"Avec tes lèvres sans le dire..."

Entre les ronds, lèvres entrouvertes, sans dire un mot, sans dire oui... les jours abrègent la nuit.

Sois témoin silencieux des ombres et des roses,

Laisse errer ton regard là où le soir les pose,

D'une offrande, en secret, accueille alors le fruit.

S'éternise l'instant, ambre auvent à la nuit.

 

Tiède, le monde est tendre et vaste comme un lit

Défait, dans l'or d'un songe aux matins de lumière

Tu niches ton corps souple en ses creux et ses plis,

D'ocre les murs crépis, de mauve doux la pierre.

 

L'espace entier s'entrouvre et dément le passé,

Ta mémoire s'étoffe en moires éphémères

Où se mire et s'étire en fragments, en chimères,

Le temps, palimpseste d'empreintes effacées.

 

Là des trésors t'espèrent, au loin le ressac geint,

Tournent les vents levés, la lueur qui s'éteint

De ce jour délicat où tu reçois l'ancien

Sceau d'une paume amie qui à la tienne tient.

 

Stella Maris de chair, pentagramme étoilé,

Rude récif d'humain où ton présent s'accroche,

Lisse comme un galet, glissant comme une roche,

Lancé tel un pont frêle aux futurs dévoilés.

 

Lèvres closes et tues, mutisme des amants,

Les yeux quêteurs de paix cillent peaux qui s'approchent,

Et du bain infini des cieux iridescents

Pulse un jaillissement où le désir ricoche.

 

 

 

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