Idées essentielles du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau, II

La première partie de ce texte est parue sur ce blog ce jour. En voici la deuxième.

Quelques idées essentielles du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau (IIème partie)

 

(Chapitre 7:) Ce pacte social instaure un principe de souveraineté partagé : « (…) chaque individu, contractant, pour ainsi dire, avec lui-même, se trouve engagé sous un double rapport, savoir comme membre du souverain envers les particuliers, et comme membre de l’État envers le souverain.

 

(Chapitre 8:)

Les notions de justice et de morale prennent sens dans l’état civil.

 

« Ce passage de l’état de nature à l’état civil produit dans l’homme un changement très remarquable, en substituant dans sa conduite la justice à l’instinct, et donnant à ses actions la moralité qui leur manquait auparavant. »

 

(Livre 2 – Chapitre 2:)

Par ce contrat social, c’est la majorité qui fait la loi : « Par la même raison que la souveraineté est inaliénable, elle est indivisible. Car la volonté est générale, ou elle ne l’est pas ; elle est celle du corps du peuple, ou seulement d’une partie. Dans le premier cas cette volonté déclarée et un acte de souveraineté et fait loi. »

 

(Chapitre 4:)

C’est ce à quoi engage le pacte social : à l’égalité de tous.

 

« Ainsi, par la nature du pacte, tout acte de souveraineté, c’est-à-dire tout acte authentique de la volonté générale, oblige ou favorise également tous les citoyens, en sorte que le souverain connaît seulement le corps de la nation et ne distingue aucun de ceux qui le composent. »

 

(Livre 3 – Chapitre 1er:)

« Qu’est-ce donc que le gouvernement?

 

Un corps intermédiaire établi entre le sujet et le souverain pour leur mutuelle correspondance, chargé de l’exécution des lois et du maintien de la liberté, tant civile que politique. »

 

Qu’est-ce que l’État légitime : « Le gouvernement reçoit du souverain (n’oublions pas que dans la terminologie de Rousseau, c’est le peuple qui est souverain) les ordres qu’il donne au peuple... »

 

Le gouvernement est institué par une loi.

 

(Chapitre 3:) Dans ce chapitre, Rousseau distingue trois types de gouvernements pouvant être issus du pacte social :

 

- la démocratie (gouvernement de « tout le peuple ou (de) la plus grande partie du peuple »)

- l’Aristocratie (gouvernement d’un petit nombre)

- la Monarchie (gouvernement d’un seul)

 

Rousseau ne dit pas quel type de gouvernement est le meilleur.

« Si dans l’état le nombre de magistrats suprêmes doit être en raison inverse de celui des citoyens, il s’ensuit qu’en général le gouvernement démocratique convient aux petits états, l’aristocratie aux médiocres et le monarchique aux grands. »

 

(Chapitre 15:) La « démocratie représentative »

« La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée (…). « Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle, ce n’est point une loi. »

Addendum : Jean-Jacques Rousseau avance l’idée, plus loin dans le texte de cet essai, que la peine de mort n’est pas légitime dans un état tel qu’il en théorise les fondements « souverains », c’est-à-dire dans notre vocabulaire plus récent, démocratiques.

 

Christophe Gervot, 1996, texte complété en 2019.

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