraires à la loi de la république (lois de 1905), est traversé par une « crainte de l’islam », encore moins d’une quelconque hostilité à une foi religieuse. La réalité est tout autre, il s’agit de défendre, sans aucun compromis possible, la séparation entre la sphère privé (dans laquelle se trouve la religion), de la sphère publique (dans laquelle s’applique la loi). Le respect des cinq piliers de l’Islam, par les croyants musulmans n’est en aucun cas incompatible avec la citoyenneté française. Seul l’intégrisme qui veut réécrire la loi de notre république laïque est notre adversaire. Il doit être combattu, sans aucune faiblesse, par tous nos responsables politiques, et au-delà par tous les démocrates et républicains. Comme le soulignait le philosophe Régis Debray : « Le droit à la différence ne doit pas conduire à la différence des droits. » En condamnant les comportements d’une petite minorité de musulmans, dans une république laïque, nous ne devons pas « avoir peur d’être traités d’’islamophobe » comme le rappelait, il y a peu, Elisabeth BADINTER sur France Inter. En tant que laïque, cela n’entame, en rien, notre volonté de s’opposer à toute discrimination, à toute stigmatisation, qui pourrait remettre en cause les droits inaliénables d’une population, quelle que soit sa préférence et sa ferveur religieuse.