Réponse au président Macron ! le 6 avril 2019

À titre personnel, au cours de cette dernière décennie, les revenus de notre ménage, issus seulement de nos pensions, ont baissé, alors que nos impôts ont augmenté de 25%, ce qui n’empêche pas que la situation économique se dégrade continuellement pour le pays et une grande partie de la population.

                                                                                                                                      Monsieur Michel B.

                                                                                                                                                                       à                  

Réponse au président Macron !

Présentation générale

Nés 4 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, ma femme et moi avons étudié, utilisé les ascenseurs sociaux de l’époque, pris des risques et surtout beaucoup travaillé. Rien ne nous a été donné et il a fallu « aller chercher le bien-être raisonnable que nous avons très progressivement acquis». Nous avons élevé nos 2 garçons et assuré leurs études, sans demander quoi que ce soit à quiconque ! Nous avons d’abord assumé nos devoirs avant d’exercer nos droits !Et nous n’avons jamais milité dans un parti politique...

Présent pacifiquement sur le rond-point de Givors centre commercial, je partage nombre de diagnostics et l’indignation de la plupart des gilets jaunes présents. Si je prends le temps nécessaire pour le formaliser, c’est avant tout pour que les générations à venir puissent continuer à bénéficier de ce qui a fait la force et le bien-être de notre pays après la seconde guerre mondiale. Et si actuellement, mon épouse et moi-même vivons correctement de nos pensions de retraites, je ne manque pas de constater les dérives continues très inquiétantes de notre pays depuis bientôt 40 ans.

À titre personnel, au cours de cette dernière décennie, les revenus de notre ménage, issus seulement de nos pensions, ont baissé, alors que nos impôts ont augmenté de 25%, ce qui n’empêche pas que la situation économique se dégrade continuellement pour le pays et une grande partie de la population.

La démocratie représentative a été dévoyée au profit de quelques-uns et de groupes de pression bien places « qui se goinfrent ». Hors des périodes électorales, les élites sont coupées du peuple et le changement est fait pour que rien ne change ou si peu.

Notre république centralisée fait plutôt penser à une monarchie absolue du temps de Louis XIV ! Si les politiques sont loin d’être tous corrompus, l’omerta sur les nombreux avantages et abus tires de leur position est de rigueur, à quelques exceptions près, qui nous permettent malgré́ tout d’entrevoir l’ampleur des excès et détournements !

Comme nous le constatons régulièrement, devenu obèse, l’État pèse de plus en plus sur nos impôts, nos taxes, la compétitivité et l’avenir du pays ! Certains services publics ou parapublics doivent, soit s’adapter de toute urgence, soit maigrir drastiquement, soit disparaitre.

Mal compris, les efforts demandés pour réduire l’empreinte écologique ne doivent pas être absorbés par cette France périphérique qui n’a pas d’autre choix que de rouler diesel pour aller travailler, énergie que l’État a longtemps favorisée via les constructeurs automobiles français.

Au quotidien, le fonctionnement de notre démocratie est déplorable. Les droits passent bien avant les devoirs et l’assistanat a été poussé très loin au détriment des revenus du travail, qui n’est presque plus le principal intégrateur dans la société. Il faut dire que « ceux d’en haut » ne montrent pas l’exemple !

Quant à la sécurité du pays, autant l’État exerce une répression totale et aveugle contre les automobilistes, autant il est laxiste devant les incivilités, la délinquance et les dérives idéologiques.

Revendication des Gilets Jaunes

Présent pacifiquement sur les ronds-points chaque semaine, j’ai pu mesurer :

  • Les difficultés de beaucoup pour joindre la fin du mois
  • L’ampleur de la distance avec les politiques et les élites du pays
  • Le manque de considération ressenti par la plupart des présents.
  • Les blessures causées par les paroles malheureuses du président Macron.
  • L’incompréhension à l’imposition forcée et systématique du 80 km/h, ressentie essentiellement comme un racket de plus au détriment des automobilistes. Les principales revendications portent sur les points suivants :
  1. Baisse des taxes et impôts qui nous accablent.
  2. Amélioration significative des revenus nets salariaux. Tous les travailleurs à temps plein devraient pouvoir vivre     décemment, avec un écart significatif sur ceux qui profitent au maximum des diverses et trop nombreuses assistances, dont une partie doit être rebasculée vers qui apporte ou a largement apporté une contribution réelle au bien-être du pays. Bien entendu, les aides doivent malgré tout être maintenues pour ceux qui ne peuvent pas faire autrement (handicapés par exemple)
  3.   Pas de surtaxe soit disant écologique carburants pour les automobilistes alors que d’autres pollueurs bien plus dangereux      en sont exclus : cheminées bois, camions, avions, supertankers des mers (qui fonctionnent au fuel lourd extrêmement nocif), etc..
  4. Suppression de la hausse de 1.7% de CSG appliquée aux retraités depuis début 2018, et même décembre 2017 pour les   pensions du régime de base du privé, versées en fin de mois le 9 du mois suivant, sans que l’on ait été averti, ce qui illustre parfaitement le mépris de l’État...
  5. Indexation des retraites sur le coût de la vie. Leur blocage n’était pas du tout au programme du candidat Macron !

Et à travers l’école, la formation continue et les aides ciblées aux entreprises qui jouent le jeu, l’État doit favoriser la création d’emplois de savoir-faire dans lesquels les salariés peuvent espérer gagner correctement leur vie, continuer à évoluer et avoir un sentiment d’apporter leur pierre à l’édifice de leur entreprise et de la France.

Actuellement, trop de postes proposés sont peu qualifiés, coupés de toute évolution, de type « travail d’accompagnement » et sans réelle création de richesses permettant une redistribution positive !

Adaptation en urgence de l’État Français

Il faut arrêter de faire porter tout le poids de l’adaptation économique mondiale à cette France qui travaille ou qui a beaucoup travaillé, qui va des plus faibles jusqu’aux classes moyennes, et qui n’a rien dit jusqu’à cette révolte « des Gilets Jaunes »
Alors que « ceux du dessus du panier» qui ont souvent des statuts et des privilèges dignes du temps du roi soleil, voire pire, vivent très bien (certains en profitent beaucoup) dans des organisations pléthoriques opaques et souvent redondantes.

Cette remise à plat complète de l’État français depuis la commune locale jusqu’à l’Élysée, est d’une urgence absolue pour que le pays ne continue pas à décliner, voire sombrer, ce qui est le cas depuis au moins 10 ans : Le PIB moyen par habitant diminue ou stagne, la dette du pays augmente inexorablement, les écarts de revenus et de richesse s’envolent et des travailleurs pauvres ou isolés ne peuvent même plus se loger...

Si les missions régaliennes de l’État (Sécurité, Défense, Justice) ainsi que celles liées à la santé, doivent continuer à être pleinement assurées, les autres secteurs ou services publics doivent impérativement s’adapter et maigrir au plus vite :

  • Redondance des différentes strates territoriales. Au minimum, une « couche » doit être complètement supprimée.
  • Bien souvent, personnel très nombreux et mal reparti, ce qui nuit d’ailleurs à l’efficience et à la motivation.
  • Faste de l’État central à réduire (Élysée, Sénat, Assemblée nationale, etc..).
  • Hauts fonctionnaires d’État surpayés et en surnombre important (Bercy en tête).
  • Nombre pléthorique de ministres et de conseillers à réduire fortement.
  • Nombre et représentativité des élus de l’Assemblée nationale et du Sénat !
  • Personnel très largement surpayé dans les lieux centraux de pouvoir !
  • Agents de l’État sans affectation !
  • Avantages accordés aux anciens chefs d’État (même si c’est surtout symbolique).
  • Commissions, Centres d’études, centres de recherches, observatoires et instituts dont la nécessité́ et l’efficience sont douteuses.
  • Et bien d’autres tours d’ivoire à réduire ou supprimer...

Tous les sujets listés ci-dessus sont maintenant :

  • Visualisés, débattus et critiqués sur la TV ou Internet
  • Largement développés dans de nombreux livres politiques
  • Objets de rapports alarmants par la cour des comptes et ses antennes régionales

Le bon sens des « Gilets Jaunes rencontrés » trouve que cette situation est indécente et que de telles inégalités et de tels privilèges ne peuvent pas perdurer !

L’État doit absolument « faire mieux avec beaucoup moins » pour permettre de redonner un souffle positif à notre économie et des conditions de vie dignes à tous ceux qui concourent ou ont largement concouru au bien-être du pays.

C’est d’ailleurs par cet amaigrissement drastique salutaire que le quinquennat 2017 - 2022 aurait dû commencer !

Transition écologique

A mon avis, la France ne doit pas « surlouer » la transition écologique. Ce serait « se tirer une nouvelle balle dans le pied » et ce n’est pas surtout pas le moment.

Alors que la population française ne représente qu’un 1% de la population mondiale qui, pour la grande majorité́, n’est pas encore mobilisée pour la santé de la planète !

D’ailleurs, la forte hausse de la démographie mondiale sera le principal problème pour les décennies à venir. Comment notre planète pourra nourrir 10 milliards d’êtres humains en 2050 ? Et notre pays, de taille bien trop moyenne, n’y peut pratiquement rien !

Arrêter de vouloir nous culpabiliser et de nous faire croire que la solution est la hausse des taxes carbone à supporter essentiellement par ceux qui ne peuvent pas se passer de leur voiture pour aller gagner leur vie.

D’autres pistes vertueuses déjà disponibles doivent être encore plus encouragées et encore plus développées :

  • Accentuer l’isolation des bâtiments existants dont beaucoup sont de véritables passoires thermiques.
  • Construire des maisons auto-suffisantes en énergie.
  • Interdire le chauffage permanent au bois avec des vieux appareils extrêmement polluants. C’est la cause principale de pollution dans beaucoup de villes en hiver !
  • Recyclage des différents déchets en produisant de l’énergie.
  • Étendre l’utilisation du carburant vert éthanol E85 pour l’énergie nomade.
  • Favoriser la répartition géographique des emplois et les moyens de transport en commun.
  • Etc..

Et arrêtez de nous faire croire que la seule filière « voitures électriques » pourrait régler le problème. Il n’y a pour l’instant, pas de « dispositif d’énergie miracle » disponible à court terme, mais espérons que des solutions propres « tout au long de leur filière » seront développées à moyen terme.

Enfin, que dire du laisser-aller de la propreté de nos villes et nos campagnes alors que des poubelles et déchetteries ont été installées presque partout.

Démocratie et citoyenneté

Dans la vie quotidienne, près du terrain :

Un point délicat est que le « citoyen lambda » n’ose plus dénoncer les incivilités et les dégradations (en rappel avec la sombre période de l’occupation), et que celui qui le ferait ne serait pas du tout défendu par les autorités policières en cas de menaces, cas extrêmement fréquents.
L’école doit accentuer l’effort d’instruction civique afin qu’une charte de vie citoyenne soit apprise par tous les enfants et que l’on soit fier d’adhérer et d’appartenir à la nation et son histoire.
Les incivilités et la petite délinquance doivent toutes être plus réprimées, si nécessaire en touchant au porte-monnaie, après plusieurs rappels sans effet. Ce devrait d’ailleurs être une des principales missions des policiers municipaux.

Et le laisser faire, avec souvent des excuses qui n’en sont pas, est maintenant quasiment généralisé.

Les droits passent bien avant les devoirs et l’assistanat a été poussé très loin au détriment des revenus du travail, qui n’est presque plus le principal intégrateur dans la société.

Et, de leur côté, les élites ne montrent guère l’exemple, le « dégagisme » de l’élection présidentielle de 2017 ayant clairement commencé à l’illustrer...

Quant à la sécurité générale du pays, autant l’État exerce une répression abusive vis-à-vis des faibles dépassements de vitesse des automobilistes, autant il est laxiste devant les délinquants reconnus.
La phrase prononcée par le précèdent ministre de l’Intérieur ( G. Collomb ) lors de son départ, me semble prémonitoire « actuellement, nous vivons côte à côte, bientôt nous serons face à face ». Quand le bon sens de nos multiples observations établit un lien entre qui sont les auteurs des dégradations, qui est dans la délinquance, qui occupe majoritairement les prisons et qui commet les horribles attentats, la corrélation est implacable et l’évolution prévisible de la société nous fait très peur.
Après les drames successifs, les périodes d’émotion et de recueillement, et les cérémonies, c’est vite oublié ! Sauf pour les proches des victimes...

Notons également que la plupart des terroristes islamistes qui sont passés à l’acte sont de nationalité française, ce qui est un comble et doit nous interpeller !

La justice est beaucoup trop lente et il faudrait lui donner plus de moyens pour prendre en charge, juger et sévir dans des délais raisonnables associé à un système pénitentiaire durci.

Beaucoup de citoyens sans histoires attendent une sortie de cette démocratie molle et plus de sévérité vis-à-vis des individus hors la loi et en dehors de la République. Nous avons déjà bien trop attendu !
C’est avant tout la tête du pays, qui doit arrêter de minorer, voire occulter les problèmes, et qui doit agir, même si c’est très difficile et très compliqué.
Quant à une nouvelle immigration, elle n’aurait de sens que si nous avions des besoins et des capacités d’accueil - intégration par le travail et que si les arrivants potentiels pouvaient apporter une contribution positive à notre société, ce qui n’est pas le cas au vu de notre chômage élevé́ depuis des années.
Il me parait préférable d’aller les aider chez eux, sans pour autant vouloir leur imposer notre façon de vivre, erreurs commises des années par différents pays occidentaux, particulièrement au Moyen Orient. Ce que nous payons extrêmement cher actuellement !!!

Et nous avons déjà un très grave problème avec les centaines de milliers d’habitants des ghettos perdus, que nous n’avons pas réussi à intégrer et qui ont adopté des types de vie incompatibles avec la République et notre laïcité.
Notons que cette frange de population est quasiment absente des ronds-points tenus par des gilets jaunes, ou lors de manifestations publiques suite à l’attentat de Charlie Hebdo !!!

Alors, qu’à titre personnel, mon héritage culturel et républicain est ce qui me tient encore debout !
Et pour le futur, il me parait primordial de se rappeler d’où l’on vient, qui l’on est,... et où l’on veut aller !!!

Michel B.      à  Givors le 6 avril 2019.


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