Christian Prost
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Billet de blog 20 nov. 2021

42 années,.. déjà,.. école de l'humilité

À l’EIS, se sont tus les duels, Armes guerrières ou feutrées, À l’EIS se sont tues les querelles, Armes agacées, réservées, exacerbées, Joutes nerveuses, furieuses,... joueuses,… Ce sont tus,… les assauts endiablés… !

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Salles d’armes de l’EIS… !..... École interarmées des Sports,

À l’EIS, se sont tus les duels,
Armes guerrières ou feutrées,
À l’EIS se sont tues les querelles,
Armes agacées, réservées, exacerbées,
Joutes nerveuses, furieuses,... joueuses,…
Ce sont tus,… les assauts endiablés… !
En ces lieux,… odeurs si particulières,
Vous passiez la lourde porte grise,…
Cachait-elle quelques secrets,… ?
Seuls des initiés semblaient en avoir l’accès,
Couloir sombre, le ton est gris
Passage initiatique,....
On y laissait nos illusions,... ici,..
Quelques pas encore et la lumière est…
Là-haut, les néons se rient de nos futurs déboires,
Se rient de grands cris et fêtes du soir,
Timides,… les egos vacillent,... nous, les biquets,

Amis,.. amis,..
Deux vestiaires étriqués… !
À droite les p’tits ,... à gauche les grands,
Le premier aux biquets !.. Selon l’année…
On ne mute pas si aisément,
De ces lieux les sociétaires…
Ces ‘deuxième année’,
Ces grands,... que déjà, je vénère….
À l’EIS, se sont tues les armes,…
À l’EIS, les râteliers désormais sont vides
Gris-bleu,… tristes, refermés sur rien,
Se dressaient jadis, ces lames briquées, ..
Fières,… fières !...
Même si l’entreprise n’était plus guerrière...
Mais,.. c’est bientôt l’heure... !
Dans ces exigües vestiaires
Nos maîtres, feront leur entrée,
Regards se croisent,…. s’interrogent,
Puisent force, énergie,
Désirer,.. ne  plus sortir de la loge,
Avant que ne leur appartiennent nos vies…

Aujourd’hui sans peine,
Je reconnais leurs sourires,
Presque cyniques du ‘mal’ à nous former… !
Ami,… laisse tomber les paupières,..
Ami,… laisse toi envahir…
Laisse le chant des sirènes
Comme Ulysse,… te pénétrer.
Là,.. les odeurs,.. ne sont point fragrances
Ça y est ! Tu y es !...
La salle est en toi..
N’ouvre point les yeux !
Se referment sur la poignée tes doigts,
Premières touches,.. doigté et sentiment…
Ami, relâche toi,…  
Ami ! Tout y est !
Ami … Tu y es … !
Ami, en ces lieux,...
Même les murs te surveillent,
Tu te sens si redevable
Toutes ces promos,
Là, accrochées, ces tableaux,
Les gardiens du sérail veillent…
Silhouettes fières, dignes, nobles,
Repousseraient même le diable,
Parrains illustres,
Ma science est frustre,
Que me pardonnent mes aînés,…
Lors, respect aux maîtres….
Ces murs me rassurent,
Et que mon tour vienne,.. à y penser,…
Il n’en serait pas même question,
Ce serait que grande prétention,
Je cherche mes gestes,… je balbutie…

Tout y est … ? Tout .. ?
Nenni !
Dans la salle, s’ébroue les tireurs,…
On l’attend sans le montrer,…
Imminente sera son entrée !
Du bureau néon allumé
Fait patienter du rideau, son lever
Le voici !... ‘Il’ entre en scène…
Il descend !
De sa mezzanine vitrée,
Là,… où se niche la connaissance,
Là,…  où se niche la science,
Il descend !
Écrin de notre bible,
Celle qui nous met en quarte,
Nous joue de la sixte,.. la seconde,…
Cette connaissance,… si féconde……
A son habitude,..... ‘‘Le Maître’’ sourit !
Il est grand,… !
En haut dans l’encadrement
Il prend l’espace… !
Les lames de concert se taisent, soumises,
Salut au ‘Maître !
Éternel sourire,
Bonheur ineffable,…
Il est là !….
Le Maître ! Lui,…
Il descend !
Sous ses pas que l’âge fait parfois souffrir
Le vieil escalier grince,
Les marches,… au pas mesuré,…
Descend !
Sa main sur la rambarde bleu-gris,..
Cette main usée par ces contre-temps,
Ripostes et autres banderoles,
Vers l’avant, le buste légèrement penché,
La faute aux fentes,... passe-avants
Il est là,…
Le Maître ! Lui,…
Nous passe en revue
Fronce le sourcil,...
Sans lâcher sa feinte de sourire,
De son art,.. si affable...
Des heures à venir,…
A voir ces volontaires s’escrimer
Le bonheur est palpable,...présent,
_ ‘‘ Biquet !
Mais si,... ici, rien ne te sera caché.....
_ ‘‘ Biquet !
Sache,... qu’ici,... l’humilité est maîtresse du temps.

Les années ont passé,…
Que dis-je défilé.. !
Indéfectibles souvenirs .. !
Ces heures gravant à jamais nos esprits…
De l’exercice, du labeur,
Chacun y a puisé,
Y a récolté
Sous les flots de sueur,
Cent fois à se remettre à l’ouvrage,
Les fruits,…de ce beau verger...
Aux Maître et ordonnances
Ici, sous leur tutelle,
On a apprivoisé,
Une science,
Accumulé des expériences
Affirmé nos consciences,
Ici, sous leur tutelle,
Obstacles maîtrisés
L’art et l’esprit
Nous ont envahi... !

Rigueur, rigueur
Était maître mot,...
Technique, pratique,
Par nos maîtres enseignées,
Il n’y fallait y déroger....
Mais en deuxième année,
L’apprenti se faisait rebelle,
Parfois,.... certains,…
Le vendredi matin,
Dédié au contrôle,... à l’évaluation,
Enhardis,.. croyaient au ciel,
En s’écartant de la loi,... la loi !
A en changer les recettes,… parfois… !
Là,... nos arpètes jouaient,... leurs destins.... !!!
Vouloir croire,... enseigner au roi... !
Enseigner au roi ... ?
Que de fous rires,…
Sous l’œil du Maître goguenard,
À vouloir déjà,..  devenir maître,…
Il redressait en nous, ces impatiences
Du banc,... entourés de ses ordonnances
Se levait,... aussi leste qu’un guépard
Te prenait le sabre,... son arme,
Qui,...  là en sa main,... semblait tout savoir,
En avait surtout,... tous les pouvoirs,....
Et toi,. apprenti,... de cette lame,
Tu te demandais
À quels sortilèges,
Ton arme était retenue,... soumise,
A ne point répondre,... comme elle le fit,....
Comme en sa main tenue....
Penaud,... sollicitant l’aide au collège !
Il te fallait,...  faire passer
La lame,... ta vie,...
Combien ont été touchés
Sans jamais avoir vu
Le coup se dévoiler...
Oser remettre le fer... ?
Masochiste,...  eut été,
Sa main,... si exercée,...,...
A t’envoyer ripostes meurtrières !...

Mais ‘Il’ savait,....  accepter,…
Nos hardiesses,
Il savait,... tester,…
Nos ‘impertinences’…!
Savait,.... éprouver
Nos écarts,...
Savait,...
Être indulgent,... patient... !
À nos orgueils....
Le Maître... !
Il savait... !

Désormais,
Se sont tues à jamais,...
Cris, fentes, passe-avants,
Parades, ripostes, contre-temps,
Le silence,
S’est replié sur ces esprits fantômes
Toujours ferraillent,
Voix muettes,...  bataillent,...,
Ils sont tous là,... les Pierre, Guillaume,
Ne sont plus que fantomatiques errances....
Désormais,
Le silence résonne en ces espaces,
Les couleurs de leurs sourires,
Invites, préceptes, conseils
Leçons,....  aux rigoureuses lois,...
D’un profond sommeil,....
S’estompent,.. s’effacent... !

Ici,.. camarade,... compagnon
Deux belles années pleines et entières,..
Avec vous,.. en assauts, en leçons
De vous, si fier....
Et toujours la foi…!

Ami,
Résumer ainsi ces années,
Résumer nos egos triturés,
Se mettre chaque jour à l’ouvrage,…
Défaire, refaire un contre de quarte,…
Ces ‘‘contre de prime’’,.. quelle rage,
Cette autre opposition mal engagée,…
Cette main,... à l’épée,...  si mal protégée,
À une garde trop paresseuse,
Remontrance furieuse,...
Et ces rages,...
Déclenchées de touches venues
Ici ou là,.. à l’impromptu
Par le hasard,.. nulle part,....
Où l’attaquant ironique te rend si furibard..
Être succinct,... lapidaire,
Résumer en quelques sillons,
Ces belles saisons,...
Ces échanges, ces assauts, ces fers,
Ce serait lacunaire,...
Résumer ces heures d’efforts
Résumer ces partages d’amitié
Ces heures unies dans la sueur,…
Ces heures à s’épauler devant l’adversité,
Arbitrer des caractères durs et forts…
Se soumettre aux règles,.. aux règles,…
Résumer ces années,...
Résumer,....
Serait projet ambitieux, présomptueux,
Qu’en ces mots,.. ici,....
Simplement être proche de l’esprit,
Donner sens à mon propos,
Juste être un écrit,
Humble témoignage
Louer votre sens du partage
Votre savoir transmis,...
Avoir offert ce si bel héritage...
Par ces quelques mots,
Vous exprimer un grand merci
Ce patrimoine, cette fortune
Qui depuis des lunes,
Tissent ma toile
A vous tous,
Qui avez croisé mon chemin,…
Poussé,... vers un autre destin….
Merci,... merci,

À l’EIS, se sont tues les querelles,
Armes feutrées ou guerrières,
À l’EIS se sont tues les querelles,
Armes agacées, feutrées, exacerbées,
Joutes nerveuses, furieuses ou joueuses,…
Ce sont tus,… les assauts endiablés… !

Christian le 29/01/13

A vous très cher ‘Maître’, à vous mes Maîtres, à vous les Maîtres,…..

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