Juin, très juin

C'est très juin ces chemins de hautes herbes et de ciels bleus. C'est si juin ces soirées aux chants d"oiseaux.

Les chemins de juin sont pleins de champs dorés contre les ciels bleutés. Ils sentent les roses anciennes cueillies sans savoir qu'elles sont déjà destinées.

Ce sont des graviers blancs et des herbes coupées, des lignes trempées à l'ombre des feuillages frais, des bras nus qui trinquent un verre de rosé.

Ce sont des routes tracées à grands traits dans les paysages et qui relient des amis d'autrefois à ceux d'aujourd'hui.

Ils ont la temporalité large des soirs qui s'étirent sous la lune blanche tandis que le bleu envahit déjà tous les prés.

Les rêves des uns s'y étirent dans les espoirs avérés de certains qui savent déjà de quoi leurs septembres seront faits.

Et les cerises charnues giclent leur douceur à l'intérieur des palais soyeux.

Et les feuillages sont clairs et frais sur les chemins aux tonnelles des poiriers chargés. Les cassis s'y grappillent et noircissent le bout des doigts. Mais la groseille déjà, rose pâle et toute en veines, a les grappes soudain chargées au détour de ses petites feuilles vernissées.

Juin, tellement juin, ces soirées généreuses de tout un hiver oublié.

 

 

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