Stress des enseignants

Selon une enquête menée auprès de deux milliers d’enseignants de 400 lycées et collèges, un professeur sur six souffrirait de ‘’burn-out’’ ( un épuisement physique, mental et émotionnel ).
Cette enquête conduite par le docteur José-Mario Horestein ( médecin psychiatre de la Mutuelle générale de l’Education nationale ) et Georges Fotinos ( ex-inspecteur général, spécialiste des questions de violences à l’école et de ‘’climat scolaire’’ ) en collaboration avec la MGEN et l’Ecole supérieure de l’Education nationale établit que le ‘’burn-out’’ « touche 17% des professeurs, contre 11% dans les autres professions ».
L’enquête épidémiologique sur la santé des mutualistes de la MGEN qui a été menée il y a plus de dix ans, en 2000, avait montré que d’une façon générale les enseignants se portaient au moins aussi bien que la moyenne de la population. Mais elle avait aussi établi – déjà - l’existence de particularités significatives.
Les comparaisons faites avec l’enquête de 1998 du CREDES ( centre de recherche, d’étude et de documentation en économie de la santé) portant sur l’ensemble de la population française montraient en effet que les enseignants étaient trois fois plus nombreux à souffrir de troubles du sommeil ( 12% des enseignants contre 4% des hommes, 22% des enseignantes contre 7% des femmes ) ou d’allergies cutanées et d’eczéma ( 10% des enseignants contre 3% des hommes, 12% des enseignantes contre 4% des femmes ) et deux fois plus nombreux à souffrir de migraines et céphalées ( 10% des enseignants contre 5% des hommes, 16% des enseignantes contre 8% des femmes ) .
Bref, les enseignants apparaissaient nettement plus stressés, plus anxieux que la moyenne de la population française, même s’ils étaient moins dépressifs et qu’ils avaient plutôt moins de problèmes de santé mentale selon Viviane Kovess, psychiatre et épidémiologiste qui a dirigé cette étude.
Selon George Fotinos, les résultats de l’enquête de 2011 « montrent qu’il existe un terrain favorable au développement du burn-out », qui se caractérise par un épuisement physique à la fois physique, mental et émotionnel ; et se manifeste par différents symptômes : productivité diminuée, irritabilité, résistance à la nouveauté, culpabilité de ne pas en faire davantage, perte de contacts avec les collègues…
Dans ce contexte, on entendra sans doute mieux la parole portée par le père de la professeure de Béziers qui s’est donnée la mort dans l’enceinte même de son établissement : « Ma fille était devenue fragile sans doute, mais elle restait un excellent professeur de mathématiques et aurait dû pouvoir continuer à exercer. Son message désespéré était celui-ci : il faut refonder, à tout prix, une nouvelle et authentique école de la République »

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