témoignage citoyen

Témoignage, analyse modestes mais personnels et sincères à propos de la crise mondiale COVID 19, d'une "petite main" au bord de l'implosion.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Dirigeants,

Chers Soeurs et Frères humains,

Que de souffrance à travers cette crise du COVID ! Alors qu’il y en avait déjà tant de par le

monde… Comment cela nous est-il arrivé ? C’est la question essentielle aujourd’hui, pour ne pas

recommencer, parce que nous devons nous améliorer.

 

Quand j’y réfléchis, voilà ce que je vois : il me semble distinguer trois niveaux de Vie.

 

Le premier, la base, qui est primaire, primordial, c’est le Monde. La nature : la flore et la faune

dont l’Homme fait partie. C’est l’inéluctable, c’est l’origine, le Vivant. Et l’objectif général doit être le

bien être de ce fondement, naturel dont humain.

À partir de cela s’est formé un second niveau : c’est l’organisation en société. Si de nombreuses

espèces s’organisent, une espèce, l’homme, a pris un ascendant certain (et ose penser l’avoir

définitivement pris) sur le Monde et a organisé la vie pour qu’elle lui soit plus facile et lui offre des

possibilités toujours plus grandes. Depuis des siècles et des millénaires, ce niveau n’a cessé d’évoluer

et de s’accroître en suivant plus ou moins cet objectif. Cette seconde partie reste dans la réalité :

celle de la production, celle des éléments essentiels ou plaisants pour la vie des humains, celle des

services au Vivant… Le monde naturel primaire a souvent été malmené par ce second niveau, soit par

ignorance, soit par inadvertance, soit par malveillance et intérêt égocentrique. La nature et l’homme

ont toujours souffert, mais la société a continué ses avancées en tâchant d’arriver à plus d’équité

parfois. C’est ce deuxième niveau qui est géré (ou devrait l’être) par le politique, au sens étymologique,

l’organisation de la Cité…

Un troisième niveau s’est considérablement renforcé au XXème siécle. Celui-ci n’a plus aucun

lien avec le premier, avec la base, avec la Vie. Il ne sert que le second niveau : l’organisation de la

société. Ce troisième niveau est une déviance : à partir de trouvailles géniales, souvent nécessaires à

un moment donné, en effet, pour l’organisation en société et la production nécessaire à la vie, ces

éléments se sont installés, pérennisés, se sont imposés, faisant croire qu’ils étaient la réalité. Ils sont

basés sur le pouvoir et l’argent : ce sont l’actionnariat et la bourse, la rentabilité des multinationales,

les banques, la consommation à outrance, le triomphe du « toujours plus » et une course effrénée.

Actuellement, cette poursuite chimérique se traduit par des demandes incessantes et toujours plus

exigeantes de chaque échelon sur le rang inférieur, sans réflexion de base sur le but ultime et sans

moyen. Juste des idées balancées au gré des uns et des autres, toujours dans l’urgence. Quelle

urgence ? À quel niveau se situe-t-elle ? Urgence et réflexion ne vont pas de pair… Pratique…

Ce troisième niveau, dictatorial, fait croire à son absolue nécessité : il veut s’imposer comme

s’il était la base, le primordial, le réel. Et la véritable base tend à disparaître, elle est étouffée. Le

Monde, le Vivant, déjà souvent malmené par le second niveau, nous dévoile depuis des décennies une

réalité qui fait frémir : l’avenir est sombre pour l’homme, et la destruction possible, sur la planète, de

la vie humaine. Actuellement, ce niveau de la Nature, dont l’homme fait partie se retrouve victime des

élaborations, élucubrations mentales, sans vie, du troisième niveau. Et donc forcément, l’homme, dans

sa grande majorité est lui aussi asservi. On le coupe de sa base réelle et vitale. Ce troisième niveau ne

profite qu’à quelques uns qui savent se placer et manipuler. J’ai l’innocence de penser que ceux-là

même qui le promulguent se retrouvent embastillés aussi. Toute la société lui/leur est subordonné

également et elle ne remplit plus son rôle : sa fonction d’émancipation et d’épanouissement de l’homme.

 

Avec « la crise COVID 19 », qui n’est pas la première alerte, le premier symptôme de notre

maladie mondiale, et qui risque fort d’avoir des petites soeurs ou frères au moins aussi terribles, la

pathologie mondiale s’est révélée, bruyamment, cette fois.

 

Que faire ?

Dès lors que l’on prend conscience de ces trois niveaux, ainsi décrits il est vrai, on sait quoi

faire. Dès lors, le remède est criant. On ne peut se passer de ce qui est réel, tangible et qui est la

base de toute cette construction. On ne peut se passer du niveau primal : le monde naturel dont

l’homme. La Vie dans sa multiplicité.

Par contre, on peut éradiquer ce qui n’existe pas, museler des prétentions titanesques pour les

remettre à leur place, au sein du système de Vie, à son service seulement : ce ne sont que des outils,

des phantasmes pour certains. Comme l’homme, un arbre, la terre a une essence et une existence, au

sens propre. Ce n’est pas le cas de la cotation, de la rentabilité, de la consommation avide, des billets…

La solution ? Nous la connaissons tous !

L’homme peut vouloir se croire supérieur et démiurge, mais la réalité, la nature (et sa propre

nature humaine souvent) lui rappelle sa place. Avec cette « crise du coronavirus », la nature vivante

nous a rappelé des principes, des valeurs, que nous aimons à penser humains seulement, dans notre

aveuglement anthropomorphe : la liberté, notamment de circulation, en se jouant des mesquines

frontières, l’égalité puisque chacun peut se retrouver en réanimation, et elle nous a rappelé la

fraternité, qui a repris un peu de sens ces dernières semaines.

Soyons assez intelligents et humbles pour nous ranger à ce rappel à l’ordre.

 

Le seul rôle du politique (étymologique) est d’organiser ce que j’ai nommé « le second » niveau,

la société mais dans un seul but : l’harmonie de la base : le monde naturel, dont l’homme. Nous ne

pouvons plus faire semblant de l’ignorer en ce XXIème siècle. Ce serait criminel.

Cette crise a des conséquences et il va falloir se battre encore pour reconstruire. Ce n’est pas

le tout « d’y aller » et d’épuiser encore des ressources primordiales : naturelles et humaines. Il faut

savoir où on va et pourquoi. Alors l’énergie pourra se libérer.

 

Politiquement parlant, comme presque partout, la multiplicité est le garant de la Vie.

Cependant, nul besoin d’organisations politiques comme nous les avons connues. Elles ont fait leur

temps. Elles sont malades au point que leurs actions passent plus souvent pour le peuple pour

désorganisation et propagation de la dévastation, habiletés à servir des intérêts autres que vitaux.

Mais dans notre monde naturel, il existe des associations, des gens, réels et proches du terrain,

comme toutes ces petites mains qui ont permis à notre société humaine de vivre ces quelques

semaines, malgré gachis et contradictions. Ce sont ceux-là même qui étaient récriés, sous estimés,

dévalorisés par le troisième niveau à haute rentabilité, par la Non Vie. Les gens sont des ressources.

Pourquoi pas des sortes de « conseils de sages » ? De la plus petite structure à la plus grande,

voire même une structure mondiale. Partir de la base, de la réalité, des hommes pour remonter et

permettre d’oragniser dans le respect de tous. Le Monde a une vraie richesse dans quantité de

femmes et d’hommes, dans la faune plus généralement, dans la flore, dans les éléments. Ces « sages »,

reconnus pour leurs actions bienfaisantes, pourraient être élus, pour quelques années, à tour de rôle

pour assurer une continuité, dans chaque structure de vie organisée. Il y aurait la possibilité de se

retirer et celle « d’être » retiré si les réalisations devenaient trop éloignées de l’essentiel : l’essence

du Monde, donc forcément, l’essence de l’homme.

 

Je ne suis rien, ni personne. Il me manque connaissances et compétences et je carbure aux

valeurs et à l’idéal… Sans aucun doute… Je ne suis qu’un petit colibri telle la légende. Comme beaucoup,

je me sens humainement broyée et vidée par ce système. Aujourd’hui je ne veux pas me taire et

laisser poursuivre ce cataclysme, je refuse de le continuer même par ma passivité. Chacun est

concerné : mettons-nous en route ! Réfléchissons. Réveillons notre conscience et notre énergie vitale.

 

Vive le Monde

Vivent les républiques (étymologiquement : les choses publiques)

Vivent les démocraties (le pouvoir permanent aux peuples, pas seulement au  temps

électoral médiocre…)

Claire

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