Musique : Ma façon de faire de la musique

Ma façon de faire de la musique – Christophe Gervot, retranscrit le 26 octobre 2019

 

à partir de la vidéo suivante, publiée sur ma chaîne Youtube à l'adresse :

https://www.youtube.com/watch?v=B0vrTYSPR90

Raymond Devos dit « Mon chien c’est quelqu’un », mais l’amour, l’amour pour quelqu’un, c’est quelqu’un qui nous aime en retour, et si les… deux sentiments sont, comment dirons-nous, présents « dans les deux sens », sans vouloir faire de la schématisation à outrance, … Ah, hey, qu’est-ce que vous en pensez ? On appelle ça l’amour partagé… Comme il n’y a pas de symétrie entre les sexes, les deux sexes, ni entre les gens en général, du même sexe… voilà, il n’y a jamais de symétrie, alors quand on dit « l’amour partagé », en fait, qu’est-ce que c’est ?

Qu’est-ce que je voulais dire ce soir ?

Regardez-moi cette page facebook. En fait, j’ai posté aujourd’hui une vidéo. Il est bien difficile de séparer celui qui produit quelque chose, comme un artiste, si je puis m’octroyer ce qualificatif, qui est plus qu’un qualificatif, qui est quand-même une condition ou un métier, de ses productions. Pour moi, comme je fais un travail artistique, je voudrais dire quand-même qu’il est bien difficile de me séparer de mes productions artistiques.

Aujourd’hui, j’ai fait un truc. Dans la vie, il y a des choses très sérieuses, comme cette vidéo. Elle est faite d’un morceau composé et mixé, composé par mixage, mais composé, c’est de la composition parce que, premièrement, c’est improvisé, c’est fait à partir d’un morceau totalement improvisé, du début jusqu’à la fin – c’est ma façon de faire -. Je sais lire la musique, mais je ne me dirige pas vers la composition par écriture sur des portées. Je pense que je pourrais écrire de la musique, mais ce n’est pas ma façon de faire et je pense que l’improvisation, c’est quand-même ce qui me fait composer, jouer de la musique, en enregistrer et en mixer, depuis que je suis présent sur Youtube, vers novembre 2018. La première chanson, qui s’appelle « Chanson d’automne », je l’avais composée quand j’avais… 20 ans, ou un petit peu avant, je ne sais plus exactement, peut-être un petit peu après. J’ai arrêté l’étude du piano classique à l’âge de 20 ans, après 12 ans d’étude, grâce à mes parents qui ont financé ces leçons. Il y a sans doute quelques traces de cet apprentissage du piano classique dans ma musique, je n’en doute pas, mais je n’ai jamais appris l’improvisation, mais est-ce que ça s’apprend ? Il y a des classes d’improvisation, je crois, dans certains conservatoires, mais j’imagine qu’on n’apprend pas... tout. On apprend les antonins, ce genre de choses, dans le jazz, mais moi je n’y connais pas grand-chose. Parfois, j’improvise en tonalité – en respectant la tonalité – parfois, pas du tout, c’est-à-dire que je compose de la musique atonale – j’ai commencé comme ça, dans mes improvisations – et maintenant, je fais aussi des prises de son, des vidéos sonores, où sont présentes, si j’ai bien réfléchis à tout ça, après, après-coup, à la fois, la tonalité et l’atonalité. Parfois, par exemple, la main gauche est un peu atonale par rapport à la tonalité de la main droite, mais ça se rattrape, d’une façon ou d’un autre.

Vous savez, pour ceux qui se demandent… bon bien sûr, ceux qui savent, notamment les jazzmen, reconnaîtront, mais pour ceux qui ne savent pas, il y a un truc, notamment quand on a l’oreille, je suppose, et assez de technique dans les doigts, assez de souplesse dans les doigts, l’oreille assez fine, une bonne connaissance de son instrument, visuellement et dans sa mémoire, on peut – si on fait une note qui ne satisfait pas – au moment où on la joue parce qu’on ne l’a pas complètement… on ne calcule pas, moi je ne calcule pas les notes que je joue, ou très peu, puisque je n’écris pas, mais en fait quand on joue une note qui est maladroite, donc qui tombe un petit peu à côté, entre deux touches, par exemple – en piano classique, quand on fait un concert, une audition, quand on passe un concours de musique, ces notes-là nous sont reprochées, ça peut nous faire descendre dans l’échelle des gratifications – ça peut m’arriver, j’en prends conscience quand ça arrive, mais en fait, ça peut se rattraper dans la suite de l’improvisation, et ça, c’est quelque chose que les jazzmen savent, je suppose. Les musiciens classique aussi le savent, je suppose, mais ils sont censés ne jouer aucune note « à côté », « à côté » de ce qui est prévu. Mais dans l’improvisation, il y a beaucoup d’« à côté » de ce qui est prévu, en permanence, ou quasiment..

Dans la musique atonale, c’est plus simple, mais ça n’empêche qu’il y a quand-même… ce n’est pas du n’importe quoi non plus. Il ne faut pas croire que la musique atonale, c’est jouer n’importe quoi n’importe comment. Éventuellement, ça peut, les enfants savent le faire. Mais n’empêche qu’il y a des schémas, une organisation qui doivent être quelque part dans la tête, mentalement, qui font qu’on a des influences, bien sûr, et qu’on applique un certain schéma, en tout cas dans le début, et à la fin du morceau et parfois dans des répétitions qui sont entre l’introduction et la conclusion du morceau. Entre les deux, on peut répéter des motifs ou aller librement, mais de toutes façons on a une certaine exigence ou certains critères esthétiques qui font que, dans nos improvisations, on construit quelque chose, d’une façon ou d’un autre, et si on n’est pas satisfait à un moment du morceau, on revient, dans la suite, en rattrapant des imperfections ou des maladresses et on peut continuer à construire, plus loin, des choses qu’on a commencé à construire au début du morceau ou au milieu.

Moi je fais ça sans l’avoir appris, mais est-ce qu’on peut l’apprendre ?

 

Christophe Gervot, le 26 octobre 2019.

 

Pour écouter une musique atonale de Christophe Gervot : suivez ce lien vers le morceau : « This morning's not been sleeping night's piece »

https://www.youtube.com/watch?v=A7ljAoXqfeA&t=24s

Pour voir et écouter la vidéo à l’occasion de laquelle j’ai parlé de ma façon de faire de la musique, suivez ce lien vers le clip vidéo : « Yes we can (insist) » :

https://www.youtube.com/watch?v=xh2lkdoUQfM&t=17s

Pour voir le clip de ma première composition, « Chanson d’automne », suivez ce lien (l’enregistrement d’origine est analogique et je l’ai numérisé) :

https://www.youtube.com/watch?v=HdvUefxKckQ

 

Christophe Gervot, musicien auteur, retranscrit le 26 octobre 2019

 

 

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