Maman Brigitte et Baron Samedi

Samedi, c'est un peu spécial, non ? Et samedi soir, encore plus. Quelque chose d'une ligne de démarcation... D'un côté, ceux qui ont des trucs à faire et de l'autre les ringard(e)s, les esseulé(e)s, les déjà marginaux. Ceux qui n'ont plus qu'à aller s'acheter des Curly.


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Eh oui, longtemps je me suis couchée tard le samedi. Jusqu'à ce que par une suite de dérivations, et non de dérives, je me trouve soudain en dehors de la spirale du samedi soir. 

Au début, ce fut un peu douloureux. Quoi ?! Pas d'apéros à préparer, de recettes à chercher, de matinée à courser, ni d'après-midi à pâtisser ... que le monde était vide soudain. Entendons-nous bien, ces petites cérémonies du samedi n'avait rien de creux pour moi. Je les accomplissais de tout mon coeur avec grande dévotion pour les  amis qui en bénéficiaient.

Toujours est-il que sans bien savoir reconstituer le fil, les amitiés de couple se sont envolées avec ledit et les samedis sont devenus différents... Je ne connaissais pas encore la théorie des sweet cases*.

Je me suis longtemps demandé(e) comment pallier sans toujours bien trouver. Jusqu'à ce que ce soir, aiguillonnée d'un sentiment de révolte soudain(e)**, je décide de me rebeller, publiquement, contre cette tyrannie du samedi soir. 

Les arguments ne manquent pas. D'abord, en me promenant dans les rues de ma ville, je peux constater les terribles effets du samedi soir sur la jeunesse dont les souvenirs parsèment les trottoirs des dimanches matins. Leurs parents ou leurs amis de meilleur ton, qui savent bien se tenir, offrent le visage d'une ville conviviale et libre et pas avare pour un sou de son image puisqu'on peut feuilleter une petite cinquantaine de photos de ces charmantes assemblées de nos bars sur le site de notre quotidien régional qui sait bien compter  que 35 x 2 ou 3 + les voisins et les parents = une cinquantaine d'exemplaires. 

Et peu à peu, dans mon âme déformée par une fréquentation, sans doute et je le reconnais bien volontiers, trop assidue (et vive l'autocensure libératoire...) , des médias participatifs, quasi-subrepticement, nait dans mon esprit l'idée d'écrire un billet contre la tyrannie ... Mince ! Quel peut donc bien être l'adjectif pour désigner le samedi ? 

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Mieux vaut d'adresser au bon dieu qu'à ses saints ! je zappe donc Siri et Cortana  pour aussitôt demander à google : "adjectif dérivé samedi". Oui, il faut lui parler comme à un enfant de deux ans. Ce qui en soi est déjà effarant. Mais comment va-t-on faire pour nourrir les futures intelligences artificielles si nos élites fuient sur rise-up ? Bref, je requête google et j'accède à Lacrymocéphale qui le 6 octobre 2008  répond qu' "à part sabbatique qui peut se référer au samedi (mais pas dans la langue courante), il***  ne voit pas". 

 

 

 

 Impossible de retrouver l'historique qui m'a conduite de sabbatique en Baron Samedi... J'ai dû trouver quelque part un lien entre sabbatique et vaudou. "Il est représenté vêtu d'un chapeau haut de forme blanc, d'un costume de soirée, de lunettes de soleil dont un verre est cassé, avec du coton dans les narines."

 © https://www.flickr.com/photos/ubefoto/7100625497 © https://www.flickr.com/photos/ubefoto/7100625497

Et puis, c'est écrit, je n'invente rien,  Sa femme est Maman Brigitte.... 

Elle boit du jus de piments, et elle est symbolisée par un poulet noir. Comme Baron et les Guédés, elle emploie un langage obscène.

 

 Oh la la la la...  

Maman Brigitte et Baron Samedi,  j'ai trouvé la source de la tyrannie des samedis !

 

* sweet case : la théorie des sweet case, qui n'est pas dans mes cordes, consiste  à enfermer dans des cases temporelles distinctes ses différents sweet hearts de manière à échapper totalement à la tyrannie du (baron) samedi. 

** : y a pas de raison.

***je au lieu de il ( pas de crochets chez Mac ?)

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