2013 Année du serpent

Non, le serpent n'est pas mort, bien au contraire ! Il est entré dans l’univers temps le 10 février 2013 et n’en partira que le 30 janvier 2014 après avoir laissé derrière lui tout son enseignement. Le Serpent est symboliquement associé à  la culture, la réflexion, la créativité, la patience, la subtilité d'expression et d'action,  la paix intérieure, le sang froid face aux difficultés.

Quetzalcoatl © Codex Borbonicus, 16ème siècle Quetzalcoatl © Codex Borbonicus, 16ème siècle
Non, le serpent n'est pas mort, bien au contraire ! Il est entré dans l’univers temps le 10 février 2013 et n’en partira que le 30 janvier 2014 après avoir laissé derrière lui tout son enseignement. 


Le Serpent est symboliquement associé à  la culture, la réflexion, la créativité, la patience, la subtilité d'expression et d'action,  la paix intérieure, le sang froid face aux difficultés.

.

 

 

La légende dit que Bouddha invita tous les animaux à venir célébrer le Nouvel An avec lui,  douze d'entre eux ont répondu à l'invitation. Le Bouddha leur atttribua une année chacun, ainsi le cycle des douze années du zodiaque chinois fait écho aux douze mois de l'année. 

Considéré comme un être sacré en Chine et symbole du Yin, le Serpent occupe la sixième place du cycle. Il se rapproche  de notre chouette en ce sens qu'il est une icône de la sagesse et de la connaissance de soi.

Stéphane Hessel est décédé en cette année du serpent. On ne peut manquer d'établir un rapprochement entre l'héritage qu'il nous laisse et les qualités symbolisées par le serpent dans le zodiaque chinois. Or si l'on s'en refère à ce récit de la civilisation chinoise, le serpent agira tout au long de cette année et nous transmettra un peu des qualités qu'il a acquises tout au long de son cheminement, comme un lien entre les étoiles et nous. 

Stéphane Hessel, paix à sa mémoire, sera encore auprès de nous, à nous accompagner dans la reconquête de notre dignité, pendant toute cette année 2013 et même encore pour un petit bout de 2014.

En ce qui me concerne, je le découvre un peu mieux depuis son décès à travers les hommages qui lui sont rendus par les medias. Et le mot hommage n'est pas de trop lorsqu'il s'agit de parler de quelqu'un qui a réussi à transmettre simplement ce qui nous alourdit chaque jour : la perte de notre dignité.



Cette importance que l'on doit accorder à notre dignité, je la retrouve dans le texte de théâtre que j'apprends en ce moment. Dans la pièce de Rémi de Vos, Cassé, parue chez Acte-Sud en 2012, on m'a attribué le rôle de Jean-Bernard, délégué syndical. Dans l'extrait ci-dessous, il s'adresse à Frédéric, ingénieur chez Prodex, une société de fabrication d'appareils électro-ménager en redressement. Frédéric est ingénieur en informatique et on ne lui donne plus rien à faire, alors il sort les poubelles. Sa femme Christine a été licenciée depuis peu.

Jean-Bernard : ... Je parle de la façon dont sont traités les gens.

Christine : Mal. Ils sont très mal traités.

Jean-Bernard : Absolument ! Je te parle de dignité, Frédéric. La dignité c'est quoi Frédéric ? C'et savoir qu'il existe une ligne rouge et que tu ne la franchiras pas.

Christine : La ligne rouge, voilà !

Jean-Bernard : jamais ! Jamais, tu m'entends ? La ligne rouge, plus tu t'en approches et plus la dignité diminue! La ligne, il faut la tenir très loin de soi ! Le plus loin possible ! Le mieux, c'est de ne jamais la voir !

Frédéric : Jean-Bernard, tu peux me dire où tu veux en venir ?

Jean-Bernard : Où es-ta dignité, Frédéric ? Ta dignité, elle est où ?





Cette ligne rouge, nous la voyons franchie de plus en plus souvent, et chaque fois, qu'elle l'est, nous souffrons dans notre co-responsabilité humaine. Je souffre comme d'autres dans de ce club de voir cette ligne franchie dans un blog hébergé par mon media favori. Je souffre quand Lucas Martin franchit cette ligne rouge en se réjouissant de la mort du serpent le jour de la mort de Stéphane Hessel. Je souffre qu'on puisse se réjouir de la mort de quelqu'un, je souffre quand ce quelqu'un est celui qui a trouvé les mots pour exprimer le besoin de s'indigner et je m'indigne ! Je m'indigne aussi que le blog dont il est question s'intitule Les mots du cœur. Je m'indigne parce que c'est un détournement du sens du mot cœur.

Je m'indigne de la diffamation dont Stéphane Hessel y est l'objet alors qu'il est dans un état, sacralisé par toutes les civilisations, de cette mutation de l'être qu'est la mort. Je m'indigne que cette ligne rouge soit franchie si près d'un espace d'expression libre. Je m'indigne que le cadre posé par le droit à la libre expression, qui interdit la diffamation et l'insulte, ne soit pas saisi pour imposer une suspension de publication, comme le permet la loi française.



Je m'indigne parce qu'il me semble que dans tous les abonnés de ce media, certains doivent être avocats et doivent savoir comment s'y prendre pour porter plainte contre Lucas Martin pour diffamation et injure.



Mais je reste sereine car je sais que le serpent est loin d'ête mort, en cette année 2013. Je suis sereine car je sais que la vie terrestre de ceux qui sont partie reste vivante dans ceux qui restent. Et ils sont nombreux ceux qui, en cette année du serpent d'eau, vont trouver dans leur souffle l'anima de Monsieur Hessel.

Paix à votre âme, Monsieur Hessel, votre vie nous est un bel exemple de sang froid face aux difficultés, une belle leçon de subtilité et votre esprit de tolérance ne cessera de nous habiter quelles que soient la perversité des pièges qui nous seront tendus dans l'affirmation de la nécessité de marcher dans votre parole.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.