C'est elle. Une femme simple.

Mise à jour du 13/06/2021.

C’est elle. Une femme simple.

A l’époque où j’étais enseignant dans le primaire, à Neuilly-Plaisance, avec des collègues, nous préférions prendre nos loisirs de l’autre côté de Paris, à Levallois-Perret, et des communes alentour.

Ce jour là, nous avions emprunté à pied les voies sur berge pour passer de l’autre côté du périphérique, et, une fois la porte de ce jour-là franchie, et le tumulte de la circulation déjà presque oublié, nous entrions dans Neuilly/Seine.

Il faisait soleil et, du bout de l’avenue, celle qui descend vers la Seine, nous vîmes arriver, maladroite sur ses talons hauts d’escarpins, une frêle dame portant jupe en tout point parfaite et un haut, façon tee-shirt, qui semblait en peluche. Mais, si elle nous voyait, c’était à travers ses lunette noires, qui dépassaient de chaque côté de son visage.

Une radio ou un CD player diffusa par une fenêtre, au deuxième étage, une chanson que je connaissais, mais pas son auteur. C’était une chanson sur une histoire de couple. Le chanteur en avait marre.

Nous nous arrêtâmes pour regarder descendre l’avenue cette apparition. Mon pote, qui travaillait à la petite école attenante au Lycée Louis Le Grand, en très petite section, me dit d’un souffle : « C’est elle ! ».

C’était elle.

Je la reconnus, car déjà les réseaux sociaux existaient. C’était elle.

Une autre personne se joignit à elle et ensemble, elles passèrent sous un porche pour entrer dans un bâtiment.

Jules, mon pote me dit : « La dame, là-bas, c’est elle. C’est Étiennette, ma collègue. »

Christophe Gervot, écrivain, le 11/06/2021.

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