On prendra pour références le sondage effectué à la sortie des urnes après le premier tour des présidentielles de 1995, celui réalisé par la SOFRES fin mai 2002, et ceux effectués par l'IFOP en mars 2007, puis en avril 2012, celui d'Opinionway en juillet 2015 . Enfin les résultats de la dernière enquête du Cevipof/CNRS portant sur les intentions de vote des fonctionnaires, début février 2017 (1500 membres des milieux de l'enseignement interrogés).

Le pourcentage de votants en faveur du principal candidat de droite est presque une constante parmi les enseignants sondés durant cette vingtaine d'années : 13% et 12% pour Jacques Chirac en 1995 et 2002 ; certes 18% pour Nicolas Sarkozy en 2007 mais 13% en 2012, puis à nouveau 13% en juillet 2015 ;14% pour François Fillon en février 2017.

Les votes déclarés en faveur des candidat du Front national sont moins négligeables qu'on le croit souvent, avec une tendance à l'augmentation en fin de période (mais sans commune mesure avec ce que l'on observe pour l'ensemble de la population française). Jean-Marie Le Pen : 4% en 1995, 2% en 2002 , 4% en 2007 . Marine Le Pen : 4% en 2012, puis 6% en juillet 2015 et enfin 7 % en février 2017.

Par ailleurs, si les totaux des déclarations de votes en faveur de candidats ''à la gauche de la gauche'' s'avèrent sensiblement de même hauteur, avec des variations qui ne sont néanmoins pas négligeables (15% en 1995, 18% en 2002 ; seulement 13% en 2007, mais 17% en 2012 et 22% en juillet 2015 ;18% en février 2017 ), les fluctuations du poids respectif des organisations impliquées peuvent être fortes en liaison avec l'émergence de certaines ''personnalités'' : 6% et 7% pour Arlette Laguiller en 1995 et 2002 ; 7% et 5% pour Olivier Besancenot en 2002 et 2007 ;15 % pour Jean-Luc Mélanchon en 2012, 18% en juillet 2015 et enfin 16% en février 2017.

En revanche les scores des candidats socialistes dans ces sondages pour les élections présidentielles peuvent être extrêmement variables, eux .On peut d'abord noter l'écart important de votants qui se sont déclarés en faveur de Lionel Jospin (et cela en pleine situation d'élections présidentielles effectives) : 27% en 2002 contre 40% en 1995. On bien encore la très grande différence d'intentions de votes déclarées en faveur de François Hollande : 21 % en juillet 2015 contre 44% en avril 2012. Deux autres candidats socialistes se situent encore sensiblement ailleurs. En mars 2007, Ségolène Royal recueillait 36% des suffrages. Et l'enquête du Cevipof/CNRS crédite Benoît Hamon de 25% des intentions de vote dans le milieu enseignant début février 2017.

Un autre phénomène régulièrement sous-estimé est la forte installation d'un vote ''centriste'' voire de ''centre-droit'' en plein milieux enseignants. A cet égard les performances de François Bayrou sont significatives. 8% en 2002, 30% en 2007, 16% en 2012, 26% en juillet 2015. La hauteur que peuvent atteindre ces pourcentages (plus du quart des votants en 2007 et 2015) montre que l'on est sorti d'une structuration de base historique des votes enseignants, à savoir le conflit basique plus que séculaire entre le ''public'' et le ''privé'' (ce que l'on appelait naguère ''la question scolaire'') alors même que François Bayrou a commencé sa carrière de ministre (d'obédience ''démocrate-chrétienne'') en tentant d'abroger la ''loi Falloux'' pour favoriser l'enseignement privé (et en échouant face à la mobilisation du ''camp laïque'' et de François Mitterrand). Un ''péché'' sans doute désormais considéré comme'' véniel'' par un grand nombre d'enseignants.

Enfin, last but not least, la dernière enquête du Cévipof/CNRS datant du début février 2017 crédite Emmanuel Macron de 29% des intentions de vote des enseignants au premier tour des présidentielles.

Bien sûr, tous ces sondages doivent être pris avec la conscience des ''aléas'' et des ''biais'' qui peuvent leur être inhérents. Mais il semble bien que l'on ne peut manquer d'être alerté par certaines constances (ou certaines variations récurrentes)

 

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