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Billet de blog 20 mai 2022

Pap Ndiaye à la tête du MEN : surprise et continuité ?

Une surprise : personne ne l'annonçait, et il a un passé au rebours de Blanquer. Une continuité dans sa catégorie de nomination : il est le onzième ex-professeur nommé à la tête du MEN, et ses dix prédécesseurs ex-enseignants ont tous été comme lui agrégés. Une continuité problématique : le sens que peut avoir cette nomination pour Macron couplée à son projet de « refondation » de l'Ecole…

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Durant la Cinquième République, on a eu avant la nomination de Pap Ndiaye 28 ministres de l'Éducation nationale différents (si l'on ne compte pas les responsables politiques qui ont exercé un court intérim pour l'Éducation nationale en sus de leurs responsabilités ministérielles ; et si l'on ne compte pas bien sûr deux fois ceux qui ont pu « redoubler »)

Dix de ces 28 ministres de l'Éducation nationale ont été professeurs. Il est remarquable qu'ils sont tous agrégés : quatre agrégés – du supérieur – en droit ou sciences politiques (Edgar Faure, Jack Lang, Luc Ferry, Jean-Michel Blanquer) ; trois agrégés de lettres classiques (Lucien Paye, François Bayrou, Xavier Darcos ), un agrégé de philosophie (Vincent Peillon), un agrégé d'histoire (Louis Joxe) et un agrégé de géographie (René Haby). Tout se passe comme s'il était hors de question que des enseignants d'un autre « rang » puissent être à la tête du ministère de l'Éducation nationale. Et Pap Ndiaye, onzième professeur qui vient d'être nommé à la tête du ministère est bien un agrégé (d'histoire) et ne déroge pas à la règle...

Pap Ndiaye est un historien de haut vol... Ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, il est titulaire d'un doctorat des Hautes études en sciences sociales (EHESS), où il devient maître de conférences avant d'être promu en 2012 professeur à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po).

En 2021, il est nommé par le président de la République Emmnanuel Macron à la tête du Palais de la Porte-Dorée qui héberge le Musée national de l'histoire de l'immigration. Selon le sociologue Michel Wievorka, « le chef de l'Etat voulait lancer un signal politique pour contrebalancer les positions des ministres Jean-Michel Blanquer, Frédérique Vidal et Gérald Darmanin » (épisodes remarqués des évocation de « la cancel culture » et de « l'islamo-gauchisme »)

Un an plus tard, Emmanuel Macron vient de l'installer à la tête d'un ministère très exposé (celui de « l'Education nationale et de la Jeunesse ») pour qu'il succède précisément à Jean-Michel Blanquer avec son passé et son passif. Sans compter la perspective d'être la cheville ouvrière (sinon le maître d'oeuvre) d'une « refondation de l'Ecole » voulue et dûment annoncée par le président de la République nouvellement réélu. Rude tâche...

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