Après moi le Déluge, après le déluge Moi !

Les snipers de la démocratie s’attaquent à la France Insoumise !

15 jours à peine, après notre score décevant aux européennes, tous les journaux se gargarisent des évènements qui émaillent notre mouvement. Après le retour de la gauche plurielle version Clémentine Autain, c’est au tour du texte de remise en question de la démocratie interne et des dirigeants de la France Insoumise de faire la une.

Bien sûr que ce texte est riche de propositions et de réflexions, bien sûr qu’il avait une vocation interne, sauf qu’il a fini comme à l’accoutumée dans des mains mal intentionnées.

Je ne doute pas que nombre de signataires souhaitaient faire avancer le processus démocratique, en toute bonne foi, je les invite à réfléchir à la méthode !

Tout d’abord, si notre score aux européennes avait été de 14%, tout le monde aurait été patient pour cette remise en question et les dirigeants de la FI auraient été encensés.

Nous avons à peine 10 mois pour travailler sur les élections municipales et je ne suis pas sûr que cette nouvelle crise organisée soit bienvenue.

Je me fous de savoir que des personnalités ont signé cet appel, en fait je pense à tous les anonymes qui travaillent dans l’ombre, les petites mains et les grands cœurs qui tractent, collent et convertissent les citoyens au programme de l’avenir en commun.

Vous voulez partir et vous avez de bonnes raisons, nous le respectons mais nous attendons aussi que vous respectiez ceux qui agissent au quotidien et qui n’ont pas besoin de cette pollution gratuite.

Après moi le déluge ! et après le déluge, Moi !

Quand on prône le collectif avant tout et la démocratie, on évite précisément de s’épancher dans les médias ou de participer à des textes dont on peut craindre qu’ils ne soient exploités par les journaux.

D’ailleurs, ces journaux se jettent sur les noms les plus connus et c’est ainsi qu’ils ont cité celui de mon ami Philippe Juraver…qui avait refusé de signer ce texte ! Pas de bol pour ceux qui voulaient exploiter son nom.

Au-delà du fait que la méthode est peu scrupuleuse et révélatrice de la volonté de nuire (et non pas de construire !) de la part de ceux qui ont fait circuler ce texte, Philippe a passé deux jours à devoir se justifier et corriger les mensonges et des pratiques détestables qui ont fait les choux gras des journaux. « La FI au bord du gouffre, crise sans précédent « etc.

Nous ne sommes pas en crise parce que les journaux le décident ou parce que Charlotte Girard quitte le mouvement, même si elle a beaucoup contribué et que comme beaucoup je suis attristé de son départ.

On ne peut pas revendiquer un meilleur fonctionnement collectif en flinguant le collectif. On ne se tire pas une balle dans le pied pour se couper les ongles !

Je comprends que la verticalité de la stratégie et du fonctionnement de la FI qui nous a d’ailleurs permis de hisser Jean-Luc Mélenchon à 19,6 lors des élections présidentielles mérite réflexion, remise en question et améliorations. Mais cette verticalité, dans un mouvement d’à peine trois ans, nous a permis de nous hisser au plus haut niveau de l’opposition, n’en déplaise à tous les « fans » de la gauche rassemblée autour du libéralisme et du PS.

C’est un peu facile de hurler avec la meute pour les aphones du collectif qui n’ont pas encore trouvé leur place au soleil et qui s’égosillent dans l’ombre de leur nombril au zénith.

Jean-Luc a raison de prendre le temps pour que la poussière retombe. D’ailleurs, poussière ils sont et ils retourneront poussière.

Ainsi, en quinze jours il a eu le loisir de contempler la panique, la bêtise, l’égocentrisme et l’opportunisme politique qui se sont exprimé par voie médiatique. Je ne doute pas une seconde qu’il ait de la matière pour peaufiner la stratégie avec ceux qui ne quittent pas le navire. À 19,6, il était le meilleur tribun et le meilleur homme politique de France et à 6,3 il devient dictateur.

Je persiste à penser qu’il reste l’homme politique le plus dangereux pour Macron et ses médias qui s’acharnent toujours plus, c’est un signe qui ne trompe pas.

En attendant ce n’est pas la girouette qui décide du vent et on a du pain sur la planche pour les municipales, pour faire progresser notre mouvement autour du meilleur programme qui soit, d’autant que Jean-Luc reste de loin le président le plus crédible pour affronter la droite et la gauche de droite !

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