Là d'où je viens

Là d'où je viens, ça sent bon le pain, l'embrun et la liberté, c'est fait de bons rires et d'opérettes, sur fond de Pineau et de galette...

Là d'où je viens, on parle un patois de mots oubl

Là d'où je viens, ça sent bon le pain, l'embrun et la liberté, c'est fait de bons rires et d'opérettes, sur fond de Pineau et de galette...

Là d'où je viens, on parle un patois de mots oubliés sauf au Québec et dans le Littré...

Là d'où je viens partirent Samuël Champlain et La Fayette, Ronsard y cueillait avec Diane les roses de la vie, Loti donnait des soirées orientales, Fromentin avait une maison, un pont transbordait des jumelles aux destins avec ou sans lendemains, Monsieur de La Palisse passait son bac dans le pertuis d'Antioche ...

Là d'où je viens la sieste n'a pas besoin de Constitution et l'on y sait encore disjoncter ses lignes de haute attention pour faire roue libre...

Là d'où je viens une dame en noir et blanc posant sous les arcades ressemble au baiser de Doisneau, les bébés prennent leur bain dans des grandes bassines au soleil et les enfants sont des drôles...

Là d'où je viens les fiancés roulent en moto Peugeot et leurs noces ont leur parquet de danse sous la bâche d'un camion...

Là d'où je viens les étoiles sont nos soeurs d'été, les rivières sentent bon l'eau douce et les plages ont des galets blancs dans le sable des phares...

 

Claire, avec Atelier P. Anginot, Interludes, ENTRELESLIGNES.RrOM

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