Festivernal Télérama

Janvier s'éternise et Télérama nous tire de l'hiver gris par son petit rayon de soleil. Quel bonheur vraiment que ce festival Télérama ! A l'heure où tous les blés ont été depuis longtemps fauchés comme nos poches à la fin de janvier, il est encore des premiers de cordées qui assurent les retardaires.


tra-festivalcine2017-logo-0
Faut-il le rappeler ? Chaque année depuis 21 ans maintenant le festival Télérama nous offre pour 3 francs six sous une session de rattrapage des films de l'année passée. 16 films à voir ou revoir sur une semaine. Une semaine pour s'apercevoir de tout ce qu'on a manqué en 2017. Et la liste est longue parfois... 

Plus de 300 salles cette année ont demandé à accueillir le festival, nous indiquait hier soir Samuël Douhaire, au cinéma indépendant l'Eldorado de Dijon. Car non content d'avoir l'intelligence de penser que les spectateurs peuvent parfois manquer un film par manque de temps, le magazine se déplace en région, en la personne du chef de la rubrique de cinéma, qui pourrait se dire que venir parler à une salle, certes quasi pleine, mais d'une capacité limitée à moins de 100 personnes, ce n'est pas ce qu'il a de mieux à faire... Eh bien, non ! Intelligence et modestie peuvent s'allier en toute humanité. 

 

 L'humanité, elle était là elle aussi, dans le hall, où oeuvrait comme à son habitude l'association de spectateurs qui soutient son petit cinéma indépendant de quartier. Pas facile en effet de se battre avec une deuxième salle Art et Essai affiliée au plus gros multiplex local pour obtenir les copies de films porteurs ! Quelque chose d'une promo de crème noisettes à tartiner...

L'asso Collectif Eldo soutient son cinéma L'asso Collectif Eldo soutient son cinéma

Mais vaille que vaille, comme à Paris fin janvier, le cinéma fluctuat nec mergitur. Les fidèles étaient là pour apporter des gâteaux et des soupes revendus à modeste prix par l'asso et offrir un buffet aux passionnés heureux de pouvoir enchainer un Lucky Logan sur un Le Caire confidentiel

 


r35lfs-hc

Car c'est Le Caire confidentiel, prix du film policier de Beaune 2017, qu'avait choisi de présenter Samuël Douhaire, pour la séance de 20 heures, saluant en ce film de genre tourné d'abord au Caire puis contraint de déménager à Casablanca la révélation d'un grand acteur au regard un peu triste même en ces plus grands sourires, Fares Fares. L'éclairage qu'il a porté sur le film avait le bonheur de n'être pas intrusif (voir le film Vers la lumière de Naomi Kawase, sortie 2018) en se limitant à nous livrer des informations objectives et édifiantes. 

On ne saluera jamais assez l'importance de ces présentations. Comment sans elle en effet ce couple aurait-il pu quitter dès les premiers mots du journaliste la salle en catimini après ce charmant et bref échange à mi-voix ? C'est pas La douleur ? ( madame). Ah, c'est Le Caire confidentiel... peut-être bien aussi  (monsieur). Mais on est venu pour La douleur (madame).

Le festival se termine mardi soir, encore presque 72 heures pour surtout ne pas manquer 120 battements par minutes, Visages villages, La villa, Un homme intègre et tous les autres ! Sans compter, les films en avant-première qui depuis l'année dernière sont venus s'ajouter au festival.

Dis monsieur Télérama, tu pourrais pas le faire un peu plus long ton festival ? 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.