Parents d'élèves: toujours plus de «listes indépendantes»

Ce n'est nullement un phénomène récent puisqu'il s'est déployé dès les vingt dernières année du XXe siècle où la part des suffrages qui est allée aux «listes indépendantes» est passée de 25% en 1978 à 58 % en 1998. Et les élections de parents d'élèves qui viennent de se tenir vendredi et samedi derniers ne vont sans doute pas revenir là-dessus.

Ce n'est nullement un phénomène récent puisqu'il s'est déployé dès les vingt dernières année du XXe siècle où la part des suffrages qui est allée aux «listes indépendantes» est passée de 25% en 1978 à 58 % en 1998. Et les élections de parents d'élèves qui viennent de se tenir vendredi et samedi derniers ne vont sans doute pas revenir là-dessus.

Car cette croissance continue. La part des suffrages accordés aux « associations locales non affiliées » (à une fédération nationale de parents d'élèves) ou à des « listes de parents non constitués en association » aux élections des représentants des parents d'élèves aux « conseils des écoles » est en effet passée de 25% en 1978 à 42% en 1988, à 58% en 1998, à 65% en 2005 et à 74% en 2013.

De son côté la principale Fédération de parents d'élèves dans le premier degré public, la FCPE (située clairement à gauche), a enregistré une baisse très sensible lors de ces élections. Alors qu'elle obtenait encore 42% des suffrages en 1986, elle tombe à 32% en en 1998, 23% en 2005 et 16% en 2013.

Sa rivale historique, la PEEP, a subi une chute encore plus sensible que la FCPE de 1986 à 1998 ( passant de 21% des suffrages à 7%), et reste depuis à un étiage très faible ( 5% en 2005 et 2,5% en 2013).

Selon Jacques Gombert (auteur d'une étude parue dans la « Revue française de pédagogie »  en 2008 : « Les associations de parents d'élèves en France : approche socio-historiques et mutations idéologiques »),, « les parents sont présents à travers de multiples relais (rôle des maires pour leur réélection, enjeux politiques locaux, bénévolat, etc) et peuvent intervenir sur la sphère éducative sous de multiples formes. C'est précisément pour cette raison que l'on voit se développer au niveau local des groupements ''indépendants'' de parents d'élèves, qui servent soit de courroie de transmission aux préoccupations individualistes des familles ou de simple moyen de contrôle pour les municipalités des aspirations des parents les plus exigeants […]. Par rapport à la première phase du mouvement des parents d'élèves, où il existait une forte identification des acteurs aux objectifs des associations (notamment à travers la défense du projet laïque), la période récente se caractérise par une distance plus marquée à l'égard des institutions, et une priorité accordée à des objectifs concrets et à court terme ; ce mouvement s'accompagne d'une valorisation de la société civile et d'une mise en cause de l'action collective qui vise un changement social ''par le haut'' ».

Si l'on en croit Martine Barthélémy, « ce qui distingue aujourd'hui les associations les plus récentes et gouverne les mutations de certains groupements plus anciens, c'est une thématique de l'immédiat, du concret et de la solidarité au quotidien, autour de laquelle les associations essaient d'abord de reconstruire du ''lien social'' plutôt que du sens ''politique'' » (« Associations : unnouvel âge de la participation ? », Presses de Sciences Po, 2000).

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