Samedi 12 janvier 2013

Matin gris.

Je regarde par la fenêtre et je vois les arbres bruns au fond du jardin ; l'herbe est verte et continue de pousser.

Je coupe le gaz sous la bouilloire qui se met à siffler. J'émerge du sommeil et de la lecture de Mrs Dalloway, roman pêché chez mon bouquiniste avec un Semprun.

En tartinant ma tranche de pain grillé d'une fine pellicule de gelée de groseilles, je repense à cet atelier d'écriture de lundi soir dernier, à la voix de Philippe Anginot nous proposant un travail à la manière de... « Ce soir je vais vous lire Mrs Dalloway, de Virginia Woolf... ». J'en avais tout juste commencé la lecture, me disant qu'après Les Privilèges de Jonathan Dee, pourquoi pas un peu de société victorienne... Les coïncidences ont-elles du sens ?

Mon courant de pensée ne m'entraîne heureusement pas vers le texte que j'ai écrit ce soir-là, je n'ai pas envie de sécher à nouveau des larmes. Je regarde la dernière gorgée de thé et j'apprécie sa couleur sur le turquoise de la moque.

 

La maison est calme, propice à la lecture. Le billet de Jonasz prolonge délicieusement ce lent éveil. Brouillon de lettre à un jeune amant. Bien sûr. Ecrire à un jeune amant, c'est laisser les feuillets froissés emplir la corbeille pour ne jamais poster la lettre ou alors en un moment de pleine ivresse. C'est être face à l'écran de son téléphone et taper un SMS, puis l'effacer puis l'écrire à nouveau, et ne pas l'envoyer...

 

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