Mathématique à géométrie sociable

Thé bergamote et biscotte recouverte d'une belle couche de gelée de mûres.

Il a neigé. La lumière est plus blanche, tous ces cristaux qui nous entourent, comme une multitude de ... ? comme un gros tricot.

En fait, je viens de le découvrir, le cristal est un étrange tricot, ses mailles cristallines sont des enchaînements  par troncature et symétrie de leur forme de départ, une paramécie qui évoluerait par miroirs… Trop compliqué, risque d'avalanche dans mon billet samedical...

Et puis, je ne tricote plus, je jongle, avec les chiffres. J'arpente la semaine avec ma corde à 7 noeuds, un par jour ..

Le premier, c'est dimanche, jour zéro, jour repos, zone tampon entre deux turbulences ; ceinture attachée cependant sur ma route de villages, de champs contre champs. Le regard  à la buse, mon attention cesse de flotter pour se fixer sur la voix qui sort des hauts-parleurs encastrés dans les portières, il y est question de réflexion sur l'écocide et surtout sur une loi permettant d'en faire un crime contre l'environnement , plus grave que celui contre l'humanité, qui serait sanctionné par une cour pénale internationale et replacerait ainsi l'homme à sa place : un égale un.

Lundi, c'est lundi, l'assemblée est en gros bazar,  on revisite la future collection des articles de mariage. On statue sur le nom. Et je commence à trouver de l'intérêt au sujet qui ne me passionnait guère jusqu'à présent. Et dans ce marathon du comment marie-t-on, c'est lui, du même nom,  qui porte le  flambeau, qui lutte contre une révolution qui avance masquée.

Ah ? Révolution ? Pourquoi donc ? Explication du journaliste : l'article 2 du projet, concerne la dévolution du nom de famille : en cas de désaccord ou d'absence de choix des parents, les noms de chacun d'eux, accolés dans l'ordre alphabétique, seront donnés à l'enfant, alors qu'actuellement c'est le nom du père qui est attribué. Excellent, finalement, ce mariage pour tous, il aura fallu que deux hommes puissent se marier pour sortir de la patronymie toute puissante.  Terminé le "je pose deux et je retiens un"  : deux égalent deux.

Mardi, c'est Grain de Sel qui m'explique les addictions soustractives, je donne plus, alors que je retiens plus. + 5 - 4,999999 = 0,1111111111111...

Mercredi, la révolution se confirme. A l'assemblée, le père Noël est en voie de disparition, c'est bien le début de la fin de la société patriarcale, vive la mère Noëlle, le marié était en noir, ils se marieront et adopteront beaucoup d'enfants... Désolée, pour le Notre mère qui êtes aux cieux, il va falloir à l'église sacrément évoluer. Au moins, avec ce nouveau mariage, pourra-t-on faire une meilleure séparation de l'église et de l'état et cesser cet amalgame entre sacrement et loi. Les curés vont-ils voir des couples homos frapper à leur porte pour demander la cérémonie à l'église ? Fournie avec le complet veston...  ? ou la double robe blanche ?

 "Je vous donne deux robes de mariée conte votre homo"

"Ah non, pas question, je le garde, mon homo, erectus, agilis et sapiens ..."

Dans ce beau tohu bohu, j'ai réussi à entendre Serge Tisseron, qui aurait bien ôté le livret de famille pour un livret de filiation, je ne sais pas s'il y inclut la question des beaux-parents plus que père ou plus que mère, pourtant bien réelle. Peut-on prendre le nom de sa belle-mère ?

 C'est un angle un peu obtus peut-être ? Restons pointu. 

Jeudi, je sais plus, je crois que jeudi c'était les intégrales : la naissance du monde avec un visage, c'est plus entier, et ça reste intégral, carrément ! 

Vendredi, le siècle n'est pas arrivé jusqu'à ma retraite, c'était géométrie poétique. Si et seulement si...

Alors, j'ai commencé à renconter Pascal Commère. J'ai emprunté un de ses ouvrages à la bibliothèque. J'aime bien son titre : Lointaine approche des troupeaux à vélo vers le soir, aux Editions folle avoine.

Par exemple, il écrit cela : c'est le deuxième poème du recueil.

GENOUX

Le matin les mots sont plus clairs

- ça ressemble à des îles, un oeil

d'oiseau parfois sous la pluie, ça vit

loin en arrière. Une goutte d'eau

s'allume. Ici le soleil des fois il est malade,

s'endort dans les groseilles. Le ciel 

est plein de traces. Les bêtes

montent dans dans leur genoux, vont boire.

 

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