claude lelièvre
Historien de l'éducation
Abonné·e de Mediapart

759 Billets

1 Éditions

Billet de blog 20 oct. 2011

claude lelièvre
Historien de l'éducation
Abonné·e de Mediapart

Stress des enseignants

claude lelièvre
Historien de l'éducation
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Selon une enquête menée auprès de deux milliers d’enseignants de 400 lycées et collèges, un professeur sur six souffrirait de ‘’burn-out’’ ( un épuisement physique, mental et émotionnel ).
Cette enquête conduite par le docteur José-Mario Horestein ( médecin psychiatre de la Mutuelle générale de l’Education nationale ) et Georges Fotinos ( ex-inspecteur général, spécialiste des questions de violences à l’école et de ‘’climat scolaire’’ ) en collaboration avec la MGEN et l’Ecole supérieure de l’Education nationale établit que le ‘’burn-out’’ « touche 17% des professeurs, contre 11% dans les autres professions ».
L’enquête épidémiologique sur la santé des mutualistes de la MGEN qui a été menée il y a plus de dix ans, en 2000, avait montré que d’une façon générale les enseignants se portaient au moins aussi bien que la moyenne de la population. Mais elle avait aussi établi – déjà - l’existence de particularités significatives.
Les comparaisons faites avec l’enquête de 1998 du CREDES ( centre de recherche, d’étude et de documentation en économie de la santé) portant sur l’ensemble de la population française montraient en effet que les enseignants étaient trois fois plus nombreux à souffrir de troubles du sommeil ( 12% des enseignants contre 4% des hommes, 22% des enseignantes contre 7% des femmes ) ou d’allergies cutanées et d’eczéma ( 10% des enseignants contre 3% des hommes, 12% des enseignantes contre 4% des femmes ) et deux fois plus nombreux à souffrir de migraines et céphalées ( 10% des enseignants contre 5% des hommes, 16% des enseignantes contre 8% des femmes ) .
Bref, les enseignants apparaissaient nettement plus stressés, plus anxieux que la moyenne de la population française, même s’ils étaient moins dépressifs et qu’ils avaient plutôt moins de problèmes de santé mentale selon Viviane Kovess, psychiatre et épidémiologiste qui a dirigé cette étude.
Selon George Fotinos, les résultats de l’enquête de 2011 « montrent qu’il existe un terrain favorable au développement du burn-out », qui se caractérise par un épuisement physique à la fois physique, mental et émotionnel ; et se manifeste par différents symptômes : productivité diminuée, irritabilité, résistance à la nouveauté, culpabilité de ne pas en faire davantage, perte de contacts avec les collègues…
Dans ce contexte, on entendra sans doute mieux la parole portée par le père de la professeure de Béziers qui s’est donnée la mort dans l’enceinte même de son établissement : « Ma fille était devenue fragile sans doute, mais elle restait un excellent professeur de mathématiques et aurait dû pouvoir continuer à exercer. Son message désespéré était celui-ci : il faut refonder, à tout prix, une nouvelle et authentique école de la République »

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Politique
À La France insoumise, le flou de la réorganisation suscite des inquiétudes
Si des garanties sont données aux militants insoumis en vue d’améliorer l’implantation locale du mouvement, la composition de la nouvelle direction, restée jusque-là à la discrétion d’une poignée de cadres, fait craindre de mauvaises surprises.
par Mathieu Dejean et Pauline Graulle
Journal — Éducation et enseignement supérieur
Une école plus si obligatoire
Pour faire face à la menace de coupures d’électricité cet hiver, le gouvernement a brandi une possible fermeture des écoles le matin, au coup par coup. Cette politique repose, trois ans après l’épidémie de Covid, la question de l’obligation d’instruction des enfants, un principe sans cesse attaqué.
par Mathilde Goanec
Journal — Énergies
EDF face aux coupures d’électricité : la débâcle énergétique
Jamais EDF ne s’était trouvée en situation de ne pas pouvoir fournir de l’électricité sur le territoire. Les « éventuels délestages » confirmés par le gouvernement attestent la casse de ce service public essentiel. Pour répondre à l’urgence, le pouvoir choisit la même méthode qu’au moment du Covid : verticale, autoritaire et bureaucratique.
par Martine Orange
Journal
Les gueules noires du Maroc, oubliées de l’histoire de France
Dans les années 1960 et 1970, la France a recruté 80 000 Marocains pour travailler à bas coût dans les mines du Nord et de la Lorraine. La sociologue Mariame Tighanimine, fille d’un de ces mineurs, et la journaliste Ariane Chemin braquent les projecteurs sur cette histoire absente des manuels scolaires. 
par Rachida El Azzouzi

La sélection du Club

Billet de blog
Fin de vie, vite
Le Comité Consultatif National d’Éthique considère « qu’il existe une voie pour une application éthique d’une aide active à mourir, à certaines conditions strictes, avec lesquelles il apparait inacceptable de transiger ». Transigeons un peu quand même ! Question d’éthique.
par Thierry Nutchey
Billet de blog
Fin de vie : faites vivre le débat sur Mediapart
En septembre dernier, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu un avis qui rebat les cartes en France sur l'aide active à mourir, en ouvrant la voie à une évolution législative. Conscient que le débat autour de la fin de vie divise la société, le président de la République lance un débat national. Nous vous proposons de le faire vivre ici.
par Le Club Mediapart
Billet de blog
Récit d'une mort réussie
Elle avait décidé de ne plus souffrir. En 2002, La loi sur l'euthanasie venant d'être votée aux Pays-Bas elle demanda à être délivrée de ses souffrances.
par françois champelovier
Billet de blog
Mourir en démocratie — La fin de vie, une nouvelle loi ? (le texte)
Les soins palliatifs, et donc la sédation, ont désormais des alliés ne jurant que par eux pour justifier l’inutilité d’une nouvelle loi. Mais les soins palliatifs, nécessaires, ne sont pas une réponse à tous les problèmes. Si c'est l'humanité que l'on a pour principe, alors l'interdit actuel le contredit en s'interdisant de juger relativement à des situations qui sont particulières.
par Simon Perrier