Contre la marchandisation des êtres humains

Féministes et internationalistes, nous refusons la marchandisation du corps humain et de ses produits qui frappe sur la planète avec une violence inégalée à l’égard des femmes.

Prélèvements d’ovocytes ou de sperme, maternité de substitution, ces phénomènes semblent conduire inéluctablement à une reconnaissance des contrats ayant pour objet la marchandisation du corps humain par le jeu des législations nationales ou transnationales. Que ce soit au moyen de réformes législatives, de fraude, de vides juridiques ou de batailles judiciaires, les systèmes juridiques tendent à offrir des effets juridiques à ces contrats et à anéantir les sanctions.

C'est ainsi que dans de plus en plus de pays le tourisme procréatif se substitue, quand il ne s’ajoute pas, au tourisme sexuel dont les femmes sont les premières victimes.

Ainsi des femmes exploitées, financent leurs études, subsistent ou nourrissent leurs enfants en vendant leurs ovocytes ou en portant un enfant, lorsqu’elles n’y sont pas contraintes par des organisations mafieuses ou leur entourage familial. C’est au prix de mutilations et de leur réduction à l’état de sous être humain qu’elles le font pour vivre et exposent leur santé jusqu'à leur vie. 

La maternité doit être choisie et maitrisée pour toutes les femmes du monde, il en va de la liberté des femmes, une liberté qui ne sera définitivement conquise pour les femmes que lorsqu'elle sera universelle. 

La maternité choisie implique un droit au congé maternité, au congé de naissance pour l'autre parent et au congé parental rémunéré pour chacun des deux parents. Ce droit doit être opposable à l'employeur sous peine de sanctions dont la force doit être propre à exclure toute discrimination salariale ou professionnelle a contrario de la situation subie dans tous les pays (en France une moyenne d'écart de salaire de 25%). 

La liberté des femmes dépend de l’indisponibilité, l’incessibilité du corps du corps humain et de ses produits qui sont inaliénables. Les marchés ne doivent pas être mis en mesure par les politiques de tous les Etats, de s’emparer de cette maternité et de son pendant, la fertilité des femmes.

En France, comme ailleurs, le lien entre des dispositions législatives encourageant la population à avoir recours de manière générale tant aux examens génétiques, à la procréation in vitro pour des personnes fertiles ou à la sélection des embryons consacrent le retour de l’eugénisme.

Cet eugénisme qui n’est pas mort avec le nazisme, il ressurgit et est justifié dans les discours politiques et médicaux, aux antipodes de ce que devrait être la bioéthique.

Ces dispositions conduisent ou ont pour but de conduire à l’utilisation des données génétiques, des gamètes et des embryons par les entreprises du secteur des banques et des assurances et par les entreprises du secteur de la recherche bio-médicale, notamment pharmaceutiques. 

Le capitalisme est la cause de l'exploitation des femmes et des hommes, des ressources est la cause des maux que subit l’Humanité. Le corps de l’enfant, de la femme, comme celui de l’homme ne peuvent être réduits à l'etat de chose et faire l'objet de droits de propriété.  Ils sont inaliénables, ce principe semblait acquis après les procès de Nuremberg. 

Toutes les organisations internationalistes ont leur place dans cette lutte commune contre le capitalisme et contre la marchandisation du corps humain. Il n'y a qu'elles, outil de lutte de classe, qui sauront rappeler aux Etats leurs engagements internationaux concernant la protection des droits de l’enfant, la Convention internationale des droits de l'Enfant, la répression des violences sexuelles et celle de la traite des êtres humains.

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