Eau de Rose - 17 - Post scriptum

Le chaton blanc s’enhardissait maintenant jusqu’à moi et il me fit ce soir-là un bout de chemin. Il marchait à petits pas devant moi, se retournait, et quand je le regardais, il courait se cacher dans le talus, à l’ombre de la lune ronde. Je le sentais bientôt trotter derrière. Je crois bien qu’il était en train de m’adopter.

Eau de Rose - Préambule - Vers le Je 

Eau de Rose - 1 - Là où rien ne vient ricocher sur les rêveries

Eau de Rose - 2 -Une voix rauque

Eau de Rose - 3 - Vieille Lune

Eau de Rose - 4 - Le bruit blanc

Eau de Rose - 5 -Une chaleur tendre

Eau de Rose - 6 - Des larmes de sève

Eau de Rose - 7 - Un blondinet ôté à sa mère

Eau de Rose - 8 - La tache rose sur le gravier

Eau de Rose - 9 - Esclarmonde

Eau de Rose - 10 - Dans la salle des archives

Eau de Rose - 11 - La fleur bleue

Eau de Rose - 12- Le grand clown blanc

Eau de Rose - 14 - Les enfants taquins

Eau de Rose - 15 - Au pays des volcans

Eau de Rose - 16 - De neige

Le 03/11/2018
Chère Madame, chère Monsieur,

Si je vous écris cette lettre c’est que je pense il est temps que cesse le silence autour de cette femme qui inspira l’un des plus célèbres récits de notre temps.
Enfant, j’ai lu comme tant d’autres ce récit d’un enfant merveilleux parti de sa planète pour l’amour d’une rose qu’il ne savait pas rendre heureuse. Avec lui, j’ai parcouru les astéroïdes et rallumé les réverbères, avec lui j’ai pris soin de nettoyer ma planète et je me suis entraînée à toujours voir dans les chapeaux les boas qui se cachaient, avec lui j’ai cherché à apprivoiser le cœur de mes amis les plus sauvages.

Cet enfant de papier n’avait qu’un père, un grand homme, que j’ai longtemps confondu avec son enfant de plume. Avec le temps, en grandissant, j’ai découvert que cette image avec laquelle j’avais grandi n’était pas la mienne mais celle d’un homme et que ma place assignée était celle des roses, si difficiles à comprendre, rarement contentes des trésors de travail qu’un homme pourrait leur offrir, imprévisibles et insupportables lorsqu’elles peinent à trouver leur voix.

J’ai refermé mes pétales et con6nué de pousser sur cette terre qui ne m’offrait qu’une image inaccessible de moi-même, celle d’un monde d’hommes, celle d’un monde de techniques. J’ai refusé ce monde-là en choisissant une voix qui me permettrait de ne pas trop étouffer ce que je sentais palpiter comme un oiseau dans ma poitrine. Je voulais un chemin où la nuance puisse vivre entre le oui et le non ; j’ai choisi les le.res plutôt que les chiffres, qui ne menaient alors qu’au binaire. Le monde y était plus sensible mais il restait d’hommes.

A l’heure où je vous écris, les femmes de notre pays commencent à travailler gratuitement et ce, jusqu’à la fin de l’année. Elles continuent de mourir aussi tous les trois jours pour l’amour d’un homme. Et elles con6nuent de donner le jour à des descendants dont on saccage le futur en détruisant notre planète. On le sait et puis c’est tout. Rien ne se passe.

Le jour où j’ai trouvé sur mon chemin les Mémoires de la Rose de Consuelo de Saint-Exupéry, un rideau a été tiré sur une part de mon enfance. C’est un peu comme si l’on m’avait men6 sur mes origines et, dans un revers immédiat et non violent, mais très troublant, je comprenais que j’au- rais pu ne pas me contenter de ne pas savoir. C’était un peu comme si je découvrais que j’avais une mère et ne m’étais pas préoccupée de savoir que j’en avais une. Je vivais un deuil et de ce deuil naissaient deux personnes, une femme et un homme. Je découvrais à quel point l’homme que j’aimais était aussi fait d’elle.
Une fois l’existence d’une femme avérée auprès de ce grand homme, il m’avait encore fallu accomplir tout un chemin. Celui qui tutoyait les nuages et conversait avec les oiseaux migrateurs était devenu aussi terrestre que la tortue, aussi lourd qu’un ours de foire qui se dandine pour voir tomber quelques pièces au sol. Et sa notion d’homme était celle des univers masculins nourris de la tendresse partagée dans la graisse des moteurs et dans les combats avec l’extrême, où virevoltent les jupes rondes de celles qu’on reconnait pour femmes. Du deuil du grand homme tout juste marié, il avait aussi ajouté celui de l’époux tendre et fidèle. Par chance la fière personne qui l’accompagnait jamais ne le détruisait. Elle avait un passé de femme aimée aux côtés d’un grand homme de son temps et de son con6nent ; elle était ar6ste elle aussi, avec de belles ami6és et une existence propre. Mais alors, pourquoi ne la connaissait-on pas ? Je me sentais trahie. Pourtant ce sen6ment ne tenait pas tant.

Certaines choses étaient certes étranges mais elles avaient un parfum de monde ancien, de par6sans et de détracteurs, bien loin du mien. Je lui préférais définitivement celui des roses écloses. C’est en son nom que je m’adresse à vous. Il est connu maintenant que ce.e mer- veilleuse histoire devait être dédiée à celle qui en dénicha le cocon du côté de New York, dans ce.e fabuleuse maison où tous deux vécurent des jours heureux à leur démesure d’enfants rêveurs.

C’est pourquoi, Madame, Monsieur, je vous demande par ce courrier de bien vouloir restaurer au-dessus de l’actuelle dédicace, celle ini6alement prévue pour Consuelo, sa rose pareille à nulle autre.

En l’espoir que ce.e requête trouvera un écho favorable, je vous prie d’accepter, Madame, Monsieur mes plus humbles saluta6ons.

Joconde Laforet

J’ai relu mon courrier pour en nettoyer les absurdités qu’y parsemait le correcteur orthographique en me félicitant qu’il soit encore assez stupide pour me garantir une confortable avance sur les intelligences artificielles. Sur la table de merisier, la rose était bien faible dans son opaline. Elle avait la veille au soir perdu sur la table son premier pétale et nous avions eu toutes les peines du monde à entretenir une sorte de conversation.

Le pétale était tombé comme un léger souffle, dans un tout petit frisson, comparé au grand vent qui avait soufflé toute la journée. Ce jour-là, je pensais à ma mère décédée depuis tant d’années, à son sourire et sa sensibilité qui la faisaient aussitôt aimer, à mon grand étonne- ment de fille rassasiée d’une infaillible tendresse parentale, tellement infaillible que nous ne nous questionnions pas sur ce lien, ni sur son expression. C’était le jour de son anniversaire, celui de son vivant s’entend. Des éclats de sa vie voltigeaient dans un rayon de lumière qui arrivait à percer les bourrasques nuageuses : son parfum lorsqu’elle se préparait le dimanche à rendre visite à son dieu, sa robe de chambre des années soixante et l'odeur d'oignons frits qui envahissait la cuisine où j'étais assise sur un genou, un coude posé sur la table de Formica, contemplant le réfrigérateur de marque Frigo, avec son F stylisé qui s'étirait sur la poignée, suivi des autres lettres composant la marque, et imitant une écriture manuscrite, en lettres dorées sur fond rouge. Sur la vitre froide embuée par la chaleur du poêle, se posaient les couleurs fondues du matelassé nylon de sa robe de chambre, et ma fenêtre à larges vitres donnant sur le canal se découpait sous les petits carreaux de celle de la cuisine au-dessus de l’évier qui donnait sur l’orée d’une forêt. Un air de musique classique jouait à côté, papa faisait les comptes sur le secrétaire incorporé au meuble à vitrines du salon, entouré des poupées en cos- tume folklorique que nous rapportions des régions où nous avions campé. En même temps qu'un fumet de laurier, de carottes et de vin blanc adoucissait les effluves encore présentes de friture d'oignons, maman apparaissait dans une robe de roses rouges cintrée, sur des brides à talons, les lèvres cerises, le teint unifié, dans un léger nuage de parfum fleuri ; elle partait chanter à la messe. Elle reviendrait peut-être avec un petit paquet de papier blanc enrobé d'une ficelle dorée contenant des figues de chez Carrelet, si anglaises dans leur vert de pâte d’amande et leur crème jaune dorée. Quelle belle enfance !

Sur le chemin, le chaton noiraud joue avec un long brin de paille qui s’accroche à sa queue et tourne encore plus vite après lui comme une toupie dont on ne distingue plus bien les motifs et saute et puis se remet sur son pied pour tourner encore un peu avant de s’affaler. Le jeu a fait feu, il en faut trouver un autre pour allumer le brasier du désir ; la boule de poils court et roule et puis tourne au coin derrière la croix de pierre, avant de réapparaître au loin, près du sentier des renards. Hardi petit chaton passe auprès du héron sur sa berge occupé à chercher quoi pêcher.

Que faire de cette lettre ? La fièvre qui m’avait poussé à me lancer dans mes recherches sur la vie de Consueloti m’avait quittée et si j’étais parvenue jusqu’ici à garder mon équilibre, je sentais cette fois vaciller en moi de grandes étendues qui menaçaient de s’effondrer sur elles-mêmes. Etait- ce que je sentais les pôles fondre, les océans s’acidifier, les espèces disparaitre, et la terre s’assoiffer ? Je revoyais cette espèce de prédicateur fou croisé au printemps. Il marchait pieds nus sur le goudron de la petite route des éoliennes et j’avais été obligée de ralentir la voiture pour le dépasser. J’avais cru qu’il me parlait et je m’étais arrêtée à son niveau. Ce n’était pas à moi qu’il s’adressait. Il avait perdu le contrôle de sa parole et ses mots coulaient en un ruisseau presque sec, d’une eau coupante. A qui criait-il ainsi sa colère ?

« - Ahahah, tu as cru pouvoir t’élever au ciel, stupide animal ! Tu vois, ton beau langage univer- sel, espèce de maître du monde, tu vois ce qu’il a fait de toi ! Tombé, dans les enfers, tu es tombé ! Tu as tout brûlé, bougre d’andouille ! Même Notre-Dame, bonne mère, ne veut plus de toi, ni de ton immense orgueil ! Ahahahaha ! Et tu crois pouvoir la reconstruire ! Ahahaha- haha ! Tu ne vois pas que c’est l’apocalypse ? Relis ta bible mon pote ! Il a mélangé les langues de Babel, la plus haute tour... Ahahahahaha !».

Ses nus-pieds, son pantalon qui n’en était plus qu’une vague idée et suffisait à peine à le couvrir, ses cheveux blancs flottants et ses lèvres épaisses dans un visage très pale sous les traces d’une crasse persistante lui donnaient un air de personnage échappé d’un vieux Tintin, entre le yéti du Tibet et un professeur Tournesol qui aurait mal tourné. J’avais mentalement noté l’heure et le lieu de sa présence, si besoin était de le retrouver.

Tout est si calme dans le village ! Une fois le facteur passé et le taxi parti, plus rien ne bouge, à part les chatons, la famille renard et parfois le héron. Il ne reste plus qu’un immense silence balayé par le vent.
J’ai envie de ville et de compagnie, de gens qui s’interpellent bruyamment et de pare-chocs qui s’entrechoquent, mais non, ce n’est pas la solu2on. Et puis la rose est toujours là, plus bien vaillante, mais elle éclaire encore la pénombre hivernale de ses pétales diaphanes.

Je ne sais que faire de celui qui est tombé hier. Il est sur la table, près d’elle, près des branches de mimosa ramassées sur le chemin, après la bourrasque, arrachées à l’arbuste municipal qui fait la fierté du village. C’était un cadeau de la vie, ces branches éparpillées sur le sol, alors que j’étais sortie chercher quelques courses pour moi et pour mes voisins, qui perdent peu à peu leurs dernières petites richesses : la voiture déjà, qui ne roule plus depuis longtemps, faute sans doute de carburant bien trop cher, et puis le scooter maintenant qui ne démarre pas, et la santé qui part avec. Les branches étaient là, sur le sol tacheté de jaune comme par de petits soleils, moi qui les regardais avec tant d’admiration quand je passais ! Elles gisaient sur l’asphalte. Je me suis garée pour dégager le chemin et je les ai emportées sur le siège arrière. Et puis j’ai déposé le sac de courses dans l’entrée chez mes voisins. Personne n’avait répondu à la sonnette. Peut-être dormaient-ils ? J’avais bientôt un amas de feuilles, de branches et de fleurs dans le grand évier carré de porcelaine, qui servirait aujourd’hui de bac à douche dans un studio. J’ai soigné de mon mieux les branchages du mimosa. A côté de l’opaline bleue et de la rose, dans le grand vase imitant un style japonais, fleurissait un buisson que je dédiais à ma- man pour son anniversaire. Elle pourrait valser au bras de mon père, parfum de rose poivré dans l’odeur épicé du chèvrefeuille, et puis elle roulerait avec lui en moto Peugeot. A l’été, on célébrerait leurs noces, dans l’odeur des foins ; il m’en resterait une toute petite photo noir et blanc à bords crénelés qui montrait un parquet de danse sous la bâche d'un camion et mes parents en costumes de mariés.

-  Que feras-tu de moi

-  Tu veux dire ..

-  Je sens que je m’éloigne lentement de ta maison. Je suis parfois avec toi et puis tu disparais et je ne sens plus non plus ta vibra2on, seules me viennent encore tes pensées lorsque tu te baignes dans tes souvenirs ou quand tu délaisses tes préoccupations. C’est comme de quit- ter ce grand boulevard où tu m’as trouvée pour se promener en un jardin suspendu au-des- sus de l’océan. Tout y est calme et se repose en paix dans une fine lumière scintillante.

-  Tu ne souffres donc pas ! Tant mieux ! Je craignais tellement que tu te sentes à nouveau arrachée comme après ta sépara2on, ou bien que tu ne revives encore cette prison dans le grand container

-  Non, pas du tout ! Bien au contraire, c’est très doux. Je ne souffre pas. Je m’en vais simple- ment, comme une étoile que tu vois filer dans le ciel. Mais à l’intérieur, c’est tranquille, et très lent. Je ne sais pas où je pars ainsi mais cela ne m’inquiète pas car cela n’a pas de fin. Si je sens une douleur, c’est la tienne, toi qui restes et te bats avec tes pensées et tes émotions pour trouver un chemin dans l’amas qui t’entoure.

-  Dis-moi, s’il te plait, je n’ai jamais osé te le demander. As-tu as nom ?

-  Je ne te l’ai jamais dit ?

-  Non.

- On m’appelle Consolation.

Ce furent ses derniers mots.

Sur la table, ses pétales tombaient les uns après les autres, il ne restait plus sur sa tige qu’une capsule entourée de sépales et quelques rares pétales aussi secs que le vent lorsqu’il nous vient du désert.

 

Je suis allée chercher un panier de bûches. Le chaton blanc s’enhardissait maintenant jusqu’à moi et il me fit ce soir-là un bout de chemin. Il marchait à petits pas devant moi, se retournait, et quand je le regardais, il courait se cacher dans le talus, à l’ombre de la lune ronde. Je le sentais bientôt trotter derrière. Je crois bien qu’il était en train de m’adopter. Le chapeau de paille était beaucoup trop petit maintenant pour leur servir d’abri à tous les trois et la mère s’éloignait de plus en plus, les chassant de ses coups de griffes. Là-haut dans le village, quelques fenêtres brillaient dans le crépuscule. Je n’avais pas vu le soir tomber. Demain, je reprendrais le rythme des gens pressés. Je n’aurais rien à raconter à mes collègues, seulement mon silence à offrir comme un luxe insupportable, un silence plein de pétales, de délicatesse un peu triste, et d’étoiles.

Je posterais cette lettre si je savais à qui l’adresser pour que ma demande ait une chance d’aboutir mais je n’ai personne à qui demander conseil. Mes principaux contacts sont les familles chat et renard, la croix du chemin, et les herbes, les arbres. Virgile continue de m’écrire parfois de Londres ou Milan, entre une présentation et un colloque. Il tient à poursuivre notre relation épistolaire et j’aime toujours autant le lire. J’espère le retrouver un jour et partager avec lui un peu de poésie. Et puis, c’est entre nous, je continue de le tutoyer dans mes rêves les plus fous.

La petite maison me sera bientôt sans doute retirée. Une politique dynamique est mise en place pour chercher des occupants qui feraient revivre le canal par des projets porteurs. Sur la page Facebook, un exemple est mis en avant de chambres d’hôtes avec jacuzzi qui se louent à plus de cent cinquante euros la nuit. On peut déposer un projet à l’école de commerce de la région si l’on souhaite candidater. Autant dire que ce n’est pas avec mes histoires de roses que je vais capter leur attention pour continuer d’habiter mon petit logement. Mais tant pis ! Ces moments passés ici avec Consolation ne me seront jamais ôtés. Elle m’a tant appris déjà. Avec elle, j’ai compris ce qu’était tout ce filet de radicelles qui me relie autant à mes souvenirs réels qu’imaginaires.


Et puis j’ai perdu cet immense ressentiment qui me lançait aux trousses du grand homme, animée d’une telle soif de justice qu’elle en perdait sa justesse. La rose m’a guérie de ma fièvre par l’immense amour dont sa discrète et délicate présence éclairait la petite pièce. Ses pétales formaient autour d’elle la traîne d’une longue robe, étoilée. Dans les reflets chauds du merisier, je la sais encore un peu là. Elle est aussi dans le ciel que j’observe comme une passoire trouée à travers laquelle je guetterais l’infinie lumière. Elle sera toujours là comme un coeur de femme qui bat quel que soit le corps qui l’abrite.

J’ai laissé le temps passer un peu, les pétales devenir inertes. Au petit matin, avant de partir à l’école, je suis allée chercher un long panier de paille dans l’ancienne salle de classe, de ceux dans lesquels on range les bouteilles. J’ai rassemblé les pétales et puis la tige et je suis allée déposer mon paquet sur la croix moussue. Le vent les emportera.

Eau de Rose - Préambule - Vers le Je 

Eau de Rose - 1 - Là où rien ne vient ricocher sur les rêveries

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Eau de Rose - 8 - La tache rose sur le gravier

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Eau de Rose - 11 - La fleur bleue

Eau de Rose - 12- Le grand clown blanc

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