La «valls» de la notion de laïcité

Le revenant Valls vient de s'en prendre à ceux du LRM qui « traitent d'hystériques ceux qui défendent la République et se battent contre les complices d'une idéologie mortifère », mais n'a rien trouvé à redire à la proposition de loi du numéro 2 de LR indiquant que « la France est une République laïque de tradition judéo-chrétienne ».

En effet mardi dernier, sur France Inter, Guillaume Peltier a déclaré qu' « au nom de la clarté » il « déposera une proposition de loi qui dit que la France est une République laïque de tradition judéo-chétienne ».

On aurait pu s'attendre à ce que Manuel Valls (et la mouvance « Printemps républicain ») s'en prennent immédiatement à ce type de déclaration. Mais on attend toujours. En toute clarté...

Pourtant, il fut un temps où tout était clair et pouvait s'exprimer en une ''vulgate'', par exemple dans l'ouvrage de Maurice Barbier intitulé sobrement « La laïcité » paru chez L'Harmattan en 1995 où étaient clairement distinguées deux conceptions de la laïcité : celle de la « laïcité-séparation » et celle de la « laïcité-liberté » C'était il y a un quart de siècle, une éternité maintenant ?

« Tout d'abord, la laïcité signifie la séparation totale entre l'Etat et les religions […]. C 'est une fois dégagée de toute influence religieuse que l'Etat peut être pleinement lui-même et accéder à la modernité politique [...] Dire que la religion relève de la sphère privée ne signifie pas que c'est seulement une affaire privée et personnelle. Cela signifie qu'elle échappe au domaine public de l'Etat, mais qu'elle peut exister et agir librement dans la société. En second lieu, on peut définir la laïcité comme la neutralité stricte de l'Etat en matière religieuse » (pp 86-87).

La différence entre ces deux conceptions peut paraître peu sensible. Il n'en est rien, en réalité : « Elles n'ont pas la même signification et entraînent des conséquences différentes. La laïcité-séparation souligne l'indépendance de l'Etat par rapport à la religion. La laïcité-neutralité insiste sur le respect de la liberté religieuse ».

Mais « en toute clarté » à quoi se réfère la proposition du numéro 2 de LR : « une République laïque de tradition judéo-chrétienne » ? Et que signifie l'absence de réplique d'Emmanuel Valls et de « Printemps républicain » ?

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