Allons-nous retrouver une réalité pré-industrielle ?

Ces derniers jours, alors que, par exemple, je passe moins de temps devant la télévision, peut-être parce que mes activités principales sont sur internet, comme aussi certains loisirs, je me suis dit le soir : cette ambiance chez moi me rappelle une période où je vivais et travaillais en Espagne et où, surtout, nous n'avions pas la télé, avec ma colocataire. Nos soirées étaient agrémentées de musique, de lectures et de conversations "en la sala de estar", dans la sale de séjour. En fait, nous étions dans la réalité autrement.

Il devenait important, par exemple, d'acheter le journal à la petite boutique de front de mer (nous habitions une station balnéaire), très régulièrement.

Nous n'avions pas de mal à alimenter nos conversations du soir. C'était comme au temps des veillées, temps que mes grands-parents ont connu, ici, à la campagne.

En fait, l'impression que cela me donne, c'est qu'ainsi, on a plus de liberté. Plus de temps à soi et pour soi, pour les relations familiales et sociales.

Je mets en relation cela avec une nouvelle entendue ce 25 février 2021 au journal de 13h de France Inter : la fabrication des automobiles Renault est ralentie par la pénurie de semi-conducteurs. Il s'agit sans aucun doute des matières premières de la partie électronique et informatique des automobiles.

Voilà, c'est fait, la disparition de matières première est actée dans l'actualité. L'industrie a été gourmande de matières premières et le système capitaliste n'a pas aidé, loin de là, à les économiser.

Nous y sommes. Il y a aussi les carburants qui sont chers, parmi les signes de pénuries ou de manques.

Les ralentissements des entreprises industrielles ne sont pas dus qu'à la baisse de la consommation (par exemple sur le marché de l'automobile) et à leur fermeture par temps de Covid.

Aurons-nous, si cela se confirme, une vie moins agréable ? Pas forcément.

 

Christophe Gervot, artiste et psychanalyste, le 25/02/2021.

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