mon premier livre 2005 jamais publié : essai sur la PERVERSITÉ! ! !

je ne me sens vraiment pas zen aujourd'hui, alors que je voulais écrire je ne m'en sent pas la force donc comme je ne suis pas sur que l'accés à bystander-effect.com soit libre je publie ici mon premier livre. quand je vois toutes les conneries que les spécialistes autorisés à s'exprimer disent je pense que mon vécu peut rétablir un peu de sens.

ESSAI SUR LA PERVERSITÉ

 

Si vous ne souhaitez pas lire tout cet essai retenez simplement les points suivant qui caractérisent la personnalité des pervers :

- Ils prennent plaisir à détruire autrui, généralement en groupe, en jouant avec la vie de leur victime, et avec la leur en enfreignant toutes les lois mais sans prendrent trop de risques en ce qui les concerne. Ils maintiennent leur vicitme en état de vulnérabilité pour la pousser au désespoir, à cause de la destruction sans limite qu'ils vont pouvoir opérer.

- La vie est un jeu (de rôle ? d'où jouer au président de la république, au ministre ou à la marchande...) pour eux mais par contre ils sont extrêment sérieux dans leur relation amoureuse les quitter revenant à les trahir donc à être condamné à mort. C'est le contraire des autres personnalités ou la vie est sérieuse et l'amour est un jeu, qui ne génère de préjudice normalement pour aucun des deux partenaires.

- Les pervers érotisent également la violence c'est à dire qu'ils aiment violenter (jusqu'à l'abus sexuel) leur victime y compris par procuration avec l'aide d'amis. Tout comme leurs fantasmes sexuels qu'ils projettent sur leur victime, ils veulent en fait subir la violence qu'ils exercent sur autrui.

- Ils ont une doubles personnalité qui les immunise contre tout sentiment de culpabilité. Ce sera la victime qui se sentira coupable. Les pervers s'affichent en outre en public sous leur meilleur jour souvent en correspondance avec des dogmes religieux, et enfreignent toutes les lois quand ils n'y a pas de témoins. Si jamais il y a des témoins malgrè tout, ils les corromperont ou les tueront. La victime peut également être tuée à partir du moment où elle n'a plus aucun soutien.

- Les pervers attaquent la victime sous tous les angles : réputation, isolement social, viol, violence, torture mentale et physique, jusqu'au désespoir le plus total.

- Les pervers utilisent deux outils pour manipuler leur victime : la menace et la séduction. Le but étant de mettre la victime dans une situation de dilemne où elle perdra dans tout les cas.

- Les pervers détruisent le lien social plus globalement surtout lorsqu'ils ont un statut social élevé.

I La psychologie du pervers

-Clivage et déni
Freud décrit dés sa première topique, l’importance de la complémentarité du déni et du clivage du Moi des structures perverses, en constatant que la castration n’a jamais pu être symbolisée pour ce type de structure, la menace de castration étant restée pour le pervers une menace réelle génératrice d’angoisse. Afin de mieux se protéger de l’horreur que lui inspire la castration que lui rappelle une réalité frustrante, le pervers va avoir recours au déni de la réalité et vouloir incarner le phallus castrateur, la loi.
Ce désir de toute puissance ne consiste en fait qu’à contrer son désir inconscient d’être castré. Cette composante psychique va alors amener le pervers à osciller entre sa propre idéalisation phallique, et son propre désir de castration. Cela va se traduire par un dédoublement de la personnalité, caractérisée notamment par des désirs chimériques d’omnipotences, accentuée par son insatisfaction chronique -peut être dû à une impuissance sexuelle-. Perpétuellement confronté au manque, à son impossibilité de vivre ses désirs sans limite, le pervers va rester un puit sans fond qui ne peut être comblé, c’est un dire un être aux désirs de destruction d’autrui sans limite, sans fondement (sans signifié), sans interdits.
Cette insatisfaction perpétuelle va accroître année après année sa morbidité, sa quête de pouvoir, et le pouvoir aidant, sa propension à détruire les autres.

Le clivage du Moi -ou double personnalité- permet au pervers d’accepter en partie la réalité parallèlement au déni qu’il en fait, sans qu’un des versants de cette perception dichotomique de la réalité n’influence l’autre, ce qui explique l’absence de culpabilité et de scrupule chez ce type de personnalité. Humiliation, avilissement, exploitation, objectalisation, instrumentalisation, domination, rabaissement d'autrui est le passe temps quotidien du pervers.

Ci-dessous, voici une description propédeutique de la réalité telle que le pervers la percevrait:
1) la menace de castration n’a jamais été symbolisée par le pervers. Elle est perçu comme une menace réelle. Pour éviter d’être confronté à l’angoisse qu’elle provoque, le pervers va dénier la réalité.
2) Grâce au clivage, la réalité va pouvoir être réinvestie.
Pour ce faire, le pervers va en fait développer un Ideal du Moi hypertrophique, et par déplacement, considérer la menace de castration comme une menace d’atteinte à sa toute puissance, à son omnipotence. Le pervers va en effet se considérer comme étant le porteur de la loi, en correspondance avec la perception phallique que sa mère avait de lui enfant, et avec la possible omnipotence perçu de son père. Cependant, la loi du pervers consacre le règne de la jouissance par la destruction, en contradiction avec les lois sociales et ses nombreux interdits, permettant normalement de préserver une certaine cohésion sociale.
3) Le clivage du Moi, ou le dédoublement de la personnalité va ainsi permettre au pervers d’avoir une certaine tolérance vis à vis de la menace de castration, son délire d’omnipotence contrebalançant son désir de castration.
Cette acceptation va cependant avoir pour corollaire la destruction compulsive systématique de tout ce qui est susceptible de représenter cette menace pour le pervers.
Ainsi il est susceptible de projeter son désir de toute puissance, d’omnipotence, et de castration sur autrui, parfois au départ sous la forme d’une idéalisation -qui n’est qu’une inversion de la haine lors d’une rencontre notamment-, uniquement afin de mieux pouvoir castrer la victime, c’est à dire de lui faire vivre ses propres désirs d’humiliations.
L’idéalisation projective du pervers peut être motivée par touts avantages, toutes qualités susceptibles de menacer l’omnipotence du pervers par la frustration que leurs perceptions entraînent chez lui: charme, qualité relationnel, compétitivité, humour, innocence, sagesse, harmonie, joie de vivre...l’absence de morbidité de la victime est en fait un élément déclenchant. Condamner, enfermer l’innocence, détruire l’insouciance, la naïveté, l’humour, salir le charme, la beauté, humilier la fierté, corrompre les principes, contraindre la liberté, tout cela le fait jouir. Cette idéalisation du pervers qui a lieu généralement lors d’une rencontre n’a pas de conséquence positive contrairement à une idéalisation normale, comme par exemple celle des groupies à l’encontre d’une star. La victime idéalisée par le pervers ne sera pas aidée, ou soutenue, mais manipulée dans le but d’être détruite. Le pervers se justifiera par la suite, devant la gravité des conséquences de ses actes, en déclarant aimer la victime, ou l’avoir aimer. Ce n’est pas inexacte dans la mesure ou pour le pervers la notion d’amour est intimement liée à celle de destruction.
Cependant, plus souvent un attribut de pouvoir de la victime amène le pervers à une hostilité déclarée dont il a conscience, et à l’opposé, une vulnérabilité l’amène à masquer sous de la tendresse, ses pulsions destructices. -voir le discours des pédophiles ou des Sadiques-

C’est en fait la perception de ce que le pervers va considéré comme une confirmation de la réalité de la castration qui est susceptible de déclencher son désir de destruction le plus souvent en prenant la forme d'une hostilité déclarée. “L’autre” menace son désir de toute puissance, ou par sa vulnérabilité suscite chez lui la mise en acte de cette dernière; ou autrement dit “l’autre” lui rappelle son désir d’être castré, ou qu’il a le sentiment de pouvoir le détruire, et de mettre en jeu son impunité.

4) Cette alternance manipulatoire du statut de la victime, cette objectalisation peut revêtir plusieurs significations: porteur du phallus/castré, menaçant/menacé, maître/esclave, sadique/masochiste, modèle, référent social/anéantissement social, et ne vise en fait qu’à anéantir la victime.
Dans le cadre de ce délire, d’un coté, toute castration, toute blessure, toute vulnérabilité, toute cicatrice chez autrui doit être comblé “phalliquement”.De l’autre tout symbole de pouvoir -phallique-doit être détruit -castré-. C’est dans l’anéantissement du représentant de la réalité de la castration -par projection- que s’annulera son délire, car il s’agit bien d’un délire.

-Ce délire est caractérisé par l’ambivalence du pervers.
Le pervers est un être duplique. Ceci est dû au clivage de sa personnalité. On peut ainsi en souligner quelques traits
. Une Probité ostentatoire afin de contrebalancer son absence de principe, de scrupule, de culpabilité, de limite.
. Un obsession pour l’ordre, le contrôle, la maîtrise, afin de contrebalancer son désordre intérieur, son impossibilité de contrôler ses pulsions, ses désirs.
. Une rationalité apparente afin de contrebalancer l’irrationalité de ses désirs et de ses décisions.
. Une avidité, une cupidité sans limite pour contrebalancer ses gabegies.
. Un comportement distingué, policé, pour masquer sa fascination pour la violence et la destruction.
. Une propension à l’idéalisation, afin de contrebalancer l’insatisfaction, la déception qu’il trouve dans la réalité.
. La recherche permanente de jouissance pour combler son insatisfaction chronique. -généralement dans la destruction de ceux qui arrivent à tirer des satisfactions de la vie-
. Une socialité prolixe pour contrebalancer son incapacité à supporter la solitude.

- le pervers et la loi
le pervers est un être gouverné par l’omnipotence qu’il accorde à ses pulsions, à ses envies, à ses désirs. Lorsqu’il veut quelque chose aucun interdit social ne l’arrête, et cette complexion psychique va conditionner ses choix professionnels et sa quête d’un statut élevé qui va pouvoir le placer au dessus des lois.
Cette structure du pervers renvoie au déni de castration. Le pervers a été le centre d’intérêt de sa mère à un tel point -dans une relation sadique ou laxiste qui lui a fait connaître très tôt la violence, la sienne, celle de son père ou celle de sa mère- , que celui-ci n’a jamais pu appréhender l’existence d’un tiers incarnant la Loi: le père.
Accepter que puisse exister un pouvoir susceptible de l’entraver, de le réguler, c’est à dire reconnaître l’existence du père, ou l'omnipotence de ce dernier, ce serait reconnaître le fait que la mère ait pu désirer un “autre” que lui, et donc à la fois accepter la castration de celle-ci, et remettre en cause sa propre omnipotence qui lui est conférée par celle qu’il fantasme à l’endroit de sa mère, ou qu'il perçoit chez son père comme injustifié car remise en cause par sa mère. Les imagos parentaux du pervers pousse en effet ce dernier à réaliser sa propre omnipotence. L'omnipotence de la mère entre en conflit en fait avec celle du père, ce conflit consacrant celle du pervers.
Ainsi le pervers va se considérer comme le porteur de la Loi, comme son incarnation, comme le phallus castrateur, comme un dieu.
Le délire du pervers vient en fait de l’inversion de son désir inconscient d’être lui-même châtré, et qui peut être interprété symboliquement comme un désir d’être châtié, de perdre la toute puissance qui lui impose un maîtrise constante pénible, une impossibilité de se laisser aller, d’avoir confiance, d’aimer, et un sadisme de tout les instants. C’est pour cette raison que le pervers est dans le registre du contrôle, de la maîtrise.
Le fait de se poser en créateur de loi, est aussi lié à une des différenciations sociales entre l’homme et la femme, entre le dominant et le dominé: créer des lois, des règles et les faire respecter. Le pervers se rassure ainsi quand à son identité sexuelle, en rejetant sa féminité.
Il recherchera en conséquence la compagnie de pervers comme lui, telles que les hystériques aigues par exemple, susceptibles de reconnaître son pouvoir, et d’avoir le même sentiment d’omnipotence que lui, d’avoir recours au déni de la castration comme lui pour contredire une réalité remettant en cause un narcissisme défaillant mal compensé par un idéal du Moi hypertrophique. Le pervers par le pouvoir de destruction qu'il véhicule a par ailleurs la capacité le cas échéant de rendre hystérique toute femme, ou plus globalement de rendre pervers qui que ce soit, l'autre étant amené à fonctionner conformément aux lois du pervers s'il veut vivre.
Le rapport à la loi du pervers n’est donc pas inexistant, mais il est en fait gouverné par la recherche de jouissance sans limite en détruisant autrui, ce que lui interdit les lois immuables du Socius.
La Loi est constructive car elle permet le socius, le lien social. C’est ce lien que le pervers va s’attacher à détruire, afin de pouvoir se vivre tel un dieu, de se vivre prédestiné, et de donner libre cours à sa jouissance.
Par ailleurs, comme nous l’avons déjà vu, le pervers transgresse également la loi pour se rassurer quant à son impunité, quant à son fantasme d’omnipotence. Cependant plus il transgresse la loi et plus il angoisse -désir- d’être castré. Pour contrer cette angoisse, cette propension à enfreindre la loi va devenir compulsive.

Le pervers est en conséquence souvent un être froid, sans sentiment, toujours soucieux d’efficacité, obsédé par la répétition -rituel, cérémonie-, le conservatisme, qui rejette toute forme de progrès, exerçant généralement un métier où il va pouvoir exercer pleinement son autorité.
Ainsi, on retrouve bon nombre de pervers à des postes de fonctionnaire consciencieux, obsessionnel, obéissant, -cette soumission étant le corollaire et la source de leur agressivité, de leur autorité, et de leur cruauté-. En effet, le système bureaucratique offre à nombre de responsables de vivre leur omnipotence sans aucune contrainte, sans aucune régulation.
Pour enfreindre la loi, il faut du pouvoir, d'où l'attirance du pervers très tôt pour le pouvoir et l'argent.
C’est d’ailleurs dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, que le pervers va généralement pouvoir assouvir ses lubies: que tout soit conforme, ordonné, réglé, sans imprévu, sans hasard, sans changement. Le pervers n’aime pas la créativité, excepté lorsqu’elle est susceptible de servir ses desseins. Ces derniers ne sont d’ailleurs jamais originaux, ou grandioses, car il n’a pas de projet collectif à proposer. Il n’a aucune envergure, et laissera les choses telles qu’elles étaient avant lui, ou dans un pire état. Le pervers est en fait davantage préoccupé par la réalisation instantanée de ses pulsions, et cherchera à organiser le système pour cela. Enfin il n’aime pas procréer, sans que n’entre en compte aucune justification économique, mais simplement du fait de sa phobie de la castration, la reconnaissance de la filiation le renvoyant tout comme la reconnaissance de la loi du père, à cette dernière. Ceci dit la procréation peut servir d'alibi protecteur au pervers, lui permettant de sauvegarder une apparence sociale convenable, voir exemplaire, la constitution d'une famille lui conférent la même exemplarité qu'il recherche en respectant en apparence la loi. C'est pour cette raison que le pervers exerce souvent une profession qui le place au dessus de la majorité, souvent en relation avec le droit, l'histrionoisme et le voyeurisme: carrière dans le droit, la police, le secteur de la communication, les sciences, la religion, l'armée, ou le spectacle. Une bonne connaissance des lois permet au pervers de mieux les enfreindre, et un statut élevé, de mieux se protéger en invoquant une entité globale supérieure, lui permettant de légitimer des actes délictueux: justice, religion, l'honneur de son pays...Plus l'environnement sociale -professionnel par exemple- du pervers est coercitif, autoritaire et plus le pervers se vivra comme un dieu à son niveau.

C’est le fait d’enfreindre les loi qui va permettre au pervers de se prendre pour un dieu. Et c’est parce qu’il se prend pour un dieu qu’il va pouvoir enfreindre les lois, sans que n’apparaisse aucune culpabilité.

-la perversité et le déisme
Le pervers se considère donc comme le détenteur de la Loi. Ceci est très étroitement lié au déisme, et aux valeurs véhiculées au sein des religions monothéistes, et à ce titre, la perversité est susceptible de devenir un véritable système. Même si la perversité peut s’épanouir au sein de tout type d’organisation, le monothéisme par la perception du dieu unique omnipotent qu'il prône en favorise davantage la propagation.
Cependant, Communisme, ou capitalisme, patriarcat ou matriarcat, paganisme ou monothéisme, tous ces modes de penser la réalité, d’organiser la cohésion sociale, sont susceptibles d’être détournés à des fins perverses.
Caligula, par exemple fut un pervers notoire en son temps, qui ordonnait à ses sujets de le vénérer comme un dieu. Il me semble que c’est également lui qui empalaient sur des pieux les sujets qui ne lui plaisaient pas, ou qui le contredisaient.

Le déisme est donc intimement lié à la perversité, ce qui est assez révélateur de la dangerosité du pervers, car on sait que pour toutes les religions, seul un dieu peut reprendre la vie qu’il a donnée. Il s’agissait au départ de prévenir par un interdit fondamental le meurtre intra-communautaire. Mais comme on vient de le voir, le pervers ne connaît pas les interdits, qui ne sont fait que pour les autres.
Ce lien entre déisme et perversité, vient de l’enfance du pervers. En effet, un enfant jamais entravé dans ses désirs mais aussi parfois perpétuellement frustré de manière sadique, a tout les chances de développer un désir de grandeur sans limite, une omnipotence, une toute puissance étayée par une perception valorisante de la perversité. Dans les deux cas, frustré ou comblé, l’enfant sera très tôt fasciné par la violence, la cruauté, le pouvoir, la manipulation d’autrui, l’avidité et la cupidité.
C’est ce qu’on pourrait appeler le syndrome du fils unique, mais qui concerne également les aînés, ou les enfants de sexe féminin qui dans ce dernier cas peut aboutir à une complexion hystérique perverse.
Ce syndrome est souvent causé par une mère qui va idéaliser son enfant, on l’a déjà souligné- au point de le considérer comme un dieu, comme le phallus qui lui a toujours manqué. Mais il peut être également causé parallèlement par l'omnipotence d'un père remis en cause ou non par la mère. Le pervers va alors s’imprégner de cette perception, et détruira une fois devenu adulte tout ce qui est susceptible de la remettre en cause.
-on notera que l’hystérie sur un mode dépressif est souvent la conséquences d’un abus sexuel précoce de la part d’un pervers. C’est en fait l’un des moyens utilisés par les pervers afin de générer de la perversité par contagion, afin de normaliser, de banaliser la perversité.-
L’aspect manipulateur du pervers renvoie peut être à la période du lancé systématique d’objet rapporté par la mère, et/ou à la période de crise de la personnalité -du “non”- qui a lieu vers l’age de trois ans.
La mère du pervers s’est peut être laissé manipulée -sadisée- par son enfant indéfiniment sans jamais poser de limite.

- le pervers dans sa relation aux autres
Le pervers est facilement repérable car il est caractérisé par:
- une intolérance à la frustration, au manque, au refus, une incapacité à se remettre en cause.
- une fascination pour la mort, pour la violence, pour la destruction, et pour tout attributs de pouvoir
- un désir d’omnipotence, de toute puissance en relation avec un Moi hypertrophique.
- un haine d’autrui, de tout avantage.
- le déni étant lié au stade anal, le pervers est également gouverné par une propension à tout contrôler, maîtriser, connaître.
- une fixation au stade oral: dévorer, incorporation buccale notamment dans la sexualité, et certain goût pour la communication.
- une sexualité abordée seulement dans le cadre de relations sado-masochistes.
- des tendances à l’exhibitionnisme, -histrionisme: se met en scène- et à un voyeurisme actif -envahissement d’autrui, met en scène les autres-.
- une confusion entre dominance et perversité -pouvant devenir systèmique par contagion-

Mais ce qui le caractérise le plus, c’est que Le pervers prend du plaisir à anéantir les autres et à les corrompre. Cette corruption se fera par la normalisation de la perversité. L’anéantissement se fera par des humiliations et des provocations répétées. Plus globalement, le pervers apprècie pleinement la vie, lorqu'il voit les autres mourir autour de lui.
La perversité posé en modèle référent, permet au pervers qui dirige un système de faire adhérer chacun à son code de valeur, c’est à dire de mettre tout le monde en concurrence. Cette perversité généralisée flattera son ego s’il est au sommet, et notamment puisqu’il est intouchable, consacrera son omnipotence.
Systématisée, cette corruption des individus se fait par le recours à l’humiliation, qui souvent entraîne une réaction de la victime, interprétée comme une manifestation de pouvoir par le pervers qui entraînera elle-même une nouvelle humiliation, jusqu’à la soumission complète de la victime. Cependant, ce type de système a besoin de son lot régulier de bouc-émissaire, de victime à anéantir, afin de restaurer une cohésion déliquescente inhérente à son fonctionnement.

Le recours à l’humiliation revêt une double fonction:
elle consiste d’abord à mépriser l’objet castré, sa stupidité supposé -là encore une projection du pervers-, mais surtout ce mépris n’est qu’un moyen détourné pour le pervers de mépriser la menace de castration, sa réalité, tellement effrayante pour ce dernier, de contrer l’angoisse qu’elle lui inspire. Parallèlement, elle consiste à anéantir toute forme de pouvoir de la victime, et à la soumettre aux lois. -de jouissance sans limite, d’omnipotence, de destruction, de prévalence de l’argent-, qu’il souhaite substituer aux lois favorisant le lien social.
Il s’agit également de lutter contre sa perception de la castration comme une menace réelle. Pour persuader les autres de cette réalité, il va castrer -détruire- les autres en permanence, en incarnant lui-même cette menace.

Dans le cadre d’une relation interpersonnelle -c’est la même chose au niveau systémique-, le pervers peut se permettre de détruire et de jouir de cette situation tant qu’il sait qu’il ne risque aucune représaille. C’est d’ailleurs cette impunité, et son inaccessibilité pour la victime qui le met dans un état jubilatoire, et qui peut l’amener à déclarer aimer la victime, tout en la détruisant, ou à déclarer la haïr toujours en la détruisant ouvertement tout en ayant une grande “affection” pour elle.

La victime ignore d’ailleurs généralement qu’elle a déclenchée les affects du pervers, et ne réalisera que longtemps après les manipulations dont elle est l’objet de la part de ce dernier. Le fait d’agir à l’insu de la victime ajoutant encore au plaisir de celui-ci.
Ces manipulations globalement consistent en fait à faire osciller la victime, toujours sans qu’elle ne le réalise, entre la propre idéalisation phallique et la propre castration symbolique du pervers, au gré de son ambivalence vis à vis de ses pulsions et de ses angoisses, et au gré des réactions de la victime. Le pervers va en fait confronter en permanence celle-ci au manque, en la frustrant, en lui inculquant sa jalousie, son intolérance, en la poussant à devenir envieuse, en la poussant au meurtre, en l’humiliant; en l’évinçant en permanence.
Le pervers utilise en réalité la victime, afin d’éprouver son omnipotence, en l’objectalisant dans un va et vient dynamique ritualisé, qui s’inscrit dans une symbolique “copulatoire” entre la déchéance et l’idéalisation. Le pervers fait en fait vivre à la victime ses propres fantasmes de déchéances.

En terme psychanalytique, le pervers va passer son temps à castrer sa cible soit parce qu’elle possède un symbole de pouvoir qu’il convoite ou qu’il considère comme une menace, -et qu’il va en fait s’acharner à détruire-, soit parce que l’impuissance de cette dernière au départ, invite le pervers à l’anéantir totalement.
Dans les deux cas, la cible rappelle donc au pervers la réalité angoissante de la castration.

Réaction ou non de la part de la victime, le pervers continuera de l’attaquer et notamment son identité, sa personnalité, sa socialité, son humour. Cette destruction se soldera au moins par une mort sociale partielle ou totale de la victime, ce qui ne dépendra que de la volonté du pervers.
Rébellion -le refus de la castration- ou soumission -adhésion au système pervers- de la part de la victime, ne la préserve donc en aucun cas d’une destruction totale, car dans les deux cas, les affects du pervers sont susceptible d’être attisées, ses pulsions morbides d’être stimulées.


Le pervers est en fait dangereux car il ne lâche jamais prise, il est pris dans son délire et reste incapable de se remettre en cause -ce serait remettre en cause sa toute puissance, qui est très étroitement liée à son identité-.
Le pervers considère en effet qu’il doit être le seul à incarner le pouvoir, et il souhaite le montrer.
Toute tentative de la victime pour se réapproprier sa liberté, pour se défaire de l’emprise du pervers, ne fera qu’exciter chez ce dernier un regain de violence, qui peut accessoirement se retourner contre toute personne ayant la volonté d’aider la victime. Ainsi, il est quasiment impossible de se défaire de l’emprise d’un pervers, -que ce soit à un niveau interpersonnel, ou politique pour un pays- si ce n’est en le tuant -réellement ou symboliquement à l’aide de la justice, seule instance capable de ramener ce dernier à la réalité-

Le pervers est également dangereux car il est totalement exempte de toute culpabilité, de tout scrupule. Ainsi, toujours sur le mode de la projection mais consciente cette fois, il est susceptible de faire passer la victime pour plus perverse que lui, de lui attribuer ses traits de personnalité : sans limite, responsable des conséquence de ses exactions, la rendre coupable aux yeux de tous. Le pervers n’hésite d’ailleurs pas , à détourner ce que peut dire la victime, jamais dans le cadre d’un échange, mais plus souvent sous la contrainte, afin de la dénigrer davantage, tout étant retourné contre celle-ci, tout étant matière à une interprétation allant dans le sens de l’intégrité du pervers, dans le sens de l’exonération de sa responsabilité vis à vis de ses crimes.
On observera que le pervers, pour cette raison, n’a qu’une faible conscience de ce qu’est la méchanceté, la cruauté, de ce qui fait souffrir autrui, et la différence entre le bien et le mal relève strictement de sa subjectivité.
Le pervers ne se sent pas méchant, car non seulement il n’a aucune empathie, mais surtout parce qu’il se trouve dans une spirale ludique qu’il ne considérera jamais comme un délire morbide. Il confronte simplement l’autre au manque en permanence comme lui -par rapport à son environnement social-, et c’est ce manque qui le pousse a vouloir constamment vérifier, à constamment vouloir éprouver son sentiment de toute puissance au détriment d’autrui.

Le pervers fait également de la vie des autres un cauchemar à l’image de ce qu’est sa propre vie, du fait de son intolérance à la frustration, et de l’oscillation permanente où il se trouve, partagé entre ses pulsions sadiques et masochistes, entre son insatisfaction chronique, et les lois immuables du socius interdisant la réalisation de ses pulsions. Cette oscillation va en fait être le moteur fonctionnel du pervers, et tout sa stratégie va être de l’appliquer à sa victime.
La victime soumise, c’est à dire généralement détruite, le pervers va alors pouvoir restaurer son propre sentiment d’omnipotence phallique rassurante -rien de peut le castrer-, et trouver d’autres crimes à commettre susceptibles d’éprouver son omnipotence. Cette exigence de soumission n’a rien à voir avec l’amour. Elle ne concerne que la frustration, l’envie, la morbidité, dû à l’impossibilité où le pervers se trouve de vivre touts ses fantasmes -notamment masochiste, de castration, d’humiliation-. Ainsi le pervers va projeter ces derniers sur autrui, et lui faire vivre les humiliations qu’il aimeraient vivre lui-même afin de pouvoir enfin accéder au plaisir.

L’utilisation de l’humour ou de mise en scène tournant en dérision les violences infligées à la victime, est toujours du même ordre: tourner en dérision la réalité angoissante de la castration, se moquer de la castration.
Ceci est prégnant socialement, mais on retrouve également cette tendance dans la sexualité du pervers.
C’est ainsi que l’on peut voir sur internet de nombreuses mises en scène violentes, cruelles, ou humiliantes, dénigrant le femme, les gays, et plus globalement la sexualité dans sa composante féminine, sur un mode humoristique.

L’humour est en fait un des moyens de corruption du pervers, avec les menaces, la violence, et plus rarement l’argent. Mais c’est principalement par le rire que le pervers va amener les autres à devenir pervers.
Mais ce n’est pas l’humour du pervers qui fait rire, c’est la conception de la sexualité qu’il dévoile. Des gens saints et responsables peuvent rire de cette conception qui voile à peine la dangerosité du pervers. Mais bien que le pervers ait l’air en apparence normal, avec du recul, chacun va pouvoir se rendre compte que le pervers est un dangereux malade en liberté, qui banalise des comportements médico-légaux en toute impunité, et qui tente de corrompre autrui avec son anormalité.
Le pervers fait peur après un certain temps, car il n’a pas de limite, il est dangereux, il a du pouvoir, un statut important qui le place manifestement au dessus des lois, et il s’organise facilement en réseau. Tout cela est susceptible de faire de chacun une cible potentielle, car systématisée, cette violence destructrice est susceptible d’être banalisée, acceptée par la société en tant que valeur positive, et devenir ainsi structurelle. On assiste alors à ce moment à une déliquescence morale, et cohésive qui n’échappe à personne. Tout le monde se méfie de tout le monde.
Un autre de ses moyens est tout aussi pernicieux: normaliser la perversité, la destruction, générer de l’hystérie -par la désignation de bouc-émissaire, ou en normalisatant la pédophilie-.
Lorsque le pervers a un certain statut social, ce qui est souvent le cas, on peut constater que son goût pour la compétition à force inégale, ou de manière déloyale, ses échecs répétés amortis par l’aisance de sa famille, ou son incapacité à se remettre en cause, va étonnamment l’amener à prôner et à favoriser une violence permanente dans les rapports sociaux, jusqu’à l’anéantissement de toute cohésion. Le pervers détruit en fait toute humanité. La désignation de bouc-émissaire régulier permettra de restaurer cette cohésion momentanément, tout en accentuant sa déliquescence après coup.
Une autre façon d’instaurer un système pervers, est de rendre possible et montrer un type de relation sexuelle, par une mise en scène, par une mise en acte susceptible de modifier la perception que peut en avoir tout un chacun. Tout cela obéit à une stratégie du pervers, qui vise à corrompre le système social, à le rendre favorable à ses exactions par la banalisation, par la normalisation, afin que ce système devienne lui-même pervers.
De plus, confronter un enfant à la génitalité de manière précoce, et dans le cadre d’un rapport de force inégal est destructeur, et génère des pathologies telles que l’hystéries ou la dépression. Si la victime ne se suicide pas en grandissant, elle intériorisera et deviendra un vecteur de la perversité considérée comme normale -voir le lien entre perversité et hystérie-.
La marginalité, le suicide, la folie, consécutive aux violences infligées par le pervers, n’entrent pas en ligne de compte pour ce dernier. Le pervers se réfère à l’impitoyable sauvagerie du monde animal, pour relativiser les conséquences de ses crimes.

Le déni sans ce clivage ferait du pervers un psychotique, et c’est effectivement à ce type de décompensation -paranoïa, maniaco-dépression- à laquelle on assiste lorsque le pervers se retrouve confronté à la justice.
Plus rarement, le pervers abandonnant son clivage en thérapie, devient seulement impuissant dans la réalisation de ses désirs de destruction -c’est à dire de jouissance-, du fait de la conscience qu'il acquiert de l’impossibilité où il se trouve d’accepter la castration que lui rappelle la vision du sexe féminin, composante qu’il exprime habituellement dans le mépris qu’il peut avoir pour les femmes et la féminité. Il accepte son impuissance sexuelle.
En fait, une appréhension non clivé de la réalité -la femme est bel et bien castré- annihile toute volonté de détruire symboliquement la toute puissance phallique maternelle compensatoire qu’il fantasme chez les femmes, et plus globalement toute perception lui rappelant la réalité de la castration.

Avec l’abandon du clivage lors d’une thérapie, le pervers appréhenderait donc la réalité différemment:
1) le pervers va réaliser qu’il lui est impossible d’accepter la castration. (Déni) Cependant, il va pouvoir la symboliser, et relativiser l’angoisse qu’elle provoque.
2) l’acceptation du déni -et donc l’acceptation de l’horreur de la castration-, va entraîner un abandon du clivage, et va annihiler en même temps la recherche compulsive de jouissance perpétuelle, réalisée dans la destruction d’autrui, afin de contrer son angoisse. Parallèlement, le pervers va revoir à la baisse ses prétentions narcissique. Il va ainsi pouvoir accepter le fait que personne n’est parfait, réaliser son intolérance pathologique au manque, relativiser ainsi ses frustrations, et accepter la dimension criminelle de certains de ses comportements. Enfin il va pouvoir accepter une autre loi que la sienne, et relativiser le pouvoir de l’argent.
3) Réalisant que son désir de jouissance permanent n’était nécessaire que pour le rassurer dans sa lubie d’omnipotence, le pervers va pouvoir reconstruire son histoire en acceptant la filiation familiale, en acceptant que les femmes puissent aimer un autre que lui.
4) la symbolisation de la castration laissera place à un sentiment de culpabilité fertile à l’épanouissement de sa personnalité, et à la construction de sa vie. L’acceptation de son impuissance sexuelle sera généralement la conséquence de ce processus, potentiellement transcendé par l’absence de rejet de la composante féminine de sa personnalité, inhérente à chacun, et plus globalement par une nouvelle approche de la sexualité désinvestie de tout violence.

- la sexualité du pervers
On retrouve tout cela également au niveau de la sexualité du pervers. Le harcèlement est ludique pour le pervers et reste un dérivatif à une sexualité dont il ne tire aucun ou peu de plaisir.
Globalement, moins la ou les femmes procure du plaisir à l'individu et plus il sera pervers, c'est à dire plus il cherchera sa jouissance par des dérivatifs en focalisant sur un type de partenaires, ou de pratique.
Le voyeurisme renvoie à l'impossibilité du pervers de donner du plaisir à son partenaire. Partager son ou sa partenaire avec des tiers permet de donner au pervers le sentiment qu'il peut faire éprouver par procuration du plaisir à celle-ci ou à celui-ci. En même temps, pour le pervers le plaisir est sale, vile. Le pervers peut alors jouir de la salissure infligée à la victime, sous la forme de fantasme projectif de ce que le pervers aimerait lui-même subir.
Le mépris que Le pervers peut avoir des femmes ne fait pas de lui un adepte du cunnilingus. Il sera davantage attiré par les interdits sociaux, ou moraux.
L’horreur de la castration le pousse même à rejeter la plupart du temps la génitalité, excepté dans une configuration humiliante pour sa partenaire, pour préférer les rapport buco-génitaux ou il domine, susceptible de lui éviter la vision du sexe féminin, et à la fois de satisfaire à son désir d’objectalisation de sa partenaire, en l’occurrence son visage par le détournement de la composante sociale de ce dernier. La perversité s’exprime de façon idoine dans la systématisation des relations dominant/dominé, le pervers, ou la perverse affectionnant également la position de dominé. Plus il rejettera cette composante de sa personnalité, plus le pervers est pathologique et dangereux. -tout en sachant que même lorsqu’il accepte cette composante, le pervers reste sans limite, et l’impossibilité de vivre tout ses fantasmes, ainsi que sa frigidité, son impuissance sexuelle, l’amène de toute façon à détruire autrui ! ! !- Plus le pervers a une vie publique empreinte de dignité, plus il aura le désir d'être rabaissé dans sa sexualité. Malmené la réputation de quelqu'un permet au pervers d'assouvir ses propre fantasme de déchéance.

Dans tout les cas, la frustration aidant, le pervers projettera donc ses désirs et fantasmes inassouvis sur autrui, le cas échéant de manière criminelle. Le pervers conforté par son omnipotence, sait ainsi mieux que son/sa partenaire -ou sa victime- comment lui faire prendre du plaisir, toujours en rapport avec la menace de castration, avec l’humiliation. Le pervers ne connaît pas la séduction, il est dans l’immédiat, dans l’envahissement et se sert de la contrainte pour parvenir à ses fins. Il passe directement de la rencontre à la réalisation de ses pulsions destructrices. Le pervers ne tient aucun compte d’autrui.
Il ne faut pas confondre le libertin avec le pervers. Le libertin est au contraire très attaché à son/sa partenaire, tiendra compte de la réciprocité du plaisir, et a compris que de la phase de séduction va dépendre toute la relation à venir, et notamment la confiance donc l’amour qu’il va y avoir entre les partenaires.
Le libertin est dans la rencontre de l’autre, dans sa découverte, et sait autant donner que prendre de la tendresse. Le libertin est un matérialiste épicurien remettant en cause involontairement par son attitude, l’hypocrisie de l’idéal romantique chrétien, du fait que la séduction soit considéré comme une perversité par certaines églises dans la mesure où elle est une fin dans la recherche du plaisir et non systématiquement un moyen pour procréer.
A l’opposé, le pervers est un psychopathe. Il objectalise la victime, et en conséquence n’a besoin de connaître que les faiblesses de l’autre pour mieux le détruire. Poussé à son paroxysme, cette dimension peut accessoirement amener le pervers à exercer le métier de proxénète, à marchander la victime. La nature des liens entre le monde de la prostitution et le monde politique soulignent d’ailleurs le degré de perversité d’un système à travers celle des individus qui le gouvernent.

Le concept de mort est très présent chez le pervers. Salir autrui, le faire souffrir rejoint l'idée de donner la mort à autrui, ce qui renvoie le pervers à sa propre mort, et à l'angoisse qu'elle suscite en lui. Tout cela reste cependant ludique. Pas de jeu, pas de risque, pas d'interdit, pas de plaisir pour le pervers. Cela renvoie le pervers à son désir d'être castré par la loi, symbolisé par un père omnipotent, rendu lui-même impuissant par l'interdit que va enfreindre le pervers dans sa recherche de jouissance.

Concernant les dérives auxquelles on peut assister sur internet.
N’importe quel homme à mon avis, affectionne de se comparer aux autres, et nombreux sont ceux qui vont sur internet voir les prouesses de leur congénères, leur capacité à donner du plaisir à leurs partenaires.
Le pervers lui a une approche totalement différente. Il n’attache pas d’importance au fait qu’une femme prennent vraiment du plaisir, mais seulement au fait que sa cicatrice soit comblée par un phallus.
Pour le pervers cette vérification de restauration phallique des individus castrés, devrait être semble-t-il, systématique, car étant donné que toute femme représente une menace, pour bien faire, elles devraient toutes se retrouver sur internet filmées durant leur ébat.
Certaines femmes qui ont du charme ou une certaine beauté plastique exciteront encore davantage chez le pervers ses tendances au rabaissement, au fétichisme, à la cruauté, à l’humour sordide, ou au dénigrement.
Après les femmes, castra par excellence, le pervers s’intéresse également aux gays, et aux enfants, autres représentant bipolaire de se conception castré/détenteur du phallus.
Castré, la cible doit être comblée par un phallus toujours afin d’anéantir la menace de castration qu’elle représente.
Phallique, la cible doit être castré. On voit que dans les deux processus, l’objectif est d’annuler la menace de castration, la réduire à néant, c’est à dire exorciser l’angoisse de castration du pervers, son propre désir d’être castré.
Le pervers dans cette quête attachera son dévolu in fine logiquement sur le type de victime le plus vulnérable de son point de vu, c’est à dire le plus susceptible d’assouvir totalement ses pulsions de destruction. Un femme, un gay peut s’en remettre, même si cela peut prendre des années. Un enfant ne s’en remettra jamais. C’est pour cette raison que cette catégorie représente la cible de prédilection des pervers dans leur délire d’anéantissement de la menace de castration qui les taraude. Anéantissement phallique, ou comblement de la castration, la destruction sera partielle ou totale et ne dépendra que de l’arbitraire du pervers, et peut aller jusqu’au meurtre effectif, après le meurtre psychologique.
Le fait de filmer les exactions commises n’est pas anodine pour le pervers. En effet, la caméra est un objet phallique, qui permet aux pulsions exhibitionnistes et voyeuristes du pervers de s’exprimer, non pas en se mettant toujours en scène, mais en mettant surtout autrui en scène, tout en permettant de faire participer d’autres pervers, ou de corrompre autrui, parfois en l’amenant à trouver normal l’intolérable.

-on pourra objecter que la perversité est normale, au même titre que la guerre, ou que le cannibalisme. Tout n’est qu’une question de conditions environnementales et sociales, d’importance accordée à la cohésion, à la construction, de tolérance des valeurs sociales, de leur rôle régulateur, et de conséquences au niveau collectif et notamment en matière de psychopathologie et de criminalité. Cependant, rien n’oblige à la perversité contrairement à la guerre, ou au cannibalisme- .

note: Cependant, il existe désormais une nouvelle drogue du viol, qui ne laisse d’un viol que des souvenirs au niveau inconscient à peine perceptibles, si la victime n’est pas informée sur les effets de celle-ci. Peut être que finalement cette drogue permettra de ne pas laisser de traumatismes psychologiques aux victimes, tant qu’elles n’apprendront pas ce qui leur aient arrivé, et tant que les vidéos réalisées -inhérent à la perversité- ne serviront pas à les stigmatiser ou à les marginaliser. Cependant le pervers étant sans limite, est ce que cette drogue ne pourra pas permettre à certains de systématiser l’assouvissement des meurtres physiques filmés, d’enfants, de femmes ou de gays. Telle est la question que je me pose aujourd’hui.

II Le discours du pervers et la réalité

Formellement le discours du pervers est rigoureux.
Il fait peu d’erreur de langage car tout agencement doit être toujours parfait. Cependant les mots ne sont considérés que comme des objets permutables, interchangeables, sans considération pour leur sens.
Le pervers affectionne l’ordre, la propreté, en apparence. C’est d’ailleurs par l’agencement, l’organisation, par la mise en scène, par le respect de certaines règles parfois connues de lui seul, que le pervers va trouver son plaisir.
Le corollaire de cette tendance va consister en une obsession pour le classement, les méthodes, les protocoles, le conservatisme, les chiffres, le quantifiable dans le seul but de pouvoir toujours mieux connaître, contrôler, maîtriser, justifier, persuader.
Cependant, une analyse globale de l’organisation, des structures mises en place par le pervers se caractérise par une absence de sens, d’harmonie, par le désordre, l’anarchie. Le pervers n’étant gouverné que par une seule chose, imposer sa loi favorable à la réalisation de toutes ses pulsions, tout ce qu’il est susceptible d’organiser va être sans perspective, sans anticipation, sans projet. Il va en fait consacrer le règne de la destruction et de l’anomie, du non sens. Ce propension va en fait masquer son incapacité à organiser, à trouver du sens à ce qu’il fait. Un législateur pervers promulgue par exemple systématiquement des lois incohérentes, empreintes de contradiction, dont l’application révèle souvent l’iniquité, suscite la polémique. Pour cette raison, le pervers est conservateur et se réfère souvent à certains de ses prédécesseurs, qui ont généralement marqué l’histoire, ou dans le pire des cas, à la religion comme aux états unis.

Le pervers prend en fait ses désirs pour des réalités, car rien ne lui a jamais été interdit ou alors dans la violence. La Loi du socius, -de la cohésion- la réalité l'empêche de jouir, de détruire. Elle est en fait une forme d’entrave pour lui qu’il peut accepter, mais qu’il ne cessera de tenter de contourner, car elle l’empêche d'instaurer le règne de sa jouissance, de vivre son omnipotence. Régenter, organiser de l’intérieur, le désordre à l’extérieur, créer de l’entropie, manipuler les êtres , les corps, les désirs, les jouissances, la vie des autres va alors devenir son occupation à plein temps, jusqu'à ce qu'il puisse agir comme bon lui semble.
L'objectif du pervers va en fait consister à construire un système lui permettant de satisfaire ses pulsions, de systématiser la réalisation de ses désirs.
Un exemple: la mondialisation des réseaux de pédophile aujourd’hui, et la véritable industrialisation de la prostitution, non sans l’assentiment de politiciens de touts pays. C’est également le principe qui gouverne le monarque féodal, ou les ministres des religions monothéistes

Le discours du pervers est pour ces raisons en apparence de l’ordre du rationnel, afin de contrebalancer l’irrationalité de ses pulsions. Mais on retrouve l’anarchie qui le gouverne dans le non sens de cette rationalité formelle.
Le pervers est d’ailleurs capable de tout expliquer afin de masquer sa subjectivité arbitraire omnipotente. Seulement, en dépit de sa force de persuasion, les faits se révèlent souvent désastreux, destructeurs. C’est à une gabegie permanente qu’il confronte les autres, afin de satisfaire sa propre avidité, sa propre cupidité.
Le pervers n’est donc en aucun cas agnostique, car tout peut être démontrer, que ce soit par la science, par la technique, ou par la religion et le mystique si cela s’avère nécessaire. Mais ses raisonnement sont toujours fallacieux.

On retrouve également dans le discours du pervers son affection pour le contrat.
Les aspects contractuels permettent au pervers de toujours contrôler, mais également d’assouvir son désir de créer de nouvelles règles, de nouvelles lois, qu’il prendra plaisir à enfreindre, et qu’il sera toujours susceptible de modifier au gré de ses pulsions, en dépit d’une certaine psychorigidité dans la régence, dans l’ordonnancement.
L’ordre a pour but de contrebalancer son désordre, de la même façon que la ritualisation circonscrit son absence de limite.
Le rituel est en effet la dernière composante du discours du pervers. On retrouve là son goût rassurant pour la cérémonie, pour l’ordre établi. Le pervers aime mettre en scène sa vie de manière délirante, et accessoirement celle des autres le plus souvent de manière tragique, ce qui lui permet de réintroduire de la différence entre lui et les autres, de pérenniser l’illusion de sa prédestination.

Le discours du pervers est enfin omnipotent, ainsi qu’omniscient, et à ce titre il sait mieux que les autres, il connaît la vérité, la sienne et celle des autres.
Le pervers est donc de facto un savant, car il détient le savoir; un organisateur, il pose les règles; mais également un calculateur, tout est chiffrable, et un manipulateur, il détient les moyens de soumettre, de diriger autrui.
Les autres ne comptent d’ailleurs que comme des instruments interchangeables, manipulables, ou ils doivent le devenir, et pour cette raison le pervers ne supporte pas l’originalité, l’initiative, la création, la critique, la rébellion. Pour éviter d’être confronté à la critique, le pervers est d’ailleurs susceptible de l’organiser lui même, afin de mieux la contrôler.
Le cas échéant, toute forme de débordement incontrôlé venant d’autrui, sera réprimé dans la violence -mode d’action qu’il préfère au dialogue-, car rien ne doit contrarier la réalité du pervers, l’ordre qu’il est en train d’instaurer.
La guerre à ce titre n’est pour lui qu’une occasion de libérer ses pulsions de destruction, lui permettant par la suite de réorganiser, d’exporter sa réalité là où elle est susceptible d’être remise en cause, et d’accroître ainsi encore son pouvoir de destruction.
On retrouve cela concrètement dans l’impérialisme culturel américain: détruire localement les valeurs et les traditions d’une communauté afin d’y exporter des fast food, des sodas, des armes, des véhicules...le mode de vie américain.

Seul compte pour le pervers ce qui correspond à sa réalité. Amener autrui que ce soit par la séduction, par la contrainte, ou par la corruption à penser comme lui, à agir comme lui, est tout ce qui compte. Tout le reste peut être détruit. On retrouve cela en action au sein de toutes les religions monothéistes dans leur stratégie expansionniste.
Une société gouvernée par un pervers est une société où l’on existe que par ce que l’on est, notamment au niveau financier, par ce qu’on rapporte non pas à la collectivité, mais au pervers, à son système. L’individu ne compte pas par ses actes. Seul ce qui est dit, et le quantifiable, le chiffrable compte.

III Perversité et système social

Le pervers initie avec sa cible en quelque sorte un jeu de pouvoir, à l’image du jeu d’échec par exemple, où les pertes et les bénéfices sont directs, définitifs et sans contre partie -à sens unique : tout ce que l’adversaire perd profite à l’autre joueur-. Ce type de jeu est exactement le contraire de la diplomatie, de la négociation, du commerce, de l’humanité en fait. Il s’agit d’une stratégie de guerre dont l’objectif est la destruction de l’autre. Cependant, le pervers est sans limite, et pour reprendre l’exemple du jeu d’échec, ce dernier afin de détruire l’adversaire est prêt à détruire touts ses atouts, mais également les règles du jeu, ainsi que l’échiquier. C’est pour cela que le pervers est dangereux, car il ne peut pas s’arrêter. Traduit au niveau social, le pervers est prêt à détruire toute règle, toute valeur, tout principe, ainsi que le jeu lui-même c’est à dire toute structure sociale.
Après lui, ne reste généralement qu’un désert d’anomie, d’entropie, de destruction, de solitude, de défiance de chacun envers tous, de haine, voir la guerre. On notera qu’un pervers dirigeant un pays ruine toujours son économie, son peuple. L’existence de méthodes et de spécialistes de gestion a permi au société contemporaine de limiter cet aspect.
Cependant, le pervers est obsédé par l’argent, il est avide, cupide, car non seulement il ne supporte pas le manque, -du fait de désirs sans fond ne pouvant être comblés- mais également parce qu’il ne peut se contrôler. Il est de ce fait souvent obligé de saigner son peuple, d’avoir recours systématiquement à la corruption afin d’éponger ses gabegies.
La religion a d’ailleurs toujours servi les monarques pervers, en apportant son lot d’idéalisations fallacieuses comme l’amour, ou la foi, pour restaurer quelques valeurs au milieu de l’anomie, et en légitimant, en étayant la ruine, et la misère.

le pervers est obsédé par touts les attributs du pouvoir, et par ses symboles.
Il essaie toujours de les acquérir tous, afin de transformer le système sociale pour que tout lui soit permis. Cependant, la morbidité qu’il va tenter de faire régner ne mène à rien au niveau collectif, si ce n’est à la guerre, à la dépression, et à la destruction. Et c’est ce que le pervers souhaite: instaurer le règne de la violence, car c’est la seule façon pour lui d’accéder au plaisir.
On notera que l’instauration de ce type de système va directement dépendre du degré de perversité des personnalités qui seront élus au pouvoir et il ne faut jamais sous estimer l’empreinte sociale que peut laisser la personnalité d’un dirigeant. Le pervers génère de l’anomie, et ne détruit que pour générer davantage de destruction. Il ne fait pas la guerre pour reconstruire, mais afin d’accroître son pouvoir de destruction, afin de pouvoir détruire avec davantage d’efficacité, davantage d’ampleur, afin que règne enfin totalement son omnipotence morbide, dans la mise en oeuvre de l’uniformisation d’objets quantifiables sans humanité soumis à sa loi. Voilà en définitive le projet d’un système instauré par un pervers: soumettre pour détruire. Il incarne la jouissance mise au service de la mort, et c’est cela qui a des répercussions sociales, généralement souhaitées et rationnellement organisées par le pervers, afin d’asseoir sa domination

La division du travail, la systématisation des contrôles, l’organisation en ensemble toujours plus important est généralement l’oeuvre de pervers.
Tout ce qui touche au fait de régenter, de contrôler, de maîtriser, d’espionner, de dominer en ayant recours à la raison, à la religion, à la science et à la technique est initié par des pervers.
La déshumanisation, la marchandisation, l’instrumentalisation, l’objectalisation, l’esclavage, la réduction des rapports sociaux à des rapports d’argent est encore motivé par des pervers.
En fait, tout est fait par le pervers afin de consacrer le règne de ses pulsions, de sa volonté omnipotente, en abolissant toutes lois cohésives. Son but: abolir sa frustration, le manque, le refus, la critique, la rébellion, toute forme de castration symbolique. (on retrouve dans cette systématisation l’importance accordée par le pervers aux contrats qui ne laissent aucune place au hasard)

Pour ceux qui seront dignes du système instauré par le pervers, seront préservé la séparation de la sphère publique, de celle du privée, le droit à la paix, mais aussi celui de détruire de tuer, de faire la guerre, le droit à la protection de la justice jusque l’impunité, l’accès au savoir, la cohésion, l’avenir, le monopole déréel du discours, de la pensée, et donc de la critique, des richesses, de l’humour, des moyens, de la liberté.
Pour les autres, restera la négation de tout cela.
On retrouve en définitive au sein de la société perverse, le clivage, la double personnalité du pervers.

Un système social pervers favorise en fait la haine et la rancoeur, et c’est là, à mon avis que réside le problème majeur de ce type de système: l’absence de demi-mesure, ou autrement dit, l’exacerbation des extrêmes.

Le système américain, et son ultra-libéralisme, représente un exemple parfait de système pervers. Globalement, on y trouve notamment l’omniprésence des contrats dans le cadre de toute interaction sociale, la transcendance de sa justice, et un impérialisme guerrier à connotation culturelle et cultuelle.
C’est également un système qui consacre le règne du chiffre, de l’argent, de la bourse (un jeu de hasard maîtrisé), de l’économique et du comptable.
Seule la dimension économique compte pour le pervers car il peut tout lui offrir y compris l’impunité dans le crime.
Les conséquences de ce type de système sont visibles socialement et on gardera l’exemple des états unis:
-une criminalité sans frein à l’image de l’enfermement des puissants dans une jouissance crapuleuse.
-une violence gratuite banalisée
-le contrôle des médias
-la “vulnérabilisation” de la majorité de la population
-un désinvestissement de la majorité pour la politique et le fonctionnement de la démocratie
-le refuge éthique dans un mysticisme morbide
-la généralisation de pathologies telles que la dépression, ou l’hystérie (étroitement liées à la pédophilie et à l’objectalisation des femmes)
-la surveillance permanente de chaque citoyen
-la constitution pléthorique de lois, de règlements afin de contrer l’anomie.
-le renforcement du pouvoir de la police et de l’armée en réaction à l’accroissement de la détresse sociale et de la généralisation de la violence.
-une gabegie économique généralisée, voir une dépression.
-l’abolition de valeurs fondamentales telles que l’ordre des générations, les rites d’initiation et d’intégration, l’interdit de l’inceste, -quel autre sentiment peut inspirer la systématisation de mariages, d’unions, normalement marginales, d’hommes de 60 ans avec des jeunes femmes de 16 ans, que tout sépare tant culturellement, qu’à un niveau socio-économique?-, au profit de la généralisation de la “marchandisation” des relations, de la prédominance de la dimension économique sur la dimension humaine, de la déliquescence de la cohésion, et de la constitution d’un modèle de référence culturelle totalitaire.

Tout cela en fait amène structurellement les individus à se rebeller individuellement ou collectivement, la rébellion entravée entraînant le désespoir et conduit dans la durée au terrorisme.

On notera que les religions monothéistes sont de parfait complément des systèmes pervers, et c’est peut être pour cette raison, qu’elles ont su s’imposer durant des siècles au détriment de tout autre forme de croyance.
Ceci est probablement du à une idéalisation hystérique de certaines valeurs, à une certaine fascination pour la mort, pour la souffrance, -voir les auto-flagellations et crucifixions volontaires aux Philippines pour Pâques-, une banalisation de l’expression sociale de la morbidité via la systématisation de la désignation de bouc-émissaire, une “marchandisation” des individus via le mariage, l’ objectalisation officielle de leur sexualité -uniquement à des fins reproductives-, leur instrumentalisation dans le cadre du travail -tout le monde est interchangeable-.
On remarquera parallèlement la tolérance de ce type de religion pour l’abolition de la sphère du privé, -notamment par le confessionnal-, la xénophobie, le colonialisme, l’acculturation, l’esclavage, la pédophilie, l’impérialisme, le fascisme, ou la prééminence de la sphère économique sur celle du bien être social, toutes valeurs en fait que l’on retrouve au sein des système pervers. On notera également que le Vatican est le seul état au monde qui continue institutionnellement, à consacrer le règne à vie de son président et de ses ministres, et qui continue ouvertement à pratiquer le colonialisme, l’impérialisme et l’aliénation culturelle de pays entiers.

Plus pragmatiquement, à titre d’exemple concernant le genre de valeurs perverses que véhiculent certaines religions, j’ai pu apprendre récemment que les chrétiens ont toujours tolérés l’infanticide, notamment lorsqu’un fils se rebelle contre l’omnipotence d’un patriarche, ou qu’ils ont systématisé l’usage de l’opprobre, et la désignation de bouc-émissaires -sur le modèle de la vie supposée de jésus- afin de renforcer la cohésion sociale, d’imposer leur culture ou de soumettre les païens.
Ce dernier point est absolument normal dans toute dynamique de groupe, dans un but normatif intégrateur. Cela ne l’est plus lorsque c’est par perversité, c’est à dire dans le but de supprimer autrui.

Tout n’est qu’une question de subjectivité et d’extrémisme.
A la légitimation de l’infanticide catholique, on pourrait opposer le parricide de la Théogonie d’Hésiode, lorsqu’un patriarche est rendu fou par son omnipotence.
A l’idéalisation de la persécution subi par l’idole chimérique des chrétiens: jésus, et la légitimité morale qui en est faite afin de détruire toute contre culture, on peut opposer le fait que l’histoire de jésus n’a été extrapolé que d’un faits divers réel absolument banal d’un point de vu psychiatrique: la vie de Paul de Tarse. -un cas hystérique banal-
Sans entrer dans des considérations éthiques concernant les religions monothéistes, et l’influence “néfaste” que peut avoir la perversité sur l’équilibre d’une communauté, on retrouve un autre type de régulation perverses extrême dans l’antiquité grecque, mais sous une forme plus humaine que la persécution.
En effet, l’histoire du paganisme nous apprend que la coutume voulait que soit sacrifiée aux dieux toute vierge célibataire à sa majorité, ceci afin de préserver l’équilibre sociale, et d’éviter à la jeune femme de souffrir toute sa vie durant. Paul de Tarse n’a en définitive bénéficié que du malheur d’avoir été persécuté du fait de son statut d’émigré masculin, à une époque où les anxiolitiques n’existaient pas, et ne constitue donc le cas particulier que certaines religions ont voulu en faire, que dans la mesure où il échappa au sacrifice. Ceci souligne que l’apparition plus ou moins développée de cas d’hystéries en tant que manifestation pathologique individuelle cristallisant la prégnance de la perversité à un niveau collectif, a toujours existé au sein des sociétés, sans que ce phénomène soit l’apanage d’un type de culture, de système hiérarchique ou idéologique. Cependant seules les religions monothéistes ont idéalisées la propagation de la pathologie, de la morbidité et de la perversité jusqu’à en vouloir en faire un modèle social.
Pour compléter cette différence de subjectivité, on notera que l’expression de la morbidité chez les païens consistaient à se défouler dans une activité sportive, -ce qui donna les jeux olympiques-, parallèlement à l’expression sociale qu’elle pouvait prendre. La recherche perpétuelle d’un bouc-émissaire à persécuter, reste semble-t-il encore une fois l’apanage des religions monothéistes.

De la même façon, tout comme la présence de cas d’hystérie au sein d’une communauté, il semblerait que la corruption du pouvoir serait davantage liée à la perversité inhérente à la personnalité de ceux qui détiennent le pouvoir, et à l’usage qu’ils en font.
Le problème de la perversité en tant que modèle d’exercice du pouvoir n’est en conclusion qu’un problème plus global se situant à un niveau systémique, ou structurelle, quant à la régulation du comportement de certains individus.

Reste que, au cours de l’histoire, on pourra observer que les périodes païennes même dans leurs formes tyranniques ont été plus propices au progrès que les périodes monothéistes, mode de penser qui a malgré tout, toujours su s’adapter et réintégrer le système et les valeurs sociales de manière centrale, en utilisant à son profit tous les progrès réalisés par ailleurs par l’humanité.
Freud s’est d’ailleurs inspiré du paganisme pour réaliser son oeuvre, et non du monothéisme. On pourrait se demander en conclusion si progrès et perversité ne serait pas antinomique?

HENRI VIII

Roi d’Angleterre de 1509 à 1547, second fils et successeur d’Henry VII, très attaché au catholicisme, jusqu'à réfuter avec fougue la doctrine luthérienne, ce qui lui valu de se voir décerner par le pape, le titre de « défensor fidéi », Henri VIII épousa en 1509 Catherine d’Aragon, veuve de son frère aîné Arthur.
Bien que considéré à cette époque comme de l’inceste et sévèrement réprimé moralement, cette union fut malgré tout consacré par la papauté de Rome, à la demande de l'Angleterre.
En fait, ce marriage pervers -Catherine d'Aragon étant probablement hystérique-, au mépris d'un interdit social fondamental contemporain est révélateur de la personnalité d'Henry VIII, et va nous permettre d'analyser sous un angle nouveau son règne.

Après avoir consommé un marriage marqué du saut de l'ignominie au XVIe siècle en toute impunité, ce dernier décida par la suite de répudier Catherine d'Aragon, officiellement parce qu'il souhaitait avoir un fils, et demanda en conséquence au pape de prononcer son divorce -ce qui était une fois de plus non toléré par l'église de Rome-.
Le refus du pape de céder une seconde fois aux caprices d'Henri VIII, amena ce dernier à provoquer sans hésitation un schisme avec Rome et la papauté, en 1534, et à se proclamer chef suprême de l’église d’Angleterre, -Acte de suprématie-, ce qui donna naissance à une nouvelle religion: l'anglicanisme.
L'acte de suprématie est en fait une simple réforme qui stipule que le roi doit être regardé comme "l'unique et suprême chef sur la terre de l'église d'Angleterre".
A l'origine donc, l'église Anglicane est seulement une dissidence catholique. Mais elle favorisera plus tard la pénétration des idées luthériennes (calviniste), jusqu'à l'adoption définitive du protestantisme.
Tout au long de l'histoire, cette situation unique de l'Angleterre, lui permit de jouer un rôle de premier plan dans l'oecuménisme, mais comme on va le voir, cela ne fut pas sans conséquence néfaste sur son histoire.

En effet, tout en prétendant demeurer dans l'orthodoxie, c'est à dire tout en conservant le hièrarchie séculière et les sacrements du catholicisme, Henri VIII supprima les monastères, ce qui provoqua l’opposition des catholiques, qu’il pourchassa jusqu'en Irlande, de la même façon qu'il réprima sévèrement l’opposition protestante, ceci après s'être auto-proclamé roi d'Irlande en 1541.

Ces faits politico-religieux sont révélateur du délire d'omnipotence d'Henri VIII, qui malheureusement est tout aussi structuré dans sa vie privée. En effet, ce roi, toujours non régulé socialement, se maria de manière compulsive à 6 reprises, et eut 6 enfants dont seulement 3 atteignirent l'age adulte. Mais sa perversité s'exprima le mieux, par le sort qu'il réservait à chacune de ses femmes, qui furent soit répudiées (uniquement Catherine d'Aragon), soit exécutées (l'une d'entre elle fut notamment décapitée).

Sa perversité s'exprima également au niveau économique, et Henri VIII laissa l’Angleterre dans une situation économique désastreuse, dont les conséquences se firent sentir pleinement 6 ans après sa mort, sous le règne de son fils Edouard VI, par une banqueroute de l’état.
Au niveau politique, la versatilité de ses alliances lui permirent d’imposer son pouvoir sans s'encombrer d'aucun scrupule, et bien que nombre d'historiens attribuent à son règne centralisateur, l’affermissement du pouvoir royal durant plusieurs générations, il n'en ait pas moins responsable de la haîne que se vouent encore aujourd'hui anglais et irlandais.
En fait, le règne d'Henri VIII, aussi court qu'il fut, laissa une empreinte sociale nécrophile indélébile dans l'histoire de son pays.

(On pourrait donner un autre exemple de pervers omnipotent, afin de montrer que non seulement Henri VIII n'est pas un cas particulier, mais également que l'on assiste toujours aux mêmes types de fonctionnement psychopathologique dans l'exercice du pouvoir.
Winston Churchill fut l'un de ceux-là, et on pourrait débusquer sa perversité, par l'empreinte nécrophile qu'il laissa également dans l'histoire.
En effet, après avoir partcipé -peut être contre son grè- à la libération du peuple juifs du massacre dont il était victime en europe, il participa à la création de l'état d'Israël, et à l'installation des rescapés des déportations, au milieu de leurs ennemis héréditaires. Cela pourrait fort bien être interprété empiriquement, comme une volonté de faire parachever le génocide des juifs par quelques fascistes intégristes arabes alors au pouvoir, après les avoir libérés des camps de concentration de certains gouvernements fascistes européens.)

L’Irlande sous Henri VIII

L’Angleterre et l’Irlande adoptèrent le catholicisme bien avant l'accession au trône d'HenriVIII, et des conflits entre féodaux angais et irlandais existaient depuis l'annexion de l'Irlande en 1171, du fait de l'avidité de l'aristocratie anglaise.
Cependant, ces conflits étaient pour l'essentiel économiques, et ne concernèrent durant des siècles que les conditions d'asservissement et d'exploitation du peuple irlandais, et la propriété des domaines terriens.
Entre le XIIIe siècle et le XVIe siècle, la force assimilatrice du milieu irlandais entraîna une retractation presque continue, la suzeraineté anglaise ne subsistant que grâce à des familles de l'aristocratie anglo-irlandaise restées fidèles à la couronne, amenant une paix durable entre les deux royaumes.

C’était sans compter sur l’irrationalité de la perversité en tant qu'exercice du pouvoir, et ainsi, à partir d'un simple problème conjugale, Henri VIII remis en cause pour des siècles la stabilité politique, économique, sociale et religieuse qui était acquise entre le peuple irlandais et anglais, et les alliances, voir l'amitié qui régnait entre leurs représentants aristocratiques respectifs.

En effet, pris dans son délire de toute puissance, en se déclarant chef de l’église anglicane, afin officiellement de pouvoir divorcer, et roi d'Irlande afin d'imposer définitivement sa suprêmatie, Henri VIII suscita l'opposition des catholiques, ce qui l'amena à persécuter les plus fidèles alliés de la couronne anglaise jusqu'en Irlande, notamment en confisquant les terres irlandaises pour les redistribuer à des anglais, et à pourchasser par la suite l'opposition protestante qui s'insurga également contre son hégémonie arbitraire.

C'est ainsi que le drame irlandais commença, à partir du problème conjugal d'un pervers impuissant, et on peut toujours observer aujourd'hui les rémanences du régne d'Henri VIII en Irlande du Nord, région qui continue de cristalliser les stigmates de cette époque, notamment par une sission politique, économique, sociale et religieuse, entre protestants dominants d'un coté, favorisés par l'Angleterre, et catholiques dominés de l'autre.

Ceci est une analyse succincte des conséquences que peuvent générer un pervers ou un groupe de pervers au pouvoir.
Ce cas est dans une certaine mesure fertile pour comprendre comment le pervers vit le pouvoir, en détruisant, en mettant en concurrence les autres, en vidant les caisses de l'état, en mettant en scène son omnipotence, en supprimant toute opposition...
On pourrait penser que ce type d'exercice du pouvoir est inéluctable. Mais cela revient à dire que l'irresponsabilité, l'incohérence, l'irrationnalité, la corruption ou que la criminalité est inéluctable.
En fait tout n'est qu'une question de régulation du pouvoir.
Si beaucoup de pervers ont continués d'arriver au pouvoir dans les démocraties, au cours de l'histoire de l'humanité, c'est uniquement parce que le pervers a reçu une éducation qui a conditionnée sont atttirance pour le pouvoir. -l'impuissance sexuelle de ce type de personnalité, qui peut accentuer un certain ressentiment avec l'age, étant une autre de ces conditions-
Il faut par ailleurs savoir que tôt ou tard un pervers se met à délirer, -l'élément déclenchant étant souvent une opposition à son pouvoir, un échec- et que la seule façon de le ramener vers la réalité, est de lui opposer des mécanismes de régulations sociales susceptibles d'entraver son omnipotence.
Ceci est d'autant plus nécessaire que la perversité en se généralisant conduit toujours par contagion, sans aucune exception, à une nécrophilie sociale, -voir Israël et la palestine, l'Irak et la coalition, les états unis, la Russie, le Cambodge, la Chine...et c'est probablement vers ce type de futur que se dirige l'europe-.
La perversité en tant que modèle d'exercice de pouvoir, n'est pas et n'a jamais été normale. Si tel avait été le cas, jamais l'humanité n'aurait connu un tel progrès au cours de son histoire. La perversité correpond à des périodes régressives, de dénérescence de l'élite, qui entraînent systématiquement une expression sociale de la morbidité importante, tant que des réformes n'ont pas été effectuées.

Certains évènements qui se déroulèrent récemment au Portugal, sont assez révélateurs du modèle d'exercice du pouvoir pervers adopté actuellement par les élites européennes. Cependant, ces évènements furent sans conséquence, et tout au contraire, les élites se sont reformés autours des mêmes valeurs morbides avec davantage de cohésion.
L'europe n'a jamais été aussi proche aujourd'hui de verser dans le fascisme, depuis 1940. Et pourtant, on n'a jamais autant parlé de démocratie.

ESSAI SUR LA MARGINALITÉ

 

Introduction

La définition sociologique de la marginalité est assez étendue, dans la mesure où elle englobe aussi bien l’anomie, l’anti-conformisme, l’exclusion, que l’avant-gardisme, et peut concerner autant un individu, un groupe, qu’une culture.
Une définition partielle peut être trouvé facilement dans tout lexique de Sciences Sociales comme par exemple celui de Dalloz:
- frontière, bordure, individu ou groupe ayant perdu sa culture d’origine sans en acquérir une autre (émigrés, colonisés; marginalité raciale ou culturelle)
- par extension individu ou groupe mal intégré à la société.

C’est à cette acception que je vais m’intéresser, en tentant de la compléter et d’introduire le concept de marginalité socio-économique criminelle positive.
En effet, la marginalité socio-économique a une connotation négative communément admise. Clochard, marginal, sans domicile fixe, vagabon, gitan, tous ces termes décrivent la marginalité dans sa forme négative tant au niveau économique que social. En effet, la marginalité par le processus de désocialisation et de déconstruction qu’elle favorise, amène souvent tout acteur qui en est victime à adopter des comportements asociaux, sa liberté de choix devenant aliénée par une nécessité princeps à laquelle il est confronté en permanence: mourir ou survivre. Si l’on schématisait le socius, la marginalité sociale se situerait à l’une des extrémités du spectre social. Plus celle-ci s’inscrit dans la durée, et devient difficile, plus les liens entre l’individu exclu et les normes de la société vont se relâcher, jusqu’à aboutir à l’émergence de comportements anti-sociaux délictueux.
Cependant, ce type de comportement n’est pas l’apanage des catégories les plus défavorisées.

I La marginalité socio-économique criminelle positive

Une marginalité socio-économique identique à la précédente existe également à l’autre extrême du spectre social. En effet, des individus peuvent se retrouver de la même façon marginalisés par la situation socio-économique exceptionnelle dans laquelle ils évoluent, excepté que cette fois, celle-ci est positive, en dépit d'une normativité de surface contraignante.

Soumis au même processus de déliquescence morale et éthique, favorisé cette fois non pas, par une nécessité de survie, mais par une morbidité anti-sociale, étayée sur une certaine oisiveté, une certaine impunité judiciaire, l’adoption d’une normativité intra-groupe psycho-pathologique, l’absence de culpabilité, une certaine intolérance à la frustration et un sentiment d’omnipotence narcissique, certains individus vont en effet pouvoir verser dans une criminalité sans borne, sans objet, et sans autre mobile que l’assouvissement de leurs pulsions de mort, gouverné par un principe de plaisir proche du sentiment de toute puissance infantile que l’on trouve chez l’enfant en bas-age. Ce type de marginalité va en fait être favorisée par ce qu’on appelle communément la perversité.

La perversité est intimement lié au pouvoir. Ainsi, ce type de pathologie apparaît souvent chez des individus qui appartiennent aux catégories sociales les plus élitistes (chercheur, politique, dynasties bourgeoises, familles nobiliaires), car déjà au départ leurs familles ne sont pas ou peu régulées socialement - en dépit de contraintes sociales fortes qui peuvent être attachées à leur statut -, du fait de conditions de vie et d’une normativité intra-groupe qui les placent au dessus des lois du vulgus ou des dominés, c’est à dire au dessus du socius et des régulations constructives que ces dernières sont sensées apporter à tout être humain. En définitive, des conditions de vie trop favorables, vont amener ces personnes à grandir ou à se retrouver coupées de toute réalité sociale, en favorisant un mode de pensée déréelle dans leur rapport à l’ensemble de la majorité et dans leur rapport à la criminalité, c’est à dire à la loi. Les contraintes sociales ne sont pas inexistante dans ces groupes. Au contraire elles peuvent être très coercitive, très normative, mais c'est par rapport à la loi, que ces contraintes sont déliquescentes.

II Aspects archaïques du pouvoir de domination: la chefferie

P.Clastres nous renseigne sur les première forme d'exercice du pouvoir précédent l’apparition de la chefferie. Ainsi certaines civilisations premières, évitèrent longtemps les inconvénients et les risques de l’exercice du pouvoir:
- ”En tant que débiteur de messages et de richesse, le chef ne traduit pas autre chose que sa dépendance par rapport au groupe, et l’obligation où il se trouve de manifester à chaque instant l’innocence de sa fonction. Détenir le pouvoir c’est l’exercer, et l’exercer c’est dominer ceux sur qui on l’exerce: c’est précisément ce dont ne voulurent pas les sociétés primitives, voilà pourquoi les chefs y sont sans pouvoir, pourquoi le pouvoir ne se détache pas du corps un de la société.” En fait le pouvoir du chef est alors essentiellement médiatique. Ce dernier a pour rôle de faire circuler les indormations importante, afin que le groupe puisse prendre les décisions idoines à sa préservation.

C’est seulement avec l’apparition de la chefferie qu’apparaîtront les notions de: sacré, d’idéologie, ou de privilège, généralement attachées aujourd’hui à l’exercice du pouvoir.
A partir de ce moment, au sein de certaines civilisations premières, le chef incarna à la fois la loi, la force, le savoir, la richesse, et le sacré, de manière omnipotente. Cependant, il se devait en contre partie également d’incarner la sagesse, car dans le cas contraire, une régulation sociale immanente étayée sur les affects humains naturels tels que la vengeance, ou la haine, était toujours susceptible de mettre fin à cette omnipotence.
Le rôle du chef restait donc avant tout un devoir: celui d’assurer la paix dans la communauté, en montrant l’exemple, en conséquence de quoi, il avait toute la légitimité pour juger les conflits au sein de la communauté, et pour prendre les décisions importantes au sein du groupe.
Ainsi, le chef de tribu ne vivait que tant qu’il préservait la cohésion du groupe de toute anomie, et comme il restait accessible physiquement au sein de la communauté, il n’était pas rare qu’il meure tué par un chef de famille ou de clan qu’il avait outragé, notamment lors d’un duel. Face à l’éclatement de la communauté, l’erreur n’est en effet pas permise.

Avec l’accroissement des connaissances, et l’agrégation des communauté en ensembles toujours plus importants, le chef délégua ses pouvoirs à des spécialistes toujours plus nombreux, tout en conservant le pouvoir suprême.
Cependant, sa situation dans les sociétés plus complexes changea. Moins accessible physiquement à ceux qu’il gouverne, donc moins régulé socialement -par les lois applicables à tous-, ainsi que ses conseillers, apparue une nouvelle forme de criminalité parmi les élites, non sanctionnée, et basée sur la perversité. Ceci fut d’autant plus préjudiciable à la collectivité, au niveau historique, que l'ensemble de l'élite ne cessait pas pour autant d’être un exemple pour tous.
Cette absence de régulation durant des siècles favorisa alors, non pas l’apparition de la perversité, mais sa généralisation, allant même progressivement jusqu’à devenir une référence comportementale et un critère de domination au détriment de tout autre critère.
Une certaine forme de normativité codifiée est inhérente à ce type de gouvernement, fixant certaines règles informelles, permettant à la perversité de s’exprimer librement au sein des groupes dominants, jusqu’à en devenir le lien cohésif prépondérant.

Il est intéressant de noter que les théories psychanalytiques introduisent le concept de régulation dans l’exercice du pouvoir, telle qu’elle existait dans la forme archaïque de la chefferie, lorsque le chef était encore physiquement accessible à une sanction régulatrice de la part du Socius.

III De la genèse de la marginalité positive

L’éducation reçue, et l’environnement social dans lequel va évoluer un individu, sont susceptibles de conditionner non seulement le degré de perversité de son caractère, mais également le degré de totalitarisme de ce dernier.
Ces sont ces facteurs qui vont favoriser l'apparition d'une certaine marginalité chez un individu vis à vis de la loi.

L’éducation remise en cause
On peut observer que le statut de nombre de familles aisées et les réseaux dans lesquels elles s’inscrivent, assurent une solidarité intra-groupe, favorisant la pérennité trans-génération d’une certaine impunité vis à vis de la loi, afin de protéger dès le plus jeune age la carrière des membres du groupe, via la sauvegarde de la réputation de chacun.
Ceci est une stratégie rationnelle à partir du moment où un système éducatif défaillant est susceptible de favoriser au sein de ces groupes, certaines déviances comportementales, et aboutir dans la durée, à la constitution, à la valorisation et à l'intériorisation d’une normativité psychopathologique.
Plusieurs facteurs éducatifs peuvent entrer en jeu, mais plus globalement, on constatera simplement que:
- le système éducatif au sein de certaines familles, est tout simplement extrême. Ceci est souvent dû, à l’absence d’une autorité paternelle structurante (divorce, épouse castratrice, vie professionnelle du père au détriment de sa vie de famille...), ou au contraire à la présence d’une autorité paternelle écrasante.
- parallèlement, l’idéalisation de la mère par rapport à son enfant, en particulier lorsque c’est un bébé mâle, peut accentuer ce phénomène -voir l'hypertrophie narcissique des fils unique en Chine-.
- on connaît par ailleurs le dénigrement de la féminité au sein de toutes les religions monothéistes, dont les dogmes sont généralement respectés au sein de certaines castes dominantes. C'est une autre dimension de l'éducation qui va influencer la personnalité des individus, et notamment, sous la forme d'une haine primitive machiste, qui favorisera potentiellement une complexion fasciste dans la personnalité de l'individu, si jamais il n'éprouve jamais de plaisir par la suite avec une femme. -l'impuissance étant liée à la perversité, cette dernière étant elle-même liée au degré de fascisme de l'individu-

Plus pragmatiquement, on peut observer au sein de ce type de famille d’autres facteurs favorisant une certaine marginalité:

- Un rapport à l’information reposant sur le non-dit, sur l’absence de communication. Ce qui n’est pas exprimé n’existant pas.

- Une faible tolérance à la frustration. En effet, d'une part, le fait de n’avoir jamais manqué de rien en apparence, d’avoir eu la majeure partie de ses désirs satisfaits, peut amener certains individus à réagir de manière paroxystique lorsqu’ils sont confrontés au refus, au manque. De la même façon, à l’opposé, un environnement familial volontairement frustrant, un parent sadique omnopotent qui va perpétuellement confronter par plaisir ou par goût, un enfant, à l’insatisfaction, sans raison, alors que celui-ci comprend le caractère antinomique de la décision parentale avec la situation environnementale, peut générer également chez ce dernier le même phénomène.

- Une idéalisation de la violence, et des rapports de domination: un environnement trop protecteur, ou un environnement à l’opposé anaclitique où l’enfant sera surexposé à toute forme de violence, favorisera l’émergence d’une inclination littéralement passionnelle et pulsionnelle pour la violence, la cruauté, le vice, la criminalité et la perversité. On peut retrouver cette idéalisation pour la violence, dans le véritable culte que vouent certains individus issus de milieu favorisé, pour certains criminels, et dans leur attirance pour une sexualité seulement envisagée comme un rapport de domination: dominant/dominé, tortionnaire/humilié, destructeur/détruit, maître/esclave, baiseur/baisé...cela pose problème à partir du moment, où l’individu n’a la possibilité psychologique de n'exprimer qu'un seul versant de ses pulsions sado-masochistes, le besoin de vivre le versant opposé, s’effectuant alors au détriment d’autrui, par la réalisation de fantasme projectif.

- Toutes ces carences amèneront parfois par la suite certains individus à vouloir absolument montrer qu’ils existent, d’où une certaine surestimation de soi, une hypertrophie narcissique qui les amènera à aimer s’exposer publiquement. Ces derniers sont en effet sensibles au fait d’être un centre d’intérêt, un modèle au sein des groupes, et développent une certaine sensibilité au fait d’être applaudis, écoutés, ou observés, et ceci d’autant plus qu’ils laissent s’épanouir leur morbidité, qu’ils enfreignent impunément la loi.
Cette propension à tirer du plaisir de l’exhibitionnisme, les amène en contrepartie à jouir également de son contraire: le voyeurisme dans sa forme perverse c'est à dire dans l'envahissement d'autrui.
Le problème à ce niveau va résider dans l’intériorisation par l’individu d’une perception supérieure, omnipotente, arbitraire, subjective, totalitaire et perverse de l’image de soi, de sa fonction dans le groupe, et de ses capacités de jugement.
Souvent, l’association de cette composante narcissique avec leur passion pour la violence et le sadisme, amènera certains de ces individu à rechercher de manière pulsionnelle des sanctions de manière détournées, lorsque le versant masochiste de leur personnalité n’a pas la possibilité de s’exprimer librement, et lorsque que leur impunité est totale.

- ces individus ne vivent pas comme tout un chacun afin d’améliorer leur condition de vie, et ne perçoivent pas la déchéance sociale dans la pauvreté. Leur angoisse réside dans une perte statutaire ou financière. Toute la stratégie pour les individus appartenant à des groupes élitistes va alors consister à maintenir leur pouvoir économique. En effet, touts leurs liens sociaux sont étayés sur ce type de pouvoir. La déchéance sociale commence donc subjectivement pour eux à partir du moment où ils ne peuvent plus satisfaire aux signes matériels de ralliement au groupe.

- Tout cela peut engendrer une forme de normativité, entretenant un sentiment de toute puissance intra-groupe, que vont intérioriser les membres de ce dernier. On pourra observer que ce sentiment d’impunité s’accentuera avec l’age, du fait non seulement de l’accroissement du nombre de frustration au cours de la vie, -processus normal, mais qui développe la morbidité de ceux qui ont une faible tolérance à l’échec-, mais également du fait du statut accordé aux seniors au sein des sociétés patriarcales.

Aspects sociaux:
Sans s’attacher à tous les particularismes, le développement d’une personnalité morbide, totalitaire perverse étayée sur un sentiment de toute puissance narcissique, c’est à dire un sentiment d’impunité vis à vis de la loi, peut également être dû à un décalage entre les valeurs véhiculées au sein de la famille, concernant notamment l’image que va avoir l’individu de lui-même -idéalisée notamment par la mère, généralement via l'histoire familiale, la généalogie-, et des valeurs discordantes que ce dernier va trouver dans son environnement social extra-familiale -la réalité de n'être socialement que ce que l'on fait-.

- Un environnement social compétitif, très normatif, ou anomique, peut également être prépondérant, et très jeune, des frustrations sociales répétées vont potentiellement amener l’individu à adopter un mode de fonctionnement omnipotent afin de pouvoir obtenir ce qu’il souhaite.
En effet, une environnement mettant en compétition les individus très tôt, une normativité coercitive, la cruauté des jeunes entre eux, et leur acharnement à attaquer la moindre faiblesse, peuvent potentiellement amener un individu très tôt au ressentiment et à la haine, propice au totalitarisme. La perversité et la fourberie, naîtront généralement chez les individus les plus faibles, soit physiquement, soit intellectuellement, soit socialement.

Un cas extrême peut illustrer ce phénomène: une tare physique constamment dénigrée par exemple, associée, à une absence de relativisation des frustrations subies, par une autorité, va être un élément favorable à la constitution d’un vécu haineux.
En fait ce que va perdre alors l’enfant c’est sa capacité à avoir de l’humour, à pratiquer l’auto-dérision, à se remettre en cause, à accepter l’échec, et en définitive son aisance relationnelle.
La constitution d’une double personnalité lui permettra alors de pallier en partie à ces pertes, et d’éviter d’avoir à décompenser psychiquement. En effet, Ce type de comportement vis à vis de la loi, et certains types d’éducation vont généralement favoriser la construction d’une double personnalité protectrice chez ces individus, leur permettant de conserver une certaine stabilité psychologique et sociale. On observera que la notion de double personnalité est intrinsèquement liée à celle de socialité, de rapport social, et de ce fait qu’elle ne concerne en aucun cas les structures psychotiques. Le dédoublement de la personnalité est un symptôme propre aux structures névrotiques telle que l’hystérie par exemple dans sa forme aigue.

IV La double personnalité

L’individu victime d’un dédoublement de la personnalité, possède ainsi deux personnalités sociales dont il va se servir généralement consciemment, telle les interfaces changeantes d’une même image, en fonction des pulsions auxquels il va être confronté et des situations qu’il va rencontrer. L’une de ces personnalités va lui permettre de se montrer sous un jour agréable, l’autre lui permettant d’exprimer tout ses pulsions de mort. C’est un fonctionnement bipolaire, dichotomique, que l’on retrouver dans le discours de ce type d’individu.
On retrouve d'ailleurs idéalement ce type de pensée au sein des religions monothéistes, favorable au développement de la perversité.
Une analyse discursive symbolique des textes des différentes religions monothéistes, à laquelle on pourrait consacrer un livre entier, permettrait de souligner la duplicité des principes religieux.
Ce dédoublement social de la personnalité permet à l’individu d’avoir une tolérance élevée à l’incohérence -je t’aime donc je te tue, j’ai envie de te connaître donc je t’envahis...- une absence totale de culpabilité, et s’accompagne généralement d’une totale irresponsabilité.
Le mode opératoire de ce type de structure repose sur la toute puissance de la subjectivité. Ces individus ont toujours raisons, ne se remettent jamais en cause et vont jusqu’au bout de leurs idées même les plus aberrantes. On peut constater cela dans le domaine politique, et généralement, ce type d’attitudes se renforcent avec l’age. Les personnalités atteintent de ce trouble affectionnent en effet particulièrement, les professions exigeant une exposition publique, ainsi que la polémiques, et le système patriarcale favorise les seniors dans ce domaine. -en tant que détenteur de la parole et de la pensée-

Lorsque l’individu n’a pas appris à exprimer, ou à évacuer les tensions psychologiques provoquées par une socialité débordante, un dédoublement de la personnalité lui permettra de le faire de manière agressive et destructrice sans avoir à culpabiliser, tout en permettant à l’individu psycho-pathologique de conserver une excellent adaptabilité sociale. On notera que le meilleur moyen d’évacuer les tensions psychologique est de pratiquer un sport -il y a en effet peu de sportif professionnel atteins par ce type de pathologie, de même que les individus qui n'ont pas de problème sexuel-. mais ceci va dépendre de l’éducation de l’individu, et nombreux sont ceux qui vont préférer par facilité, se défouler socialement de manière criminelle.

Lors d'un défoulement social, un individu est généralement désigné pour recevoir la morbidité de toute personne atteinte par ce trouble, le critère généralement choisi avant de passer à l’acte étant sa vulnérabilité, sa différence, et sa faculté naturelle à déclencher les affectes du groupe d’appartenance du pervers. La destruction sociale que ce soit dans le cadre d’un harcèlement, d’un viol, d’un passage à tabac, ou d’un meurtre pédophile sera alors considéré comme normal, car sociale. Ceci est bien sur fallacieux dans la mesure où le terme social sous-entend la notion de régulation, alors que l’on vient de voir que cette connotation est inconnu de ce type d’individus psychopathe, au sein de ce type de groupe.

V La perversité et le fascisme

Voici ci-dessous les déclarations d'un gardien de camp de concentration, ayant la responsabilité d'un groupe d'environs 30 prisonniers allongés ensemble au sol, entravés par des chaînes 24h/24. Ce gardien était tenu de maintenir en vie ces détenus, qui subissaient des interrogatoires quotidiens sous la torture. Pour cela il devait s'occuper de toute leur hygiène de vie, les prisonniers n'ayant à aucun moment la possibilité de se déplacer. Ceci générait un stress chez ce dernier, qu'il évacuait directement en frappant les prisonniers dont ils avaient la garde. Voici ce qu'il déclare concernant la façon qu'il a eu de vivre en tant que chef totalitaire, non régulé socialement par son groupe:
-"Quand on torture on a l'arrogance du puissant, la main et le coeur sont d'accord. C'est ce sentiment de puissance qui décuple l'abus de pouvoir et l'absence de scrupule. Seule existe la rage. Le fantasme de pouvoir agresser, torturer, violer, détruire, sans que personne n'ai rien à y redire, se libère d'un seul coup. On sait que cela n'arrive qu'une fois. Pour une fois, on n'a plus de compte à rendre à qui que ce soit. Il n'y a plus aucune obligation envers les autres. Il n'y a plus de loi, plus de peur, on n'a plus besoin de parler. On a le monopole des armes et de la violence, on est la violence, on est la peur, on est son instrument le plus efficace, débarrassé de toute crainte de représaille, de toute sanction sociale, de tout jugement, de toute culpabilité. On est le social, on est la loi, on est celui qui juge. On est le chef d'un groupe d'animaux et en même temps son domestique."
Ceci est un cas exceptionnel de détention dans la mesure où le groupe est totalement dépendant de son gardien. Ce dernier devient alors arbitraire ainsi que pourrait le faire une mère avec son enfant. Cette relation de dépendance totale de l'enfant envers sa mère peut en effet être vécu comme une véritable violence par cette dernière, comme un véritable harcèlement. Il y a une similarité dans le cas de la relation que ce gardien est contraint d'entretenir avec son groupe de détenus, qu'il considère comme la source de ses souffrances, du fait des nécessités biologiques permanentes des prisonniers, et des conditions de détention de ces derniers, qui vont affecter directement sa charge de travail. En permanence sollicité, ce dernier ne supporte pas la moindre infraction au règlement, règlement qui ne vise qu'à étouffer toute forme de manifestation susceptible de rappeler à celui qui le fait respecter, qu'il gère des êtres humains, ceci en lui offrant parallèlement la possibilité d'extérioriser son agressivité. Ainsi, il déclare "souvent quand les prisonniers communiquaient, c'était pour se plaindre de leur souffrance, de la faim, de la soif. Ils tentaient aussi de collaborer pour attraper des cafards. Parler était interdit. Le fait que certains se plaignent, me mettait hors de moi. Nous -les gardiens- étions tous pareil. Et on se félicitaient entre nous des hurlements qu'on arrachaient à nos victimes."
Ce gardien a retrouvé après la guerre sa femme, ses enfants et son emploi, et continue de vivre normalement auprès des siens.

Ce type de situation est relativement exceptionnelle. Cependant, il montre que tout individu non régulé socialement, sous certaines conditions, est susceptible de devenir un fasciste pervers.
Par rapport à ce phénomène, ce qui devrait déterminer la culpabilité pour la société, de l'individu vis à vis de ses crimes par la suite, réside dans l'aliénation du libre arbitre du tortionnaire par des conditions sur lesquelles il n'a aucune prise, aucun moyen d'agir, aucun pouvoir.
Cependant, la perversité peut apparaître sans que rien n'oblige un individu à fonctionner ainsi, sans que rien ne l'oblige à intégrer un groupe de pervers, si ce n'est son histoire et son éducation.

Voici une définition de la perversité:
La perversité consiste à prendre du plaisir au détriment d’une personne plus vulnérable que soit en l’objectalisant, en faisant potentiellement preuve d’une cruauté sans limite.

Le pervers va en fait généralement se servir de son groupe d'appartenance, pour transcender dans la cruauté tout ce qui va lui rappeler qu'il est dominé, c'est à dire son manque d'adaptation aux exigences quotidiennes que lui impose son statut privilégié. Ce qu'il va vouloir exorciser en détruisant autrui, ce sont ces contraintes attachées à son rôle public et à sa fonction, à savoir, l'obéissance, la soumission, le respect, le conformisme, à certaines règles, à certaines limites contraignantes, à la loi, sur lesquelles il a peu de prise, et qui sont susceptibles de le faire craquer. Pour éviter de se déchaîner dans un accès de rage susceptible de le confronter à une sanction, le pervers va en permanence être à l’affût de toute possibilité de se libérer de ses angoisses et de sa morbidité, de manière progressive.
Systématisé, organisé, canalisé par l’appartenance à un groupe partageant une préférence pour la même perversité, le pervers fixera sa préférence sur un type de cibles vulnérables susceptibles de lui servir régulièrement d’exutoire, ainsi qu’à ces congénères .
Pédophilie, misogynie, homophobie, xénophobie, haine du pauvre, sadisme, on peut voir que les liens entre la perversité et le fascisme sont très prégnants.
L'attitude du pervers est une attitude purement fasciste, totalitaire, car omnipotente. Ses pulsions envers autrui sont toutes relatives à l'appropriation, à l'objectalisation, à l'instrumentalisation, à la manipulation, à l'exploitation, à l'asservissement, à la destruction, à la spoliation. Pour laisser aux autres la possibilité de vivre en faisant ses propres choix, il faut déjà avoir soit même eu cette possibilité. Hors l'éducation reçu par le pervers l'a souvent amené à en faire de mauvais et à connaître perpétuellement l'échec, (éducation trop laxiste), ou à ne jamais avoir eu la possibilité d'en faire (éducation trop coercitive). A partir de là, le pervers dès qu'il a du pouvoir, va annihiler toute forme de libre arbitre chez autrui, l'exploiter, le maltraiter, l'avilir, le corrompre, se l'approprier, détruire son entité, son individualité, son altérité, son identité, son ipséité, ses décisions, ses projets...Sa vie.

Au niveau de la génése de la perversité, nous avons déjà signalé qu'une personne issue d’un milieu aisé, peut potentiellement vivre dans sa jeunesse une blessure narcissique fondamentale, en réalisant que les valeurs qui étaient prônées au sein de sa famille, n’étaient pas celle de la majorité, qu’elle n’est pas considérée aussi positivement au sein de son cocon protecteur, et dans le monde extérieur. Confronté aux autres, à la réalité du Socius, elle se met alors à détester chez autrui toute forme d’avantage susceptible de lui rappeler ses échecs, de menacer son altérité, l’hypertrophie de son moi, de remettre en cause son idéal du moi, de le sortir de ses illusions oniriques, et ceci, quelle que soit la forme que cet avantage puisse prendre : beauté plastique, ou beauté des sentiments, charme, noblesse d’âme ou de coeur, qualités relationnelles, adaptabilité sociale, absence de vice, intelligence, sagesse...A la vue de ce genre de qualité, thanatos s’empare de ses affects. Le pervers aura alors tendance à attribuer sa propre stupidité, sa propre incapacité à autrui.
Ainsi il attaque tout, détruit tout : innocence, enfance, candeur, charme, sex-appeal, pureté, naïveté, convivialité, confiance, amitié, humour, tranquillité, absence de soucis, d’angoisse, passion, réussite, facilité, désintéressement, équilibre, naturalité du désir, liberté, hygiène de vie, amour, complicité, libre arbitre...Tout ce qui fait qu’autrui peut être heureux, lui rappelle la médiocrité de son existence, faite de violences et de frustrations.
Extrêmement envieux et jaloux, tout ce qui est synonyme d’harmonie excède le pervers. Son éducation, sa famille, ses amitiés, ses amours, sa vie porte l’empreinte de l’échec, de la violence, du déséquilibre, de l’apparence, du superficiel, de la malhonnêteté, de la fourberie, de la lâcheté. En fait le pervers a grandi dans l’illusion, tout n’a été que mensonge autour de lui. Une seule chose compte, l’argent, et son corollaire: le pouvoir.
A partir de ce moment là il ne cherchera qu’à exporter chez autrui son passé. Le pervers obéit en cela à un principe absolument humain, mais malheureusement des plus néfaste : faire vivre à l’autre ses échecs, transmettre à l’autre son vécu négatif, son ressentiment, ses angoisses, ses soucis, sa haine, son mal être, sa maladie (VIH, syphilis...).
La position de spectateur qu’il adopte alors est alors très jouissive.
Ce que la victime ne comprend généralement pas, c’est que pour le pervers, elle n’est pas assez fourbe, lâche, hypocrite, superficielle, fausse ou cruelle. C’est ça qui excède le pervers: la faiblesse des vices de la victime, ou leur inhibition, c’est à dire son innocence, c’est cela que le pervers va traduire en stupidité.

Ce statut de voyeur le remplit de satisfaction morbide.
Le pervers est en fait tiraillé. Il est à la fois vide - de sentiment -, stérile, et il tient à le rester. Et à la fois plein de haine. Toute modification de cet équilibre est susceptible de générer une décompensation psychique chez le pervers.
Cela engendre chez lui, une peur d’être rempli, d’ou sa peur des sentiments humains:
- trop de haine, et il est susceptible de faire un raptus médico-légal.
- trop d’amour et il va se sentir menacé, vulnérable. Ne pas oublier que le pervers envahit les autres, et que son passé chargé lui laisse appréhender une sanction, des représailles, d'où la crainte de devenir vulnérable, accessible, que ses défauts soient exposés. Mieux vaut alors exposer ceux des autres, envahir les autres.
C'est cette phobie de voir son équilibre psychique modifié, l’amène donc en réaction à vouloir détruire les autres en permanence, à les vider de leur substance, à les remplir de haine à leur tour, par un mécanisme projectif défensif.

Beaucoup de gens sont vidé par la vie. C’est un processus normal, la vie use, vivre amenuise la vitalité, la créativité, l’envie, accroît la morbidité, excepté que chez le pervers, ce processus a commencé jeune. Et parce que ce processus a commencé chez lui avant qu’il ne soit suffisamment mûr pour sublimer, il devient haineux et se complaît dans la bassesse.
Outre par la perversité, Cela se traduit aussi par une absence totale d’affinité pour l’art et pour la création, par une aversion phobique de l’harmonie et de la beauté. Seule lui plaît la destruction, qui lui rappelle, sa propre destruction, tout en la neutralisant, car il n’est plus le seul à avoir été détruit.
C’est la solitude du pervers face à son histoire qui le pousse à détruire les autres. Il souhaite ainsi communiquer, partager cette dernière avec autrui. Mais comme il ne peut la décrire, l’écrire, la dire, la communication se fera par la communauté du vécu.
Faire vivre à l’autre ce qu’il a vécu, est un partage, une communion.
C’est également faire parti d’un groupe. Le groupe des blessés, des meurtris de la vie devenu sadiques.
Le pervers n’a pas de passion, son passe temps est de détruire et la recherche de cette réalisation de cette pulsion lui prend tout son temps. Il recherche d’ailleurs exclusivement la compagnie de pervers qui lui ressemble, et qui comme lui, trouve que la bassesse et la médiocrité est la plus belle des qualités.

Il est intéressant de constater que plus un individu à de pouvoir social, et plus il aura tendance à devenir pervers. Cette conception de l'exercice du pouvoir, est lié à la généralisation de la perversité au sein de la société, comme je l'ai déjà indiqué, du fait de l'absence totale de régulation de certaines élites. La société est la seule responsable de ce type de déviance, en plaçant au dessus des lois certaines catégories d’individus. Les pervers se serviront alors de ce laxisme sociale pour donner libre cour à leurs pulsions, en utilisant tout les moyens dont ils peuvent disposer: drogue, chantage, harcèlement, enlèvement, corruption, internet, concussion, meurtre, secret défense -en cas de crime-, secret scientifique -pour garder secret une nouvelle drogue-, secret industriel..., no man’s land juridique ou politique, police, armée, données criminelles....

Cependant, dans le cadre de la systématisation de la destruction d’autrui, certaines règles sont codifiées afin de ne pas nuire aux membres du groupe restreint:
- la victime doit être plus vulnérable que le pervers.
- elle doit pas faire parti du même groupe que le pervers, soit au niveau de ses croyances, soit au niveau de ses origines, soit au niveau de sa caste, ou enfin au niveau de son innocence. Un degré d'adaptabilité sociale ou d'intelligence sociale élevée est également susceptible d’exciter le pervers, au même titre que n’importe quel avantage. (L’humour, l’autodérision, la possibilité de se remettre en cause, une certaine aisance relationnelle sont des signes pour le pervers, révélateur d’une absence de traumatisme important dans le vécu de la victime)
- enfin elle doit pouvoir être détruite totalement.

Le pervers est donc un pleutre, qui n’attaque que les plus vulnérables, et généralement en utilisant des moyens disproportionnés par rapport à ceux dont dispose sa cible pour se défendre. Moins le harceleur est accessible à la victime, de par son statut, c’est à dire susceptible de commettre des représailles, et plus il y a de chance pour que la destruction de la victime motive la harceleur.
Le pervers est en effet craintif, il veut bien être nuisible, du moment qu’il a la certitude de ne pas avoir à subir les conséquences de ses actes. Le pervers craint en fait la vie.
Pour braver ses angoisses, il se réfugie d’ailleurs dans le travail, ou dans les mondanités, qui lui permettent en même temps de lui procurer le plaisir de montrer l’impunité dont il bénéficie, synonyme de pouvoir, dans certains milieux. En fait le pervers n’a aucun pouvoir sorti de son statut. Plonger dans le vice toujours plus loin, est une façon détournée de se fabriquer du pouvoir.
Le corollaire de cette propension à enfreindre la loi est la peur. Mais celle-ci va en fait vite devenir la condition de son existence. Le pervers ne se sent existé, reconnu, qu'en méprisant la loi, les autres, qui représentent pour lui une menace d’anéantissement.
Il ne connaît pas la sanction, et l’assouvissement de ses vices, lui rappelle en permanence l’existence de cette dernière, car l’oublier, est synonyme de perte de contrôle -encore une menace d'anéantissement-. On reviendra sur la description de ce processus.
On retrouve cette composante dans le harcèlement. Le pervers détruit par à-coups, par petites touches. Sans cette progressivité, le pervers se ruerait sur sa victime et la tuerait avec rage.

Le pervers peut exprimer ouvertement sa haine de la victime tant qu'il peut agir en toute impunité. Il se protégera grâce à sa double personnalité, seulement lorsqu'une régulation sociale est susceptible de le sanctionner. La différence entre un pervers et une personne sincère est fondamentale. Le pervers n'aime pas communiquer. A ce titre, il évitera toute confrontation avec la victime, ou évitera toute référence à la problématique qu'il a généré. Un personne sincère cherchera par tout les moyens à établir un contact avec une victime de pervers, généralement pour chercher à comprendre ce qui s'est passé. Une personnalité non perverse agira de manière désintéressée, surtout lorsqu'une personne est confrontée à une situation difficile, car elle arrive à se mettre à sa place. Le pervers jouit de voir l'autre souffrir, et fera en sorte d'accentuer cette souffrance. Le pervers enfin est fourbe. Il commet ses crimes sans s'exposer -excepté dans son groupe-, et en rendant responsable la victime. A contrario, le défaut d'une personne sincère réside dans le fait qu'elle dévoile ses intentions louables, le pervers étant susceptible alors de la manipuler, voir, lorsque les intentions de celle-ci contredisent les projet du pervers, de la menacer, ou de la harceler.
Le pervers est fondamentalement manipulateur. La manipulation consiste à faire agir, ou penser une personne à son insu, autrement qu’elle ne l’aurait fait dans des conditions normales. La manipulation est proche du conditionnement, et s’effectue indépendamment de la volonté de la cible. C’est une attitude agressive, et rationnelle qui vise à obtenir ce que l’on souhaite de la victime. Le bénéfice pour le pervers est généralement immédiat.

Pour résumer:
De la même façon qu’il exploite tout ce que pourra dévoiler la victime la concernant, le pervers pense que la victime est susceptible de faire de même à son encontre. Le pervers n’a pas de culpabilité, et sait pertinemment ce qui tolérable socialement. C’est d’ailleurs ce qui le fait jouir : s’amuser à enfreindre les lois en toute impunité. Le jeu cesse à partir du moment où il peut être rattrapé par la loi, chose à laquelle il n’est pas habitué.
La perversité se développe en effet très facilement au sein des familles où le père est très occupé par sa carrière, et notamment au sein des familles aisées, où les erreurs parfois criminels d’un membre de la famille sont plus facilement monnayable qu’au sein des familles à plus faible revenu. Par ailleurs, la puissance des réseaux, et une connaissance plus approfondie du système judiciaire au sein de ces familles, favorisent le développement de la perversité en entravant toute sanction sociale juste.
Le pervers a ainsi intériorisé l’injustice très tôt, c’est à dire le fait qu’il n’y a de loi que pour les autres, et que l’application d’une sanction, l’impunité ne dépendent que du statut économique et social.
A partir de là, tant que le pervers a de l’argent, et donc des amis, il sait qu’il est à l’abris des lois, d’où la fréquence de comportements pathologiques vis à vis de l’argent chez ce type de personnalité. Plus le pervers est attiré par le vice et par le fait d’enfreindre la loi, et plus il sera avide et cupide, non pas pour créer, pour construire, mais pour se sécuriser et détruire. Le pervers thésaurise, mais a aussi souvent des comportements d’addiction en rapport avec l’argent par exemple vis à vis du jeu. C’est aussi un escroc et un voleur, mais jamais par nécessité, et c’est ce qui le caractérise le plus : simplement par vice et pour calmer ses angoisses quant à la possibilité d’être sanctionné une jour.
Le pervers est en fait dans un cercle vicieux. Plus il a d’argent, et plus il a le sentiment sécurisant d’être au dessus des autres, d’être au dessus des lois. Cela génère chez lui un sentiment d’impunité protecteur, qui va l’amener à enfreindre la loi sur un mode pulsionnel. Le crime commis va alors accroître son angoisse de pouvoir être sanctionné. Du coup, il va de nouveau essayer de calmer son angoisse en accroissant sa richesse, afin de se sentir à nouveau au dessus des lois, et pour cela il va commettre un nouveau crime...Et ainsi de suite.
On l’aura compris, les individus issus de castes élevées ont toutes les chances de développer un degré de morbidité élevé, et de s’enfermer dans un fonctionnement criminel.
Le seul moteur de ce fonctionnement morbide va généralement consister à enfreindre la loi, sur un mode pulsionnel, par pur plaisir, et afin de se rassurer par rapport à l’impunité dont a toujours bénéficié le groupe dans lequel ce type d’individu a baigné du fait de son statut. Ce processus a la particularité chez ces individus de commencer jeune, et de s’auto-alimenter, le fait d’enfreindre la loi, amenant l’individu à chercher à confirmer son pouvoir, c’est à dire à se rassurer quant à son impunité judiciaire, en commettant de nouvelles exactions annihilant les précédentes. C’est ce qu’on appelle communément une personnalité psychopathe. Cependant, toute personne quelle que soit son milieu d’origine est susceptible d’être pervertis par les valeurs qui règnent au sein de ce type de groupe.
L’aboutissement sans fin de ce processus, est en fait la quête du pouvoir, mais également la reconnaissance, et le désir d’exister, en correspondance avec son moi hypertrophique.
Le pervers n’existe que par l’argent, et par le statut social que lui confère la société, d’où son avidité et sa cupidité.

L’absence de vice chez autrui se confond pour le pervers avec l’absence de culpabilité. Il imagine que tout le monde recherche le vice comme lui, et souhaite savoir comment l’autre arrive à vivre aussi bien avec sa culpabilité. Il ne peut imaginer à un seul instant que l’autre ne recherche tout simplement pas le vice car cela lui parait inconcevable.
Ceci vient en fait d’une absence de repère. Le pervers a raison : tout le monde est coupable, est susceptible de se sentir coupable. Par contre il a tord : tout le monde ne recherche pas à enfreindre la loi en permanence, tout le monde ne recherche pas le vice.
La plupart des gens souhaitent seulement vivre en paix, mais le pervers ne connaît pas ce sentiment. Le pervers n’est déjà pas en paix avec lui même. Sa conscience est trop lourdement chargée. Il refuse que les autres puissent connaître ce sentiment, cette philosophie de la vie, ce qui explique peut être son goût pour la polémique.
Cette absence de repère se retrouve exactement en ce qui concerne l’amour. Le pervers est décalé. Aimer signifie, humilier, détruire, violer, tuer. Et il semblerait que ce soit le même mouvement qui s’anime, en s’accentuant davantage lorsqu’il déteste.

N.B.: La perversité de devrait pas être confondu avec la perception qu’en ont les femmes. Pour les hommes le sexe est un sport (voir "sex slaves: the traffiking of women in Asia" de Louise Brown), dont la pratique ne nécessite pas ou peu de sentiment. Pour les femmes c’est tout le contraire. La présence de sentiment va conditionner leur façon de percevoir leurs relations, étayé sur l’affection, c’est à dire dans la recherche d’un support affectif, qui pourra être transformé en un support matériel du fait de la dépendance dans laquelle elles sont maintenu dans les société patriarcales. Il est intéressant de constater que les gay féminin, tout comme les travestis ont intériorisé cette façon féminine d’appréhender les relations.
De la même façon, les hystériques castratrices qui s’ignorent, ont intériorisées la perception masculine de la sexualité et des relations, ceci au prix de l’abandon du plaisir, au profit de la constitution d’un réseau, d’une carrière, d’une indépendance, et d’une certaine prévalence de l’argent dans leur vie. Ces personnalités sont d'ailleurs perverses. Certaines ses montrent sur internet durant leur ébat, pour ensuite conspuer ceux qui les téléchargent -l'ensemble des hommes-. Le comportement de ces derniers n'a pourtant rien à voir avec un envahissement pervers de la vie d'autrui, en l'espionnant jusqu'à son domicile. Reste le problème des personnes qui se retrouvent sur internet après avoir été droguées à leur insu. A mon avis, tout hébergeur d'images pornographiques devrait pouvoir justifier d'un accord signé des personnes exposées auprès des autorités. Ce serait une première forme de régulation. Maintenant subsitera toujours le problème des serveurs des gouvernements (cnrs, armées...)

Conclusion de cet article:

On notera que le fascisme, la perversité, ou le dédoublement de la personnalité est susceptible d'apparaître chez tout individu, issu de n'importe quel milieu social. Le fascisme et la perversité ne sont en effet malheureusement pas l'apanage des puissants, l'accès au pouvoir, quelle que soit le milieu d'origine, étant toujours susceptible d'exciter le fascisme jusque là inhibé d'un individu, une carence narcissique compensée par un moi hypertrophique -plus le pervers a souffert, plus il compensera en se construisant un image déréelle de lui même, à l’instar de certaines hystériques castratrices qui s’inventent souvent une généalogie aristocratique- accentuant encore cette tendance. Les religions, une normativité trop contraingnante, et le système patriarcal sont par ailleurs des facteur favorisant l'expression de la perversité.
Cependant le fait d’avoir le sentiment d’être un modèle de réussite sociale peut favoriser chez certains une propension à s’arroger de manière délirante le droit de juger, et de contraindre autrui, et il semblerait qu'il existe une valorisation de ce type d'attitude, dans les milieux aisés.
Ainsi que j'ai essayé de le démontrer, la criminalité est favorisée par l'absence de régulation sociale, d'où la nécessité fondamentale de restaurer ce type de régulations, là où elle sont absentes.
La première de ces régulations consisterait à limiter les revenus, et l'épargne des personnes les plus aisées, ceci afin d'entraver tout sentiment d'omnipotence que ces dernières développent. Hormi d'accroitre la haine et la rancoeur, je ne vois pas l'intérêt pour un individu de posséder 10 appartements, ou ne serait-ce déjà que de vivre dans un chateau, d'avoir 50 véhicules, et ainsi d'accumuler de manière illimité des biens qui s'avèrent en définitive inutile pour tout le monde, si ce n'est à un niveau symbolique, dans la pratique d'un potlatche stupide car extrême. Chacun fait ce qu'il souhaite avec ce qu'il gagne, cependant il serait à mon avis plus judicieux d'orienter le comportement des individus vers la création de richesses.
La forme que pourrait prendre cette limitation pourrait se faire dans la sagesse. Il ne s'agit pas de spoliation, ou de communisme, mais de psychanalyse. Je ne pense pas que le fait de limiter le montant de l'épargne d'un individu à 1, 5 ou 10 millions d'euros en fonction de ce que ce dernier rapporte à la collectivité en terme de richesse, en fonction du nombre de personnes qu'il fait travailler dans ses entreprises, ou en fonction du nombre d'entreprise qu'il a créé, relève du communisme. D'ailleurs ces montants pourraient être augmentés dans les périodes fastes. Ce serait à ce niveau que se situerait en fait la lutte sociale. Dans le fait de fixer le degrè d'enrichissement des castes les plus aisées en fonction des conjonctures socio-économiques contemporaines. Cette régulation dans l'enrichissement permettrait également en conséquence de diminuer les impôts pour les personnes les plus aisés, voir de les supprimer, puisque cette limitation serait déjà une taxation à la source. Ensuite, libre à tout individu de toujours dépenser ses revenus comme il le souhaite. Rien n'empêcherait de choisir entre l'acquisition de 3 jets privés, de 50 véhicules, de 10 appartements, ou de créer une nouvelle entreprise chaque année. Seulement du fait de la limitation des revenus, et de l'enrichissement personnel, l'individu serait amené à faire des choix, guidé par une certaine sagesse, et non de manière pulsionnelle par l'idée délirante de se prendre pour dieu. Un système d'assurance permettrait par ailleurs de compenser à une occasion, une faillite personnelle. Ce système aurait en conséquence plusieurs avantages outre le fait de sécuriser l'individu par rapport à son capital. Il permettrait de réduire les disparités, de réduire la criminalité, de réduire les comportements délictueux, notamment dans les affaires, de réduire la corruption, sans empêcher l'enrichissement personnel, ou d'atténuer une certaine rancoeur social vis à vis de certains comportements. Y compris au niveau politique, ce système serait susceptible d'apporter du changement. En fait ce système ne changerait strictement rien au système actuel, excepté pour ceux qui sont aux marges du spectre social, aux extrêmes. Mais pour cela, il faudrait lever le secret bancaire et traquer les paradis fiscaux. J'ai été harcelé pendant 5 ans par des gens qui visiblement n'avaient aucun soucis d'argent, mais beaucoup d'angoisse. Ce système serait susceptible de réguler leur folie destructrice. On observera qu'une telle réforme n'est susceptible d'être applicable, que par un système démocratique dominant largement la scène internationale, et qu'il s'avère impossible dans le cadre d'un affrontement perpétuel entre groupes d'états fascistes. Dernier point, un système de régulation similaire serait susceptible d'être appliqué au niveau des entreprises. En tentant de schématiser son fonctionnement je me suis rendu compte qu'en définitive, ce système permettrait de réguler dans les affaires, au niveau de l'économie mondiale, et entre les entreprises, un fonctionnement actuellement basé sur une forme symbolique de... cannibalisme ! ! !

La définition historique communément admise du fascisme vient d'Italie et de l'époque Mussolinienne :

"FASCISME : n.m.(it.fascismo). Régime établi en Italie de 1922 à 1945, fondé par Mussolini sur la dictature d'un parti unique, l'exaltation nationaliste et le corporatisme.
|| Doctrine et pratique visant à établir un régime hiérarchisé et totalitaire.

Issu de la crise économique, politique et sociale qui suit, en Italie, la première guerre mondiale, le fascisme apparaît en 1919 avec la création par Mussolini des faisceaux italiens de combats.
Les membres de ces milices fascistes, les "chemises noires", appartiennent à la moyenne bourgeoisie et se regroupent d'abord autour d'un programme socialisant assez vague, mais déjà essentiellement nationaliste. Face à la montée des troubles sociaux (émeutes, grèves) et aux progrès du socialisme, l'orientation du mouvement se modifie rapidement et rejoint les thèmes traditionnels de l'extrême droite nationaliste, antiparlementaire et anticommuniste. Les fascistes se posent en défenseurs de l'ordre, brisent les grèves et se livrent à de violentes mesures de représailles contre les dirigeants de gauche. Bénéficiant de l'appui des banquiers et des industriels, et de la caution de l'armée, le mouvement s'implante solidement dans le pays, en particulier dans les classes moyennes. Constitué en parti, il remporte un succès électoral important en 1921, puis parvient au pouvoir à la faveur d'une crise ministérielle, à laquelle le roi Victor-Emmanuel III met fin en nommant Mussolini Premier Ministre (oct.1922).

La "marche sur Rome", organisée par les Faisceaux, consacre la victoire du fascisme, qui établit progressivement une véritable dictature. La réforme électorale mise en place par Mussolini assure une large majorité aux fascistes à partir de 1924 et brise pratiquement l'opposition. Après l'assassinat du dirigeant socialiste Giacomo Matteotti, les partis politiques sont dissous, la presse totalement censurée et les chefs politiques exilés. Le nouveau régime repose sur une idéologie sommaire (culte du chef : le Duce, de l'obéissance et de l'état), et s'appuie sur le parti unique, chargé de la propagande et de l'encadrement des citoyens (en particulier de la jeunesse) dans diverses organisations hiérarchisées, de style militaire. Des manifestations spectaculaires renforcent l'impact idéologique du régime. Le contrôle de l'état, omniprésent, se manifeste sur le plan économique par l'organisation corporative des métiers, à laquelle sont soumis patrons et ouvriers. Les réalisations intérieures du régime (bonification des marais Pontins, industrialisation accélérée, autoroutes) ne suffisent pas à résoudre les problèmes économiques et sociaux, qui s'aggravent avec la crise de 1929.
A l'extérieur, Mussolini engage le pays dans une politique d'expansion (colonisation de la Libye, 1922-1933; conquête de l'Ethiopie, 1935-1936), dans le but de créer un domaine colonial, qui restaurerait l'ancien Empire romain.
Allié de l'Espagne franquiste et de l'Allemagne ("pacte d'acier",1939), il s'engage dans la guerre aux cotés de Hitler dès 1940, malgré une grande opposition intérieure. Les échecs militaires successifs discréditent le régime qui perd progressivement le soutien des principaux chefs fascistes. Ceux-ci s'opposent à la poursuite des opérations militaires et à la prolongation de la dictature (juill.1943). Arrêté, après sa démission, puis libéré par les Allemands, Mussolini tente de reconstituer en Italie du nord un fascisme "régénéré" et proclame une "République sociale italienne", contrôlée par l'Allemagne. Mais la défaite allemande, en 1945, provoque l'effondrement définitif du fascisme italien."

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Mon harcèlement.

J’ai connu le premier protagoniste de ce harcèlement durant l’été 1999. Je l’ai fréquenté durant deux mois environs. Nous nous sommes vus une dizaine de fois.
Je décidais un jour de reprendre partiellement mes distances car cette personne ne me semblait pas pouvoir être un facteur d'équilibre pour moi. Je lui fis part de ma décision, et à ma surprise, ne le revis jamais. A partir de ce moment là, mon harcèlement commença.

Ce harcèlement avait, je pense au départ, simplement pour but de la part de mes harceleurs de mieux me connaître, de mieux connaître ma vie. Mais les événements prirent rapidement une tournure nuisible et intrusive, en s’inscrivant dans un processus d’objectalisation et d’appropriation, à partir du moment où ces individus réalisèrent que je ne recherchais pas les mondanités, et qu’ils avaient la possibilité de m’isoler.

J’appris par la suite la quasi-totalité des exactions dont je fus victime. Alors que je fus longtemps persuadé que tous ce qui m'arrivait, était dû au hasard, j’appris à ce moment là que j’étais simplement en train de servir de divertissement à différents groupes élitistes. Ces derniers avaient en effet décidé d'observer ma réaction à différentes épreuves.

La majeure partie de ces individus appartenaient à certaines élites sociales -Sciences-Po, l’ENA, le CNRS, le monde du spectacle, et le monde de la télévision entre autres. Ils ne firent qu’étendre leur emprise en faisant participer le moindre fonctionnaire, le moindre de leur contact.

Ils se servirent des notes de mon psychanalyste, de toutes informations qu'ils purent obtenir de personnes que j'ai pu connaître par le passé, de toutes mes références culturelles et de tout ce que je pouvais dire pour les provoquer lorsque je les rencontrais une fois que je les avais identifiés, pour me déséquilibrer.
Mais c’est ce que j’ai pu déclarer qui leur permit de légitimer le fait de porter atteinte à ma vie privée et le fait de me harceler.

De la mise en place à Paris en 2000, d'une stratégie rationnellement programmée afin de modifier mon équilibre, et me faire adopter des comportements conditionnés, qu’ils filmaient jusque chez moi, -ce que je cherchais à savoir, en décidant volontairement (même si je me demande toujours dans quelle mesure j’ai pu être manipulé), de donner dans le spectaculaire, sans soupçonner pendant longtemps que cela fut rendu public -, je me suis retrouvé avec un statut de criminel, condamné sans jugement et livré à la vindicte publique.
Une stratégie parallèle, tout aussi minutieuse et méthodique, fut également mise en place dés 2001, avec l’aide de psychologues que j’ai eu la possibilité d’identifier, afin de me faire croire que j’étais devenu schizophrène, en utilisant notamment les médias, ce que je n’avais pas compris au moment où j’ai quitté la france en 2001.
Mes capacités de compréhension de la langue anglaise ne me permirent pas non plus, de comprendre que je continuais à être conspué en Australie, ou j’avais décidé de migrer temporairement.

Mon départ avait été rendu nécessaire par l’accroissement phénoménal du nombre de gens qui me harcelaient. Durant certaine période, j’ai eu l’occasion de subir une trentaine d’agressions quotidiennes, avant que je n’abandonne toute activité. J’avais en fait été pris pour cible par les individus les plus pervers au sein de ces groupes, qui se firent un devoir de me massacrer, suite aux provocations que j’avais pu faire. J’ai pu cependant subir jusqu’à dix agressions quotidiennes dès l’été 2000, et j’ai nettement pu constater une augmentation constante de leur nombre dans le temps, et notamment après m’être engagé dans deux pugilats. C’est, je pense, davantage ma répulsion à me battre par la suite, par crainte de représailles, plutôt que ce que j’ai pu déclarer à différents moments, qui a été à la cause de cette hargne.

Tous ces gens partageaient en fait un objectif commun : voir de quelle manière je me rebellerais en étant mis au ban de la société, et filmer mon suicide in situ ou tout autre passage à l'acte que j'aurais été susceptible de faire. C’est l’absence de conduites à risque de ma part, qui les amena à accentuer toujours davantage la pression à laquelle ils me soumettaient.

Je fus par ailleurs durant l’année 2001, peut être drogué et violé. Le harcèlement a la particularité de faire perdre toute confiance, et de faire douter la victime de son propre ressentis. Je préférais alors partir en voyage plutôt que de chercher à comprendre quoi que ce soit, et de porter plainte.
J’eus à subir une autre série de viols sous GHB en Asie, dont j’eus cette fois vraiment conscience après coup. Je gérais à cette époque une entreprise de maintenance en informatique que j’avais créé. Les pressions visant à me pousser au suicide ne cessèrent jamais, et j’avais à cette époque été aiguillé par mes harceleurs, pour trouver des sels de cyanure.
Je pensais me servir de ce poison au cas où j’aurais eu à rentrer en france, car ces derniers avaient réussi à me persuader que j’allais finir en prison.

J’appris toujours durant cette période que de nombreuses personnes m’appréciaient en france et dans les pays anglo-saxons. Cependant d’autres informations que je pus obtenir m’amenèrent, écoeuré et furieux à cette époque, mais finalement pas à plaindre, à décider de refaire ma vie en Thaïlande, avant de revenir peut être un jour en france. Ce projet ne fut pas réalisable comme tout autre projet que je pouvais être tenter de réaliser. J’étais suivi et harcelé dans tous mes déplacements. J’avais appris aussi que j’étais filmé dans les chambres d’hôtel que je pouvais prendre depuis plus d’un an. Je comprenais davantage ce qui se passait mais je ne voyais pas comment faire cesser la spirale haineuse que je subissais. C’est après avoir subi une dernière série de viols, dont l’un d’entre eux avait visiblement été mis en scène pour faire de moi un meurtrier, que je quittais l’Asie. Mes harceleurs me firent savoir alors qu’ils utilisaient une drogue qui ne me laissait plus l’espoir de continuer à travailler sur le continent asiatique, à moins de vivre avec le risque d’être enlevé, drogué et prostitué, ou d’avoir à tuer quelqu’un.

En définitive, j'ai postulé suite à toute cette histoire, que cette stratégie adoptée à mon encontre, venait du fait que les différentes élites d'un pays, sont de par le pouvoir dont elles disposent, relativement blasées. Ces individus sont visiblement sans cesse à la recherche de nouveaux plaisirs susceptibles de les sortir de leur ennui chronique, et une certaine marginalité s'est développée chez beaucoup d'entre eux, notamment dans la recherche de sensations toujours plus extrêmes, loin de toutes considérations morales, éthiques ou sociales. Cette tendance se banalisa avec internet. Ils m’ont aussi donné le sentiment d’avoir quelques tendances fascistes. C'est cet état de fait qui m’amena à penser, au vu des divergences d'opinions qui régnaient entre moi et mes tortionnaires, que je rencontrais absolument tous les jours depuis 4 ans, que le fascisme est transmis par l'éducation que les individus reçoivent, via un processus d'intériorisation. Je ne pense pas que ce soit une fatalité, et un contrat social pérenne suggère que tout le monde soit soumis aux même lois. Je pensais alors à la nécessité de réguler l’impunité dont bénéficie toutes ces personnalités afin d’éviter ce genre de dérives criminelles, par exemple en équipant des cellules de prison avec des ordinateurs reliés à des serveurs distants. Cela permettrait peut être de continuer à utiliser leurs compétences en cas de dérives de la part de bureaucrates, tout en constituant une nouvelle menace dissuasive de lutte contre le crime.

Ce fut difficile avant que je ne comprenne ce que j’ai subi dans toute sa globalité et, je me rends vraiment compte aujourd’hui à quel point j’ai été dupe, mais ce n’est pas ce qui me désole, car je ne suis pas le seul à l’avoir été.
Quant aux victimes de ce protocole de destruction qui m'a été appliqué, quoi qu’il ait pu leur arriver, je regrette vraiment qu’elles aient pu être malgré moi, victime de l'ennui d’une poignée d’ordures putrides de morbidité, qui n’ont pas suffisemment de valeur, pour que quiconque n'ait à braver leur perversité, leur lâcheté, leur fourberie, ou tout simplement, la médiocrité de leur existence.

Le monothéisme: ou le développement social de la perversité

En ayant conscience d’être réducteur, et même si l’on suppose que le progrès en tant que concept générique est un processus ininterrompu, on pourrait postuler que l’humanité a connu globalement 3 phases de progrès social fondamentales au cours de son histoire, par opposition aux phases de développement de modèles sociaux pervers régressifs.

A) La première période: la Grèce Antique

Si l’on englobe l’apport de connaissance de toutes les civilisations, antérieur à 700 av. J.C, la première phase de ce progrès eut lieu en occident, et fut permise par une avancée politique historique en 594 av. J.C.: l’invention de la démocratie.
Solon, Archonte -magistrat- de la Grèce Antique, insuffla à cette époque par ses poèmes un nouveau courant d’idées politiques, qui aboutit par la suite à la première constitution démocratique de l’histoire de l’humanité: la constitution de Solon.
Reprise et améliorée par Clisthène, c’est Périclés qui achèvera de faire évoluer cette constitution telle que nous la connaissons pratiquement inchangée aujourd’hui.
Ce nouveau système politique favorisa alors dés son adoption, et ce, jusqu’au troisième siècle av. J.C. -y compris dans sa forme tyrannique avec Pisistrate-, les progrès culturels et scientifiques qui étayèrent la domination occidentale dans le monde jusqu’à aujourd’hui.
Thalès, Démocrite, les Sophistes, Socrate, Platon, Aristote, Euclide, Hipparque, Archimède, Héron d’Alexandrie furent les plus célèbres représentants de ce progrès.

Parallèlement, toujours à la même époque, l’Asie voyait émerger le Taoisme, le Confusianisme et le Bouddhisme.
Cette dernière religion consacrée par le sermon de Bénarés fut également une étape importante -autant que la constitution de Solon-, de l’histoire de l’humanité, bien qu’elle se produisit cette fois en Inde. -Il faudrait voir dans quelle mesure le bouddhisme a pu influencer le coran, la bible, et la Tora-.
Ce fut en effet aux environs de 500 av.J.C., la première religion monothéiste de l’histoire de l’humanité, qui plus est démocratique, dans le sens où elle avait pour objectif de contrer le système de caste du Brahmanisme népalais.
Pour l’histoire, Bouddha fut un prince qui mena une vie raffinée à l’abri de l’adversité, jusqu’à ses 29 ans, age auquel il pratiqua l’ascétisme, et une certaine forme de stoïcisme afin de ne pas verser dans les dérives perverses des aristocrates qui l’entouraient. A sa manière, parallèlement à Solon en Grèce qui lui fut presque contemporain, il instaura peut être en Asie les prémices de la démocratie.
on notera d’hors et déjà avec la personnalité de Bouddha, que la perversité d’un individu notamment dans l’exercice qu’il fait du pouvoir, et par extension sa propagation au niveau social n’est ni un penchant naturel, ni systématique, et ne dépend que de la personnalité et de l’éducation reçu par les individus issus de l’élite.

B) La seconde période: La Renaissance

La seconde phase de progrès, après une latence de plusieurs siècles, se produisit avec la Renaissance.
A cette époque, une aspiration esthétique, scientifique, et éthique issu de l’antiquité, exalta l’intelligence, l’individualité, et le culte du héros, en réaction aux valeurs chrétiennes coercitive du Moyen-Age.
On notera que ces valeurs antiques, (culte du héros, individualisme, ou ordalie, c’est à dire la mystique du destin...), furent reprises et incorporées par les chrétiens lors de la Réforme religieuse initié par Luther, cette dernière n’ayant été qu’un retour de la coercition morale face au progrès sociaux, ces valeurs ayant été conservée définitivement ensuite lors de la Contre Réforme.

Un dictionnaire d’histoire résume cette période ainsi:
“La renaissance marque le début des temps modernes. Elle se manifeste au XVe siècle et tout au long du XVIe siècle, mais les historiens sont convenus d’en fixer le début en 1453, date de la chute de Constantinople.
La renaissance est caractérisée par ce qu’on appelle une “accélération de l’histoire” avec les découvertes maritimes, l’essor de la vie économique, plus encore celui de l’humanisme et de la renaissance artistique, enfin une crise religieuse capitale qui bouleverse les cadres médiévaux. Quoiqu’on oppose souvent cette période brillante à “l’obscurité du Moyen-Age”, les grandes découvertes furent longtemps préparées par tout le mouvement scientifique et intellectuel des deux derniers siècles du Moyen-Age.
C’est parce que les arabes ont retrouvé dans les bibliothèques d’Orient et étudié la science grecque que celle-ci a pu être transmise à l’Europe.

C’est également au cours de cette période (1453-1610) que l’autorité des souverains s’affirme, que sont posées les bases des Etats modernes européens, qu’on assiste à l’entrée en scène de la Russie et de l’empire ottoman. L’extension du monde connu, l’implantation des marchands en Afrique, en Asie et en Amérique ouvrent de nouvelles perspectives politico-économiques.”

Ainsi de nouveaux courants de pensée philosophiques, artistiques et scientifiques mirent fin à des siècles de rigorisme chrétien étouffant toute l’Europe et permirent à la créativité de s’exprimer sans entrave,:
Boccace, Pétrarque, Dance, Machiavel, Pic de la Mirandole, Erasme, Budé, Estienne de Dolet Froben, Plantin, l’Arioste, le Tasse, Thomas More, Shakespear, Melanchthon, Ronsard, Du Bellay, Rabelais, Montaigne, Descartes, Michel Servet, Ambroise Paré, Paracelse, Giotto, Brunelleschi, Ghiberti, Donatello, Fra Angelico, Lippi Filippo, Masaccio, Piero della Francesca, Botticelli, Bramante, Palladio, Raphaël, Véronèse, Titien, Tintoret, Michel-Ange, Léonard de Vinci, Copernic, Galilée, et enfin Agrippa D’Aubigné furent les personnalités marquantes et les précurseurs de ce progrès, pendant que Bartoloméo Dias, Vasco de Gama, Christophe Colomb, Vespucci, Cabral, Jacques Cartier, ou Magellan conquéraient le monde.

Note: On observera durant cette période, qu’Henri VIII, pervers notoire, tout Comme César Borgia peu avant en Italie, persécuteur de Machiavel celui-ci, est toujours décrit dans tout les ouvrages d’histoire comme un ami des humanistes et des artistes, et qu’il participa de manière positive à La Réforme.
Ce qui est nettement plus intéressant, c’est qu’à l’apparition successive du courant de la Renaissance, en Italie, puis en Angleterre, on assista avec la même simultanéité aux délires d’omnipotences perverses de ces deux monarques.
Il serait intéressant d’étudier le comportement d’autres monarques d’Europe durant cette période de mutation.
On remarquera en outre que le progrès entraîna en réaction un renforcement du conservatisme religieux, avec l’apparition des dévots et des églises protestantes et évangéliques.

C) La troisième période: le Siècle des Lumières, la révolution française, la révolution industrielle, le socialisme, le romantisme puis le positivisme.

Entre ces deux phases, le retour de valeurs traditionalistes n’entravèrent pas complètement le progrès, mais ce dernier profita alors uniquement à des élites conservatrices qui intégrèrent toutes formes d’avancées sociales.

Le siècle des lumière est marquée par l’alternance au pouvoir des tenants du progrès et des conservateurs, qui luttèrent en permanence pour le pouvoir.
Cette dernière période d’évolution progressiste consacra définitivement la domination de la raison sur la religion, en dépit du fait que chaque avancée fut réintégré par les conservateurs, afin de pouvoir réintégrer le champ social de manière central -le romantisme en est un exemple: libéral au départ, ce courant fut détourné par la suite, par les conservateurs pour devenir coercitif-
Cette lutte aboutit en définitive aux guerres européennes puis mondiales, et aux premiers génocides de masse, les conservateurs réactionnaires trouvant chez le juif, le bouc-émissaire proto-typique du rebelle socialiste, du contestataire fraternel qui plus est déicide -c’est à dire contre le monopole du pouvoir-.

Tout le monde connaît les nombreux acteurs qui firent ce siècle, et les nombreuses avancées qui eurent lieu.

D) Une nouvelle ère de progrès, une nouvelle ère de fascisme

Internet constitue une nouvelle phase de progrès sociale fondamentale. Mais les tenants d’un conservatisme coercitif sont toujours sur la scène politique mondiale, et ils ont tous reçu une éducation religieuses archaiques. Une minorité au sein de chacune de ces communautés sont d’ailleurs prêts à incarner aujourd’hui, le rôle des personnalités psychopathes perverses du siècle dernier, -Staline, Hitler, Himmler, Franco, Mussolini, Churchill, Pétain, Pol Pot, , Harding, Coolidge, Mc Carthy-, en se servant du communautarisme pour masquer le radicalisme fasciste qui les gouverne et qui leur permet de conserver ou d’accroître leur pouvoir, voir à légitimer leur crime, et pour qui l’avidité est l’unique valeur.

Note: On pourrait à ce propos se demander si ce sont les pervers qui se servent du communautarisme pour assouvir leur soif de pouvoir, ou si ce sont les religions qui valorisent la perversité pour assurer leur hégémonie communautaire. En analysant le discours et les actes de Jacques Chirac, Tony Blair, Bush, ou Berlusconi, on pourrais opter pour la première hypothèse. Cependant, il n’est pas impossible qu’une dialectique existe entre une communauté et ses membres.-

Une nouvelle mutation sociale progressiste est donc aujourd’hui en train de se produire, et à l’instar de la renaissance, certains tenants du pouvoir se marginalisent, et on peut assister à des dérives sociales au travers de l’ultra-libéralisme contemporain, et du retour à des valeurs traditionalistes réactionnaires.
on peut d’hors et déjà voir émerger
- la formation d’état policier non régulé, et la corruption ou l’oppression de la justice
- l’accroissement du pouvoir de l’armée dans la gestion des affaires politiques intérieures
- l’idée de système concentrationnaire globale, -un député européen allemand à proposé de fixer un émetteur GPS sur chaque demandeur d’emploi, en Europe, afin de prévenir la délinquance-,
- l’idée de coercition morale et culturelle forte, permettant de masquer un développement sans précédent de la perversité.
- l’idée de constitution de trusts oligopolistiques multinationaux.
- un retour non voilé d’un système de caste

Maintenant, est-ce que le monde va être dominé par les chrétiens européens, les judéo-évangélistes américains, les brahmanistes indiens, les taoistes chinois, ou les musulmans du moyen orient, c’est la question fondamentale.
Reste que cette lutte se fasse au détriment de la démocratie,

Note: Parce que la propagation sociale de la perversité peut être considérée comme l’expression de celle de la personnalité des gouvernants, le bouddhisme n’a en rien empêché son développement au sein de certaines élites à différentes époques - à l’instars du paganisme de la Grèce Antique-.
On constatera simplement que la perversité peut se développer chez un individu quelque soit sa religion. Et si les pervers apparaissent dans l'histoire,c'est qu'ils sont attirés par toutes les formes de pouvoir, afin de compenser leur impuissance sexuelle, et c’est ce phénomène qui les amène à occuper des postes où ils vont pouvoir satisfaire leur avidité, et exercer leur autorité délirante.
C’est uniquement pour cette raison que l’on retrouve souvent des pervers pathologiques à des postes hauts placés, et que la perversité dans une forme banalisée a pu socialement se développer y compris durant des périodes polythéistes.
On observera cependant que les systèmes religieux jouent un rôle fondamentale dans l’éducation des individus, et à partir de là, on peut postuler que le monothéisme en favorisant l’exercice monopolistique et coercitif du pouvoir semble davantage favoriser l’expansion de la perversité, en favorisant la formation en grand nombre de personnalités perverses pathologiques, synonyme de désastre social.

 

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