Le bonheur ? Il est là

Il lève le regard au moment où l'on se décide à ouvrir le livret trimballé depuis longtemps avec soi. On retrouve avec plaisir sa couverture. Dehors, le gris du ciel s’est déchiré. Une douce lumière baigne les feuillages dorés.

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Il lève le regard au moment où l'on se décide à ouvrir le livret trimballé depuis longtemps avec soi. On retrouve avec plaisir sa couverture. Dehors, le gris du ciel s’est déchiré. Une douce lumière baigne les feuillages dorés. Le bonheur prend vie. Il s’ouvre dans un texte de Leïla Sebbar écrit au printemps 2020 : « Je crois au bonheur à venir, après l’asphyxie, la résignation, le désespoir qui ont tué tant de harraga dans les flots de notre méditerranée. »

On respire. Il scintille. C’est une des « Etoiles d’encre ». La dernière publiée par la revue de femmes en méditerranée.  Il se vit sans majuscules.

Il grandit dans une nouvelle, un poème, un simple texte. Il éclabousse un front de mer, sourit d’un frémissement sensuel, illumine une carotte dans une petite cuisine aux murs taillés dans le damier.

On en fait partie. On est avec et l'on fait connaissance avec nos compagnes de route.

Elles se souviennent, célèbrent, racontent : les pensées qu’on accroche sur la corde avec le linge qu’on étend, le lent travail ingrat de l’employée, pas bête à l’école mais trop lente, l’amour aussi, « tu sais chérie » …

Le bonheur vit d’une parole prise, conquise, née d’une crise, par une quarantaine de femmes. Souvent c’est leur première empreinte sur la page blanche.

On n'aurait jamais pensé être un jour dans un tel groupe. Et puis voilà, c'est arrivé. C'est surprenant et beau ce sentiment d’être ensemble dans les tempêtes.

On le comprend : ces apparentes indestructibles barrières entre nous dressées sont artificielles. Il est là le bonheur.   

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