La méthanisation, une énergie pas mieux que le charbon !

On impose aujourd’hui aux Français la méthanisation comme on leur a imposé le nucléaire, 2 énergies en apparence « propres ».

Contexte. La méthanisation agricole consiste à produire de l’électricité, du gaz ou du carburant à partir des fumiers d’élevages hors sol et de plantes cultivées à cette fin. En consommant ces matières organiques, des bactéries spécialisées (méthanogènes) vont produire du méthane et, les « cacas » de leur digestion, un engrais. Sauf que cet engrais se révèle être un poison ! Du même tonneau qu’un litre de jus de raisin, de vin ou d’eau de vie, au départ, c’est la même chose, mais à l’arrivée, c’est autre chose, même si c’est naturel ! Explications.

L’habit ne fait pas le moine

Antinucléaire convaincu, si l’on me demandait de choisir entre l’une et l’autre énergie, je choisirais le nucléaire, car avec cette technologie, le pire n’est pas certain contrairement à la méthanisation.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, et comme pour le nucléaire où, 50 ans après, personne n’a trouvé la solution pour recycler les déchets, on a fait l’impasse sur les digestats, les « cacas » bactériens, les résidus de la méthanisation, ce qui reste.

Mais voilà, tout indique aujourd’hui que ces déchets sont toxiques pour les vers de terre et la vie dans les sols. Une note de l'ANSES le pointait déjà il y a 2 ans, des observations sur le terrain vont dans ce sens, aussi l'INRAE de Dijon vient de lancer une étude sur le sujet !

1000 installations sont déjà opérationnelles... mais on avait oublié d’étudier l'impact environnemental et écologique de ces déchets, croyant qu’ils pourraient faire office d’engrais !!! Sous couvert de transition écologique et d’économie circulaire, on a cru à du grand cru.

Faites l'essai vous-même. Do-it-yourself. Arrosez votre plante verte avec du jus de raisin et observez. Attendez quelques jours, puis arrosez-la de nouveau avec du vin et observez. Attendez quelques jours, puis arrosez-la avec de l'eau de vie et... circulez, il n'y a plus rien à voir.

Ne nous égarons pas, un digestat n'est pas un distillat, mais qu'une fermentation (transformation bio-chimique) comme le vin.

Même le glyphosate fait figure d’enfant sage

Outre que souvent ces installations consomment plus d’énergie qu’elles n’en produisent, parfois 2 fois plus, la méthanisation « agricole » cache un modèle de société pathogène pour les générations futures, s’appuyant sur les élevages hors-sol et une industrialisation de l’agriculture. À une époque où nous devrions réduire notre consommation de viande et de lait pour « sauver la planète », cette énergie « verte » et « renouvelable » réclame d’en consommer beaucoup et d’élever les animaux en batterie. Autrement dit, elle est incompatible avec le bien-être animal.

Par ailleurs, même le glyphosate fait figure d’enfant sage pour l’environnement, puisqu'on invite même les agriculteurs engagés dans la transition écologique à exporter dans les méthaniseurs leurs intercultures !!! L'interculture, une fabuleuse technique héritée du Moyen Âge et qui consiste à cultiver entre 2 cultures pour nourrir les humains, une culture pour nourrir les êtres vivants dans le sol. Des êtres vivants qui, à l’image du ver de terre, fabriquent la nourriture pour leurs plantes ; de la nourriture qui, sans intercultures, est remplacée par des engrais chimiques. Sans dire que ces unités de production gazières contribuent également à réduire le nombre de fermes et à accroître la dépendance de l’agriculture française aux firmes.

Bref, la plus grande menace qui pèse aujourd’hui sur le devenir de l’humanité, ce n’est pas l’artificialisation des sols, même si c’est grave, mais que ces sols pour nous nourrir, nous chauffer, nous habiller soient détournés pour produire des bio-carburants, du bio-gaz et de la bio-électricité, participant ainsi à accélérer l’épuisement des ressources nutritives terrestres.

Extrait de Sauver le ver de terre, l’un des premiers marqueurs de la biodiversité. ISBN 978-2-9573766-0-5. 19 sept. 20.

« La guerre de la calorie, une guerre impitoyable où la voiture gagne tous les jours du terrain, 60 % des terres vendues à grande échelle dans le monde étaient destinées ces dix dernières années à la production d’agro-carburants. Des terres agricoles pour nourrir des voitures, des paysans expropriés de leurs terres, et des multinationales qui perçoivent des subventions publiques au titre de l’aide au développement ! En France, la transformation de la matière organique en énergie pour faire de l’essence, du gaz ou de l’électricité, via des centrales à méthanisation, presque 1000 sont déjà opérationnelles quand 1 200 autres sont en projet, procèdent de la même intention.

Outre d’imposer (indirectement) une industrialisation de l’agriculture française et d’accélérer (indirectement) la défertilisation et l’érosion des sols, la matière nutritive est détournée à d’autres fins que de nourrir la vie du sol et en particulier les populations de vers de terre. Et quand elle y revient, c’est sous forme de déchets, de boues appelées digestats, des restes de digestion bien indigestes pour l’intestin de nos laboureurs. Le comble est atteint quand l’agriculteur finit par cultiver des plantes pour nourrir l’usine électrique du canton ! »

Qu’allons-nous faire ? Si cette étude de l’INRAE confirme que les digestats sont toxiques pour la biodiversité et la vie dans les sols ; d’autant que les pollinisateurs sembleraient également impactés par ces déchets. Allons-nous démanteler tout le parc existant, sachant que des firmes comme GRDF, ENGIE, ont investi gros et ne voient que midi à leur porte ?

Sur le site de l’ADEME, parmi les nombreux avantages de la méthanisation, on peut lire : « Une diminution des émissions de gaz à effet de serre par substitution à l’usage d’énergies fossiles ou d’engrais chimiques. » Dire que ces gens bardés de diplômes finissent par écrire ce genre d’ânerie, tout en récitant en boucle les fameux mantras d’Émile Coué : « Je vais bien, tout va bien, j’croise les doigts, y vont rien voir, je vais bien, tout va bien… »

screenshot-2020-11-21-la-methanisation-ademe

 Et si on broyait les forêts pour faire de l’électron !

Après la vache électricité, l’arbre électrique, la dernière trouvaille d’EDF, pardon, ENGIE, faire de l’électricité avec les arbres, pardon, avec les forêts gérées éco-responsable, pardon, avec les vieux meubles, les vieux papiers et les palettes usagées… Bref, ces « fumiers » ne cesseront donc jamais de nous prendre pour des cons ! C'est peut-être à cela qu'on les reconnaît tongue-out

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.