Y avait JePh au Black Market

Au Black Market, y a des petites fêtes ! D’abord,  il y a les toiles de Gui. Et puis les chansons de JePh. Ce soir-là, c’était vernissage au Black Market, le bar anar de Dijon.

 © Atelier Marge Design © Atelier Marge Design
D’abord,  il y a les toiles de Gui. Et puis les chansons de Jeff. Ce soir-là, c’était vernissage au Black Market, le bar anar de Dijon. Gui peint, mais il ne sait pas bien s’il veut vendre ou non ses tableaux. Ne plus voir ses toiles, ça l’embête. Mais surtout que ce soit l’argent qui décide si tu vas les accrocher ou non chez toi, ça ne lui va pas. 

JePh, le chanteur, c’est son âme qu’il ne veut pas vendre. Alors bien sûr, on ne l’entend pas beaucoup à la radio. Ce soir-là, il s’accompagne à la guitare. Et pendant ce temps, on jacte au comptoir, on boit de la bière locale, c’est normal, c’est un bar anar, alors ça cause, ça cause… Et c’est pas demain que ça s’arrêtera ! 

Au Black Market, il n’y a pas de clients, c’est un bar asso. Alors on fait bien comme ça nous chante. Quand tout le monde finit par se taire, c’est que JePh a gagné son combat. Du bout du bar jusqu’au comptoir, chacun s’est mis à l’écouter. 

Pas facile aujourd’hui de faire vivre des chansons à texte. On le sait bien, tout est formaté : « T’arrives avec une guitare, tu ressors avec un attaché-case ». Même les premières parties viennent des écuries des maison de disque. Reste l’autoprod’. JePh s’accroche. Il vit chez son père. C’est lui qui a fait écouter Renaud à son môme, et aussi Dylan, Neil Young et Leonard Cohen. Après, JePh a continué son bout de chemin avec Dimey, Leprest… Ce qui le fait vivre, c’est de chanter l’espoir. Et quand il n’a plus de pêche, il prend la route, va vers les gens qui rient même s’ils souffrent. Loin s’il le faut. Jusqu’en Turquie, en Inde, tout plutôt que moisir dans son confort. 

Il chante les gilets jaunes, comme les toiles de Gui, « l’éclosion du sourire des « sans-dent » : « C’est le début de quelque chose / On dirait que ça se lève / On dirait qu’autre chose / Est en train de naître. ».   Il donne ses nouvelles du pays qu’il sillonne d’un bled à l’autre  : «  Depuis que les cordons d’CRS / Font deux fois la taille du cortège /Dans les manifs ou ce qui en reste  /Depuis qu’ils dégazent à plein jet / Sur la jeunesse et les perdants/ Depuis que le terme humanité / Se conjugue avec délinquant ». Et il chante aussi l’amour : « Hé petite tu me manques déjà / Tu voudrais pas qu'on se quitte comme ça ».

Il va son bout de chemin, avec un grand sourire et sa voix chaleureuse qu’on connait déjà. Eh oui ! JePh, c’est Jean-Philippe Vauthier, le chanteur de Tournée Générale. Alors si son premier disque sort le 14 février, grâce à un financement participatif, c’est parce que de l’amour, il en a plein les mirettes. Du beau, du vrai, du qui se partage à pleine voix. 

 

Bonus :

"Mediapart ? ! Ah ouiii. Je suis abonné. Tu as vu en ce moment, la série sur Mano Solo ?"

Prolongements : 

Le site de Jeph : http://jeph.fr

 Jeph, on dirait que ça se lève, par Catherine Laugier, le 16 septembre 2017, sur Nos enchanteurs , http://www.nosenchanteurs.eu/index.php/2017/09/16/jeph-on-dirait-quca-sleve/

Non Jeph, t'es pas tout seul, le 04 septembre 2015, sur Hexagone, https://hexagone.me/2015/09/jean-philippe-vauthier-non-jeph-tes-pas-tout-seul/

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.