Janvier !

 Janvier se termine, - Oh que je n'aime pas ce mois ! - comme un long silence blanc dans l'hiver. Blanc de neige, blanc de deuil, blanc tremblant sur un banc, estocade achevant le lent travail sans allant de novembre, tout aussi blanc en ces brouillards trainant.   Entre les deux ; décembre ; mois de dépense ; un écho à mars et son carnaval. Décembre travestit l'hiver en lumières artificielles, colifichets d'hommages au dieu soleil, pendus à chaque coin de rue, comme une parure de ces prostituées trop maquillées dont Baudelaire aurait pu traduire l'essence, les sens, le sens... 

 

Orbe paradisiane © orbsresearchnetwork.fr Orbe paradisiane © orbsresearchnetwork.fr
Janvier se termine, - Oh que je n'aime pas ce mois ! - comme un long silence blanc dans l'hiver.

 

Blanc de neige, blanc de deuil, blanc tremblant sur un banc, estocade achevant le lent travail sans allant de novembre, tout aussi blanc en ces brouillards trainant.

  

 Entre les deux ; décembre ; mois de dépense ; un écho à mars et son carnaval. 

Décembre travestit l'hiver en lumières artificielles, colifichets d'hommages au dieu soleil, pendus à chaque coin de rue, comme une parure de ces prostituées trop maquillées dont Baudelaire aurait pu traduire l'essence, les sens, le sens...

 J'aime pourtant bien ces jolies guirlandes de lumière quand tout est noir dehors, en ces moments de décalage temporel, quand le petit matin fait la grasse matinée et se lève lentement alors que je boulonne depuis longtemps comme une stupide machine qui obéit à un rythme mécanique.

 

Je ne déteste pas ces trouées de lumière dans les moments où ma journée s'écarte tellement de dame Nature, que l'heure de mon thé coïncide avec celle de sa tisane, et j'ai cependant le sentiment d'être un petit animal primaire, tout juste sorti de son terrier, qui a besoin de se souvenir que le soleil reviendra et dont on flatte la bêtise. J'y ajouterais même un petit quelque chose de La Bruyère dans ce texte qu'on nous faisait étudier dans les classes et qui décrivait les paysans.

 

Janvier emportera avec lui son épiphanie dont le sens s'est perdu au cours de l'histoire pour n'être plus qu'une fête du ventre parmi tant d'autres. Quel dommage pour un si beau mot!

 

 

Prolongement : méta recherche physique

 

Pour le sens de phanie, on trouve sur L'internaute cette définition attribuée à l'optique : Intensité lumineuse perçue à la différence de l'intensité lumineuse objective. Au préfixe grec « épi- », on trouve la notion de « sur », « au-dessus », mais rien sur le sème (unité de sens) « générique », qu'on peut retrouver dans épiphénomène.

 

Une petite navigation sur la toile de nos connaissances actuelles, ou plutôt sur sa partie émergée, nous explique que l'Épiphanie était chez les grecs une manifestation, une apparition et que les «Épiphanes» étaient donc les dieux qui apparaissent à l'homme. Si je fais le lien avec la définition optique, j'obtiens une sorte de spectre lumineux.

 

Après les Argonautes en quête de la Toison d'or, me voici Sèminaute, en quête de sens : Sémiramis me fait signe mais de bien trop loin encore. Je garde mon cap d'épiphanie comme un don de ma patience envers Janvier qui s'étire en ce samedi matin. Je me souviendrai plus tard qu'elle est aussi la naissance de l'étoile du berger.

Un spectre lumineux... A quoi me fait penser le spectre ? A l'orbe... Tiens, c'est quoi au juste l'orbe ? Que dit notre vieux sémiologue des familles M. Larousse ?

L'orbe est littéraire, et c'est une surface circulaire, une trajectoire circulaire décrite par un corps. L'orbe d'un serpent

En cherchant une image d'illustration, je découvre que l'orbe est sur Google images une notion bien différente de celle de M. Larousse...

Bonne semaine ! 

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