Les femmes devraient prendre exemple sur les femelles bonobos !

Je confesse que ça puisse paraître bizarre de proposer un comportement animal pour résoudre un comportement humain, mais aux violences policières perpétrées à Paris la veille de la Journée internationale des droits de femmes 2020, contre une marche pacifique de femmes, madame la ministre a été choquée par les images, mais...

 

Mais c’était de mauvaises femmes… Des anticapitalistes qui n’auraient pas respecté le tracé de la manifestation comme l'a rappelé sur BFMTV Marlène Schiappa. Des antifascistes, sous-entendu des anarchistes, raison pour laquelle certains policiers se sont autorisés à en "battre" quelques-unes en public.

Ces personnes manifestaient pacifiquement et à visage découvert, mais la militante féministe devenue ministre préfère infuser l’idée de révolutionnaires venues foutre le bordel. Et plutôt que de leur afficher une solidarité sans faille, elle a préféré soutenir les hommes qui l’ont mise en place. Pourquoi ? Déjà pour la garder tongue-out

Pendant cette journée du 8 mars, sur les plateaux TV et à la radio, toujours la même rhétorique pour illustrer l’inégalité entre les hommes et les femmes : il n’y a aucune femme à la tête d’une entreprise du CAC 40 ! Waouh, ces entreprises, symbole du néolibéralisme, qui punissent les pauvres de ne pas réussir et pillent la planète comme des barbares. Perso, je trouve ça plutôt sain, même si une femme va prendre prochainement la tête de Legrand. En revanche, personne ne s’offusque qu’aucune femme ne soit à la tête d’une dictature au nom de l’égalité.

Alors pourquoi les femmes échouent-elles là où une bête a réussi ?

Madame la ministre a choisi une cohésion d’étage : être solidaire avec sa caste, son groupe, sa hiérarchie. Mais elle aurait pu faire un autre choix vu son sexe et sa fonction. Le ministre de l'Agriculture affiche bien la sienne, même quand certains agriculteurs manifestent violemment, il les comprend. Bref.

Que retenons-nous des bonobos, nous, les mâles ?

Qu'ils réalisent probablement notre rêve inavoué, mais sans réaliser qu'ils vivent sous le régime du matriarcat et que leurs nombreux actes sexuels ont lieu entre individus consentants !

Pas seulement parce que ce sont les femelles qui décident, mais d'abord parce qu’elles font corps. Autrement dit, même si les mâles sont physiquement plus forts, leur force réside dans le fait d'être soudées. Solidaires. Ça rejoint l'idée de Sitting Bull : « Nous sommes comme les doigts d’une main. Individuellement, il est facile de nous briser, mais ensemble nous formons un poing puissant »

Le statut social du mâle est donné par la mère, mais son niveau hiérarchique ne lui donne aucun pouvoir sur les femelles subalternes. Ainsi, un mâle haut placé, qui voudrait imposer son autorité par la force à une femelle en bas de l'échelle, verrait s'abattre sur lui toutes les femelles. Car ces animaux, un mot inapproprié, vivent sous un double régime (pyramidal et horizontal) basé sur la cohésion des femelles.

Notre proximité génétique interroge, interpelle, et si nous ne descendons pas du singe, les bonobos et les chimpanzés non plus, car nous partageons avec eux la même grand-mère poilue. C'était il y a environ 5 millions d'années, et elle n'avait pas de queue. Ceci étant, le monde des bonobos n’est pas unique dans le règne animal, et certaines espèces sociales, particulièrement chez les insectes, ont des modèles d’organisation sacrément développés.

Toutefois, les femelles bonobos ont poussé le bouchon plus loin, en sélectionnant jusqu'aux caractères génétiques des reproducteurs… Comme si elles savaient que la fin des infanticides, des pédo-crimes et des violences sexuelles reposait sur la fin des mâles agressifs et le refus de s'accoupler avec eux.

Chez nous, les "mâles" dominants et puissants, donc agressifs, sont recherchés. D'ailleurs, il est préférable d'être riche et en bonne santé, que pauvre et maladif pour se reproduire ou faire l'amour.

Pour faire simple lors des accouplements, les femelles bonobos sélectionnent les mâles les plus dociles. Et elles en choisissent plusieurs pour leur soustraire le pouvoir de la paternité !

Ces femelles ont-elles élaboré cette stratégie en pleine conscience pour ne pas vivre sous le joug des mâles ? Qu’importe, nul ne le sait ou peut le savoir, et même si chacun a sa petite idée sur le sujet en fonction de ses constructions mentales sealed La seule chose à retenir, c’est que l’absence de cohésion d’un groupe ne lui profite jamais, mais fait toujours les affaires de ceux qui l’exploitent.

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