Les entretiens avec Marguerite Duraton : 1

Comme écrivain, collègue de Marguerite Duraton, écrivaine née en 1955, et qui vit toujours dans sa ferme de la Creuse, j'ai eu accès à ses manuscrits écrits au stylo plume sur des pages vergées, que jamais aucune maison d'édition n'a encore publiés. Marguerite les a-t-elle jamais envoyés à des éditeurs ? Elle reste discrète et m'a promis une réponse à la fin de nos entretiens.

Marguerite Duraton sur la propreté sur les trottoirs de son village creusoi

CG : Marguerite Duraton, pourquoi un chapitre entier de votre chef d’œuvre, On arrose bien les tulipes, sur ce sujet de la propreté des trottoirs ?

MD : Vous vous trompez, j'ai écrit sur la propreté des toilettes...

CG : Oui, mais c'est une métaphore !

MD : Je l'ai traité de façon méthonymique, en n'utilisant que le mot "mot" en guise de lexique.

CG : Quelle performance littéraire ! Mieux que La disparition de Georges Perec !

MD : Sauf qu'ici, on a pas encore l'électricité.

CG : Elle vous manque ?

MD : Pas du tout, j'aime l'odeur des bougies, de la lampe à pétrole et la lueur de l'âtre.

CG : Marguerite Duraton, avez-vous beaucoup brûlé de pages de votre littérature ?

MD : Non, très peu. Elles sont toutes dans l'armoire, celle que vous voyez là.

CG : Mais, pourquoi n'avons-nous pas vos livres à lire ?

MD : Le secret, c'est... allez, je me lance... c'est qu'il y en a, de publiés.

CG : Comment ! Vous nous l'aviez caché ?

MD : Non, mais vous n'aviez sans doute pas compris.

CG : Non !?

MD : Oui, j'ai publié sous un pseudonyme.

CG : ça alors !

MD : Mais c'est un pseudonyme.

Sur ce, je quitte Marguerite et la retrouverai à une autre occasion. Elle sourit de sa malice en me regardant partir.

Christophe Gervot, écrivain, le 26 avril 2021.

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