You’re my inner child Greta

Tu es l’enfant intérieur que je porte en mon coeur. Celui que je ne saurai jamais consoler de voir les animaux disparaitre, les rivières s’assécher, les glaciers fondre, les arbres s’en aller.

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You’re my inner child Greta

 

Tu es l’enfant intérieur que je porte en mon coeur

 

Celui que je ne saurai jamais consoler de voir les animaux disparaitre,

 

Les rivières s’assécher, les glaciers fondre, les arbres s’en aller.

 

La terre à ton bras est ce vieil homme que tu accompagnes sur la plage.

 

Tu es l’enfant du conte qui ignore les courtisans et désigne du doigt la nudité du roi

 

Tu es l’enfant intérieur qui crie dans le ventre des mères son désir de vivre et respirer longtemps encore.

 

Une juste colère aiguise tes mots qui, solides bolides, attaquent, perspicaces, les carapaces. 

 

Ne crains pas d’être seule. 

Partout, sur les marchés, aux terrasses des cafés, le soir après le repas, dans les cours des écoles, les enfants, les femmes et les hommes se désolent de ce monde qui meurt.

Tu as le courage de dire dans les lieux de pouvoir ce qui te semble être une évidence. Ne crains pas de te répéter car elle a tôt fait de disparaitre dans le confort et dans les habitudes.

Ici, l’état d’urgence est décrété, mais cela ne suffit pas, nous avons besoin maintenant d’états généraux, pour organiser un autre monde, concrètement, rapidement, ensemble et en s’écoutant. 

Ici, on se vante de donner des chèques énergie aux pauvres gens mais on n’envisage pas de fixer aux plus riches un montant à ne pas dépasser. 

Jamais nous n’aurons de berceuse assez puissante pour calmer le chagrin des temps qui viennent si tes mots ne sont pas entendus.

Tu es notre enfant à tous. Celui à qui les sociétés d’aujourd’hui font porter le poids du monde de demain alors qu’il n’a aucun pouvoir.

Qui n’aurait pas lu des journaux d’informations pour les ados pourrait trouver sympathique cette commémoration du premier pas sur la lune. Les poubelles déposées par les astronautes au moment de l’atterrissage et les tonnes de déchets qui polluent maintenant le sol lunaire n’ont jamais fait les gros titres de la presse sauf celle pour la jeunesse. Chaque semaine la presse enfantine annonce une nouvelle catastrophe écologique : une inondation qui a fait des milliers de morts, une nouvelle espèce qui va disparaitre, une température de 20° au pôle. 

Les programmes scolaires de chaque matière ont une composante liée aux comportements écologiques : des photos de montagnes de déchets envoyés en Afrique et en Inde pour mieux apprendre à trier ses poubelles, ne pas laisser l’eau des robinets couler, comprendre l’effet de serre… 

Non contentes d’ignorer le futur de leurs enfants, nos sociétés leur font porter tout le poids de la sinistre information que leurs comportements inconséquents génèrent. Et frappent leur imaginaire des conséquences d’une gestion mortifère et injuste de leur industrie.

Il est temps d’écouter la voix des enfants, de prendre en compte ce qu’ils disent et d’en tirer des actes concrets, courageux et équitables. 

Il est temps de sauver la nature. Nous en sommes tous les enfants. 

Ne te sens pas seule Greta, nous sommes des millions à sentir comme toi.

 

Merci RNST pour l'illustration.

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