Puisque c’est le crépuscule, fermez-la, qu’on en profite en guerre. [26/31 #Inktober]

« Ce monde s’enlaidit et s’ensauvage », Finkielkraut, le 23/10. Quand, avec lui, a-t-il été ailleurs que sur cette voie funeste ? Impossible de survoler l’info sans se cogner un mec de 70 ans encore aux micros, encore à parler, encore à donner son avis depuis 50 ans. C’est notre monde, cette fois, sombre, triste, lugubre, méchant, mauvais, dark à mort, ahlàlà, affreux. Notre monde, plus le vôtre.*

Notre monde. Notre sombre monde à nous, sombre et triste génération des quadras.

 

Je crois que le taux d’irresponsabilité des grabataires de la pensée est optimal. Et je dis « grabataires » sans gérontophobie vu que je ne connais que des septuagénaires qui, eux, ont travaillé toute leur vie pour tenter de sauver la peau des générations qu’ils avaient mises au monde, au lieu de se croire les seuls à jamais prioritaires et dominants éternels. Les alphas pour toujours, en tout. Les bébés du monde qu’il faut encore choyer, torcher et écouter brailler, centre d’eux et de tout.

Nos intellectuels, et si on étend à la Culture : de même, sont dans un état de décomposition, mais ce n’est pas très récent. C’est depuis 50 ans. Tous, TOUS. TOUS. Ceux qu’ils ont laissé passer d’autres générations sont les mêmes qu’eux et déjà dans le même état qu’eux. Ils empestent, ils sont répugnants, ils sont egocentrés. Il faut que l’arrière-garde raccrochent. Le combat est déjà largement assez impossible avec leurs dauphins bornés, simplistes et dangereux.

Il y a distinctement 4 questions, dans cette affaire. Moi, j’y ai répondu, en long, en large et en travers, et encore une fois depuis le début, 1er octobre du challenge #Inktober revu par PUCK, et jusqu’à sa fin, le 31 octobre. La plus vaste, si on veut seulement en rester aux thématiques, concerne les « dates ». Le Temps. Je disais, dans le chapô, « QUAND ?», quand le monde n’a pas été fini pour les « intellectuels » français depuis 50 ans ? Si on prend cette citation qui a servi de titre à l’article (La Voix du Nord) sur le dernier bouquin ouin-ouin de Finkielkraut : « Ce monde s’enlaidit et s’ensauvage ». Okay. DEPUIS QUAND ? ET PAR RAPPORT À QUAND ? La deuxième question, c’est « POURQUOI ?». Pourquoi « ce monde s’enlaidit et s’ensauvage » ? (Et comme réponses, ce serait bien d’en donner d’autres que quelconque turfiste puisse filer avec la monnaie de son ballon.) La troisième question, c’est : « À QUOI ? » À quoi sert-il de le dire ? …EEEEEEEnnnnnnnnccccccooooore « Ce monde s’enlaidit et s’ensauvage » ? Avec cette putain d’assonance redondante ? Quatrième question c’est « ET ENSUITE ? » Demain, après-demain, l’année prochaine, dans dix ans, voire 50 ans. De quoi demain ?

 

 

Le brouillage générationnel, en France, est un cancer. Et la virtualité absolue de l’âge de Macron, qui est une résultante de cette maladie auto-immune, est le pire qui pouvait arriver : il simule une rémission, or c’est un leurre.

Cette semaine, sur Facebook, un commentaire rarissime, unique, dans un des groupes Gilets Jaunes disait : « Ce qui est gonflant avec ce mec, c’est qu’il a le même âge que nous, donc on sait qu’il est incapable pour la fonction. » C’est immense comme conscience, et la preuve d’une lecture glacée et attristée de la situation, c’est 100% vrai et 100% faux. Et pas 100% vrai « mais » 100% faux. La dernière chance des quadras est dans ce « et », s’il devient conscient, l’avenir pourrait bien rééxister. Cette génération est capable, et c’est un tour de force, de s’appuyer sur une conscience tendant à l’exhaustivité, de même en étant consciente de ne pouvoir jamais qu’y tendre.

 

Nous sommes effectivement, tous les quadras, incompétents, cruellement, en tout, professionnellement, familialement, intimement, et nous sommes la génération la plus incroyablement « encore » compétente et ultra-performante, la dernière d’une ultra-organisation qui tient du réflexe et la dernière aux bases denses et classiquement formées.

Macron ne fait partie d’aucune génération : il l’a décidé, il n’a voulu que suivre sa petite idée et faire plier tout le reste. Pendant qu’il s’amusait à ça, dans une grande comédie à laquelle il a fini par croire, faire plier, parler, fomenter, parler, détourner, parler, fuir, parler, séduire, refuir, parler, gagner, pour une seule toute petite idée, vraiment pas très intelligente, en plus, il est donc passé à côté du monde. Le monde entier sacrifié à une ambition de 2 à 6 millilitres.

 

Je [les quadras] suis lasse de me sentir humiliée et d’observer comme toute ma vie ne sert à rien, n’est plus que vide dès qu’il l’ouvre, dès qu’on parle de quoi que ce soit qu’il ait fait. C’est de la négation. Je n’existe pas, effectivement, en tant que quadragénaire, s’il doit avoir le pouvoir qu’il a. C’est 0 ou 1. Les quadras ou lui.

À sa décharge, ce n’est vraiment pas de sa faute, le pauvre. Il n’a vraiment rien fait pour en être là, rien. Il n’est qu’une extrême, extrême conséquence à un problème sans comparaison plus massif et important que lui. Il n’est que lui, loin, loin, loin, très, très loin de la première conséquence. Le souci, c’est ce « loin », justement : c’est ça qui fait que le moindre de ses mots et actes prend une ampleur incontrôlable, c’est l’éloignement entre lui/insignifiante conséquence, et la première conséquence/réalité.

Les vrais responsables sont tous ceux qui font la chaîne pour combler le vide énorme : et ils sont nombreux parce qu’il en faut une quantité invraisemblable, toutes compétences confondues, pour faire croire que cette distance n’existe pas. Je me fous de la chaîne constituée avant qu’il ait la prétention de devenir un personnage public dirigeant la société, par contre, les premiers coupables de ce cirque, les tout premiers, sont alors ceux qui ont constitué une chaîne entre le langage Macron et jusqu’au CNRLT. À l’évidence, cette chaîne n’a pu finir par exister qu’en éliminant l’un des points, ici, c’est le CNRLT.

Voici un des schémas conceptuels expliquant et décrivant l’installation d’un régime totalitaire. Chaque maillon de la chaîne ferrée seulement sur un point (toute source et toute réalité perdue, chaîne qui peut donc aussi, soudain, se mousqueter à n’importe quoi, strictement n’importe quoi) emploie tout un petit monde qui doit suivre ou plus rien. Lui-même emploie tout un petit monde, etc, etc, etc… et toute la chaîne, ensuite, doit bouger en emportant tous ceux la composant : il y a drôlement intérêt à suivre le mouvement si on ne veut pas lâcher ce qui, finalement, devient le seul point fixe et réel.

 

Qui n’a aucune idée du monde, ou celle qu’il veut qu’il soit. Il ne sait pas quel âge il a. Il ne peut pas savoir. Il ne peut se référer à rien. Il est out, et c’est démontrable en tout, absolument tout : son incompétence, son irresponsabilité, ses stratégies immatures, son langage délirant, ses attitudes : tout vient uniquement d’un caractère et d’un historique non-miscible à aucun concept sociétal qui fasse norme et loi en travers de sa propre génération. Il ne faut rien comparer de ses pensées, actions, mots, rien, rien, rien avec ce que pourrait, si elle reprenait confiance, mettre en œuvre la génération des quadragénaires, aujourd’hui. Macron n’a jamais eu et n’aura jamais la quarantaine. Il y a des amuseurs et des abuseurs dans toutes les strates d’âges, il les couvre toutes ; cette universalité est pathétiquement révélatrice de l’idiotie de ceux qui l’ont cru, donc d’un autre placement aux postes influençables d’un éventail générationnel lui-aussi non représentatif.

En dessous de cet éventail vibrant et bavard, apersonnel, ailleurs, ou poussés presque hors de la société se trouve, mais plus pour longtemps, la dernière énergie brute française.

Elle n’a pas encore agi, ni parlé, elle n’a fait, depuis toujours, que performer pour rien et subir. Elle ne sait plus du tout ce dont elle est capable, elle ne sait même plus ce qu’elle n’a jamais atteint tant, dans une tentative de survie, elle a dû se forcer à croire que ce qu’elle possédait en ce moment était ce qu’elle « méritait », ce qu’elle avait « gagné », et le maximum qu’elle puisse. Elle est trompée sur ses résultats, le qualitatif et quantitatif de ce qu’elle possède, sur son avenir, sur son rôle sociétal, sur son opinion d’elle depuis l’instant où elle est arrivée dans le monde professionnel. Elle ne savait pas qu’elle était attendue pour échouer, uniquement.

 

Elle a, grâce à la perpétuelle domination subie, (sinon, ça ne se passerait réellement pas aussi bien), une facilité correcte avec les quinquas et les trentenaires avec lesquelles elle ne partage quasiment rien, sauf quelques convictions : qui sont donc non générationnelles mais universelles, et qui peuvent largement suffire comme vecteur pour tous les thèmes, dont le pro, à condition qu’il soit activable. Les quadras forcent cette facilité, et des 3 générations se côtoyant professionnellement, ils sont les seuls à « forcer », à tenter l’osmose, à nouveau juste pour respirer.

 

Les quadras sont nés avec une succession de crise ; ils ne bougent plus, ne ressentent plus rien quand une nouvelle arrive, quand on leur fait croire qu’elle est passée. Ça va mieux, ça va plus mal : ils s’en foutent. Pour eux, rien n’a jamais bougé, rien ne s’est jamais ouvert, rien n’a jamais évolué, tout ce qui se meut dans leur vie est « désiré » positif, même sans preuve, toujours pour des raisons de survie. Les guerres, partout, sont un quotidien visuel, émotionnel, neutre pour les quadras. Ils n’en ont commencé aucune.

Ils sont la génération coupable de rien, techniquement. On ne leur a jamais laissé l’occasion de se planter, ils étaient plantés, alors qu’ils ont été élevés pour se battre (pas entre eux, contre le chômage/le destin), pour limiter impérativement le nombre d’erreur, pour être stratégiques, pluridisciplinaires, des « closers ». Ils vont bientôt porter la faute générale et nationale : c’est hors de question. Hors de question.

 

Leur échec a été désiré, sciemment construit, organisé. C’est « le » truc qu’il n’ont pas vu venir parce qu’irréprochables dans une quantité de domaines. Leur vie a démarré comme un challenge impossible à relever ; on leur a dit : il y a des millions de participants, un seul vainqueur, plais, sacrifie-toi, prends tout, ne crache sur rien, tiens le coup, ne te mets jamais en danger : car il n’y a pas de travail, il n’y a pas de travail, chômage, chômage, chômage. Les quadras n’ont jamais vu venir l’instant où les coups de fouet reçu ont cessé, ils n’ont jamais cessé, mais personne d’autre, dans la société, ne les a reçus : le monde était passé à autre chose, le monde de qui, au fait ?

 

Ils ont été élevés dans la terreur de ne jamais rien posséder : ils possèdent à peine. Ils avaient de l’ambition et les moyens de la nourrir : le monde du travail dans lequel ils ont débarqué l’a parfaitement compris. Cette génération a été l’esclave, corvéable à merci. Elle a été éreintée, cassée, brisée, x fois, mais elle n’a rien senti, rien compris. Elle a vécu ça comme une normalité. À 30 ans, cette génération arrivant à pleine puissance s’est pris un mur qui l’a explosée jusque dans son intimité, elle ne le sait pas.

Qui, dans la société, a placé ce mur ?

 

Les quadras ont un injuste problème avec leurs propres enfants, ils sont au bord de les haïr. Évidemment qu’ils les aiment inconditionnellement, mais ils en étouffent. Ils doivent se venger, et comme ils n’ont pas compris contre quoi, ni qui, ils regardent des gosses, bientôt adolescents, qui sont bien « d’eux », « eux », et qui trimballent avec arrogance leur cerveau plus vide qu’une baudruche, font étalage d’une inconnaissance absolue, se foutent de posséder la moindre compétence, sûrs de les avoir toutes, évitent de souffrir, tiennent des discours renversant de rien avec un cran stupéfiant, n’ont aucun sens de l’organisation, et pas le moindre de l’effort. Ces enfants entendent toute la journée « je n’arrête pas pour toi », « je bosse pour toi », « je n’ai pas une minute, et je te donne quand même mon temps », « à ton âge, je », « bouge-toi, travaille, arrête de te prendre pour le roi du monde, fais un effort. ». Les quadras sont si sans réalisme face à leur propre situation qu’ils ne parviennent pas à trouver où ça a pu clocher et quand, et pourquoi, avec un résultat privé : leurs enfants.

Ils restent des enfants de quadras. Le modèle qu’ils ont sous les yeux depuis leur naissance existe bien, mais il est un échec. Les enfants le savent « quelque part », les parents n’ont plus aucun, aucun, aucun moyen de se « donner en exemple » : « regarde, moi, ce que je fais. » Parce qu’il n’y a rien. Aucune preuve. Plus de 40 ans de vie acharnée à travailler et pas de pouvoir, pas de réussite, pas de preuve, nulle part, pas même, pour la majorité, matérielle.

Toutes les échelles, toutes les mesures, tout, dans la vie des quadras est faux, alors qu’ils avaient tout pour changer le monde.

Ils n’ont jamais rien eu, pas de nantis, aucun tapis rouge.

 

« Voici venir les Barbapapa / Toujours contents / Papa et Maman Barbapapa /Et leurs enfants /Les p'tits et les grands /Se transformant à volonté /Ronds ou carrés » Les quadras font regarder ça à leurs enfants, ils le regardaient. Visuellement, les quadras, tout petits, n’ont jamais eu à se poser la question du racisme, de la ségrégation, de l’incompatibilité, de l’individualisme, ni de forme, ni de couleur. « Préserver » la planète et la respecter était évident. « La pauvreté » était vaincue avec le partage et ils en avaient conscience. Ils étaient conscients d’être les forts, donc conscients qu’ils devaient aider les faibles. L’état du monde leur a été présenté sans la moindre entourloupe, sans filtre, sans bonheur, sans licornes : le monde « était ». La tolérance n’a jamais été apprise, parce que « l’égalité » non plus, elle « était ». Les quadras ont dû subir un monde fait par d’autres, subir chaque esclandre concernant la liberté, égalité, fraternité quand, eux, faisaient leur vie largement « après » cette ligne d’évidence, puisque c’était celle de départ. Ils ont dû reculer pour aller s’empêtrer dans une sorte d’éternel remise sur le tapis des gains à peine acquis. Jamais ils n’ont donc eu les moyens de travailler largement en aval d’eux.

« Reculer », c’est tout ce qu’ont fait les quadras, et ils ne le savent pas. Pour ceux qui s’en doutent, beaucoup n’ont plus la force de l’admettre. Ils regardent ce qu’ils ont à peine pu « préserver » qu’ils avaient depuis toujours et cachent les trous avec honte ou en choisissant l’inconscience, dont la superficialité subite. Certains arrivent à modifier totalement leur comportement pour échapper à l’explication de ce qu’ils ont et vivent seulement.

 

Leurs enfants ne sont pas dupes. Ils voient bien que leurs parents n’ont la main sur rien au monde. Rien. Les enfants peuvent encore croire que « le » monde soit assez peu accessible pour le modifier, mais ils voient bien que leurs parents rament pour tout, absolument tout. Dans le privé, et dès qu’ils mettent un pied dehors. Les quadras font la démonstration du soir au matin à leurs enfants qu’ils ne dominent rien et subissent tout, au point, parfois, qu’ils ne parviennent même plus, ou pas, à se battre pour leurs propres enfants. Donc ils arrivent à les mettre en danger, par défaut. Soit qu’ils les abandonnent au système, dont l’Éducation, soit qu’ils ne trouvent plus en eux le chemin d’arguments entre un sentiment-réflexe « ça déconne » « non » et « réagis, vas-y, immédiatement. »

 

Si cet état n’était pas réel et étendu à toute une génération, sauf quelques-uns qui ne sont pas comptabilisables parce qu’ils ont, de toujours, été hors des crises, hors de la performance par les connaissances, hors du combat biaisé : rien de la France, rien, rien, rien, ne serait dans cet état-là. Impossible. Une masse pareille ? Une masse aussi volontaire et compétente ? Non. Par contre, on peut croire que si la France ne s’est pas encore cassé la gueule plus bas, c’est grâce à une sorte de mortier interstitiel, partout, qui compense, qui absorbe.

Ça ne va pas durer. Pour des raisons qui n’ont STRICTEMENT rien à voir avec celles qu’on évoque concernant l’individualisme, le rien-à-foutre, mais tout avec une impuissance orchestrée, ce mortier antichoc va se désagréger. Avec tout ce qu’il subit ? Dans l’inconscience générale de sa seule présence ? De l’énormissime matière qu’il aura investie à perte pour toujours ? C’est bientôt fini. Les quadras sont prêts, dressés À LA PUNITION, à se retirer, cesse de lutter.

 

Il y a des quadras à des postes moteur, clé, de direction, très peu, et qui sont-ils ? Les quadras étaient la première génération unilatéralement montante : la différence de classe sociale, pour la première fois, avait ses limites en deçà du flot, elle serait submergée. Les professions libérales, les entrepreneurs partant de zéro, l’ambition saine, sans quota de caste. Pourquoi, alors, un ministre fait son beurre en vendant sa mère femme de ménage ? du bac à ministre, combien de fois il a vendu l’histoire de sa mère et pour faire pleurer qui ? Parce que, il faut le savoir, quand même : tous les quadras ont une mère, aussi.

Alors, qui ? Qui a trouvé que ça méritait à ce point d’être souligné, et pas seulement parce que le petit avait le bac, hein ? Mais depuis plus de 20 ans. …Ne cherchez pas, ceux qui regardent la société par le seul filtre qu’ils connaissent, leur vie, un filtre qui a 50 ans. OU par ceux qui regardent la société par le filtre d’une classe sociale, ce qui revient au même au niveau d’une inconnaissance crasse de la société, et au niveau d’un archaïsme de jugement sidérant.

 

Les conséquences de cette erreur de filtre, non-ajusté à « une autre et nouvelle » génération, L’EXACTE, JUSTE, ET ÉQUILIBRÉ RÉSULTAT DE L’HISTOIRE (elle ne s’est pas « inventée », elle « était », en tout, conséquence de causes CONNUES), sont tout simplement infinies. Et magistrale peut être ainsi l’évaluation de ce que la France a manqué d’elle en plus de 50 ans.

 

Les quadras veulent se faire croire qu’ils ont atteint un stade adulte, ce ne sont que des imagos, souffrant de leur état. « L’ADULTE » en eux n’a jamais été toléré nulle part et ils n’ont jamais pu en faire la preuve à cause de la série d’échecs qu’ils ont essuyés, du travail à leur lit, toute leur vie, qu’ils ne peuvent s’imputer. Pour éviter ces échecs, ils auraient dû, en plus du reste, s’être analysés avec une sorte de préscience de leur état, ou de suspicion limite paranoïaque, qui n’étaient pas dans leur nature, uniquement stratégiques sur le « fait » ou « l’option » ou « la projection », les 3 scientifiquement établis.

Les quadras, et même ceux qui vraiment ne captent rien aux maths, sont scientifiques. Jusque dans leur compétence littéraire, sociale, économique, leur éducation a systématiquement injecté un esprit scientifique, de la logique, de la démonstration, une grande notion de la cause/conséquence. Ils sont capables de démêler une réaction en chaîne. Ce potentiel a été inculqué à l’école au détriment du littéraire parce que la seule voie possible pour se sauver la vie future était : les sciences. Là, les meilleurs s’en sortiraient, auraient du travail. Jusqu’au bac, cette génération a été élevée à coups de science ou de ces pouvoirs quand la matière n’était pas concernée. La performance même était évaluable et perfectible.

Les quadras n’ont jamais connu, lors de leur éducation, « l’autoévaluation » dont ont été, pour leur malheur, abreuvés les trentenaires. Les quadras l’ont découvert dans leur travail, ahuris ; ensuite, en bons petits soldats, ils ont cherché ce qu’ils devaient corriger. Mais où les trentenaires savaient le présenter naturellement comme « positif » et s’arrêtaient à la reconnaissance de leurs limites, ces cons de quadras ont pris au sérieux qu’ils puissent faire mieux et d’ailleurs, avec cœur et force et une sincérité qu’ils les tueraient, ils le disaient fièrement à leur DRH, persuadés que c’est ce qu’elle (elle) souhaitait entendre. Les trentenaires font un constat, tranquilles, les quadras se font hara-kiri avec joie. Ils ont été programmés à faire mieux, à tout considérer perfectible. Ils n’ont jamais vu, ou bien trop tard, que le monde s’arrêtait bien avant leur ambition. Largement avant. Tout comme ils n’ont pas vu que les générations précédentes n’étaient jamais allées aussi loin qu’eux, en rien, nulle part, à quelconque poste.

 

Les quadras croient encore qu’il existe un « parent » supérieur quelque part puisqu’ils ont toujours été considérés « les enfants ». Ils ont immédiatement confondu « parent » et « hiérarchie » et comme ils ont dû se déplacer en crabe, professionnellement, toute leur vie, ce statut « d’enfant » a perduré et a des conséquences psychologiques qui seront difficiles à débraquer. C’est la part 100% vraie dans la remarque de ce Gilet Jaune, sur Facebook : « Ce qui est gonflant avec ce mec, c’est qu’il a le même âge que nous, donc on sait qu’il est incapable pour la fonction. » : l’impuissance « mise en œuvre » par d’autres des quadras face à tout d’eux a ruiné leur confiance.

Parce que cet état est étendu à une génération, l’insécurité, l’inquiétude, la tristesse, l’impuissance, la solitude qu’elle se procure à elle-même sont très très grandes. Les trentenaires ne se font pas confiance entre eux et ne se battront pas pour le bout de gras ; ils sont plus épargnés par leur statut qui est l’outrance de celui des quadras parce que le top départ avait de grandes variantes. Mais il va bien falloir qu’ils se rendent compte aussi qu’ils ne sont toujours pas considérés « adultes », eux non plus.

 

C’est pourquoi l’alliance entre quadras et trentenaires conscients de leurs tares générationnelles doit être effective pour la suite. Conscients. Donc non-ennemis et sans compétition. C’est primordial : ils ont tant des codes différents concernant la compétition qu’ils pourraient à nouveau rater leur objet.

 

L’épuisement réel, très grave, des quadras, parvient à leur faire oublier qu’ils ne sont sans doute qu’à la moitié de leur vie et que les années qui arrivent sont décisives pour eux et leurs enfants. Ils doivent sauver leurs enfants : ils doivent prendre le pouvoir. Ils ont été élevés pour ça, en spartiates contemporains. Ils doivent se souvenir, tant qu’il est encore temps.

Ils sont la seule génération, très nombreuse, parfaitement frontale, à, sur le papier, ne pas craindre l’état du monde, ne pas le voir comme une faillite mais un challenge et pouvoir le gérer avec un calme scientifique et avec justice. Même leur candeur, leur immaturité réelle, si elles sont admises, « conscientes », peuvent se transformer en fraîcheur, en énergie, en invention, en création, aussi. En révolution. Ils ont été, tous, tous, quel que soit leur niveau intellectuel, fabriqués pour être des locos. C’est en eux. C’est en court de démembrement, c’est même proche d’être la fin du démembrement.

 

Les quadras, c’est l’Alsthom, quand ce nom avait encore un h, comme humain. Il n’en reste bientôt plus que la honte écœurée, usée de sa tristesse et des larmes une fois par jour, solitaires. C’est monstrueux ce qui a été fait. Il s’agit finalement d’une expérience à grande échelle sur des enfants, avec une cohésion politique, une volonté politique et sociale, et pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale : la pression du monde et de son état de crise comme seul décideur.

Les quadras sont la première génération à laquelle on a demandé de se préparer pour gagner « contre l’état du monde », et aujourd’hui il faudrait qu’ils entendent des leçons d’une ado ? D’un petit coquelet au pouvoir qui n’est pas de leur race ?

 

Il faut se méfier de la tolérance des quadras. De même, ils sont arrivés bien après qu’elle ramène ses dogmes de 68, fin des années 80, en fait. C’était bien trop tard pour les quadras, leur propre tolérance avait totalement d’autres codes, non inculqués, sans lois strictes, sans dictature et sans bible à apprendre par cœur. Les quadras sont assez muets, ceci expliqué par cela, mais il ne faut pas croire une seconde qu’ils gobent tout, ni cautionnent. Ils ne suivent pas tant que ça, voire pas du tout ; ils ont choisi le retrait parce que, en fait, leur propre tolérance qui était l’évidence, et qui se basait tout entière sur le droit de comparer, n’est plus tolérée. Celle-ci donnait raison à la justice. Celle qu’on leur présente comme obligatoire aujourd’hui donne raison à la faiblesse. Ils ne peuvent intrinsèquement pas admettre ça, ni presque le comprendre. Leur demander de ralentir pour que des wagons sans loco passent ? Pour eux, c’est une ineptie, mais encore une fois : ils n’ont aucune preuve personnelle et ils n’ont aucune tribune, nulle part, où le défendre. C’est à peine s’ils en sont encore conscients. Ils le savent, mais ils ne savent plus où. Et quoi qu’il en soit : de façon pratique, partout dans leur vie, ils ont été forcés de ralentir pour laisser passer des wagons, poussés par eux.

 

Voilà comment les quadras réagissent, aujourd’hui .

Ceux qui ont viré bobos, les 2.0, tournent le dos et font un peu de pâtisserie avec des fruits secs achetés au marché. Ceux-là ne sont pas méchants, ils sont les seuls à avoir poursuivi l’entretien d’une très massive culture de base et donc à avoir notion de celle actuelle, aussi désespérément pauvre soit-elle. Ils ont les mêmes défauts que l’ensemble des quadras mais pas ceux des bobos 1.0 pour autant, parce qu’ils ont souvenir de leur sens critique, quand bien même il leur semble être le bestial en eux qu’il faut faire taire et que ça leur prend tout leur temps. Les bobos 1.0 n’ont pas de fauve à calmer. Les 2.0 si. Mais ce sont des « gentils », ils sont juste insupportables aux autres à cause de leur manifeste incohérence de comportement face à la réalité. Ils ont à l’évidence décidé de « nier » et s’en sortent. Tout le monde n’a pas les moyens financiers de cette « négation de survie. » Ils ne sont pas forcément empathiques, parce que leur statut leur permet un certain égoïsme, une sorte de petite plateforme de sécurité et ils ont compris que l’empathie en avait noyé un paquet autour d’eux.

 

Ceux qui sont pauvres, sont de loin les plus solides, de loin ceux qui se sont le moins suicidés dans leur carrière, et de loin ceux qui ont pu préserver leurs acquis. Le temps faisant, par contre, cette matière s’est bien fait aussi avoir et pour résister elle s’est systématisée, frôlant de devenir archaïsme, d’avoir un langage borné, de fonctionner avec des recettes. Étant donné que tous ces travers ne sont qu’obligation de survie, comme pour les autres quadras, et qu’ils sont nés de l’empêchement d’épanouir et de faire grandir, et s’enrichir, même si ce n’était pas sonnant et trébuchant, des compétences immenses, notamment humaines, le côté borné est rectifiable. Il y a une bonté chez les quadras, fondamentale, provenant de leur « non-apprentissage » du partage, de l’entre-aide, de la tolérance, de l’équité ou de l’égalité. Tout ça, pour eux, est presque inné tant tôt ça a été présenté.

Comme dit plus haut : les quadras commencent « après » la ligne, le temps qu’ils ne perdent pas à se réfléchir des concepts aujourd’hui étalés d’ici à Jupiter, se nomme, dans un monde idéal : l’efficacité. Donc du temps de gagner. Avec justice. Non réfléchie, elle aussi.

 

Ceux qui sont riches, évidemment, ont le choix : l’autruche et l’imitation, une autre version de la négation bobo 2.0, ou mettre à profit leur tranquillité en « s’engageant » avec les autres, de moins ou vraiment moins de moyens. La froideur des quadras, tous leurs parcours, les laissent sans utopies face à la domination de l’argent : encore une fois, ils ont été élevés pour dominer, pour gagner de l’argent. Pour eux, l’argent n’a rien de ce sujet bourgeois dont il ne faut jamais parler, surtout quand on en a. Les quadras ont une vision très vulgaire, très crue, très réaliste de l’argent. Le tabou, ils n’ont jamais eu le loisir de le connaître. Bon, d’accord, certains ont trouvé que c’était chic de ne plus en parler, mais ils se leurrent, c’est une pantomime qui est de loin plus vulgaire que d’éviter le sujet. Et s’ils croient qu’elle passe inaperçue dans certains milieux c’est qu’ils ne sont pas assez fins pour comprendre qu’on sourit avec mépris dans leur dos. Rares sont les quadras argentés qui ont une certaine classe avec l’outil « argent », mais il y en a. Les uns ou les autres ont une grande notion de qui commande, qui a le pouvoir et grâce à quoi. Combiner compétences (peu importe le compte en banque) et prise de parole (d’autant mieux entendue que le compte en banque sera rempli), sans que, puisque de deux natures distinctes, conscientes et voulues une alliance frontale, les comptes en banque se jalousent, pourrait avoir un effet révolutionnaire sur chaque élément de la vie sociale, de l’école des enfants jusqu’au respect exigeable des « alphas » de la société.

Si « tous les quadras » disaient qu’ils retirent leur gamin de l’école jusqu’à ce que l’Éducation nationale reprenne ses esprits, ils changent la France. Hé oui.

 

L’obstacle majeur, chez les quadras, depuis toujours, c’est l’état du monde qu’on leur a présenté comme justification pour les dominer. Cet état a toujours servi les alphas et le pouvoir. Mais jamais les quadras n’ont pris le temps de comprendre qu’ils n’ont jamais connu qu’un monde sombre. Sortis de leur petite enfance, si elle n’avait pas été elle-même, pas à cause du monde, mais juste de l’humain, terrible, ils n’ont jamais connu qu’un monde sombre. Il n’est pas pour eux une « énigme », mais les alphas et les pouvoirs persistent à le présenter ainsi. 50 ans d’humanité qu’ils laissent dans la nuit, sans, à chaque génération, rien de rien de rien espérer pour elle. Rien. Et surtout jamais qu’elle puisse faire évoluer quoi que ce soit.

Ce décalage incroyable entre une génération adulte et le statut d’adulte, toujours possédé par les « parents » qu’ils soient réels ou systémiques, fait que la responsabilité d’une évolution et la compétence pour la mettre en œuvre font un bond sidérant et hop, tombent sur ceux qui ont 15 ans. …D’accord. Pourquoi eux ?

C’est très simple : jamais les alphas ne les verront adultes. Ils sont la génération que le « systémique parent » n’a pas à « craindre », puisqu’il sera mort.

C’est tout. C’est aux quadras de signaler qu’ils sont vivants et qu’ils prendront les commandes avant la mort du parent systémique.

 

C’est un peu ce qu’il faut que Finkielkraut comprenne, en fait. Il chouine, il semble, encore, dans son livre, (que je ne lirai jamais, ça va, j’ai lu les autres), qu’il n’entend que « dégage ». Il a de la chance, il ne l’a entendu, finalement, qu’avec son propre nom, sous sa propre identité, avec sa propre bio, ses propres livres, ses idées (même si pas une ne mérite ce nom) signées par lui. C’est bien à lui, « Finkielkraut » qu’on dit, un « on » collégial, « dégage. » Je ne fais pas partie de ce « on » là, il est lui-même creux et sans thèse et, d’office, il va poser problème.

C’est drôlement bien, quand même, je trouve, de savoir qu’on est attaqué « soi » pour « soi », ni plus, ni moins. Les quadras n’ont jamais été « eux », mais toute leur vie, ils ont entendu « dégage », et pas sur des points très précis, pas sur des idéologies, des concepts, juste leurs compétences : « dégage avec ton ambition » « degage avec ta culture » « dégage avec ton diplôme » « dégage avec ton perfectionnisme » « dégage avec ton efficacité » « dégage avec ta bonne volonté « dégage avec tes idées » « dégage avec ton sens critique » dégage avec tes solutions » « dégage avec ta rigueur » « dégage avec ton investissement » « dégage avec ta gentillesse » « dégage avec ton empathie » « dégage avec ton analyse » « dégage avec ton opinion » « dégage avec ta maîtrise du temps » « dégage avec ton sens de l’effort » « dégage avec ton âge » « dégage avec ta volonté » « dégage pour tout, je veux vivre, je ne te laisserai pas ma place, jamais, jamais, jamais, jamais, tu vivras selon moi, toujours, et je suis prioritaire : je suis ton parent et ton enfant, à jamais. Je grandis, tu dois vieillir et on en reparlera. Plus tard. Plus tard. Plus tard. Plus tard. Au fait : dégage. »

 

Comment ça se passe, quand on est un « Finkielkraut » ? On déplore depuis 50 ans que tout ce qui a dégagé en 68 dont on a aidé, déjà, au micro, au déménagement, (on n’a pas l’air de se souvenir, mais enfin : il y a des enregistrements, et des livres, les siens, hein ? On se souvient, là ?) Et c’est tout.

Ça a l’air cool, comme job, ça s’appelle « philosophe ». Ou « intellectuel ». Pas une pensée, pas une analyse justes en 50 ans, juste un petit diplôme en philo. Et ça suffit.

 

Si le président était un quadragénaire, et là, franchement, les paragraphes vont tenir de la science-fiction puisqu’historiquement c’est impossible sans un retournement incroyable de situation : je vous jure que tout le monde le sentirait passer.

 

Ce serait un dominant, pas un roitelet comédien, il serait vrai parce qu’adepte de la preuve pas parce qu’il l’a décidé, il saurait douter parce que scientifique (ben là, pas de contre-exemple, le doute est hors du macronisme) ; il saurait déléguer dans une horizontalité de compétence au lieu de jeter à ses chiens ce qui l’ennuie ; il parlerait avec pédagogie, son discours simple et maîtrisé, efficace, pas en dégueulant un blob suivant la grammaire Macron, le bescherelle Macron, le petit Macron des noms communs. Sa culture serait avérée, testée et assez sédimentée pour lui autoriser l’argumentation au lieu d’être prostituée à une argumentation infondée. Il ne serait pas source de lui-même (au lieu de…), mais déjà conséquentiel et volontaire pour devenir la cause d’un bouleversement réfléchi. Il serait rassurant parce qu’ayant vécu, il saurait ce qu’est l’effort parce que l’ayant hautement pratiqué, et saurait reconnaître quand l’effort demandé est injuste, insensé, un stratagème. Il serait à sa tâche par compétence, il saurait qu’un homme seul n’est plus capable de vision mais qu’il fait être définitivement et à jamais un collège. Peut-être que ce président-là révolutionnerait la politique dans le pays des Droits de l’Homme. On saurait à qui on s’adresse, la confiance serait un repos. Il saurait, d’ailleurs, que la France demande à souffler avant tout. Il redonnerait au Temps sa mesure vrai, relancerait les horloges.

 

Jamais, jamais, jamais il n’utiliserait le mot de « destin ». Contrairement au président actuel, qui ne parle pas d’avenir, ni de futur, mais de « destin », toujours. Je ne sais pas, mais… Enfin, Tous les psys sont morts ou quoi ? Il va falloir le croire.

D’ailleurs, la psychologie et les quadras, ce n’est pas ça. Elle est l’apanage des quinquas qui ont eu les millennials. Les quadras, eux, je crois que c’est finalement une chance, n’ont pas été épluchés, câlinés, « autorisés », ils n’y ont pas eu « droit ». Elle a manqué comme soutien, elle a manqué pour comprendre, elle a manqué culturellement, mais au moins elle ne les aura pas encore plus affaiblis. Ils ont essayé d’aller y chercher une explication de vie, mais, même là, ils « savaient », ils ne l’ont donc pas crue, pas assez compétente, proposant trop de choix et surtout : une remise en cause. Ça irait comme ça, merci.  La psychologie, chez les quadras, est au mieux une culture acquise, un outil, pas une culture en soi.

Un quadra connaît la définition du mot destin. Il ne l’emploiera, scientifiquement, que s’il faut. Jamais en équivalent d’« avenir». Le destin, pour celui qui ne sait pas est un avenir écrit auquel on ne peut échapper. L’avenir, passe-le moi, et je te montre comment on peut y échapper à ton destin.

 

Si Finkielkraut était un philosophe, un intellectuel, un penseur même format chausse du 2, il saurait tout ce que je viens d’aligner. Et même s’il devait rejeter l’ensemble d’un « oui, bon » pour parler lui (ce qui est quand même l’essentiel) je lui demanderais d’aller rechercher la balle, et j’observerais s’il la retrouve, je pense que non. Et même s’il avait les arguments opposés, contre : …alors, on ne serait pas du tout, du tout, en France, aujourd’hui.

C’est fini, quand on en arrive là, intellectuellement : faire la preuve que mon analyse est fausse c’est faire celle de sa propre incompétence, donc c’est impossible, on est d’accord ? Moi, toute ma vie, j’ai su dire que j’avais échoué, c’était l’unique solution pour ne pas me faire emporter totalement par le lessivage permanent de ma génération, il fallait que je reste le plus hautement consciente de mon échec, et de comment, et de pourquoi. Mais un septuagénaire de quelconque pouvoir et audience ne peut pas dire, aujourd’hui, « j’ai échoué ». Parce que les questions suivantes, et je les poserais, c’est « À quoi ? » | « Pourquoi ? » | « Quand ? »

« Et ensuite ? »

 

À demain.

 

* cet article fait partie d’une série de 31 commencée le 1er octobre, dans le cadre du challenge #INKTOBER 2019, détourné par clairecros.com | puck.zone | 17SWORDS | PUCK sur YouTube

Aujourd’hui THE OFFICIAL 2019 PROMPT LIST donnait le mot :

26_DARK [avec peu ou pas de lumière | (couleur) sombre/proche du noir/nuit (bleu, nuages, chevelure) | sombre, triste, sans espoir, lugubre | mauvais, méchant, menaçant | secret/caché | (lieu/moment) le fait d’être sans lumière | crépuscule, à la nuit]

Demain :

27_ COAT [manteau | poil, laine, fourrure couvrant un animal | couche d’une matière (peinture) couvrant quelque chose | couvrir quelque chose avec une couche d’une matière particulière]

 

PUCK détourne le challenge INKTOBER 2019 © © Claire Cros | 17SWORDS

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