De Vénus au Boson de Higgs

   Hier matin, le mardi 20 juin, mon kiné m' a parlé du projet Venus, une Utopie plutôt sympathique en ce sens qu'elle consiste à créer une société sans échanges monétaires, on dirait couramment sans argent. 

   

 © Gilles Walusisnski © Gilles Walusisnski

Hier matin, le mardi 20 juin, mon kiné m' a parlé du projet Venus, une Utopie plutôt sympathique en ce sens qu'elle consiste à créer une société sans échanges monétaires, on dirait couramment sans argent.

 

Depuis que je vis des synchronicités, je fais attention au sens des mots que j'écris. Sans argent, peut aussi signifier,dans mon état d'esprit actuel, m’entraînerait à penser « sans le minerai argentt » alors que ce n'est pas cela dont il semble être question.

 

Le projet consiste également en un développement technologique s'appuyant au départ sur un état des lieux des ressources disponibles pour un développement durable. Pas mal... Mon kiné est aussi un sourcier. Je l'ai appris car il m'interrogeait sur mes sensations : j'ai bien été obligée de lui  expliquer que c'était pour moi un sujet difficile à verbaliser en quelques mots. je lui ai parlé de ces perceptions d'émotions ou de sentiments, plus précisément d'intentions, qui me parvenaient parfois en même temps qu'un courriel. Je n'ai pas regretté ma sincérité ; il m'a en retour confié qu'il avait le don de sentir les sources.

Ce jour-là, je suis amusée de lui indiquer le lieu de ma promenade de la veille, nous somme allés à la fontaine de Jouvence, aux sources de la Seine et avons approché celles de l'Ignon. Tout en recevant le massage d'un muscle très douloureux, je perçois la détresse du jeune sourcier à qui j'apprends que la Seine n'est en ce moment qu'un minuscule filet d'eau... Il est désolé et laisse filtrer sa désolation d'entendre depuis tout jeune la nécessité, l'urgence de ne plus couper d'arbres... et de voir que l'on continue en Amazonie ou ailleurs à détruire les écosystèmes générateurs de pluie.

 

Je comprends son sentiment, j'en ai les larmes aux yeux. Comme tant d'autres, je suis atterrée. C'est le mot.

 

Amère et atterrée.

 

En cherchant du paratexte sur le projet Venus, je découvre une critique modératrice... sur Agora. L'article parle de la synchronicité et m'apprend qu'elle a été conceptualisée par Jung. Moi qui pensais avoir inventé quelque chose... en fait, je suis plutôt ravie de savoir que mes libres pensées m'amènent en ds points déjà visités par des grands, critiquables par ailleurs ou non. Je cherche à en savoir plus, et je tombe un site d'un physicien chercheur au CNRS, Philippe Guillemant, celui-ci développe la théorie de la double causalité, la TDC...

 

La théorie de la double causalité me parle vraiment : elle repose sur deux postulats :

  • le libre-arbitre

  • l'omniprésence du futur : l'univers est déjà réalisé – partiellement- dans notre futur, selon des versions multiples permettant à notre destin de changer.

     

 

Le libre-arbitre

Dans ma forêt de symboles, le libre arbitre résonne avec la grâce. Je l'ai découvert chez Pascal avec la notion de grâce efficace. Deux mots que j'aime et dont la proximité est rare.

 

 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski

Je cherche à préciser cette notion de grâce en consultant l'article « Grâce » sur Wikipedia, l'encyclopédie libre.

Un certain « Pélage prétendait que l'homme pouvait, par son seul libre arbitre, s'abstenir du péché, et niait en particulier la nécessité de la grâce. Contre lui Augustin défendait la position adoptée ensuite par l'Eglise Catholique, soit que la grâce divine était proposée à tout homme mais que chaque individu pouvait l'accepter ou la refuser.

Ainsi c'est le libre arbitre qui donnerait à la grâce son efficacité. Et combien de libre arbitres ajoutés les uns aux autres nous faudra-t-il pour sauver notre terre de la folie destructrice des hommes ?

Cette acception uniquement théologale de la grâce ne me plaît pas, il y manque la grâce qui va avec l'adjectif grâcieux, gracile... il y manque la religion.

 

Pour moi la religion, c'est ce qui relie. Non pas ce qu'on veut me faire croire, ou dé-croire, mais simplement les liens sous toutes leurs formes. Religion a deux origines : relegare, relier et religere, cueillir avec attention, avec soin. Or il se trouve qu'à notre époque ce lien est de plus en plus électro-magnétique.

 

La double causalité

L'omniprésence du futur : l'univers est déjà réalisé – partiellement- dans notre futur, selon des versions multiples permettant à notre destin de changer.

Cette idée-là, je l'ai en moi. Je l'ai déjà rêvée, je l'ai vécue plusieurs fois et depuis que nous sommes entrés dans l'année du dragon d'eau, j'ai des portes qui s'ouvrent d'un temps à un autre, d'un lieu à l'autre, des messages qui me tombent du ciel au moment où je cherche à exprimer des émotions... des passages entre des êtres en des lieux anciens retrouvés, des échos incessants et bouleversants.

 

 © Gilles Walusinski © Gilles Walusinski
 

Je me promène le long d'un petit ru courant à travers un bois avec mon ami de coeur, je pense à l'énergie qui vient des arbres. C'est Henri Vincenot qui m'a appris l'énergie sylvestre (j'ai longtemps habité le presbytère appartenant au châtelain de son village , et j'ai lu une bonne partie de son œuvre avec intérêt, respect, attention et curiosité). Il fait appel à l'arbre pour se ressourcer dans les moments de grandes fatigues :

« Si jamais tu es patraque, me disait le grand-père Sandrot, mets-toi le dos contre un beau chêne de futaie (chêne sauvage qui a poussé tout seul) ou un « moderne » de belle venue (chêne qui a été planté). Colle-toi les talons, les fesses, le dos et le « creuteu » (la partie postérieure du crane, l'occiput) contre le tronc, tourné vers le sud, la paume des mains bien à plat sur l'écorce, et restes-y aussi longtemps que tu pourras…une heure, si tu en a la patience : Guari ! Regonflé à péter que tu seras ! Regonflé de quoi ? Regonflé de vie, garçon ! Et c'est facile à comprendre : l'arbre suce sa vie dans la terre, ça remonte par ses racines et par son tronc, et il la suce aussi dans le ciel par ses feuilles, et ça descend par ses branches. Ca circule dans les deux sens, tu comprends ? Et toi tu te requinques au passage ! C'est comme ça qu'ils se regôgnaient nos anciens »(La billebaude).

C'est aussi une pratique issue du tao te king.

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Plus loin, le ruisselet cascade en filet, je remonte le chemin de sable qui le longe, je pose mes lunettes de soleil pour une ablution matinale. L'eau est fraîche. Un pied de chaque côté du ruisselet, je me penche vers l'eau, mes deux mains en coupe, je place mon visage dans sa douce fraîcheur, j'aime son odeur. Je prends de l'eau dans le creux de ma paume, et j'en approche mon œil fermé ; quand je sens à travers ma paupière l'eau tout autour, j'ouvre mon œil ; je procède de même pour chaque œil  je n'avais pas nettoyé depuis longtemps mes yeux dans une eau de source. Celle-ci, c'est celle de La fontaine de Jouvence. J'aime à répéter ce nom. Je me rappelle les contes fantastiques qui l'évoquent.

Nous parvenons au sommet, à la dite Fontaine, l'endroit fait l'objet d'une construction sans grand intérêt. Je n'ai pas envie de la voir de près. Mon ami me propose un banc. En l'approchant, j'y découvre un message gravé au couteau : « Je t'aime ; tu es mon grand frère ». Nous nous asseyons, frère et sœur, sur ce banc, amis des arbres aux multiples qui nous accueillent... 

Pourquoi chercher à parler quand tout s'écrit autour de soi ; les arbres m' »observent avec des regards familiers » et leurs paroles sont limpides... Que puis-je faire d'autre que témoigner ?

 

L'omniprésence du futur : l'univers est déjà réalisé – partiellement- dans notre futur, selon des versions multiples permettant à notre destin de changer

Je comprends cette phrase, c'est une de mes rêveries les plus achevées, déjà ancienne. Je roulais sur la petite route qui me ramenait de mon lieu de travail at home ; 40 kilomètres ; les mêmes le matin, les mêmes le soir, dans l'autre sens ; une petite routine installée dans mes circuits internes qui ne requérait qu'une part de mon attention et laissait mon esprit entièrement libre de ses vagabondages et jonglages. Au demeurant, j'ai toujours de belles rêveries au volant, en me demandant souvent si ce mouvement différent interfère sur mon espace temps créant d'autres champs magnétiques, sortes de hors champ dans la perception.

 

Ce jour-là, je me souviens précisément de l'endroit où je me trouvais ; je venais de traverser la route nationale pour rejoindre la départementale, j’arrivais bientôt à la hauteur de Saint-Thibault un village qui abrite une curieuse église avec une abside très haute et pas de bas côté, une sorte de brouillon ou de monument inachevé. Je rêvais de la vie, j'étais à cette époque très préoccupée par les phénomènes de cause et de conséquence car je venais d'entreprendre une psychanalyse suite à un besoin d'éclaircissement sur ma part de responsabilité dans les événements récents qu'il m'avait été donné de vivre. Et ce cheminement me renvoyait violemment des phénomènes immédiats de boomerang de mes actes à tel point que je n'avais d'autre choix que de voir la vie comme un immense jeu de balles de cause à conséquence. J'en étais paralysée de mes moindres paroles, moindres gestes et me tenait coite. Cet état intérieur me fragilisait et j'étais une proie facile pour les amuseurs de galerie aux dépends de. Je me tenais donc encore plus coite, terrée derrière mon sourire.

 

La route me procurait par son paysage beau et familier des sensations apaisantes comme un long ruban qui se déplie de creux de vallons en rives de l'eau des ruisseaux, sautant sur un pont, virant d'un bord en angle fermé puis s'étirant en une ligne droite bordée de saules, longeant le canal miroitant le ciel... Est-ce ce mouvement de la route qui m'amena à l'image de ces jeux de dominos dressés sur leur tranche pour mieux s'entraîner dans une chute calculée ou bien est-ce les ponts franchis sur le canal ? Je voyais nos vies comme des chemins de dalles ou plutôt des plateaux de balance pouvant à chaque instant s'élever ou s'abaisser ou rester sur place pour se retrouver sur un autre monde exactement semblable ou parallèle et rencontrant alors un autre chemin d'une autre personne ou un autre événement qui aurait été rêvé et ne prendrait corps à ce moment-là que parce que la somme de toutes ces rêveries ou aspirations aurait pesé de tout le poids de ses émotions positives ou négatives pour pencher d'un côté d'un monde ou de l'autre et mettre en relation une nouvelle réalité : je comprenais ainsi le hasard … Dès lors, je m'attachais à comprendre pourquoi et comment faire pencher la balance vers ce qui me semblait être bon.

 

L'intentionnalité

La théorie de la double causalité s'appuie également sur l'intentionnalité, ce qui rejoint en pédagogie, l'effet Pygmalion (parfois nommé effet Rosenthal). L'effet Pygmalion est une prophétie autoréalisatrice qui consiste à influencer l'évolution d'un élève par le regard positif ou négatif posé sur son devenir scolaire.

Rosenthal choisit, pour son expérience, une école d'un quartier déshérité. Il se présente sous une fausse identité et fait passer des tests de QI à l’ensemble des élèves, puis il s’arrange pour que les enseignants soient informés des résultats en prétextant une erreur de transmission de courrier. Ces résultats sont des notes distribuées aléatoirement. Vingt pour cent des élèves reçoivent un résultat surévalué. À la fin de l'année, Rosenthal fait repasser le même test aux élèves : 20 % ont amélioré de 5 à plus de 25 points leurs performances réelles au test d’intelligence grâce au regard porté sur eux.

 

Dans la théorie de la double causalité, l'intervention de chaque observateur intervient dans le futur par son intentionnalité. L'esprit agit sur la matière.

 

L'idée me semble intéressante et ma rêverie me ramène à l'eau.... Ce jour-là, mon kiné me parle de la mémoire de l'eau. Je trouve que c'est étonnant. Nous sommes d'accord pour une ouverture d'esprit vigilante... S'informer et garder son libre arbitre. Certaines notions émergent à plusieurs endroits en même temps de curieuse façon. 

Je sors de chez le kiné et rejoins mon lieu de travail. Nous parlons de ces enfants pour qui rien n'est grave depuis qu'ils ont vécu un événement particulièrement difficile. Nous plaisantons, nous qualifiant nous mêmes de miraculés : pour nous non plus, rien n'est grave. Je déchire alors l'enveloppe plastifiée translucide qui protège le Journal des enfants: la une est entièrement consacrée au Gange. Celui -ci est menacé par la création d'un barrage. Mon collègue d'histoire -géographique m'apprend que les sources du Brahmapoutre auraient  été détournées, mettant le fleuve en danger. Si ! certaines choses sont graves : celles-ci !

Peut-on créer une fondation mondiale pour sauver les fleuves et ruisseaux en voie de disparition ?

 

Post-scriptum :

Alors que je termine la rédaction de ce texte, j'apprends que les physiciens du CERN ont trouvé le boson qu'ils cherchent depuis si longtemps. Je me demande si cette découverte a une incidence sur les mondes parallèles... sur l'anti-matière, je crois que oui. D'après mes souvenirs de science-fiction, l'anti-matière permettrait de créer des anti-forces agissantes, une sorte d'art martial appliqué à la mécanique. Retourner l'énergie de l'autre contre lui-même : si on peut retourner la vitesse de la lumière contre elle-même, à nous les voyages intergalactiques !

Plus sérieusement, je ne peux m'empêcher de penser que tous ces moyens mis en oeuvre, autant de personnes réunies pour vérifier la prédiction (c'est le mot scientifique: une découverte est prédite puis elle est vérifiée) de Higgs ne pouvaient que mener à la découverte de l'objet de leur quête. Tant mieux ! Je suis sincèrement très heureuse pour lui et ceux qui l'entourent et regrette d'avoir choisi une voie qui ne me permet pas de comprendre l'importance de cette découverte. A moins que j'aie en fait choisi de refuser l'orientation scientifique qu'on me proposait dans le passé aujourd'hui même, en découvrant timidement combien la recherche scientifique délaissait  l'urgence planétaire.

Ceci dit, en cueillant mes groseilles ce soir, je me disais aussi que c'était assez  confortable de savoir jusque dans mon infiniment petit que je ne tomberais pas dans l'espace. Alors c'est définitif ? On tient vraiment au sol ? Oui, je sais. Je suis  un peu à la masse ...

 

 


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