Les pépins de la colère

Jean Luc Mélenchon, Merci pour cette colère!

Le déchainement médiatique autour de la colère de Jean-Luc Mélenchon est pour le moins extraordinaire, comme si le plus important de cette affaire politico-judiciaire reposait sur le tempérament d’un homme politique.

Tout d’abord, je vous avoue que pour ma part j’ai été profondément touché par cette réaction d’un homme qui venait de se faire violer. Vous trouvez l’expression forte ? Je la crois adaptée.

Ceux qui se sont fait cambrioler ou perquisitionner injustement comprendront aisément que lorsque l’on vient fouiller vos photos, vos tiroirs, votre téléphone, votre ordinateur, bref votre intimité, sans raisons apparentes pour vous nuire, c’est d’une violence inouïe.

Cette perquisition, qui permet aujourd’hui d’étaler sur la place publique la vie privée du premier opposant à la politique de M. Macron est une agression politique et personnelle caractérisée, loin des procédures qui touchent tous les justiciables.

Certes tous prétendent que les députés ne sont pas au-dessus des lois, que Jean-Luc Mélenchon se croit sacré etc. Tous ces raccourcis sont servis allègrement sur un plateau par des médias qui n’ont rien à envier à la justice, en termes d’indépendance, mais nous y reviendront.

Tout d’abord, la première différence entre un citoyen qui subit une perquisition et Jean-Luc Mélenchon, c’est que la vie privée du citoyen ne fait pas la Une des journaux le lendemain, et les semaines qui suivent.

Et oui, je partage également l’idée que le caractère sacré de nos parlementaires doit être rappelé pour que les élus de la République ne soient pas livrés en pâture aux dérives autoritaires d’un pouvoir exécutif qui ne maitrise plus rien.

De plus on ne perquisitionne pas Alexandre Benalla comme on perquisitionne Jean Luc Mélenchon, c’est un fait qui pose la vraie question du caractère intouchable de M.Macron et de sa cour.

Si la campagne de Monsieur Macron n’était pas elle-même entachée d’irrégularités, si le coût exorbitant des trois mois de campagne de M. Hamon et des autres candidats sont notoires et bien plus importants que ceux de la France Insoumise, la précipitation et la violence destinée à mettre en cause Jean-Luc Mélenchon et la première force d’opposition posent forcément la question de la nature politique de cette opération dite policière.

Il ne s’agit là ni de l’affaire Pygmalion, ni de l’affaire Fillon ou encore des déboires judiciaires du Front National. Pourtant il existe un point politique commun.

Les dates choisies par le parquet et les journalistes, pour toutes ces opérations, différentes correspondent étrangement à la position élevée dans les sondages de ces différents mouvements politiques.

La différence, pour la France Insoumise, c’est que les comptes sont validés et publics et que le dossier jusqu’à preuve du contraire est vide et initié sur du vide, d’autant que Médiascope facture en dessous des prix du marché, n’en déplaise aux détracteurs.

Quand Médiapart distillait au compte-goutte, pour les uns et les autres des informations qui permettaient de dénoncer des actes répréhensibles, lorsqu’il s’agit de Jean-Luc Mélenchon, le journal, mué en « Closer », nous informe sur la nature privée de ses relations. C’est indigne, bien entendu mais cela permet de réfléchir sur la démarche politicienne qui prend le pas sur le journalisme d’investigation.

Médiapart, vient encore une fois de confirmer que les médias, même "indépendants" n’échappent pas, au dégagisme ambiant.

En fait, c’est justement mépriser les citoyens que croire que l’on peut aisément façonner l’opinion, au service du gouvernement sans en payer le prix.  

Merci à Jean-Luc Mélenchon d’avoir osé exprimer cette colère, justifiée. Et merci pour ses maladresses qui font de lui un humain, proche des français et de leur réalité, loin de ces politiques au sang-froid au service de la finance qui nous volent et qui nous agressent quotidiennement dans notre vie de citoyen avec la bénédiction de leurs cerbères médiatiques.

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