L'alternative demander / se voir adresser une demande

Dans mon pays, la France, comme ailleurs, pour demander une allocation, par exemple, il faut se rendre à un guichet ou le faire sur internet. Cette demande est examinée en fonction de nos situations, nos justificatifs et nos droits légaux.

Un droit est un droit et il n'y a pas à se sentir "assisté" si l'on a des droits en fonction d'une situation dont on est pas entièrement responsable et qui peut être transitoire.

Dans cette situation, c'est nous qui demandons, mais ce n'est pas une demande d'amour. C'est une demande administrative.

Quand, comme artiste, je crée une œuvre, j'écris un texte, personnellement, dans le cas d'une œuvre, vidéo par exemple, ou purement plastique, je produis une réalité, une chose, une / des images, des sons, leur association, et aussi avec du texte, je suis moi-même, le plus souvent, gratifié par mon propre travail, et ensuite je la publie pour la proposer au public qui la reçoit à sa façon, qui l'apprécie ou non en fonction de ses raisons de le faire.

Mais, comme toujours dans le champ culturel, c'est moi qui offre une œuvre au public. C'est une politique de l'offre. Elle rencontre la demande ou non, dans la durée ou non. Mais, personnellement, comme artiste, je n'adresse pas une demande en proposant mes œuvre au public. Mon rappport au public est plus pacifié que cela.

Comme blogueur, quand j'écris un texte d'opinion, c'est pour avoir une action sur certaines réalités, ne serait-ce que d'information ou de mise en relief de certaines réalités qui me choquent. En fait, je suis passionné de politique depuis que je suis adolescent.

Mais si je dois dé-publier des textes de blog pour m'adapter à des réalités contraignantes comme l'acceptation qu'en font ou pas certains publics, ou pour éviter des heurts, je tiens aussi à ce que tout ne sois pas dé-publié, à ce que des textes revendicatifs, politiquement, ou critiques, politiquement subsistent sur la toile, car il y a une demande qui revient sans cesse, c'est celle du pouvoir en place, qui est composé d'hommes et de femmes politiques extrêmement susceptibles et qui ne supportent aucune critique et qui croient que leur travail est parfait, et cette demande est une demande d'amour, qui peut se manifester bruyamment. Mais je préfère, actuellement, qu'il y ait au moins quelques raisons que cette demande, qui est de leur côté, se manifeste. Sinon, serait-ce moi qui demanderait une réalité plus conforme à mes critères ?

En art, en politique, s'il y a une demande, il est préférable qu'elle soit du côté du public, des publics, pour qu'elle ait une raison d'être.

Le public, les publics sont tels qu'ils sont.

Je suis tel que je suis.

Tous va bien.

Christophe Gervot, écrivain, traducteur, psychanalyste, musicien auteur, artiste auteur d’œuvre numériques vidéo, artiste plasticien tous médiums et formateur, citoyen français, à Missillac, le 22/7/2021.

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