Les enfants : rattrapez-les tous ! [30/31 #Inktober]

Ils sont loin, les Millennials, Y et Z, séparables en niais savants sans base, linéaires heureux et en isolés sans sources, oppressés par un vide pas assez agressif pour les faire réagir. Les générations qui montent sont massacrées. Inutile d’essayer de les détacher en groupes rassurants, calculés sur l’échelle de leur consommation de pixels : c’est la fin de ces excuses d’irresponsables lâches.*

Cet article est en 2 parties indissociables, lire la première partie : La société et ses enfants volontairement blessés, endommagés, lésés [29/31 #Inktober]

 

L’économie, les réseaux, la télévision, internet, toutes les grandes masses qui ont tant passionné les plus âgés de nos penseurs complètement dépassés par elles, de toujours si simples à accuser, pouvant absorber, comme critique, le monde même, sans qu’un cil ne tombe : c’est terminé.

Nous en sommes enfin arrivés à un stade où les seuls coupables sont stupidement humains. Tous. Et parmi eux, les plus grands coupables sont l’intelligentsia, nos âgés penseurs, quiconque  de quelconque âge aura travaillé ou travaille dans la Culture et à l’Éducation. Pas d’inquiétude : à peine derrière arrive la totalité des adultes. Mais cette totalité-là, en majorité, à des immenses circonstances atténuantes.

 

Toujours, toujours, toujours, quand un sujet est abordé en accusant « toute » la société, un par un, la société niera. Rien n’est plus crispant qu’un parent aujourd’hui qui déblatère sur la brillance de ses choix concernant son enfant. Oh, mais bien sûr, évidemment qu’il ne ferait rien de rien de tout ce dont on peut accuser la sphère adulte lointainement autour d’un enfant. Mais à moins qu’il ait déscolarisé son enfant, il est coupable de négligence, de maltraitance, de privation de droits.

Toute la société, qu’elle soit parent ou grand-parent ou non, est coupable. Et comme elle est tenue ensemble par un autre tout auquel elle a délégué ses pouvoirs : l’État est évidemment coupable aussi. De négligence, de maltraitance et de privation de droits.

 

Les si cools, nés victorieux, ex-enfants-rois Millennials, ont totalement masqué dans leur épanouissement ridicule, stérile pour l’instant, qu’une partie des jeunes de cet âge vivent un mal-être sans objet. « Sans objet ». Les « Sans-objet » sont peut-être la première génération, qu’on a vaguement essayé d’accuser de vivre dans le vide genre no-life, qui vit une dépression chronique sans objet. Juste un état, que certains parviennent à ignorer, et qui va bousiller leur première vie adulte. On ne pourrait les soutenir qu’en leurs fournissant un portrait réaliste de la société. Ils le comprendraient, ils en feraient une base dans leur vide, ils s’en serviraient. Ils seraient rassurés, soulagés. Il est impossible de les regonfler avec ce qu’ils ne possèdent pas, mais détruire l’illusion dans laquelle ils évoluent, qu’ils ne comprennent pas et dans laquelle ils se sentent étrangers sans savoir pourquoi, c’est déjà écarter l’air autour d’eux, ils pourraient respirer à plein. La société les oppresse juste d’exister, c’est ignoble.

 

Les Sans-objet arrivent après des trentenaires diagnostiqués isolés et angoissés et des quadras d’une tristesse exténuée.

Les moins de 20 ans, aujourd’hui, sont en destruction. Ils sont les enfants de la première génération de l’échec tu, dans la société. Les enfants des fantômes.

 

Exposer dans quel espace épouvantable, qu’on continue d’appeler une vie, les enfants des quadras vivent, c’est directement sortir les canons contre ces quadras, particulièrement, pour les femmes, la vie est proprement un enfer. Ce n’est pas envisageable, pourtant il faut attaquer, et il faut que les adultes supportent d’être blessés. En tout cas, plutôt eux que leurs enfants.

 

Sur toute la ligne, il est trop tard pour un diagnostic de confort ; la répétition des erreurs de diagnostics, des traitements et sur-traitements, des traitements pour traiter les dommages causés par les traitements antérieurs : autant se représenter pris dans une fusillade.

 

L’éducation, quelle qu’elle soit, aujourd’hui, revient à traîner son gosse, qu’il ne marche pas encore ou ait 17 ans, sur un parcours de bonnes intentions et lui dire, « Désolé mais si tu marchais plus vite aussi ! » quand il butte, « Désolé, mais si tu regardais où tu marches aussi ! » quand sa tête se cogne à tout et n’importe quoi, « Désolé, mais tu ne pourrais pas marcher à côté de moi ! » quand dans le mouvement, il oscille, tord son bras et se retrouve adossé à l’adulte, à marcher à reculons, et chuter, pendre et tirer sur l’épaule du parent qui s’en déséquilibre. Le réflexe est alors de tirer un grand coup : on déboîte l’épaule des plus petits, la paralysie soudaine chez les plus grands est moins visible. Aux petits, on leur remet vite, ils oublieront se dit-on mort de culpabilité. Mais on n’aura pas visualisé dans son propre physique le deboîtement causé aux plus grands, il se soignera systématiquement mal.

 

Le trajet profondément débile, étape par étape, qu’a subi l’éducation normée des enfants depuis 50 ans s’est arrêté au bord de sa propre falaise il y a maintenant plus de 15 ans. C’est terminé : tous les vieux codes psycho, tous les principes : au mieux, les parents les dégainent la première année de la vie de l’enfant, peut-être deux ou trois pour les plus donneurs de leçons, qui font plier toute leur famille avec leurs grands discours, et ça s’arrête. En général, l’arrêt correspond au divorce ou à la séparation. Parce qu’autant se féliciter à deux de la façon dont on règne, de concert, sur une voie pure d’éducation, suivant les conseils de l’ONS fait les beaux jours des petits-déjeuners philo à deux balles, autant tenir quand la communication se limite presque à un post-it collé sur le gamin avant de le jeter d’une portière à l’autre, c’est plus compliqué.

 

La volonté de tenir une ligne dans l’éducation donnée est volatile, c’est moins à cause de la volonté que de la sensation rapide que c’est intenable parce que toute la société tire dans l’autre sens et que ce qu’on récupère de son enfant quand on le laisse quelques heures dehors est d’office trop loin de ses belles idées. Elles semblent passer comme à travers d’une matière poreuse alors qu’on aime répéter que les enfants sont des éponges. On dirait même qu’ils ne captent et retiennent que ce qu’ils veulent. C’est bizarre, ça, hein ?

 

Les quadras, sauf exception bobos 2.0, n’ont pas poursuivi avec la grande nunucherie de l’observation de son enfant, attendant tout de lui, et s’empêchant d’y mettre quoi que ce soit, de peur d’entraver son épanouissement. Les quadras ont rompu avec la psycho, ils n’ont pas été élevés avec, ça s’est, (là-aussi c’est très bizarre), juste arrêté à leur naissance. Massivement, il n’y a pas l’influence nette des belles idées de 68, vite résumées, (ce qui est faux mais bon), à Dolto ou à la méthode Montessori, au laissez-vivre et interdit-d’interdire. Par contre, chez les quadras, il y a, ancrés, tous les effets dévastateurs de leur différentiel avec 68 qui n’a jamais pu trouver sa victoire.

 

Chez les femmes, la colère, la revanche inconsciente, la haine de leur propre vie, de même toujours pas arrivées jusqu’à se montrer dans leur reflet ; tout travaille en sous-marin dans leur retour sur investissement, concernant leurs enfants.

 

Chez les hommes, fréquemment le taux d’incompétence est optimal. Eux ne se sortent pas de ce que leur propre éducation à fait d’eux. Les plus arrogants rejettent la faute sur leur ex, ils trouveront toujours une autre compagne pour leur dire qu’ils ont raison. Mais la maladresse, la peur, l’instructure, le manque de carrure, d’énergie, tout ce qui a désespéré les mères de leurs enfants, tout ce qui a fait que le couple devenait un plan comique pour les nerfs qui tenait jusqu’à la procréation (l’objectif stratégique) fait d’eux des pères immatures, fait d’eux autre chose que des pères, et, non, ce n’est sûrement pas « des mères » ; comme ils ont été « autre chose » qu’un compagnon, un mari, un amant, et tellement autre chose qu’ils se sont retrouvés dès le premier enfant, déprimés et mis à la porte, et soulagés de voir le paillasson à l’entrée pour la dernière fois. Un poids, un poids à gérer, pour les femmes. Un enfant plus son père, il y en a un que les mères ne pouvaient plus jeter, pour l’autre, ça a été facile.

Pour les pères, l’enfant est l’accusateur de leur insuffisance multi-sujet. Aucun réflexe, aucun bon sens, aucune rapidité à la prise de décision : perdus, totalement perdus. Rien de ce qui tenait encore jusqu’à l’accouchement ne vaut encore quelque chose, un physique, une personnalité, de la tchatche, de la culture, de l’humour, pas trop pourri au lit : rien ne sert devant un nourrisson. Les hommes quadras ont été massacrés, ils ne peuvent pas se sortir de ce massacre, et un enfant ne les aidera pas. Beaucoup abandonnent, passent en surrégime, aboient.

Personne ne dit qu’ils n’adorent pas leurs enfants, mais pour beaucoup, par pitié pour eux et pour préserver l’enfant, il faudrait qu’ils n’aient qu’à faire ça, et rien d’autre.

 

Ils passent à côté de leur paternité. Ceux qui aiment en parler avec une théorie grandiloquente sont à soupçonner les premiers d’être incompétents. Les hommes quadras avaient une tâche terrifiante : ils devaient réinventer la paternité, mais avant ça, ils devaient, au maximum de l’aberration de 68 : réinventer l’homme/mâle. La première réinvention a été un brouillon illisible, resté à l’état d’ébauche, la seconde était irréalisable. Ils n’ont pas eu le temps, ni aucune aide depuis leur naissance, pour seulement réinventer leur propre statut de mâle, face au globe entier, alors, la paternité ?

 

Ils surnagent dans un leurre, tente de se persuader ; les plus bêtes et bornés sont tout simplement dangereux pour leurs enfants. La plupart des plus doux et tendres passent de la colère au miaulement dans un grand déséquilibre, leur ligne d’éducation est en dents de scie, leur mémoire est purgée aussi vite, il leur faut trop de concentration à chaque geste, chaque mot. L’enfant, l’ado, le jeune adulte, en eux, qui n’a jamais eu la possibilité de respirer heureux à plein une seule fois, étouffe sous le poids des responsabilités, la solution est donc de les nier : par défaut, ils aimeront voir leurs enfants plus vieux qu’ils ne sont, plus indépendants, plus capables, enfin, tout, tout, tout ce qui leur épargnera de devoir se remettre en cause, réfléchir, faire un effort, prendre le temps. Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas, c’est que leurs propres muscles, cerveau compris, n’ont pas les acquis. On ne recrée pas des acquis : la société, la culture et l’éducation les ont déprogrammés. On a même réussi, pour les soulager d’eux, à leur faire croire que de tout temps, avant tout, l’homme était un sombre incapable, lâche, et que l’Histoire même n’a jamais tenu qu’aux femmes. Ils le réalisent tous les jours, de leur mère à leurs copines : elles sont effrayantes. Ils dégainent la brute dans des moments de panique. Leurs fils feront de même, en cent fois pire.

68 a créé la future violence des futurs hommes adultes, décervelée, apeurée, résultat de la bouillie culturelle et de l’insexualité.

 

De même, pas la peine d’aller chercher jusqu’à la tendance sidérante qui consiste, outre-atlantique à dire « they » « them » « their », un pluriel on dira « neutre » à un enfant en considérant qu’il a en lui les deux genres et qu’il faut lui laisser choisir duquel il se sent.

Bien avant ce délire parfait, et qui doit beaucoup à la langue même anglaise : avec sa neutralité au niveau des adjectifs, des noms communs, sauf rare exception : il se pose en France le problème de l’insexualité, la désérotisation des enfants.

Les enfants des quadras n’ont pas vraiment ces chouettes trucs freudiens, Œdipe and co, parce que les parents leur semblent, depuis la naissance, assez peu érotisés voire pas du tout, et même assez peu sexués : l’enfant ne calcule pas ça, contrairement à ce que la superpuissance de 68 a voulu faire croire à tout le monde, traumatisant les adeptes de sa secte et produisant des cinglés et pervers en série. C’est juste dans la vision des comportements : la frontalité est sans échange. L’enfant voit des masses en opposition, mais « réellement » en opposition, incompatibles, du matin au soir et pour chaque geste, chaque mot. L’érotisme d’un couple présentable à un enfant, non sexuel, donc, s’il faut préciser, se place dans la continuité et l’équilibre un geste est poursuivi par l’autre, une phrase est terminée par l’autre, un geste est anticipé par l’autre, deux actions sont produites en une, sans six réunions, 10 textos, et deux appels finaux pour valider et signer le BAT. L’osmose comportementale suffit. Tout ce que certains ont compris de cette alliance égalitaire, c’est le partage des tâches ménagères. Donc, ça vole très haut. LA pub sait mettre en scène des hommes en tablier, forcément, ils savent donner des leçons : il faut admirer, suivre, s’étonner de surprise flatteuse : ce qu’ils font est dingue, dingue. Les pubs étrangères qui montrent la même chose ont soit de l’humour, soit un naturel qui replace le produit devant, au lieu d’un nigaud. Évidemment, la pub, grande sociologue, a aussi mis les grands-pères en scène, dans la cuisine.

 

Parce qu’il n’y a pas que les mâles quadras qui n’ont pas pied : leurs propres pères ne sont pas à la fête, mais leur propre éducation les préserve de l’introspection et, souvent, leur compagne, qui, incroyablement, est souvent encore leur première femme, assure, donc ils assurent aussi. En couple, ils ont su laisser tomber, aussi, de comprendre ce qui arrivait à leur fils. Difficile pour les mères de jouer la carte de la protection. Elles s’entendent souvent bien avec toutes leurs ex-belles-filles, enfants concernés ou non, d’ailleurs.

Les grands-parents, au premier petit-enfant, se sont frappé la tête contre les murs, ils ont vite cessé, plus le temps : grand compensateur du déséquilibre institué en norme de leurs enfants, ils doutent avec eux, toute la journée, week-end compris. Entre grands-parents, ils parlent et se rendent compte qu’ils sont tous logés à la même enseigne, subissant en plus une assez remarquable ingratitude de leurs enfants. Ce qui est drôle, c’est que leur placement sociétal, joint entre deux, voire trois générations, semble ne pas être étudié. Peut-être parce que ça en dirait beaucoup trop sur l’état de la société. Ce qui est encore plus drôle, c’est que leurs enfants, tous dans le même cas, par contre, ne se voient pas comme groupe sociétal, comme si leurs difficultés n’étaient pas reconnues, peut-être parce que ça éclairerait tellement d’autres sujets dont certains ne veulent surtout pas entendre parler, peut-être parce que, tout simplement : ce n’est pas su. Ce qui est encore plus drôle, c’est que les profs et tout personnel de l’Éducation sont souvent dans la situation des fantômes quadras et voient, tous les jours le désastre se répercuter sur les enfants. Mais ils en parleraient pourquoi ? Analyser leur propre situation et le même désastre à domicile ?

 

Beaucoup, beaucoup, beaucoup, de l’inertie sociétale actuelle vient de cette paralysie, mensonge, pudeur, et surtout inconscience, non-reconnaissance, d’une situation parfaitement généralisée aux conséquences identiques et généralisées.

Toute la société fonctionnant sur le même modèle et s’en détruisant parce que toute la société n’en parle pas et que ceux qui devraient en parler pour elle sont dans le même cas de déni débordé ou ignorent totalement la situation. À se demander à quelle époque et dans quelle société ils vivent.

 

Les mères ont abandonné depuis un moment la guerre de leur première jeunesse qui consistait à se prouver et à démontrer à la société qu’elles valaient, en tout, un homme. Elles ont arrêté quand elles ont découvert qu’il n’y avait plus du tout, nulle part, l’espèce de modèle qu’elles devaient doubler et qu’elles se retrouvaient seule à soulever un frigo pendant un déménagement. Mais aussi seules à se tenir la porte pour passer, seules à tenir les comptes, seules à tenir leur maison, à prendre une décision au-delà du choix entre deux couleurs de chemises.

Les quadras ont frôlé de croire que les rôles s’étaient inversés pendant leur aveuglée course à la preuve qu’un cerveau vaut des muscles et des testicules. Mais l’histoire est allée bien plus vite qu’elles : le monde gay a explosé, les hétéros se sont engouffrés dans l’attitude gay si ce n’était leur sexualité, dans un bordel incroyable de stéréotypes, largement offensant et dégradant pour les homosexuels et les hétérosexuels. Les seconds se sont trouvés presque glorieux de se faire nommer métrosexuels. Ça n’a pas duré longtemps, les gars ont arrêté, sans doute parce que ça leur a coûté super cher, au propre, financièrement, comme moralement, en moins de 5 ans, mais le décalage est resté intégré. Une féminisation moyenne s’est insinuée, parfaitement construite, elle-aussi sur une comédie à laquelle les hommes ont cru, qui consiste à être heureux de sa faiblesse, de sa fragilité, de ses humeurs changeantes. Beaucoup de quadras ont à présent, moralement, le droit à de la versatilité, même sans avoir de règles. Pour beaucoup, ils ont oublié que leur propre cerveau n’est pas celui d’une femme.

 

Les hommes vivent leur désastre sans joie. Ils n’existent pas, nulle part. Leurs enfants ne les stigmatisent pas non plus comme la partie mâle de leurs parents, mais seulement de leurs géniteurs. L’abstraction des sexes a atteint la famille entière, à ce jeu-là. Les petits doutent, fille ? Garçon ? Ils ne situent plus personne dans un rôle, mais dans un statut : chef, pas chef, selon les tâches pratiques, et qui a le dernier mot. Souvent, même en vivant à 50/50 chez la mère et le père, « chef » ira côté mère. Les enfants ne sont pas dupes. Les restants freudiens font que les filles défendent leur père, mais ce sont des filles, elles savent qu’elles mentent. Les fils, par contre, sont illisibles, ou font varier leur détestation de neutre à rien à foutre. Le modèle est commercial, mais pas senti.

La preuve dans la pub, même elle ne parvient pas à représenter une relation père/fils. Elle a décidé de se laisser dominer par la propagande qui aura des effets monstrueux, qui consiste à ne mettre en valeur que des garçons, de tous les âges, qui se poussent, de tout d’eux, pour que les petites filles existent. Leurs compétences propres, leurs loisirs, leurs attitudes, leurs fringues, leurs jouets : il faut tout céder, tout, tout, tout, tout. Tout.

Penser ça, le mettre en œuvre, le mettre en image, le soutenir, en dégainant comme un idiot fini qu’il est nécessaire que cette égalité absolue bouche l’horizon occidental cultivé afin de soutenir les petites filles des pays qui leur refusent l’accès à l’éducation : c’est une telle erreur, c’est une telle démonstration qu’on ne sait rien du tout de la bombe sur laquelle on est soi-même assis, du tort qu’on fait aux enfants des deux sexes des pays éduqués occidentaux, c’est si lâche, si moutonnier, c’est si primitif ?

Le pire, c’est que ça n’enrayera aucun extrémisme à l’autre bout de la planète, et presqu’au contraire, car le décalage moral et une certaine culture vide, en France par exemple, aux choix indiscutablement minables, ne font que desservir quiconque se base avec confiance sur ce pays pour trouver le chemin d’une libération et d’un épanouissement féminin. Quant aux extrémismes : ça va en créer ici. C’est d’ailleurs fait. Et les victimes sont les futures femmes occidentales.

 

On dit souvent qu’il ne faut pas rater le début. Pour ceux qui au lieu d’être là à temps en ont tellement parlé qu’ils ont fini par le manquer, c’est réglé. Mais beaucoup des quadras n’ont pas enclenché le chrono avec la naissance, elle était faussée : elle-même n’était pas un début, mais une « étape ». L’ultra-insérénité de la vie des quadras, notamment celle des femmes, la pression écœurante de la société, de leur vie professionnelle, sur leur régulation privée, font que choisir d’avoir un enfant a été, avant tout, un élément d’une stratégie. Rien de fondateur, rien d’une cerise sur le gâteau, certainement pas la résultante d’un grand amour heureux. Les femmes ont, comme jamais, calculé leur grossesse. Ce bel exercice a une conséquence presque 20 ans après : le discours délirant autour de la PMA.

Presqu’aucune des quadras n’a eu le choix de son propre planning pour avoir un premier enfant. Elles se sont dit qu’elles rectifieraient ça au suivant, rares sont celles qui ont encore tenté de se doubler elles-mêmes pour un troisième. Ne jamais, jamais, imaginer qu’une femme quadra aujourd’hui ne sache pas ce qu’elle fait : elle a été élevée, programmée, dressée, à le savoir. Qu’elle n’en soit pas consciente ne fait d’elle qu’une femme, or rares sont celles dépourvue de stratégies. Elles sont impropres à la compréhension des hommes, souvent, mais comme maintenant tout le monde est à égalité, ce n’est plus un problème, ils doivent comprendre, maintenant. À moins que l’égalité ne soit que dans un sens ?

 

Que la femme quadra ne veuille plus s’avouer ses stratégies, qu’elle soit lasse à en pleurer de n’avoir pas un centième du bonheur auquel elle prétendait et ne supportent plus de seulement l’espérer encore, prête alors à se rabattre sur un n’importe quoi tel qu’il est « hors d’elle », contre nature, c’est une chose : mais elle pense et réfléchit et planifie. Et rien ne l’arrêtera. C’est la quadra. On n’en connaît, dans la société publique, que les exemplaires les moins intelligents, et de beaucoup trop de pouvoir non mérité, obtenu à coups de serpe gratuits, les acharnées, sans cœur, qui utilisent leurs facilités pour tout coucher devant elle. Ce prototype très répugnant n’a rien en commun avec 99% des quadras. Celles-ci n’ont dû coucher devant elle que toute leur fierté, leurs espérances, leurs rêves, leur énergie, leurs sourires, leur puissance aussi, et marcher dessus pour continuer à avancer. Leur fatigue vient de là, de l’obligation, pour elles, pour continuer à tenir debout, à tout sacrifier.

Dont leurs enfants.

 

Ce n’est pas activement mis en œuvre, mais c’est effectif. Tout est amalgamé : le combat qu’elles continuent de mener « dehors » et tous ceux qu’elles ont dû mener « dedans » sans jamais souffler et toujours assez seules ont créé cette habitude du « contre systématique ». On peut comprendre qu’après 20 ans à ne tout faire qu’en « contre » et souvent « contre soi », même cette quête funeste d’égalité, le recul est happé par la courroie du « régler le problème le plus efficacement et le plus vite possible ». Il y a très peu de différences entre un rythme de dingue à l’extérieur et le rythme dans le privé. La décélération est prise comme une trahison et peu importe à qui. Tout est très flou, tout se ressemble, tout est ingrat, il n’y a pas de merci. Les enfants dès la naissance sont emportés par la tourmente d’un métier sans reconnaissance, et de l’agression de la société car : tout semble agression. Il n’y a pas de lever tranquille pour aller les uns à l’école, les autres au travail : il y a un lever pour aller être bousculé, en soi, physiquement, professionnellement. C’est le jeu de la société entre elle, se secouer, pour se venger d’elle. Les enfants, en réponse, se ralentissent : le mouvement demandé est non seulement en dehors de leur compréhension mais de leur physique aussi. Ils ne peuvent pas, c’est constitutif « comprendre » la vie de leurs parents, tout le jour. Or, les parents ne font que leur reprocher cette incompréhension. Les enfants ont toujours morflé au retour à la maison de leurs parents quand les parents n’avaient pas le réflexe évident de scinder leur temps en leur présence et de ne pas leur faire participer à leur journée, pour la raison qu’ils étaient des enfants. La simple domination des parents venait aussi du mystère de leur journée. Il n’y a plus de mystère : qu’ils comprennent ou non, les enfants recueillent toute la puanteur de la journée de leurs parents et doivent aussi supporter d’en être presque fautifs. Les adultes ont tant à mâcher et remâcher de leur journée qu’ils n’ont pas le temps de demander à leurs enfants comment s’est passée la leur. L’école passe en second, l’école est sans importance, l’école n’est que l’école : elle ne fait pas souffrir.

 

Souffrir. Les quadras mesurent énormément de leur vie, de la qualité et du mérite de leur vie sur une échelle de souffrance. On ne peut pas dire pourtant qu’ils ont tous été élevés dans un catholicisme ferme, sinon, d’ailleurs, ils ne pourraient que remercier le ciel de les mettre à l’épreuve comme ça. Ce n’est pas non plus du masochisme. Par contre, pour certains, c’est du sadisme, quand ils peuvent faire souffrir l’autre, au travail. Il y a un courant sadique, professionnellement, chez les quadras, et sans la moindre intelligence. Il y a une certaine haine, dans cette génération, qui sait se déverser, acide, sur l’autre. C’est le contrecoup d’un privé en toc, d’une vie superficielle, d’un manque de fond et souvent de compétences. Les quadras sont ultra-compétents : encore une fois, gare à leurs exceptions : ils sont mieux placés dans la hiérarchie, ils mènent une vie de loisirs, ils mentent quant à leur bonheur qui sonne faux, aigre, et qui a besoin, toujours, d’un public pour l’écraser avec.

Il y a, chez les quadras, des brutes empoisonnantes, professionnellement parlant ; le tort qu’ils font les fait bander, les venge et ils sont de vraies plaque-tournante : ils distribuent dans un bâillement un cynisme ravageur. De toute façon, la société des quadras tient du jeu de domino de la vengeance inconsciente (ou non) tant la simple vie est une lutte sans répit. Aucun n’a pitié de l’autre, ce n’est plus possible.

Aucun n’a pitié n’ont plus de ses enfants.

Aucun n’a de regard pour l’autre, c’est trop insupportable, c’est comme sentir tout ce qu’il reste d’énergie être absorbé : la solitude triste reste donc la meilleure option, même à deux, à condition que l’un, souvent l’homme, ne se trouve pas terrassé par son incapacité à mettre un peu de côté sa vie de petit célibataire. « Son » temps.

 

« Je prends un peu de temps pour moi. J’y ai droit, quand même, oui ! 5 minutes ! » Le temps qui est demandé aux enfants de laisser à l’adulte n’a même pas trouvé de repos dans les séparations. La preuve qu’elles sont conséquences d’autre chose, et pas cause de la problématique interne aux lambeaux familiaux. S’il y a vraiment un 50/50, on peut croire que plus de 3, 4 jours par semaine, l’un des deux parents est libre. Mais le bénéfice de ce temps qui n’a plus qu’à être séparé en travail et en loisir n’est nulle part. Tout sera quand même à la bourre, le temps manquera de tous les côtés.

Comment un enfant peut ressentir que, qu’il soit là ou non, le temps manque ? Il est donc aussi coupable du temps manquant en son absence ? Qu’il soit là, ou non, il bouffe le temps de ses deux parents ? Comment peut-il classer ça, en lui ? C’est toujours lui qui dérange, toujours lui qui est en trop, là, ou non. Il pourrait croire que quand il n’est pas sous les yeux de l’un de ses deux parents, il est oublié. On se débarrasse de lui, on ne veut plus rien savoir, d’ailleurs, du temps qu’il aura passé ailleurs sauf pour mesurer tout ce qui n’aura pas été fait pendant ce temps-là. Et quand il revient, d’une semaine ou de quelques jours dont le parent récupérateur ne veut plus entendre parler dès lors que l’enfant a 6, 7 ans, il n’a apparemment pas le bon rythme.

Les enfants passent leur propre temps à se coordonner. C’est normal qu’ils abandonnent de le faire. C’est insensé, pour eux, de produire un tel effort sans jamais aucun retour. Eux ont compris ce que leurs parents n’ont pas réussi à mettre en place en tout une carrière d’esclaves : ralentir. Se préserver. Ne pas faire. Traîner. Les quadras si actifs ne comprennent pas, chez leurs enfants, alors qu’ils les voient se démener comme des fous furieux, leur capacité à ne pas considérer le temps qui passe. À être en retard pour tout, mal s’organiser, ne rien prévoir, être non stratégique, ne pas marcher à la récompense, abandonner de se faire bien voir.

Les enfants seraient incapables de garder leur poste, c’est presque ce que pensent leurs parents adultes.

 

Il n’y a pourtant pas de rapport malsain entre les quadras et leurs enfants. Les enfants regardent leurs parents comme ils voudraient être regardés et tôt participent aux énervements contre untel au travail, contre tel copain, telle copine. Ils sont au bord d’être les potes préférés. Ils sont les confidents. Ils conseillent. Ils ont de l’empathie, mais apprennent vite l’hypocrisie que leurs parents n’ont jamais assez pratiquée. C’est un système de survie qu’ils pratiquent tous : il faut, par foyer, qu’ils se garantissent un coin à eux et qu’on ne vienne pas les emmerder. Il ne faut pas qu’ils soient surpris à défendre une autre cause familiale que celle qui les héberge à l’instant t. Ils se dédoublent donc, et le manque de dialogue entre les parents leur permet.

Les enfants, dès sortis de la première enfance, deviennent doubles. Comme tout ce qu’ils possèdent, qui est en double, chez l’un et chez l’autre. Pendant qu’ils se construisent deux fois, ils ne se construisent pas, où sur ce qu’ils saisissent d’eux entre deux lieux. Il leur reste l’école, soit une immense plaisanterie, et les copains. À eux tous, ils font évidemment baisser le QI total au plus bas, attrapent les bêtises et les doutes de l’autre, s’échangent leurs désarroi comme de l’orgueil, évide leur vide joyeusement. Garçons et filles tous égaux font un tas d’eux-mêmes et se marrent et se donnent de grandes leçons d’une bêtise abyssale sur tout.

Leurs parents sont persuadés incroyablement qu’ils sont connectés au monde, ils connaissent à peine leurs pieds.

 

Ce n’est pas ce que la société laisse croire ? Ces beaux enfants qui pleurent pour la planète et qui s’investissent ? S’ils en sont là, c’est qu’ils sont mûrs, qu’ils ont réfléchi. Pendant le « grand débat des idées » un attardé à dit que les enfants avaient beaucoup de choses à dire et qu’il fallait les laisser parler. La semaine dernière, La marque Always a retiré le symbole féminin de ces paquets sous la pression d’avocats représentant des personnes transgenres : sous prétexte que « certaines » n’avaient pas leurs règles, il était offensant qu’il soit signalé que les serviettes hygiéniques sont pour les femmes. Chez les adolescents, dans l’instant, l’annonce a fait le tour, et ensuite, le dialogue majoritaire concernait l’affirmation qu’il n’y avait pas que les femmes qui avaient leurs règles.

Du temps des quadras, adolescents, c’est le sida qui était sujet ; eux, comme toute la planète ne parvenaient pas à savoir comment il pouvait seulement être transmis : en une journée, sur décision de l’État, les ados de l’époque ont dû tout entendre sur le rapport bucco-anal. Avec diapos. Deux heures pour halluciner, même pour ceux qui avaient déjà eu des rapports et ceux victimes d’incestes. La violence de l’irresponsabilité des adultes alors a atteint des sommets.

Les enfants des quadras n’auront pas ce choc : ils vivent avec. Ce n’est pas des claques qu’ils se prennent, depuis toujours, c’est une louche de vase, et circuler dedans c’est, pour aux, comme remuer dans des sables mouvants, c’est couler. Ils le savent, ils le sentent.

Ils ont accès à un monde de renseignements : ils n’y vont que par provocation. Ce qu’ils lisent, ils ne le comprennent pas. Ils ne savent pas comment on organise une recherche, ils veulent la réponse rassurante, et surtout : la première. Ils n’ont aucune vision de l’énormité de données derrière leurs écrans. C’est très très limité puisque c’est fonction de leurs compétences.

Les parents n’ont toujours pas séparé ces deux données : ce n’est pas parce qu’il y a tout que leurs enfants en ont conscience, ou prescience. Les enfants iront où ils peuvent, physiquement et mentalement, aller. 99,9999 % du monde que leurs parents sont persuadés qu’ils manipulent n’existent pas pour eux, et nulle part on leur enseignera.

Nulle part. Certainement pas à l’école.

 

Dans le temps que les quadras ne gèrent plus pour leurs enfants, il y a l’école. Et c’est réellement le point clé. Ils abandonnent leurs enfants à l’école. Ils font confiance à un système alors que 100% de ceux autour d’eux les tuent, alors que toute leur vie provient d’une catastrophe systémique jusque dans leur vie privée.

C’est la preuve que les quadras n’ont aucune prise sur leur propre temps, qu’ils en sont des victimes. Ils font de leurs enfants des victimes, ils ne pourront jamais se justifier de leurs actes, jamais. Comme toute la société ne pourra jamais se justifier. Mais il reste que les quadras sont, hommes et femmes, pour des raisons distinctes, des victimes.

 

On aime bien voir les enfants petits, rieurs, se tenant par la main, sagement, en rangs, on aime bien voir les ados tous pareils, un peu bêtes et creux, mais ça se rectifiera. On les voit comme ça, de loin. La société les voit comme ça. La propagande, c’est qu’ils sont engagés, qu’ils veulent se battre, pour la planète.

Ils sont tous en train de fuir leur vie, dont ils ne savent rien. Une vie éclatée sur divers plans, où ils ne sont nulle part les bienvenus, où ils ne doivent pas rester trop longtemps. Deux chez soi, et ils courent toujours le risque de se retrouver entre deux non-communications, à la rue. Le monde pour eux, n’est rien. Ils ne sont pas engagés, ils sont bourrés d’idées courtes. Toute leur vie est injustifiable, la seule raison qu’on leur donne : c’est le manque de temps.

 

Est-ce qu’un adulte, parent ou non, grand-parent ou non, n’importe quel adulte dans la société, pourrait juste faire l’effort de capter sa propre attention, s’asseoir et imaginer seulement ce qu’est la vie d’un enfant, en France, aujourd’hui ?

Il pourrait se surprendre à frémir. Parce qu’il ne pourrait projeter cette vie vers rien. Rien du tout. Aucun avenir.

Aucun avenir.

 

Les enfants fuient. Ils passent leur vie à fuir. Ils sont pourtant si statiques, semblent tout gérer, s’adaptent, mais ils fuient. Ils fuient tout ce qui les entoure et qui, plus ils grandissent, les paniquent. L’incompréhension est leur quotidien. Ne jamais être là où il faut à faire ce qu’il faut dans le bon timing : c’est tout ce qu’ils savent être.

Il y a des enfants qui s’en sortent, qui travaillent très bien, qui ont de bonnes bases, de la culture : laquelle ? Quelles bases ? Ils travaillent bien d’après quels programmes ?

Les enfants fuient la non-surveillance des parents, ils savent qu’ils ne seront jamais rattrapés. Ils gèrent eux-mêmes cette surveillance. Leurs parents leur demandent ça très tôt, d’être leurs matons, leurs censeurs, leurs coaches, leurs professeurs, le porte-parole de l’autre parent, le négociateur.

Dans la non-surveillance dans laquelle les quadras laissent leurs enfants : il y a l’école. Les adultes ne surveillent plus l’école. Ils devraient.

 

Parce que les parents des moins de 20 ans, aujourd’hui, sont déjà tous, sauf les saloperies et les bourreaux de toujours, des victimes, de chaque système, ils devraient, pour leurs enfants, avoir l’intuition que rien n’a été rectifié en 30 ans d’écart. Ils ont vécu toutes ces années, ils ont bien vu que leur vie n’a fait que décliner, d’où tirent-ils cette aberrante confiance en l’école ? Pourquoi serait-elle absoute de tout ce qui, ailleurs, n’est que broyage et acidification, désertification et non-sens ? Pourquoi, seule, devrait-elle être un havre de perfection et d’idéaux humains, bien structurés ? Qu’est-ce qui est enseigné, et comment, pour faire quoi des enfants, pour les conduire où ? Leur donner quelle culture ?

La vie seule des quadras devrait faire sonner toutes leurs alarmes. Mais elles ne sonnent plus. Pourquoi ?

Le mieux qui soit fait, qui soit transmis, qui soit construit comme environnement familial ne pourra pas échapper au rythme sociétal, néfaste pour lui-même. Mais il n’est jamais dénoncé.

Ce qu’on dénonce c’est « externe », ensuite, il y a à la vitesse de la lumière, un vide qui est passé, et on arrive à quoi ? Où ?

 

Les enfants fuient, ils sont bien meilleurs que les Pokémon d’il y a 3, 4 ans, il n’y a pas d’appli pour les rattraper, pas même au bord du vide où ils marchent presque dès la naissance.

Il faudrait seulement que tous les adultes s’arrêtent 2 minutes, oublient la « petite histoire », sachent qu’à ce jeu : tous les adultes jouent à cet instant-là aussi. Que plus personne ne cherche à dire « moi, je », ni à se rassurer, ni à ne pas se sentir concerné, ni à juger l’autre pour se croire sauvé. Et qu’ils s’imaginent, le soir, devoir faire un sac pour changer de lieu, peut-être même pas vers quelque part, peut-être qu’ils ne sauront pas où ils dorment le soir, 3, ou 4 possibilités, à eux de prévoir, et pour leur devoir aussi. Et dans deux jours, ça recommence. Et comme ça pendant 15 ans.

Il faudrait seulement que les parents refassent le compte de ce qu’ils reprochent à leur gamin et pendant ces deux minutes, se haïssent eux, se foutent la honte, tous ensemble, tous, tous, tous.

Toute la société est coupable de ne pas vouloir comprendre comment et pourquoi depuis 50 ans, chaque génération est plus détruite que l’autre. Elle est ces générations. Elle le sait. Elle le nie, parce qu’elle ne sait pas qu’elle le nie.

 

La France est une société totalitaire, son projet organisé, administrativement, déployé sur chacun de ses membres qui y met toute son énergie et tout son savoir-faire, jusqu’à se féliciter de survivre à la tâche et même de s’investir toujours plus pour être remarqué enfin, car on y sacrifie sa vie, dont on parle en famille, et dont on n’a jamais assez de temps pour le réaliser, est le massacre de ses innocents. Parce qu’ils sont impropres à la vie dans cette société.

Il n’y a plus de lettres après « Z », ce n’est pas pour rien que pour les générations après la Z la com’ ne leur a pas trouvé de nom. Alors ? Pourquoi ?

 

À demain, pour le dernier article d’#Inktober détourné par PUCK.

 

* cet article fait partie d’une série de 31 commencée le 1er octobre, dans le cadre du challenge #INKTOBER 2019, détourné par clairecros.com | puck.zone | 17SWORDS | PUCK sur YouTube

Aujourd’hui THE OFFICIAL 2019 PROMPT LIST donnait le mot :

30_CATCH [(objet) attraper/rattraper | récupérer/collecter | (voleur, fuyard) attraper | (fautif/virus) surprendre/prendre/découvrir/voir | (chose/moment/furtifs) saisir | (attention) saisir/retenir/capter | (transport) prendre/attraper | (maladie) attraper | (dans) se prendre | (début) ne pas manquer/rater | (son) capter | (non intentionnellement) frapper | être pris dans (une fusillade)]

Demain :

31_RIPE [(fruit/culture) mûr/prêt à être cueilli, récolté, moissonné | (fromage) fait | (odeur) fort/déplaisant | (âge) très avancé) | (langage) dur/grossier/abrupte]

PUCK détourne le challenge INKTOBER 2019 © © Claire Cros | 17SWORDS

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