Encore une campagne pour faire allonger le délai possible pour avorter

Encore une campagne pour faire allonger le délai possible pour avorter.

Moi, j’évolue vers une opposition à l’IVG.

Aujourd’hui 5 avril 2021, une nouvelle campagne pour faire allonger le délai possible pour avorter se déroule dans les médias (source France Info, journal de 18h30).

Une nouvelle fois, des femmes demandent, sur des prétextes qu’elles trouveront toujours de toutes façons, pas parce qu’elles sont des femmes, mais parce qu’elles refusent de porter des enfants jusqu’au terme de leur grossesse. Ce soir, une sénatrice PS invoque l’éloignement des centres d’IVG comme cause de retard pour respecter le délai actuel. Bien sûr ou pas, ça paraît imparable, mais légèrement tors.

Depuis que j’ai une opinion sur l’IVG, je suis divisé, comme homme : d’une part je reconnais que les rôles sexuels lors des grossesses sont dissymétriques, c’est évident, et que des hommes et femmes, c’est symétriques, peuvent concevoir des enfants sans le vouloir, ou des femmes être violées par des hommes. Je suis divisé car pour moi, un embryon qui a effectué sa nidation devrait pouvoir se développer jusqu’à naître et vivre le plus heureux possible.

Mais est-ce utile d’évoquer mon opinion personnelle aujourd’hui ? C’est mon opinion, à moi, que je partage avec d’autres. Comme c’est l’opinion de cette sénatrice socialiste que de demander un énième délai supplémentaire pour pouvoir avorter, et sa tactique que de suggérer au gouvernement de modifier la loi encore une fois.

A opinion pour, opinion contre.

Je sais, et c’est pour cela que depuis que j’ai une opinion sur l’IVG, je dis que je suis contre, mais que je suis favorable à son remboursement par la sécurité sociale, comme c’était l’opinion de ceux qui portaient initialement cette loi sous Giscard, je sais que des femmes sont mortes lors d’avortements clandestins en France et ailleurs dans le monde.

Je sais aussi qu’il est bien difficile, jésuite, diraient certains, donc impossible de ne pas considérer l’embryon dès le début comme un enfant.

Je sais que ce sont les femmes qui portent les enfants, et pas les hommes, dont le corps ne s’y prête pas. Je le sais. Je sais aussi qu’on peut naître sous x.

C’est un débat difficile. Mais pourquoi les femmes, violées ou non, croient-elles qu’elles devraient élever un enfant non désiré ?

Je sais aussi qu’il n’est pas utile de penser mieux organiser le système des adoptions en interdisant l’IVG, car nul ne serait besoin de le faire.

Je sais que ma position est sans doute facilitée par le fait que je suis un homme.

Mais pourquoi un délai supplémentaire, porté jusqu’à la moitié de la grossesse ?

Le fœtus est vivant, comme les victimes des accidents de la route.

Christophe Gervot, citoyen français, le  avril 2021.

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